URSS / Belgique (0-3) – La Krasnaiya Akademiya vous re-souhaite la bienvenue

 

Salut les zigotos,

Allez hop, c’est reparti pour un tour en Popoferie avec tonton Georges. Trois ans après vous avoir accueilli.e.s comme des coqs en pâte dans ses stades gazifères flambant (oups la combustion) neufs, la Mère patrie du socialimse remet le couvert et vous invite à Leningrad, cité de tsars déchus, de lacs gelés, de sièges interminables et de révolutions automnales. Direction la Gazporn Arena, soucoupe volante posée sur l’île Krestovski, où l’Europe du fouteballe est chaleureusement accueillie par un public connaisseur et passionné, et qui ne rechigne jamais à siffler des joueurs adverses qui mettent le genou en terre pour dénoncer le racisme. C’est quand même sympa de retrouver les joies des mâches en public, hein ? J’en aurais presque la larme à l’œil, dites donc.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous rappeler les anniversaires à fêter pour la Sbornaïa : soixante ans (ou presque) du premier sacre soviétique européen (à jamais les premiers, la deuxième on la veut), cent cinquante ans de la Commune de Paris, cent ans de la révolte de Kronstadt, trente ans de la chute de l’Union sov… Pour commémorer ces dates importantes du socialimse, la sélection de toutes les Russies s’offrait un adversaire de prestige pour son entrée dans la compétition : la royale Gelbique et ses fuoriclasse islamo-indigéno-monarcho-moulefrito-communautaristes. Non contents de nous enquiquiner avec leur message bien-pensant contre le racimse, ces gauchisses en rouge et noir nous exilaient la peur privaient de la joie d’évoluer sous notre traditionnelle liquette écarlate (si c’est pas malheureux). 

 


LA RENCONTRE


 

Bref, pour cette entrée en matière dans la belle coupe d’Europe des peuples (et pas la Super Ligue bourgeoise, hein), nos camarades de la grande Russie étaient bien décidés à faire rendre gorge à ces saletés de Belgiens, qui nous avaient déjà salement fait suer durant les éliminatoires – malgré un bon parcours ruskof par ailleurs, avec une deuxième place assez tranquille à l’arrivée. Pour ces retrouvailles en phase finale, le bon vieux Stan Tchertchessov et sa sémillante moustache, à la tête de l’équipe depuis cinq ans maintenant, et artisan (ou pas) de la belle aventure du Mondial, nous avait concocté un plan bien ficelé pour contrecarrer l’armada satanico-royaliste (quel curieux mélange). Voyez plutôt :

 

Ne tentez pas de reproduire ce milieu chez vous

 

Un bon vieux milieu à cinq axiaux, neuf joueurs à vocation défensive : la confiance règne. Le plan est simple : on attend que ça se passe en espérant que ça ne passera pas, et on laisse les deux du devant se serrer la ceinture pour mieux sauter comme des morts de faim sur la moindre miette d’occasion qui se présente. Faut dire qu’en l’absence d’un quelconque ailier russe potable à aligner, et en présence d’une défense aussi digne de confiance qu’un sénateur-maire RPR réélu depuis quarante ans dans les Hauts-de-Seine, ça vaut sans doute le coup de ne pas le tenter, le coup, justement. La suite des évènements nous révélera vite, sans trop de surprise, que ce plan de bataille machiavélique relevait plutôt du paillasson tactique, du style bien élimé et bien crotté, avec un gros « Entrez sans frapper » marqué dessus.

La Sbornaïa a bien fait illusion une petite dizaine de minutes, le temps pour les Gelbiens de faire chauffer le moteur. Mais quand l’ogre lukakekse et ses copains ont enfin passé la troisième, après dix minutes de jeu, c’en était fini des belles intentions (non) de Tchertchessov : sur une passe adverse assez anodine dans l’axe, ce gros nul de Semionov rate son contrôle, ce qui remet Romélou en jeu, tir croisé, pif paf, 1-0. Quelques minutes plus tard, c’est encore ce sacré Andreï qui nous gratifie d’une passe en retrait moisie que le même Louquaquou intercepte et manque de convertir en but, étant finalement repris par Djikiya. Encore quelques minutes, et c’est cette fois Chounine qui s’interpose au-devant du frère de, sur une frappe à bout portant en angle fermé.

Le répit offert par le choc tête contre tête entre Kouziaïev et Timothée Bagarre, qui voit les deux joueurs sortir sur blessure, n’est que de courte durée. Les vagues rouges incessantes reviennent bientôt submerger les bouées de sauvetage de la défense soviétique : à la demi-heure, Chounine se couche pour repousser un énième centre venu de la gauche, mais l’envoie directement dans les pieds de ce cher Tommy la Meule (comme on se retrouve), qui ne se fait pas prier pour faire le break, 2-0. Peu avant la mi-temps, ce cher Chounine fait honneur à la grande tradition des gardiens russes et nous gratifie d’une magnifique air-sortie sur un centre à l’entrée de sa surface (tremblement de terre de magnitude 6 dans les cimetières de Lev Yachine et Rinat Dasaev), et dans la foulée ce bon vieux Iouri Jirkov, nouvelle relique de Tchertchessov depuis la retraite de Sergueï Ignachevitch, manque de provoquer un péno avant de sortir sur blessure. Le Stan aurait pu tout aussi bien s’en faire une tête réduite et la porter en collier, ç’aurait eu le même effet. Dernière frayeur sur le but russe à quelques secondes de la mi-temps : Ferrero-Carrasca s’offre un petit slalom interminable dans une défense aussi solide qu’une épluchure de clémentine, et envoie le cuir juste au-dessus des cages.

La pause est l’occasion pour le côche ruskof de procéder à une remise en ordre tactique : mené de deux buts, il choisit de sortir un milieu… pour un troisième défenseur central. Logique implacable. Le fait est cependant que les Popofs abordent la seconde période avec un meilleur visage. Relativisons toutefois le progrès, qui équivaut à troquer un bec de lièvre contre un poireau sur le pif : quelques frappes dix mètres au-dessus des cages, tout au plus, et plus trop de danger de l’autre côté, sans que l’on sache vraiment si cela tient aux ajustements défensifs du Stan ou à la flemmite aiguë des Belgiens, pas trop bousculés dans la gestion tranquille de leur avantage.

 

Côchingue gagnant pour le Stan

 

Toujours est-il que l’absence d’évènements de cette seconde période nous conduit à sauter directement à la dernière minute du temps réglementaire, qui voit les Diables mettre une dernière banderille pour la route à une Sbornaïa qui avait abandonné l’espoir du moindre espoir depuis un bail : la Meule (encore lui), pas pressé pour un sou, prend le temps de se recentrer au milieu de terrain pour mettre un excellent ballon dans le dos de la défense à Loukakou (toujours lui), qui calme bien sa race au stade suprémaciste en claquant son doublé une main dans le calcif, 3-0.

Une bonne grosse fessée logique et attendue pour les Soviets, donc, qui pourront se consoler (tout en massant leurs derrières rougis) en se disant que le plus dur est probablement passé dans ce groupe, et que leur côche arrivera peut-être à s’enlever l’oursin de la poche en alignant autre chose qu’une défense à neuf pour le prochain mâche. Ce sera face aux voisins scandinaves anciens nazis, qui devraient du coup trouver pas mal de terrains d’entente avec le public pétersbourgeois, ça nous donnera une bonne ambiance comme on les aime, entre whites, entre blancos, sans indigénistes écolo-déconstructivistes pour nous casser les pieds avec leur racimse symstémimque et leurs diktats décroissants.

 

Oui.

 


LE SOVIET ÉQUIPE À 26


 

Anton Chounine (1/5) : Définitivement pas le gardien dont on rêvait, ni même celui dont on avait besoin. Juste celui qui traînait par là (chez les condés du Dynamo Moscou, pour être précis).

Mario Fernandes (1/5) : Avalé tout cru par un gars qui s’appelle Yannick (sans même être breton). Le latéral sans frontières et sans peur de 2018 est déjà bien loin.

Andreï Semionov (1/5) : Moscow Bourriquet. C’est comme le Moscow Mule, les pieds carrés en plus.

Gueorgui Djikiya (2/5) : Bel homme barbu et spartakiste (<3), le seul à tenir plus ou moins la route dans cette défense de bidets unijambistes dont il a du éponger tant bien que mal les fuites pendant 90 minutes, avec le succès tout relatif que l’on connaît.

Iouri Jirkov (1/5) : 38 ans en août prochain, deux heures de temps de jeu en tout et pour tout avec son club du Zenit sur les six derniers mois, tous les signaux étaient visiblement au vert pour titulariser ce bon vieux talisman ouralien qu’est Iouri Jirkov contre l’une des meilleures attaques d’Europe. A pu préserver sa dignité de vieux daron impotent en sortant sur blessure peu avant la mi-temps, remplacé par Viatcheslav Karaveïev (1+/5), autre Zénitois même pas sur son bon côté. La dèche est totale.

Roman Zobnine (1+/5) : Le meilleur patronyme de ce côté du rideau de fer, et l’un de ceux qui s’en est pas trop mal sorti sur ce mâche. Un Spartakiste, lui aussi, comme de par hasard. Remplacé à la 63e par Maksim Moukhine, lokomotiviste prépubère aux joues roses comptant autant de sélections que de poils à la quique.

Magomed Ozdoïev (1/5) : À l’époque stalinienne, quand on voulait punir une partie de la population accusée de complicité avec les nazis, on la déportait tout bonnement à trois mille kilomètres de sa terre d’origine. Après tout, en Russie, y a de l’espace à ne plus savoir qu’en foutre. C’est ainsi que les Ingouches, peuplade caucasienne cousine des Tchétchènes, ont été exilé.e.s près de quinze ans au Kazakhstan. En 1957, seul un tiers des exilé.e.s a pu revenir en vie. Malgré tout, le calvaire qu’avait vécu son peuple n’avait vraisemblablement pas préparé Magomed à ce qui allait lui tomber dessus dans ce mâche. 

Dmitri Barinov (1/5) : Cheminot du Lokomotiv Moscou, adepte de la grève perlée quand il s’agit d’aider sa défense. Remplacé à la mi-temps par Igor Diveïev (1+/5), jeune bizut fraîchement débarqué de la belle région de Bachkirie pour faire le nombre dans une défense à trois aussi consistante que le fromage éponyme.

Daler Kouziaïev (non noté) : Au Tatarstan, on se dit bonjour en se cognant la tête. Malheureusement, Tim le castagneur n’était pas au courant. Et bim, dehors. Remplacé à la 29e par Denis Cherychev (non noté), ancien supersub entré pour se faire supersuber, remplacé à la 63e par Alekseï Mirantchouk (non noté), néo-atalante pas toujours très talentueux.

Aleksandr Golovine (2/5) : Notre beau Sibérien du Rocher a toujours son joli pied pour nous faire oublier qu’il ne trouve aucun ballon à mettre dessous.

Artyom Dziouba (2/5) : Toujours aussi intestable dans le domaine aérien, le golem moscovite a le don pour transformer les patates de forain en pommes dauphines sauce gribiche d’un simple contrôle poitrine, pour ensuite les redonner à ses cochons de partenaires qui s’appliquent à envoyer valdinguer l’assiette au plafond d’une sacoche bien sentie.

 

Ceusses qui n’ont pas encore jouéj :

Les gardiens : Iouri Dioupine, la toupie du Rubin, et Matveï Safonov, le malabar de Krasnodar. 1 sélection à eux deux. Quelle dèche, purée, quelle dèche.

Les défenseurs : Fiodor Koudriachov, le divin chauve d’Anatolie, et Roman Ievgueniev, dynamique dynamiste venu faire le nombre en défense.

Les miyieux : Daniil Fomine, miiliieu de formation ; Alekseï Ionov, né dans une ville qui porte le nom d’un martyr communiste estonien, et Denis Makarov, né dans une ville qui porte le nom du premier secrétaire général du Parti communiste italien. La toponymie soviétique, toujours aussi savoureuse.

Les atakans : Aleksandr Sobolev, Dziouba junior ; Rinat Jemaletdinov, ailier hypocondriaque lecteur de l’Ajax Academy, et Anton Zabolotny, amateur de boulettes de viande et d’entraîneurs roumains.

 

Tout est bien qui commence bien, à tout bientôt pour la suite les cocos,

Trotskanalament,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

3 commentaires

  1. Et Zobnine, c’est un attaquant anglais de la bite? Je pose la question. Sinon c’est très bieng.

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