Juventus – Atlético Madrid (3-0) : La Colchonerie Académie est remontée

Le mâche retour de la plus grosse affiche de ces huitièmes de finale est sur le point de commencer. Alors retentit un chant que tous rêvaient d’entendre, et qui certainement reviendra hanter les perdants, dans leurs cauchemars mourant. L’hymne de la Liga de campeones.

Salut, peuple insensé et capitaliste !

Oui, beaucoup d’équipes se sont pris des sacrées remontées la semaine passée. Oui, la Juventus, d’accord, il y a Ronaldo. Mais bon, le père Ronaldo, on commence à le connaître, non ? Il est un peu sur le déclin, quand même, il n’a pas fait grand-chose à l’aller… Et puis c’est bon, il faut passer à autre chose, c’est tout un cycle qui doit prendre fin ! Tu verras, l’Atlético, ils vont défendre et crac, marquer un but en contre-attaque… Ah ben ça, avec le but à l’extérieur, ils ne pourront plus rien faire !

Bon, voilà le discours que j’ai tenu tout le début de semaine à mon collègue pro-CR7 chez qui j’ai fini par regarder le match. Vous imaginez mes conditions de travail maintenant ? Non ?

Enfin bref, le match allait être plus ou moins prévisible : les italiens obligés de pousser, les espagnols obligés de défendre. Et à ce petit jeu, l’équipe espagnole est pour le moins très réputée


L’ÉQUIPE :


Normalement c’est toujours un 4-4-2

L’équipe doit évoluer sans Philippe Louis, blessé. Diego Kostas et Thomas Partey sont suspendus.


LE MÂCHE :


Autant prévenir tout de suite : on va surtout parler de la Vieille Dame parce que les Colchoneros pas mis un pied devant l’autre dans le match.

Pas le temps de s’ennuyer puisque la Juventus attaque fort d’emblée et Chiellini marque un but après seulement cinq minutes, but qui sera finalement refusé pour une faute de Cricri sur Oblak. Au bout d’une vingtaine de minutes, l’Atlético fait face à une pluie de centres consécutifs à l’excellente prestation des deux latéraux adverses : débordements, différences individuelles balle au pied, centres de tous les côtés et de toutes les positions, surtout en direction du second poteau. Ils sont suppléés par Ronaldo et Bernardeschi qui font aussi un remarquable travail sur les ailes.

C’est d’ailleurs un centre du premier qui trouve la tête du second, au duel avec Jean-François. Ouverture du score pour de vrai cette fois (1-0, 27e).

Pour le reste, l’Atlético tente vaguement de repousser et d’aligner 3 passes, mais n’arrive pas à sortir de sa moitié de terrain. Tous les ballons sont des ballons longs sur Morata, qui pour le coup a empoisonné Chiellini tout – le – match. Coups de coude, tacles, poussées, tirages de maillot, l’ex-buteur de la Juventus a laissé un mauvais souvenir à ses adversaires du soir.

La mi-temps se termine et la physionomie du match ne change pas pour autant en seconde période. D’ailleurs, à peine celle-ci a commencé que Ronaldo, au duel avec Godin et Giménez (je vais le répéter histoire que vous l’imprégnez bien : Ronaldo, au duel avec Godin et Giménez), cadre une nouvelle tête sur un centre de Cancelo. Malgré la raie exceptionnelle d’Oblak, le ballon franchit de 2 nanomètres et le but est accordé (2-0, 49e).

Le Cholo et le coach adverse (Mad Max) tentent vaguement quelques changements : Correa rentre pour Thomas Neymar, puis ça devient tout bizarre car Dybala rentre à la place du latéral gauche adverse. Le match devient extrêmement fébrile, Dybala fait une entrée qui cartonne mais beaucoup se demandent le pourquoi de ce choix tactique.

La réponse vient dans les vingt minutes de temps faible de la Juventus : l’Atlético n’attaque pas. Malgré le score de parité parfaite entre les deux équipes, dans toute cette période de flottement, comme dans tout le match, jamais les joueurs italiens n’ont été inquiétés. Les transitions sont jouées maladroitement sur Morata et Correa, les ballons perdus après avoir voulu faire des différences individuelles hâtives sur les attaques placées, et c’est là que s’est révélé le plan tactique de la Juventus.

Ne pas concéder de coup de pied arrêté.

Aucun corner, et seulement un bon coup franc pour l’Atlético, qui n’attendait que ça pour faire frissonner les mangeurs de pizza.

Mandzukic, blessé, sort pour Moïse Kean, ce qui redonne un visage agressif à la Juventus. Kean manque le face-à-face de sa vie en croisant trop sa frappe (82e). Peu après, Bernadeschi souille Correa sur 25 mètres, puis pénètre la surface madrilène en feu. Correa, vengeur, provoque le pénalty qui élimine l’Atlético (3-0, 86e), merci papy pénalty (Ronaldo).

Jean-François loupe un bon ballon de contre à deux minutes de la fin, et le match se termine dans les larmes, la honte, et surtout, la fatigue.

Encore une fois, les éternels seconds s’inclinent, comme n’ayant jamais progressé et n’ayant jamais appris depuis toutes ces années avec El Cholo.

Peut-être pourront-ils à nouveau rêver la saison prochaine…


LES NOTES :


Oblak (2/5)

Il n’y avait pas grand-chose à faire sur les buts encaissés, mais en plus de ça, le jeu au pied était très imparfait.

Arias (0/5)

A été mis en pièces par ses vis-à-vis. Bien trop de centres concédés, bien trop de débordements aussi : les quatre latéraux titulaires sur le terrain furent le principal instrument du résultat du match.

Remplacé par Vitolo (77e, NN/5), qui a fait grimper son compteur d’entrées improductives mais qui a replacé Jean-François dans son couloir droit.

Pierre Giménez (3/5)

C’est un très bon défenseur mais ce soir, il lui manquait quelque chose. Une équipe, peut-être.

Godin (1/5)

Vu comment la charnière centrale a été abandonnée, je ne vais pas leur jeter la pierre, mais Godin était capitaine et avait la responsabilité de remettre les choses sur et en dehors du terrain.

Jean-François (0/5)

Un aimable père de famille de droite féru de philosophie s’est trompé en faisant son jogging, et s’est retrouvé sur le terrain.

Koke (1/5)

Malgré avoir perdu 4 fois en Ligue des Champions contre le Real Madrid, Koke a oublié qu’il ne faut pas défendre en 1 contre 1 sur Ronaldo quand il est dans son couloir.

Rodri (0/5)

Petit bonhomme, là, c’est pas Zizou !

Saul Merguez (2/5)

C’est dommage pour ce brave gars, il aime son club, il respecte le plan de jeu et la tactique, mais en face ils étaient bien trop forts.

Thomas Neymar (0/5)

Ah, là on parle de Thomas Lemar ? Pourtant, il a tout de Neymar Jr : il se dribble lui-même, ne fait pas jouer les autres, pense que son toucher de balle magique peut le faire marquer depuis n’importe quelle position du terrain… et perd tous ses ballons.

Remplacé par Correa (60e, 0/5) : Quelques contres menaçants, cherchait à attaquer et à faire des combinaisons, je lui aurais bien mis 3/5 s’il n’avait pas provoqué inutilement un pénalty à 5 minutes de la fin.

Morata (4/5)

A l’origine de l’action la plus convaincante de son équipe (une tête juste au-dessus de la barre), a été complètement invivable pour les défenseurs adverses en gagnant énormément de ballons, et en perdant peu. Je l’aime bien ce Morata.

Le joueur français (NN/5)

Non-notable : Antoine Griezmann n’a pas joué le match.



Voilà, n’oubliez pas de mettre un petit commentaire en dessous de l’article, ça m’encourage énormément. J’ai un passage à vide en ce moment qui dure depuis une dizaine d’années. J’espère que ça ira mieux bientôt.

Cordialement,

Jean Cholo

Jean Cholo

18 commentaires

  1. Les commentaires anti-Atlético anti-Simeone anti-Griezmann anti-défense pro-football champagne pro-football plaisir pro-CR7 pro-Real pro-Zidane cinglent encore à mes oreilles. Ils pesaient aussi lourd que les croûtes de ces pizzas indigestes (et pourtant Dieu sait que d’habitude je ne comprends pas les gens qui ne mangent pas leurs croûtes de pizzas).

  2. Ça arrive mon Jeannot. Je comprends, l’envie de la gagner chez vous tout ça. Ça vous consolera pas (du tout même) mais on fera tout pour le faire à votre place.

    • En vrai, d’un club maudit à un autre, je l’espère bien. On se dispute le titre du finaliste malheureux depuis pas mal d’années maintenant.

      • Et puisqu’il n’y a pas votre voisin royalement casse-burnes, je me demande bien qui va venir nous en empêcher… Non vraiment, je sais que quelqu’un va le faire, mais qui ?

        • Étant presque devin j’ai envie de dire l’Ajax, un peu au pif comme ça en passant…

  3. C’est quand le sort lui est contraire (même trop souvent à notre goût) qu’on se rend compte qu’on l’aime son équipe…

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