La Gunners Academy fait le bilan de son mercato estival 2019

Crédits photo : Juventus Turin

Vous vous souvenez ? Mais si. On était fin mai. Ça braillait. Ça gueulait. Ça pleurait dans les chaumières. On venait de se faire laminer en finale européenne. Les joueurs n’avaient rien montré et une fois de plus, tu avais honte d’être pour Arsenal. D’aucuns estimaient que si la recrue phare de l’été s’appelait Ryan Fraser, il fallait faire péter le champagne. On évoquait des noms jamais entendus auparavant. On parlait de 45 millions disponibles, et on ne savait pas trop si c’était en euros, en livres (Raheem) sterling ou en dinars koweïtiens. On annonçait l’apocalypse, mais surtout, on s’attendait à passer un été pénible à voir tous les concurrents se renforcer pendant qu’Arsenal se traînerait encore Mustafi (ce qui, sur ce point, n’a pas encore été démenti).

Mais finalement, mesdames et messieurs, quel joyeux bordel. Mais quelle histoire. On va essayer de tout reprendre dans l’ordre, pour tâcher de bien saisir les tenants et les aboutissants d’un mercato des plus dingues pour les Gunners. D’abord, il a fallu accepter un certain nombre de choses. Trois joueurs ont quitté le club en fin de contrat. Messieurs Welbeck, Cech et… Ramsey. Difficile voire impossible de remplacer le Gallois tant son profil est rare. Mais soit. Il fallait faire avec, on le savait depuis février. Direction la Juve. Notre ex-portier numéro 1 a retrouvé son premier amour, Chelsea, et Welbeck a signé à Watford. Good luck Danny Boy, qui, en dépit de défauts certains, était un vrai bon mec.

Madness incoming

Crédits photo : Arsenal

Bon alors disons qu’on est grosso modo début juillet. C’est déjà le début des « Oh fuck it, there’s only one month left, what are you doing Arsenal ???? » ou dans sa version française « Bon Arsenal, il reste 32 jours, 14 heures et 57 minutes, tu fous quoi ? » Et dans le même temps, on nous râbache ce fameux budget de 45 millions. Alors bon, c’est vrai, l’optimisme à ce moment-là n’est pas tellement de rigueur. C’est plutôt la soupe à la grimace. Des ventes sont censées faire gonfler cette manne financière, sauf qu’on comprend dans le même temps que personne ne veut de nos joueurs. Quelle putain de surprise me direz-vous. Comment veux-tu refourguer autant de peintres à la fois ? Bref, le 2 juillet le dénommé Gabriel Martinelli, 18 ans, débarque en provenance du Brésil. On parle d’un montant de 6 millions d’euros (vous avez votre calculette en main ? Non ? Tant mieux, parce qu’elle va bientôt déconner). Le premier achat. Un peu Lidl certes, mais pas de panique, bientôt ce sera à la louche le caviar, A LA LOUCHE.

Crédits photo : Arsenal.com

Fatalement, la présaison débute, les amicaux en bois aussi, mais c’est toujours sympa de revoir les joueurs. On y voit des choses intéressantes, nous y reviendrons prochainement, mais d’abord terminons ce mercato. Donc on attend quelques semaines et là, fin juillet, tout commence à foutre le camp. Le 25 juillet précisément. Dani Ceballos arrive du Real Madrid en prêt. Un joueur à fort potentiel et qui, en effet, semble être le remplaçant idoine pour Ramsey. Puis, après des jours et des jours d’un feuilleton interminable, où soit-disant Tottenham a voulu mettre son grain de sel, William Saliba signe à Arsenal. Autour de 30 millions d’euros, mais moins de 10 millions cash. Le défenseur central français est prêté un an à l’ASSE. Super pour Sainté, super pour le joueur qui peut continuer de progresser aux côtés de Perrin. Moins super pour Arsenal qui n’a toujours pas de défense.

Défense, le bordel généralisé

Crédits photo : Girondins de Bordeaux

Parce que voilà, entre temps, il y a eu d’autres mouvements. Et l’un des d’entre eux est massif. L’annonce fait l’effet d’une bombe : Laurent Koscielny refuse de faire partie du groupe pour la tournée aux États-Unis. Il veut quitter le club. Tu relis le communiqué quinze fois, tu t’assures qu’il n’y a pas un homonyme hein, puis non finalement c’est bien ça : le Kos’ fait grève et veut se barrer. « On ne peut vraiment plus faire confiance à personne », répète-je toute la journée. Le dénouement de cette invraisemblable histoire arrive quelques semaines plus tard avec le départ du joueur à Bordeaux, pour 5 millions. Une broutille quoi, même à 33 piges. Alors cette histoire a été l’occasion parfaite de réfléchir sur la question de la fidélité, toutes ces grandes conneries et ces beaux discours futiles. Et puis tout ce qui touche au mérite. On a donc le capitaine d’Arsenal qui refuse de tenir son rôle et de suivre ses coéquipiers parce qu’il souhaite quitter le club et exige que ce dernier l’autorise à partir plus ou moins libre, en résiliant son contrat. Se dire que Koscielny puisse faire une chose pareille, c’est dingue. Alors le club a tenu : on a parlé de sanctions, d’entraînement avec les U23 etc. Il a un contrat, il l’honore, si une équipe le veut, il faut payer. Ce qui a finalement été fait. Neuf années de bons et loyaux services foutues en l’air… Incompréhensible. Tout aurait tellement pu être différent. Le club et le joueur s’entendaient, le départ se faisait dans les règles et tout le monde était heureux. L’hommage aurait été à la hauteur. Mais peut-être ne sait-on pas tout… Il faudra certainement attendre pour avoir des infos supplémentaires.

Don Raul

Toujours pas de défense donc. En revanche, devant, c’est l’emballement. Le poste d’ailier fait partie des priorités, comme celui de central (no shit), d’arrière gauche et de milieu relayeur (comblé par Ceballos, donc). La chasse débute assez tôt. Une cible privilégiée ? Wilfried Zaha. Arsenal envoie le paquet, mais Crystal Palace veut beaucoup, beaucoup d’argent. Ça discute, ça négocie, on propose d’inclure la moitié de l’effectif dans le deal (comprenez Jenkinson, Elneny, Chambers et consort). ÉTONNAMMENT Palace refuse. De ce qu’on lit, les offres montent jusqu’à 60 millions d’euros, mais les Eagles en veulent 80. C’est là que tout va prendre une tournure pour la moins inattendue. Changement de cible, et alors qu’il semblait voué à rejoindre un club plus fort et plus riche (Bayern, PSG), Nicolas Pépé devient en quelques jours le joueur le plus cher de l’histoire d’Arsenal. 80 patates. Vous voyez pourquoi il fallait ranger la calculatrice ? Le LOSC a vraisemblablement accepté un paiement sur cinq ans. Quoi qu’il en soit, l’Ivoirien arrive le 1er août. Un peu à la stupeur générale, il faut l’avouer. Le prix n’est pas donné, mais n’oublions pas qu’au-delà de ses nombreuses qualités, il n’a que 24 ans, sort d’une grosse saison en France et surtout, Arsenal tape du poing sur la table avec ce deal. L’air de dire : « Ok, les gars, on est là, on peut poser lourd nous aussi, woh ». S’il décide, pour notre plus grand bonheur, de planter 20 buts et d’enquiller 20 passes décisives, nul doute qu’on pourrait le refourguer bien plus cher derrière. Et ça aussi, ça compte.

Crédits photo : Arsenal

Profitons du transfert de Pépé pour marquer une pause et évoquer tout de même le rôle grandissant d’un homme au sein de l’organigramme d’Arsenal : Raul Sanllehi, le directeur sportif. Enfin, directeur du football. Bref vous l’avez, le titre du job, on s’en fout. Ancien du Barça, on a beaucoup lu sur lui ces dernières semaines. Gros réseau, bonne connaissance du marché, du football au sens large et auteur déjà de quelques bons coups. Il fait partie de la structure justement montée par le club pour pouvoir être plus compétitif durant le mercato. Et c’est exactement ce qu’on a vu cet été. Ivan Gaziqui ?

Crédits photo : Arsenal

Mais revenons à nos moutons car il reste un domaine où on rigole beaucoup moins. Mais si, vous savez. LA DÉFENSE. Le truc qui normalement fait que tu ne prends pas (trop) de buts. Bah à Arsenal, ça fait des années que c’est l’inverse. C’était une des MÉGA priorités de l’été. Avec le départ de Koscielny, la nullité de Mustafi, la blessure d’Holding, l’incertitude Chambers, le jeune blessé Mavropanos et le lambda Sokratis… Il fallait se renforcer. Et comme souvent, Arsenal s’est affolé sur la fin. Dans les derniers jours. On lit Upamecano : trop cher, trop tard. On a lit aussi Rugani : trop cher, pas super fiable. Bon. On se dit que le club cherche visiblement un joueur d’avenir, pour construire. Et en toute logique, ils vont nous chercher David Luiz. 32 ans. C’est imparable. Alors j’ai l’impression que c’est un cas qui divise énormément. M’est avis que ce n’est absolument pas le meilleur des recrutements, mais ce n’est pas non plus le pire. C’est un joueur expérimenté, vicelard (euphémisme) comme il en faut toujours, et qui a surtout l’habitude de gagner des titres. Après, ce n’est pas nécessairement la fiabilité incarnée. Dans tous les cas, j’ai envie de croire qu’il sera (bien) meilleur que Mustafi et qu’il va nous aider. Oui, de plutôt pessimiste je suis passé à un genre d’optimisme en quelques heures. Ne jugeons pas trop vite, trop sévèrement. Méfiance mais nuance.

Note du Père Fidalbion : Bouleversé par cette tornade de nouveaux arrivants, le gars Parloir a oublié l’achat de Kieran Tierney, jeune latéral gauche du Celtic ciblé depuis des années par Arsenal, qui a fini par décrocher l’Ecossait pour environ 25ME. Le genre de transfert auquel on était plus vraiment habitué : on le suit depuis longtemps, on négocie, on fait des offres qui sont rejetées. D’habitude là, on se fait taper le joueur au dernier moment. Et bien non, cette fois, on a fini par s’aligner propre plutôt que de le louper. Il devrait bien vite venir mettre en concurrence Kolasinac et signer peut-être le passage de Monreal en DC (même si visiblement, c’est pas sa tasse de thé).

Nouveau sang

Du côté des sortants, on a enfin réussi à refourguer Jenkinson. Quel miracle. C’était le dernier survivant du fameux « British Core ». Il était sympa, gentil, fan d’Arsenal et tout, mais voilà. Fallait que ça s’arrête. Moins prévisible et peut-être moins agréable, le départ surprise de ce mercato a été celui d’Iwobi. Un autre cas qui divise. Le transfert s’est fait dans les ultimes heures de la fenêtre anglaise et je dois l’avouer, il m’a un peu laissé sur le cul. Au final, avec du recul, le deal arrange certainement très bien toutes les parties concernées : Arsenal, Everton et le joueur. Certes, il a progressé, la saison dernière notamment. Mais a-t-il fait suffisamment de progrès pour compter dans l’esprit d’Emery et du staff ? On peut se poser la question, d’autant que la concurrence dans ce secteur s’est accrue. Son départ signifie également que Bukayo Saka et Reiss-Nelson devraient avoir du temps de jeu. Le Nigérian part pour un joli pactole en plus : 35-40 millions de £. La plus grosse vente du club… De quoi préparer un nouveau gros achat en janvier comme un top défenseur central ? L’avenir nous le dira.

De là, on peut passer au sportif, le vrai, celui qui sent la sueur et la pelouse tondue. Sur l’ensemble de la présaison, Emery a souvent opté pour son 4-2-3-1 préférentiel. En réalité, c’est ce qu’on voit sur le papier, car il est très flexible ce système. On l’a ainsi souvent vu muter en 4-3-3, ou en 4-4-2, notamment en phase défensive. Bonne nouvelle, on a vu des jeunes. Et des pas mauvais en plus. Joe Willock s’est particulièrement distingué et devient une vraie option au milieu. Saka, Burton, Medley, John-Jules… Plein de mecs qu’on devrait rapidement revoir dans les différentes coupes et pourquoi pas plus tard en équipe première. Niveau jeunes toujours, Eddie Nketiah a rejoint Leeds en prêt. Une saison sous les ordres de Tonton Bielsa… Je n’y vois que du positif. Il va beaucoup apprendre et revenir encore plus fort. Du coup, derrière Aubameyang et Lacazette, en pointe, Martinelli devrait avoir sa chance, Pépé peut y jouer aussi. Autre point important, il y a toujours cette volonté de partir proprement de derrière, avec Leno comme premier relanceur. Ce qui demande de la maîtrise, de la concentration, de la rigueur tactique et des automatismes. Il y avait eu quelques bonnes séquences la saison passée. Et pas mal de foirages. Espérons que tout le monde ait envie de se bouger.

Maintenant, go. Foncez les gars. Il y a un honneur à sauver et surtout, une qualif’ en Ligue des Champions à aller chercher. L’objectif est clair : Top 4 et un bon parcours en Europa. Pourquoi ne pas imaginer d’aller ENFIN la soulever d’ailleurs, cette foutue coupe en bois ? Que l’alchimie prenne, que les Gunners nous fassent rêver de nouveau… Quoi qu’il en soit, on se retrouve bientôt. Il y aura très certainement à débriefer les futurs départs : Emery l’a confirmé, ça va dégager. Rendez-vous donc pour la revue complète d’effectif d’ici le début du mois de septembre.

Petit récap pour les paumés…

Arrivées

Nicolas Pépé (Lille) : 80M€
William Saliba (ASSE) : 30M€, prêté un an à Sainté
Gabriel Martinelli (Ituano) : 6M€
Kieran Tierney (Celtic) : 27M€
Dani Ceballos (Real Madrid) : prêt
David Luiz (Chelsea) : 8M€

Départs (montants approximatifs mais nous vous prions de croire qu’ils se rapprochent de la réalité)

Takuma Asano : 1M€
David Ospina (Naples) : 2.5M€
Krsytian Bielik (Derby County) : 10M€
Xavier Amaechi (Hambourg) : 2.5M€
Ramsey, Welbeck, Cech, Lichtsteiner : libres, et pas envie de dire où (surtout un)
Laurent Koscielny (Bordeaux) : 5M€
Carl Jenkinson (Nottingham Forest) : 2M€
Dominic Thompson (Brentford) : 3M€
Alex Iwobi (Everton) : 35-40M€
Eddie Nketiah (Leeds) : Prêt
Ben Sheaf (Doncaster) : Prêt

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

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