Arsenal – Olympiakos (1-2) : La Gunners Academy touche le fond

Gueule de bois : expression désignant la barre en métal qui a poussé au niveau de ton occiput après une cuite. Variante : supporter Arsenal.

Salut vous tous, le football c’est de la merde. Arsenal est un club de football. Je vous laisse en tirer les conclusions qui s’imposent.

Encore une fois, notre défense a coulé, comme à chaque mat, ce qui constitue l’un des pires runnings-gags de l’histoire de l’humour. Goscinny a su limiter la présence des pirates, Kenny a cessé un temps de mourir à chaque épisode, même Satanas et Diabolo ont entrevu la victoire sur une étape. Mais Arsenal non. Tu peux nous mettre un adversaire largement à notre portée, on trouvera toujours au moins une façon de se saborder. 

Ce dernier match constitue cependant l’aboutissement de longues années de travail, pour produire un tel sabordage collectif. David Fincher explique que réaliser un film équivaut à peindre une toile à cent mètres avec un talkie-walkie et cent-cinquante personnes qui tiennent un pinceau. Entraîner Arsenal consiste en revanche à aligner onze peintres choisis avec soin parmi des malades de Parkinson en phase terminale et de leur donner deux feutres décapuchonnés pendant trois jours pour peindre un mur de quatre mètres par trois.


THE GAME : DE MAL EN PIRÉE


Tout n’avait pas si mal commencé. Dans un hommage inversé à la guerre de Troie, Arsenal donne l’assaut à des Athéniens regroupés derrière leurs remparts. A chaque incursion, nos adversaires ne demandent qu’à craquer. Ainsi, au bout de vingt minutes, Lacazette lance Pépé entre les centraux. L’Ivoirien pense se présenter seul face à José Sa, mais se fait Federico Valverde par Ousseynou Ba. Le Sénégalais s’apprête à profiter de la fin du match depuis les tribunes mais voit avec surprise Davide Massa seulement brandir un carton jaune. On ne va quand même pas tuer le match en respectant le règlement.

Le coup-franc qui suit ne donne rien. Arsenal croit ouvrir le score peu par Lacazette mais le passeur, Saka (pour changer), est signalé hors-jeu à juste titre. De leur côté, les Grecs commencent à se montrer dangereux en contre mais Camara manque son face-à-face avec Leno. A la mi-temps, le score nul et vierge nous qualifie toujours, mais sept minutes après le retour des vestiaires, Valbuena dépose le ballon sur la tête de Pape Cissé, complètement esseulé aux six-mètres. Une nouvelle erreur défensive criminelle qui nous place sur un monocycle à dix centimètres du précipice (0-1, 53e).

Trois minutes plus tard, Tsimikas, juste avant de jouer la finale à Doha contre Djokovic, oblige Leno à une magnifique horizontale.S’ensuit un festival gunnerien de possession stérile, agrémenté de deux occasions goinfrées par Lacazette. Il faut attendre la fin de la prolongation pour qu’Aubameyang, d’un ciseau retourné de toute beauté, fasse enfin trembler les filets de Sa (1-1, 112e). C’est là que le match vire au sublime. En deux temps, d’abord lorsque notre défense joue extrêmement mal le hors-jeu et laisse El-Arabi fusiller Leno (1-2, 119e). Puis, cerise sur le gâteau, vaseline sur fist-fucking, lorsqu’Aubam, encore lui, rate un but tout fait seul aux six-mètres au bout des arrêts de jeu. Le but n’aurait probablement pas compté car l’ancien stéphanois était signalé hors-jeu. 

Cette élimination risque de peser lourd pour la suite de la saison. On a ressenti un grand vide : personne dans l’axe, aucun appel quand on a le ballon, un repli défensif catastrophique… Certains joueurs ont l’air au fond du seau et même d’un point de vue économique, le budget du club va en prendre un coup et on ne va pas pouvoir compter sur Kroenke pour réinjecter de quoi rebâtir avec Mikel. Il va falloir s’habituer à ce genre de scénario, je le crains. Quel club. Heureusement que la cérémonie des César m’a permis de diriger ma colère vers d’autres personnes. 


THE BÂCHES :


Leno (2-/5) : Schizophrène au possible. Bernd est capable de réaliser une parade fantastique comme de concéder un corner stupide à l’origine de notre élimination.

Bellerin (1-/5) : Le néant. Aucune montée, aucun appel et surtout aucune couverture défensive. On en vient à se demander s’il retrouvera son niveau un jour ou si, à l’instar de son sosie Kylo Ren, il aura eu des débuts badass au possible avant de se faire défoncer par un stormtrooper lambda. Remplacé par Willock (2/5), qui a bien tenté d’amener quelque chose, sans vraiment savoir quoi.

Mustafi (4-/5) : Nous vivons dans un monde où Shkodran est le meilleur défenseur d’Arsenal depuis trois matches, si ce n’est le meilleur joueur. C’est un peu comme si la Juve se faisait refuser un pénalty en C1 et que le Real en concédait un le même jour, à Santiago Bernabeu, avec en prime un rouge pour Sergio Ramos. Remplacé par Sokratis (2-/5), qui a su instantanément se mettre au diapason de son compère de la charnière.

David Louise (1/5) : Allez ouste, on renvoie ça à l’expéditeur. Tant pis si le délai de rétractation est dépassé, sa date de péremption l’est aussi de toute façon.

Saka (2/5) : Carbonisé, mais encore une fois l’un des seuls à se montrer dangereux offensivement.

Ceballos (2/+5) : L’un des seuls à avoir tenté de jouer vers l’avant tout au long du match, sans forcément toujours y parvenir, et à ratisser défensivement. Remplacé par Torreira (2/5), que j’aurais bien aimé voir plus tôt au côté de l’Espagnol.

Xhaka (2-/5) : Mouais.

Özil (1/5) : Que tu te ménages, que tu essayes de varier les temps forts et les temps faibles, c’est une chose. Que tu fuies le ballon et désertes l’axe et condamnes l’équipe à un jeu de possession stérile sur les côtés, c’est Goulag en revanche.

Lacazette (1+/5) : Trois mois qu’il ne met plus un pied devant l’autre, ni un but facile au fond des filets. Remplacé par Martinelli (non noté), l’un des seuls rayons de soleil dans la soirée, que ce soit au niveau du jeu ou de son attitude. C’est ainsi lui qui relève un Aubam inconsolable. 

L’homme semble donc à l’image du joueur. L’un des seuls à mériter des bisous.

Aubameyang (2-/5) : Probablement le match le plus estampillé « Aubam » et « Arsenal » de sa carrière : une erreur de marquage sur le premier but adverse, un pion magnifique comme seul lui peut en marquer et un raté invraisemblable mais qui n’aurait pas compté. J’espère seulement qu’il ne sera pas hanté par cette performance pendant trop longtemps car sans lui, on risque de couler.


IF NOTE :


  • Nous n’étions pas les seuls clubs anglais académisés sur Horsjeu à jouer jeudi. Et nos collègues Raides et Viles s’en sont mieux sorti.
  • Les deux boutons en-dessous, tout ça.
  • Tu as précommandé ton exemplaire de Superacad ? Si oui, apéro, si non, c’est ici.

Allez bises sur vous, et souhaitez-nous bonne chance pour la suite de la saison

Johny Kreuz

J'ai autant de clubs de cœur qu'Alex Oxlade-Chamberlain a de neurones. Seul supporter non-basque de Bilbao et Cazorliste convaincu.

Un commentaire

  1. Toujours impressionné par votre capacité à trouver l’inspiration dans ces moments. Moi je suis juste capable d’énumérer toutes les insultes incluant des daronnes que je connais.

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