Il faut sauver le soldat Luis
Ceci n’est pas un film de Steven Spiebergerrard
19h31. Je descends du train après avoir dévalisé le wagon-bar et agressé sexuellement un voisin portant un maillot de Sanchez. La première chose qui me frappe est le manque de goût vestimentaire des Espagnols. Les Anglais sont peut-être moches, mais ils ont compris que la classe pouvait rattraper leur faciès. Les Espagnols n’ont rien de tout ça.
Et puis MERDE, il fait chaud. Mon foie me rappelle que l’homme n’est pas conditionné pour boire 6L de bière sans en payer les conséquences. Je transpire, je sue, j’exsude, je dégouline, je suinte… Luis, pourquoi as-tu quitté l’humidité de Liverpool pour l’aridité de Barcelone ?
Jour 1. Par où commencer ? Peut-être avec cette autochtone.
13h35. Je me réveille et Vinnie Jones esquinte l’intérieur de mon crâne. Les cadavres jonchant le sol me rappellent que j’avais opté pour la « cerveza » afin de lutter contre la chaleur locale. Petite erreur. Malgré un cerveau en compote, l’objectif de mon séjour de Barcelone me revient : bring back Luis at home. Traduisez par « Sauvez Liverpool d’un classement ridicule à la fin de la saison ».
Au sortir de mon auberge de jeunesse, je croise une femme à l’accent espagnol. Ses talons très hauts, son décolleté ravageur et sa jupe courte m’indiquent qu’elle pratique le sexe tarifé. Mais surtout, ce sont ses dents hors-jeu qui me laissent à penser qu’elle connaît bien Luisito. Je tente l’approche.
- « Holà. Te know Luis Suarez, el rey de Anfiled carrer ? »
- « 20€ ».
- « Pardon ? »
- « 20€ ».
- « Te fous pas de ma tronche. 20€ c’est le prix d’une pipe signée Aulas au sur le parking de Gerland. Tu connais Luis, ou pas ? »
- « 20€ ».
- « Je m’appelle pas Ian Ayre, on ne me vend pas une marchandise plus chère qu’elle ne vaut ».
- « 20€ ».
- « Bon, les voilà tes 20 balles ».
- « En el callejón o en su coche ? »
- « Vincente Calderón? Par sûr qu’il puisse m’emmener jusqu’à Luis mais vas-y ».
La suite ne vous intéresse pas. Mais sachez qu’une « mamada » pratiquée dans la rue déplaît aux passants. Quelle bande de culs pincés.
Jour 2. « No sé ».
10h21. Je me lève aux aurores, réveillé par les travaux émanant du cabinet dentaire sous l’auberge de jeunesse. Tout d’un coup, l’illumination : et si les bruits de marteaux-piqueurs étaient le fruit de travaux orthodontiques sur les dents de Luis afin de les remettre à l’endroit !? Ni une ni deux, je descends les escaliers quatre à quatre, en slip et aussi bien rasé que Robert Redford dans Jeremiah Johnson. Je débarque comme un illuminé dans le cabinet, non sans avoir asséné un coup de coude à la secrétaire.
Les dentistes me fixent, incrédules et pantois, outils en mains. Je m’approche un à un des clients, les dévisageant.
- « Dondé esta Luisito !? »
- « Qué ? »
- « Luis. Luisito. Luisitino. Luis quoi. »
- « … Dans la salle d’attente ? »
Je débarque en furie dans ladite pièce et remarque un brun, dos tourné. Je cours pour voir son faciès. Visiblement, il y a erreur sur la marchandise. Il est blond, mesure 1m30 et arbore surtout des bagues sur les dents. Alors que sa mère le prend dans ses bras, me suppliant de ne pas le toucher et d’enfiler au plus vite un pantalon, je décide de quitter les lieux. Plus les jours passent et plus j’ai l’impression que cette ville se fout de ma gueule. Je quitte donc le cabinet, non sans avoir demandé à la secrétaire son numéro. Elle refuse, prétextant qu’un coup de coude comme approche, c’est franchement moyen. Quelle bande de culs pincés.
Jour 3. Douce nuit avec Alberto et Ramon.
14h40. Après une matinée passée à errer dans les rues de Barcelone et à acheter quelques souvenirs pour mes amis barmen de Liverpool, je me rends à la Sagrada Familia. En plus d’être des kidnappeurs, il semblerait que les Barcelonais sont des gens incapable de construire une cathédrale en moins de 20 ans. Je passe alors le portail, distribuant au service de sécurité des cartes de visite d’entreprises népalaises spécialisées dans le BTP. Une fois à l’intérieur, la bôté du lieu m’émeut. Une larme coule de mon œil. Pour stopper cette hémorragie, je bois une lichette d’alcool, non sans énerver quelques locaux. Quelle bande de c… Soudain je sens une décharge dans mon dos. Deux dards me balancent plusieurs dizaines de milliers de volts, faisant dresser mes cheveux à la Paul Phoenix dans Tekken. Commençant à tourner de l’œil, je perçois deux formes s’approcher de moi et me menotter. J’arrive tout de même à lâcher un laconique « En plein dans l’dos, bande de pédés ».
Je me réveille dans un pouilleux commissariat de La Pau, quartier bien dégueulasse. De ce que j’ai compris après un dialogue de sourd avec mes matons, il semblerait que ma « lichette » s’avérait être un litre d’alcool. Surtout, ce sont les mégots laissés ici et là dans le monument qui ont déplu. Je me retourne et constate que deux hommes partagent ma cellule. Les deux sont plutôt enrobés, plutôt poilus et plutôt dégueulasses. Surtout le plus grand, dont j’apprendrai plus tard qu’il s’appelle Ramon. Je devine quelques grains de riz d’une paëlla mangée la veille dans sa barbe et son maillot tâché de la Roja m’indique qu’il mange sans serviette. C’est là qu’il se retourne et me parle. Ses quelques mots vont bouleverser la suite de mon séjour et chambouler mon destin…
Steve Macadam
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Pour des gens pas classes, ils ont quand même des prostituées qui vouvoient leurs clients, c’est pas négligeable.
Quel suspense ! La suite !
arrête de chercher, Luis est mort dans la saison 5 des walking red