Il est temps de vous parler de celui qui a l’étoffe d’un héros de manga sur le football, soit le roi sans couronne à la main sur le cœur : Metin Oktay sama #specialshinzouwosasageyo

Eh ouiii, ça fait déjà deux ans que l’Oktay Académie existe sur horsjeu.net et elle est fière de souffler ses bougies en vous présentant celui qui l’a inspirée, soit la légende des Lions, le king, le fameux Metin Oktay qui a offert son cœur au club de Galatasaray.

« Shinzou wo sasageyo to Gala ! »

Pour beaucoup, il n’est qu’un symbole parmi tant d’autres, un symbole qu’on ne connait finalement pas plus que ça mais qu’on retrouve dans les GSStore à travers de multiples produits en vente. Je vais vous parler aujourd’hui de celui qui est devenu un objet de marketing pour le club, une sorte de légende populaire pour une partie des supporters/supportrices… Aujourd’hui, je vais vous parler de Metin Oktay, une source d’inspiration de par sa persévérance, sa droiture et ses convictions pour l’Oktay Académie.

Il est maintenant temps de se plonger dans la vie de Metin et de conter l’histoire de notre héros.


Chapitre 1 : Il était une fois Metin…

Metin est né à Izmir le 2 février 1936. Il est le fils d’une mère au foyer et d’un père ouvrier. Très tôt, notre personnage principal trouve sa vocation dans le football. À l’école primaire, il se prend d’affection pour ce sport et se rend très souvent au stade Alsancak pour y voir les grands jouer et shooter dans les ballons qui sortent du terrain. Il découvre ce sport sans trop avoir accès au matériel requis, notamment à un vrai ballon de football mais il rêve de devenir un très bon buteur avec de puissants tirs. Après le collège, il prépare ses propres entrainements avec son ami Figo dans un contexte de précarité. En journée, il passe de longues heures à faire du vélo pour renforcer ses jambes et les soirs, il s’entraine pour réaliser de puissants et précis tirs à l’aide de galets et parfois d’un ballon, contre un mur.

Extrait retiré du manga Ao Ashi.

Au début des années 1950, il s’inscrit à un club de foot amateur à Izmir et c’est à cette période qu’il commence à se faire repérer. Il débute sa carrière professionnelle au sein du club Izmirspor (1954-1955) qui évolue dans la Ligue de football d’Izmir. Il devient le meilleur buteur de celle-ci dès la première saison et son équipe remporte le titre de champion. Il est très rapidement repéré par des clubs d’Istanbul et l’entraineur du Gala, Gündüz Kiliç, veut le compter dans ses rangs.


Chapitre 2 : L’entrée en scène d’un Lion

Metin Oktay arrive chez les Lions en début de saison 1955-1956. Dès son premier match avec le maillot du Gala, il enregistre son premier but. Metin qui a alors 19 ans devient le meilleur buteur de la Ligue d’Istanbul en marquant 19 buts en 17 matchs. Il préserve ce titre jusqu’en 1959, soit consécutivement durant quatre ans. Cette même année, le football turc connait un changement, la fédération turque décide de créer la « 1ère Ligue de football turque » qui est l’ancêtre de la Süper Lig. En 1959, Metin Oktay devient le meilleur buteur de cette première Ligue Turque en marquant 11 buts en 15 matchs.


Chapitre 3 : Le shooteur imprévisible

« La saison 1959, 1er match de final de la Ligue Nationale, 10.06.1959, Mercredi, 17:00, à Mithatpasa, Istanbul, Turquie. »

En 1959, les éternels rivaux Galatasaray et Fenerbahçe se disputent le titre de champion en deux matchs. Le derby du 10 juin devient mythique grâce au but incroyable de notre attaquant qui permet aux Lions de remporter le match aller (1-0). Metin qui rêvait tant de marquer avec de puissants tirs contre ses adversaires ne savait pas qu’il allait littéralement réaliser cet exploit en juin 1959. A la 37ème minute, Metin Oktay réalise un tir bien cadré mais le ballon sort du terrain. Mais que s’est-il passé !? Dans un premier temps, l’arbitre décide de ne pas comptabiliser le but, puis va vérifier le filet pour enfin constater que ce KING venait de réaliser une masterclass, il a troué le filet de Fenerbahçe avec son BOULET DE CANON !! ET BUUUUT pour les Lions !! La foule en folie !!!

Au cours du match retour, Gala perd 4-0 contre Fenerbahçe et rate l’occasion d’être le premier champion de cette nouvelle ligue mais l’exploit du jeune Metin marque l’histoire du football turc.

Voici le boulet de canon de Metin (photo prise dans le musée de Galatasaray qui se trouve à Beyoglu).


Chapitre 4 : Le meilleur buteur

Entre 1959 et 1969, Metin a reçu à 6 reprise le titre de « meilleur buteur » et depuis, personne n’a su battre son record en Süper Lig.

1959 : 15 matchs/11 buts

1959-1960 : 35 matchs/33 buts

1960- 1961 : 28 matchs/36 buts

1962 – 1963 : 26 matchs/38 buts

1964 – 1965 : 22 matchs/17 buts

1968-1969 : 26 matchs/17 buts


Chapitre 5 : Mon amour, je reviens plus fort !

Au cours de sa carrière, Metin a dû faire face à différentes épreuves mais son chemin était comme tout tracé puisqu’il a poursuivi sa vocation et son amour jusqu’au bout. Au cours de la saison 1959-1960, notre protagoniste est condamné à 45 jours de prisons pour avoir raté huit jours de service militaire car il allait jouer ses matchs (en demandant pourtant la permission aux responsables).

Le jour où Metin sort de prison, il se retrouve immédiatement sur la pelouse contre Karagümrük et marque deux buts au cours de cette rencontre.

Cette année est compliquée pour le jeune Metin… Il ressent le besoin de changer des choses dans sa vie, il décide donc de partir à l’étranger. En 1961, alors que le Palerme FC est promu en série A, Metin rejoint l’équipe italienne pour une saison. Mais il ne parvient pas à s’adapter, il se sent dépaysé, en plus de cela il se blesse. Bref, Metin ne se sent pas bien, il veut retourner à Istanbul et retrouver son maillot jaune et rouge.

De retour en Turquie, Izmirspor essaye de récupérer son ancien joueur. La femme de Metin insiste pour qu’il retourne à Izmir où tout a commencé. Sa belle famille lui met également la pression et Oya lui lance un ultimatum, celui de choisir entre elle et Galatasaray.

Metin fait son choix, il fait son entrée sur la pelouse avec le maillot rouge et jaune la saison 1962-1963 et devient le meilleur buteur en battant son propre record avec 38 buts.


Chapitre final : Tu es un Lion et tu le resteras !

Metin ne s’est pas seulement séparé de sa femme pour poursuivre son rêve. En 1957, un dirigeant du club de Fenerbaçe lui propose un chèque blanc en lui laissant le libre choix de fixer le montant. Metin Oktay répond à celui-ci de cette façon : « Ne trahissons pas celles/ceux qui nous aiment Baba » (Baba = Papa, terme affectif utilisé par celui-ci envers le dirigeant de Fenerbahçe).

Metin décide de mettre fin à sa carrière à la fin de la saison 1968-1969, soit à l’âge de 33 ans. À cette occasion, il souhaite jouer deux matchs, un à Istanbul avec Fenerbahçe et un autre à Izmir avec Göztepe. Finalement, il n’a ni abandonné la ville dans laquelle sa passion est née, ni son amour qui se trouvait à Istanbul. Cette même année, il remporte le titre de champion avec son club de cœur.

Fenerbahçe accepte de jouer avec Galatasaray pour Metin mais Esref Aydin, l’un des dirigeants, impose une condition. Il explique que le club et les supporters/supportrices de Fenerbahçe l’ont toujours beaucoup apprécié, il propose alors à Metin de porter le maillot jaune et bleu les dix dernières minutes de ce match. Notre héros accepte cette proposition et répond « je serais honoré » (il a beaucoup trop la classe). Dix minutes avant la fin du match, Metin et Can Bartu, un célèbre joueur de Fenerbahçe, échangent leurs maillots pour terminer le match dans les équipes adverses (ils ont tellement la classeee). Le match prend fin à égalité (1-1). Dès lors que le dernier coup de sifflet retentit, tous les joueurs se dirigent vers Metin pour célébrer… Metin dit adieu à sa passion et son amour mais repart en ayant réalisé son rêve. Il quitte le terrain avec un pincement au cœur et les larmes aux yeux (…peut-être un peu trop tôt ?)

Metin Oktay et sa célèbre pose (photo prise dans le musée du Nef stadium).


En guise de conclusion

Metin ne suscite pas l’admiration de l’Oktay Académie seulement à travers son engagement pour Gala. Ses idées politiques ne sont pas mises en avant par le club mais nous pouvons accéder à quelques bribes d’information grâce à des articles de presse et des témoignages. Au début des années 1970, trois étudiants engagés à gauche ont été condamnés à mort pour avoir enclenché une lutte armée contre le gouvernement turc. De jeunes étudiant.e.s s’étaient réuni.e.s sous le nom de THKO (Armée de libération du peuple de Turquie). L’une des méthodes pacifique pour sauver ces trois étudiants dans la vingtaine, Hüseyin, Yusuf et Deniz, était de lancer une pétition pour empêcher leur condamnation. Afficher ouvertement son positionnement par rapport à ces questions était déjà périlleux à cette époque. Metin participe à cette pétition et récolte des signatures pour les trois étudiants. Malheureusement, les politiciens de l’époque avaient déjà décidé de leurs sorts. Yusuf, Deniz et Hüseyin ont été exécutés le 6 mai 1972…

De toute sa carrière, Metin Oktay n’a reçu qu’un seul carton rouge. C’est en 1968, lors d’un match avec Fenerbahçe qu’il s’énerve contre Yilmaz Sen. Selon certains articles de presse, les supporters de l’équipe jaune et bleue auraient sifflé pour protester leur propre joueur lorsque Metin a quitté le terrain.

Metin décède le 13 septembre 1991 à la suite d’un accident de la route. Certains de ses amis émettent l’hypothèse du suicide. Passer toute sa vie à poursuivre un rêve à la recherche de son amour… et après ? Après, le club t’oublie, les supporters t’oublient et tous tes exploits ne deviennent que nostalgie. À l’image des peintres qui ont connu une valorisation de leurs œuvres seulement après leur décès, Metin devient une légende et retrouve sa place dans la mémoire collective malheureusement seulement après son départ. Pourquoi les êtres humains ont tendance à glorifier leurs semblables après qu’ils aient quitté ce monde au lieu de reconnaitre leur valeur pendant qu’ils sont en vie ? Parce qu’ils sont chelous.

Metin Oktay est dorénavant un symbole et les joueurs s’inspirent de sa pose pour faire vivre la légende (pour certains, c’est aussi un coup de pub on ne va pas se mentir mais cette photo de Drogba, je la kiffe particulièrement).

Drogba fait partie de ceux qui ont reproduit la pose « Metin Oktay ».
(Photo prise dans le musée du Nef stadium).

Metin est devenu une référence pour les supporters/supportrices souhaitant critiquer le football moderne et là j’ai envie de citer la célèbre phrase de Kylian Mbappé, parce que je pense que vous le savez mieux que moi, « le football, il a changé ! ». Notre héros a marqué l’histoire et il permet de faire des piqûres de rappel de manière occasionnelle.

Tifo avec trois grandes figures emblématiques du Gala dont Metin Oktay fait partie. À gauche Gündüz Kiliç, au centre Metin Oktay et à droite l’un des principaux fondateurs du club, Ali Sami Yen. Traduction de la bâche en bas : « Tirez votre force de votre histoire. »
(Tifo réalisé par le groupe ultrAslan le 22 octobre 2014 lors du match opposant Galatasaray au Borussia Dortmund en LDC).


Note :

Metin Oktay 6/5 : Merci d’avoir offert ton cœur Metin !

Ton Académie a 2 ans.

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