France – Danemark (0-0) : L’Académie française reste au premier dan et marque le pas

Un match ? Quel match ? Y’avait des joueurs sur le terrain ? Un ballon ? Des particules de vie ? Non, alors bouclez-la.

L’ennui et la torpeur. La gêne et la colère. Le sommeil. Le problème de cette équipe de France, c’est qu’elle procure tout sauf des frissons, qu’ils soient de peur, d’excitation ou de joie. On voudrait décoller, on souhaiterait qu’un engouement général soit palpable tout autour de nous. Mais avec des prestations aussi insipides, honteuses et indignes, vous méritez le torrent de méchancetés qu’on peut déverser.


La compo :


Pas mal de changements au niveau des joueurs, mais la reconduite du 4-2-3-1, système a priori le plus fiable des Bleus, c’est-à-dire celui avec lequel on a le plus de repères sans pour autant que cela soit la garantie d’un jeu alléchant.

Compo officielle

 
Compo officieuse

Le derrière :

Hernandez reconduit à gauche, Varane reconduit en charnière et capitaine. Kimpembe prend la place d’Umtiti pendant que Sidibé reprend le couloir droit. A priori, face au Danemark, ça devrait tenir.

Le milieu :

Nzonzi est titulaire en sentinelle avec Kanté à côté de lui, ce qui devrait permettre à ce dernier de jouer encore davantage en relayeur, comme il a pu un peu le faire lors du match face au Pérou. Pogba, Tolisso et Matuidi sont préservés, notamment car sous le coup d’un carton jaune bien emmerdant.

Le devant :

Giroud en pointe, Griezmann en électron libre derrière lui. Les deux sont assistés par Dembélé à droite et Lemar à gauche. Toto, qui vient de signer à l’Atletico, a l’occasion de montrer que ce poste est pour lui, et pas pour Matuidi.


Le match :


Comment ça « le match » ? On a déjà dit qu’il n’y en avait pas eu. Une fois n’est pas coutume, le résumé va être très bref, comme le passage d‘une étoile filante dans le ciel, ou l’espérance de vie d’un enfant de Véronique Courjault, au choix.

La rencontre est une purge, au sens figuré comme au sens propre : les 22 prétendus joueurs professionnels ont retiré au football tout ce qu’ils considéraient être des impuretés, à savoir l’envie, le talent, la justesse technique, le jeu collectif, la hargne et l’amour du ballon. Une Kilkenny dans la main gauche, je prends des notes avec ma main droite. Rectification : une Kilkenny dans la main gauche, je fais des doigts d’honneur à l’écran avec ma main droite.

Le nul arrangeant les deux équipes, personne ne se bouge vraiment le cul. Les Danois ont attendu tout le match derrière, la France n’a pas spécialement accéléré (et/ou n’a pas la capacité collective de) pour mettre un pion devant. Le vide absolu, la vie qui délaisse le terrain, nos écrans de télévision et nos cœurs. Pour ceux qui en doutaient encore, personne ne peut gagner contre la tropie*.

J’accuse Didier Deschamps de tentative d’homicide volontaire. En mode Cluedo, je dirais même : « Didier Deschamps, à Moscou, avec l’Equipe de France ». Si l’arme n’est ni contondante, ni tranchante, ni à feu, elle est létale, croyez-moi.:

Le seul sursaut venant perturber la sieste est l’œuvre de Mbappé, le nouveau génie indispensable et inséparable du football français, comme Engels de Marx, comme Adorno de l’Ecole de Francfort, comme le chapelet de Valérie Boyer, comme la matraque des fesses de Théo. Ce sursaut est pourtant loin d’être une épiphanie. A trois cents lieues d’une excitation footballistique pour une hypothétique belle action, je m’exprimai ainsi : « Kylian j’vais lui mettre des putains de baffes dans sa gueule, ça va partir ! ». Mes voisins de bar me regardent et me jugent, mais je sens au fond d’eux qu’ils sont d’accord. La bienséance m’en empêcha, mais la phrase qui suivait dans ma tête résonnait à peu près comme cela : « ARRETE DE VOULOIR FAIRE DES TALONNADES À CHAQUE BALLON ENCULÉ ».

Finissons ce compte-rendu par ces quelques lignes. Vous me pardonnerez, il est tard, la France est nulle, l’Allemagne est éliminée, l’Italie n’est pas à la Coupe du Monde, rien ne va plus, tout part à vau-l’eau :

 

Un match aussi mauvais, ça vaut bien quelques lignes

Ecrites le cœur lourd, prestation indigne !

Besoin d’un exutoire un chemin de sortie

La colère d’un son d’Lucio Bukowski (URL).

 

Un tel match, mon Dieu, comment vous le décrire ?

J’ai pas envie en fait, souvenirs à occire.

Bien plus chiant qu’un film de Guillaume Canet,

Faites la diérèse mais j’compte pas les pieds.

 

« Arrête, arrête, arrête ! » tenteront les puristes

On dit syllabes, pas pieds, satané latiniste.

On s’en fout, l’important c’est que vous compreniez :

« Oh, Didier Deschamps va te faire enculer » !

Le débrief

Qualifié quasi immédiatement de « pire match de la Coupe du monde » et de « bouillie de football » autant à l’étranger qu’en France, cette rencontre restera certainement dans les annales au moins pour son degré de médiocrité. Imaginez une grande équipe produire ce genre de match, même face à une équipe regroupée ? (Me parlez pas du Portugal face à l’Iran, j’ai dit « grande équipe »).

L’Argentine ayant réussi à se qualifier par ailleurs, c’est elle qu’on retrouvera en huitièmes de finale. Si l’Albiceleste a peut-être encore moins montré que nous pendant les phases de poule et qu’elle vit des moments pour le moins perturbés, elle a la chance d’avoir Messi. Certains pourraient même dire que l’Argentine n’a que Messi. Certes. Mais c’est déjà beaucoup. Rendez-vous samedi.


Les notes :


Mandanda (1/5) :

La vitesse d’un touriste dans les couloirs du métro sur sa sortie en première période. A échangé sa charrette au cul contre des gants en mousse sur le coup-franc danois en seconde période. Hugo, reviens, j’annule tout.

 

Hernandez (1/5) :

Ni tranchant offensivement, ni particulièrement à propos défensivement (il s’est fait bouger par Breathwaite, rappelons-me), Lucas a eu tellement chaud au cul qu’il en est sorti blessé aux fessiers. Remplacé par Mendy (0/5), dont on se demande bien ce qu’il fout là dans cet état, franchement. Je m’en fous qu’il ait été le premier français à réussir un centre. Il est latéral, on va pas s’extasier de ça, merde.

 

Kimpembé (1/5) :

Quand il n’a pas les cheveux rouges, il est aussi quelconque que n’importe quel autre défenseur sans références. On aurait mis Aymeric Laporte, Kurt Zouma ou Eliaquim Mangala que j’aurais pas vu la différence.

 

Varane © (2/5) :

Le seul à avoir un tant soit peu assuré sa mission. En tant que capitaine, Raphaël a plutôt satisfait. Je parle évidemment des duels défensifs. A la relance, c’est toujours aussi médiocre, il ne connaît que les passes latérales et ne prend aucun putain de risque.

 

Sidibé (0/5) :

Cataclysmique. Des passes ratées à deux mètres, des centres moisis, un déchet technique considérable que ne compense pas un couloir plutôt bien tenu. C’est quoi déjà ? Ah oui : « systématiquement débile mais toujours inattendu ».

 

Nzonzi (1/5) :

Il a pas compris qu’il était titulaire dans un match de Coupe du Monde. Vous me direz, vu l’implication de ses partenaires, il a pu croire que c’était un entraînement. Revient en trottinant sur l’action d’Eriksen en première période.

 

Kanté (2/5) :

L’activité de sentinelle revenant à Nzonzi, c’était en grande partie à lui de prendre les clés, de se projeter et d’orienter. Eh bien Ngolo n’a pas du tout fait ça, c’était le strict minimum. Ngolow-cost. Orphelin de Pogba, maybe ?

 

Lemar (1/5) :

Le seul à avoir un vrai coup à jouer puisqu’il pouvait montrer que Matuidi en ailier gauche, ça n’a aucun sens (oui parce qu’avec Deschamps, ça a besoin d’être démontré, ce genre de truc…). Caramba, encore raté ! Matuidi ailier gauche face à l’Argentine en Coupe du Monde, c’est à cause de toi.

 

Dembélé (1/5) :

Toujours plein de bonne volonté, toujours aussi peu efficace, toujours aussi peu tranchant. Son QI d’huître n’aide pas, en attestent les quelques contres qu’il a salopés ou les frappes de 30 mètres en tribunes. Remplacé par Mbappé (non noté), que j’ai donc insulté bien plus de fois en 15 minutes que d’autres joueurs en 90.

 

Griezmann (0/5) :

Tellement de déchets qu’il ferait fuir le Sida. La seule raison pour laquelle je ne t’insulte pas, c’est que tu es le seul qui peut nous faire gagner face à l’Argentine. Enfin, c’est ce qu’on pense si on considère que tu es le leader technique des Bleus. Pour l’instant, t’es genre loin, très loin du compte Antoine. Remplacé par Fékir (non noté), qui a eu le mérite de tenter sa chance par plusieurs frappes, comme les Américains à Hiroshima.

 

Giroud (1/5) :

Toujours guerrier, il ne manque jamais d’envie. Mais se faire manger par Simon Kjaer tout le match, ce n’est quand même pas très glorieux. Combatif à défaut d’autre chose donc, ce qui reste mieux que certains de ses coéquipiers, c’est dire le niveau.

 


Le Mont Térubio est mort, vive Didier Décampe.


* « La tropie, ce sont les objets inutiles, les imprimés publicitaires, les boîtes d’allumettes vides, les papiers de chewing-gum ou les journaux de la veille. Quand il n’y a personne dans le coin, la tropie en profite pour se reproduire. Par exemple, si vous allez vous coucher en laissant de la tropie dans votre appartement, vous en trouvez le double à votre réveil le lendemain matin. Elle n’arrête pas de croître, encore et encore […]. La tropie chasse la non-tropie […]. C’est un principe universel, à l’oeuvre dans l’univers tout entier ; c’est l’univers dans son ensemble qui s’achemine vers un état d’absolue tropie. »

 

Didier Décampe

6 commentaires

  1. Le Portugal a eu des occases.
    Le Portugal a, au moins, eu le fait de prendre que des taquets non sanctionné.
    Le but de Quaresma est plus de football que la France en trois match de coupe du monde…
    Mais bon y’a du potentiel, onze ben Arfa yahouuuuuuuuu

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