France – Croatie (0-1) : l’Académie Française part en vacances (deux semaines après certains Bleus apparemment)

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La saison est terminée. Enfin...

Et de quelle manière ! Une purge digne d’un match amical du mois de novembre, la pluie et le froid en moins, la moiteur des corps sardinés dans la ligne 13 en plus. Manque de jus, manque d’envie, manque de technique et même manque de chatte arbitrale : cerise sur le gâteau du match idéal pour créer un moule à manquer.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, aucun traitement de faveur ne fût accordé à votre serviteur par Didier Lallemanach, Gérald Fachostin et les crânes rasés casqués des alentours du Stade de France. Sans aucun doute que l’aura toujours présente de SuperAcad les en aura dissuadés.

La compo :

Dernier match de la saison et la défense à quatre est reconduite pour la troisième fois en quatre matchs. La défense à trois est-elle définitivement (à nouveau) derrière nous ? Dernière revue d’effectif de la saison.

Le derrière : alors qu’une charnière inédite Konaté-Kimpembé est titularisée (et peut légitimement effrayer n’importe quel être humain de moins d’1m90), l’éternel inoffensif Lucas Digne est aligné à gauche, le bientôt ex-sévillan Koundé à droite (ce qui n’est pas son poste naturel).

Le milieu : le nouveau madrilène Tchouaméni se repose enfin et laisse sa place au duo marseillais Guendouzi-Kamara, épaulé par Adri et Christopher.

Le devant : une doublette de choc devant, une doublette d’or même, l’un de ballon, l’autre de melon.

Le match :

Les premiers « Allez les bleus !  » tombent du virage nord des Irrésistibles français. Le premier corner est croate. Il est joué à deux, échoue lamentablement, mais offre un pénalty incompréhensible depuis le stade. Premier épisode d’un match savamment arbitré comme des savates par le quatuor arbitral infernal israélien, au cul duquel des coups de savates se sont perdus. Au jeu des lamentations, Guendouzi prend un jaune et Maignan un péno qu’il a failli sortir (0-1, 4e).

De ces cinq minutes inaugurales ont alors surgi 85 minutes d’infamie. Les Bleus ont été d’une lenteur et d’une mollesse folles, d’une nonchalance et d’une imprécision débilitantes, d’une nullité automatique. Or chacun sait que l’intelligence est la résistance aux automatismes ; d’aucuns en tireront les conclusions qu’ils voudront.

Face à des Bleus à la ramasse, les Croates n’ont pas eu à forcer, se contentant de coulisser en défense à un rythme nuptial, de récupérer les ballons que les Bleus leur offraient (un nombre incalculable de passes manquées à trois mètres ou directement en touche, de contrôles foireux…), de ressortir le ballon en appliquant le b.a.ba de la technique footballistique face à une agressivité française digne du couteau à beurre s’attaquant à la miche de pain et d’essayer de planter quelques contres en dilettante. Largement suffisant face à ces Bleus-là. Rideau, on se voit fin septembre.

Vu le prix, heureusement que le coucher de soleil était beau.

Débrief de juin… vers la Coupe du Monde

Comme souvent après les matchs de juin, on n’est pas plus avancés. Enfin, pas exactement. On n’est pas plus avancés sur ce qui sera proposé en novembre au Qatar : système à 3 ou 4 derrière, on ne sait plus ; quelle charnière et quels latéraux, on ne sait plus non plus. L’état physique de beaucoup, les formes de chacun, ne permettent pas de tirer d’enseignements, d’autant plus avec les absences de tauliers titulaires (Pogba, Kanté, Lucas Hernandez dans une moindre mesure).

Ce que l’on sait un peu plus, ou ce que l’on espère avoir appris, c’est que les nouveaux qui n’ont pas gagné de points en ont perdus, de même que les remplaçants réguliers qui n’ont rien fait (Diaby, c’est brouillon et Ben Yedder, faut en finir, par exemple). A l’inverse, des garçons comme Tchouaméni ou Nkunku ont montré ce qu’ils valaient. Entre les deux, des Guendouzi ou Konaté sont en balance mais ont chacun des arguments (la hargne et la chevelure pour l’un, le haut niveau international pour l’autre). Et puis, il y a tout le reste : le niveau de Griezmann, très inquiétant ; l’absence de Giroud, définitive (?) ; le physique et le niveau de Varane, etc.

La suite, la voici : les deux matchs de Ligue des Nations restants fin septembre et le début de la Coupe du Monde le 21 novembre, après seulement une semaine de préparation – les joueurs étant mis à disposition le 14 novembre. Ce sera court pour remédier à tout cela. Mais était-ce mieux en 2018 ?

Les notes :

Maignan (3/5)

Match solide quoique frustrant car ce péno… raaah !

Digne (0/5)

Il était de mon côté en première période, autant vous dire que j’ai profité de ses 2 appels en 45 minutes, de ses 15 passes vers l’arrière et, surtout de ses 947 feintes puis « je rentre vers l’intérieur avec mon pied gauche et fait une passe molle à un milieu ».

Kimpembé (4/5)

A eu le mérite de mettre un peu d’impact physique dans le match, ce qui a réveillé les gens qui faisaient la sieste.

Konaté (2/5)

Une faute de poussin pour un corps de titan. Forcément, ça plombe l’ensemble.

Koundé (0/5) puis Pavard (1/5)

Nouveau naufrage en latéral droit de Koundé, bien aidé en cela par Deschamps qui a lui-même démonté l’armature du trois-mâts. Si Benjamin n’a pas fait mieux, il a eu le mérite de rater une passe et de se venger en mettant une balayette à un Croate. Un point pour le beau geste.

Kamara (0/5)

La moitié des passes ratées évoquées plus haut sont pour lui. La moitié des touches de balle de l’Equipe de France aussi. Remplacé par A. Tchouaméni (non noté), bien meilleur sans être extraordinaire.

Guendouzi (3/5)

Le moins mauvais des trois milieux du jour, et ce ne sont pas seulement la hargne et la tignasse susmentionnées qui me font dire ça. Remplacé par A. Griezmann (non noté) dont l’alerte enlèvement en trouve plus de réponse.

Rabiot (1/5)

Un ancien parisien complètement perdu au milieu de deux compères marseillais.

Nkunku (2/5) :

L’un des trois seuls à courir dans la moitié de terrain adverse. Suffisant pour gagner des points. Remplacé par K. Coman (non noté).

Mbappé (4/5)

De loin celui qui s’est le plus donné, quitte à trop en faire. Mais je l’égratigne assez souvent (gentiment) pour reconnaître quand il en fait plus que les autres alors qu’il pourrait en faire beaucoup moins.

Benzema (0/5) :

Un match absolument quelconque. Ca se trouve, un 9 qui joue à Milan aurait été vachement utile dans la mêlée comme point d’appui.

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