Benjamin guette le trésor des sabliers

11

Marcelin tout stamboulé.

Stambouli

Un jour on s’aime, l’autre on se perd. Un jour on crie le nom de l’autre passionément, l’autre on le soupire, lassé.

Mais qu’est-ce qu’un amour si ce n’est ce long cheminement, de la joie démesurée à la haine sans frontières ? Qu’est-ce qu’une romance à part un appel doucereux à la désillusion ?

Notre amour, Benjamin, ne déroge pas à la règle. Oh non, surtout pas depuis qu’aujourd’hui, tu te diriges vers ce club que nous t’avons appris à ne pas aimer jusqu’au plus profond de ton être. Notre passion ne saurait échapper à cette définition. Oh mon dieu non, mon dieu non.

Qu’as-tu Benjamin, qu’as-tu fait ? Nous t’avons tant aimé, toi le pilier de notre milieu de terrain, toi l’un des hommes forts de cette saison où nous avons fait la nique à ce même club auquel tu viens de jurer fidélité aujourd’hui. Tu vas porter ce maillot que nous maudissons, nous les hommes du Sud, nous, ton terreau salvateur, nous, ta matrice originelle.

Quand tu partis traverser la Manche, nous étions désespérés. Ton choix sonnait pour nous, comme pour tout le monde d’ailleurs, comme une erreur. Tu allais t’enterrer dans ce cimetière à ex-futurs, tu allais à coup sûr t’ensabler sur le banc de touche des éperons, tu n’allais jamais emballer la jument pour t’imposer. Cela, nous le pressentions. Tu as fait quelques apparitions durant lesquelles, postés devant notre poste de télévision, nous espérions que tu fasses montre de tes plus beaux atours, de tes splendides parures dont toi seul savais te faire l’habile joaillier. Mais rien n’y a fait et te voilà donc, à peine un an plus tard, en partance.

Mais pute borgne, non ! Pas chez les cheikhs pleins de sous, pas chez les chéquiers sur pattes, pas à Paris. On aurait pu te pardonner si tu avais mis les voiles pour un autre club ennemi, un qui partage au moins avec nous le soleil et l’accent dansant avec la lavande et les cigales. On aurait préféré te plaindre si tu avais écouté le chant des droits télés en rejoignant un obscur club anglais de seconde zone. Mais toi, ahuri de cette année où les zéros pleuvaient sur ton compte courant, enivré par les structures qu’on insulterait à qualifier de luxueuses, tu ne pouvais te résoudre à choisir qu’un club de standing équivalent voire supérieur. Et par standing, nous parlons de finances, pas de football ou de palmarès, cela va sans dire. Alors, quitte à recommencer la gigue du coupeur de citrons, peu importe si la sérénade du manque de temps de jeu revient grincer dans tes oreilles, tu as signé. Enfin, tu es en passe de le faire.

 

Nous nous sommes tant aimés, Benjamin. Nous t’avons chéri jusqu’à en devenir fous que tu nous quittes, risquant d’enterrer ta carrière et notre milieu de terrain avec. Mais cela, ce coup de poignard que tu infliges à notre pauvre coeur déjà exsangue, oh cela, nous ne te le pardonnerons pas. Tu ne seras sûrement pas sifflé à ton retour à la Mosson, d’autres ne t’ayant pas attendu pour passer à l’ennemi et vendre leur âme aux millions et aux gros noms. Mais les vrais, ceux-là même qui t’aimaient à en tuer la terre entière pour une seule de tes courses box-to-box, garderont dans le coeur une blessure que rien ni personne ne pourra refermer.

Alors va, Benjamin, va vers ce destin qui ne ressemblera bien qu’à celui de cette année, va vers ce que tu crois être une carrière en bleu, va vers ton futur transfert à Crystal Palace ou Mescouilles-outh.
Va. Nous ne te haïssons point. Mais un peu quand même.

Marcelin Albert

11 réflexions sur “Benjamin guette le trésor des sabliers

  1. Bah, tu verras Marcelin, l’anus cautérisera et tu oublieras. J’ai pardonné à Heinze, tu peux le faire.
    Surtout qu’il va être attendu par les footix du Parc qui le prennent déjà pour une grosse burne de bourrin sudiste. Pas la peine d’en rajouter.

  2. Tu me déçois Marcelin, je ne te croyais pas aussi suceur de Marseillais

    Content pour Benji, que le cul lui pelle et que le manche soit long

  3. T’as le bonjour, tes sources sont tellement beton, t’as vu personne a moufté… Normal, sinon à quoi bon se casser le cul à chercher les vrais, les bonnes sources bien solides.

  4. « ce coup de poignard que tu infliges à notre pauvre coeur déjà exsangue » : c’est pas le vrai Marcellin qui a écrit, il aurait utilisé une saucisse et un anus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.