Concours Comithierry: la meilleure pour la fin ?

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Par Gégé, l’expert du baby foot.

Celle-ci a été envoyée par Gerard, juste avant le coup de sifflet final…

Bonjour monsieur Roland,

En préambule ce message de candidature au poste de pigiste bénévole sur votre blog, je souhaitais vous préciser que contrairement à sans doute grand nombre d’autres candidats, je ne tenterai pas de vous amadouer en louant vos qualités et vos talents. Je préfère ainsi faire appel à votre discernement légendaire plutôt que de flatter votre égo.

Pourtant, dieu sait si je vous admire. Vous êtes associés à chacun de mes plus grands souvenirs de football.

Comment oublier votre fameux « après avoir vu ça, on peut mourir tranquille » lorsqu’au soir du 12 juillet 1998, au terme d’un match épique l’équipe de France de football devint championne du monde ? Depuis ce moment précis de ma vie, je n’ai jamais été autant d’accord avec qui que ce soit. Etrange me direz-vous, surtout si on considère qu’à l’époque alors âgé d’une quatorzaine d’années je n’avais jamais conduit de voiture, goûté de grand cru bourguignon, ni même connu les joies de l’amour physique… et pourtant. C’est dire si le football conditionne ma vie.

Maintenant que nous avons établi que je ne vous ferai pas de lèche, nous pouvons nous intéresser au cas de l’Espagne.

La Roja, puisque c’est d’elle qu’il s’agit est une équipe à la fois admirable et pourtant tellement agaçante.

Admirable car elle a gagné la coupe du monde, et c’est un fait, en dominant chacun de ses adversaires y compris la Suisse. Pourtant la victoire finale de cette équipe, aussi méritée soit elle, me laisse un goût amer. L’impression d’être revenu en arrière par rapport à la révolution entamée en 2008 par cette même équipe espagnole alors championne d’Europe.

Il est nécessaire pour bien comprendre mon propos de s’attarder sur les poncifs utilisées par les journalistes (apparemment plus occupés à couvrir les scandales successifs de notre équipe nationale qu’à regarder les matchs) pour qualifier cette équipe espagnole ; poncifs repris allègrement par tous les amoureux périodiques de foot (ceux qui ne s’y intéressent que durant 1 mois tous les 4 ans).  Nous allons ensemble vérifier leur validité.

1 – LES AUTOMATISMES SONT PLUS FACILES A AVOIR QUAND L’OSSATURE EST REPRISE AU GRAND BARCA :

En 2010, Vicente Del Bosque a été félicité de façon unanime par vos confrères pour avoir titularisé 7 joueurs issus du FC Barcelone. La raison invoquée était que du coup les automatismes étaient plus présents, et que le jeu de l’équipe s’en trouvait alors fluidifié et bonifié.

Quand on connait le football pratiqué par Barcelone, il est en effet difficile de contredire ce genre d’affirmation… cependant, l’équipe alignée en 2008 par le sélectionneur développait un jeu qui à mon humble avis était bien plus attrayant avec seulement 3 joueurs du Barça dans le 11 titulaire.

Quelle conclusion faire du fait qu’en 2 ans le jeu ne se soit pas bonifié et ce, malgré des automatismes améliorés et le fait que tous les joueurs soient potes et jouent dans le même club ?

Il s’agit là pour moi du premier signe de la régression annoncée du football espagnol.

Se trouver les yeux fermés sur le terrain est certes admirable, avoir besoin de s’entrainer et de jouer ensemble 300 jours par an minimise toute de même grandement l’exploit.

2- LA VICTOIRE DE L’ESPAGNE, C’EST AUSSI LA VICTOIRE DU FOOTBALL OFFENSIF

Ce genre d’affirmation relève de la véritable fumisterie, voire de la désinformation.

L’Espagne en 2010 parvient à être championne du monde avec l’un des totaux de buts (qu’ils soient pour ou contre) le plus faible de l’histoire des champions du monde.

8 buts marqués seulement. A titre de comparaison,  l’Italie 2006 et France 98 marquèrent respectivement 12 et 15 buts soit 50 et 87,5 % de buts en plus que la soit disant offensive Roja. En 2008, et avec un match en moins cette même Espagne avait marqué près du double de buts.

Qu’est ce qui a changé depuis ? Un sélectionneur rondouillard a remplacé un raciste sénile, et un 4-2-3-1 a remplacé un 4-1-4-1.

Alors vous me direz que l’offensive ne se traduit pas forcément par des buts marqués, et pourtant.

Connaissez-vous l’expression « un score de babyfoot » ? J’en suis certain. Cette expression n’est rien d’autre qu’une forme d’hommage faite aux équipes qui après un match épique ont fait la démonstration de ce qu’est le football offensif.

Je lui préfère cependant nettement plus l’expression « un match de babyfoot ». Car plus que le score, c’est la philosophie du football de table qui relève de la véritable offensive. L’Espagne 2008 était une équipe de babyfoot, celle de 2010 non.

Tout d’abord le système de jeu :

Le 4-2-3-1 de 2010 sans véritable récupérateur a montré de grosse lacune concernant la vitesse de transmission de balle vers l’avant. De ce fait les passes en retrait des milieux vers les défenseurs ont été légion, Piqué ayant touché un nombre de ballons trop important. Au football de table* qui je le rappelle favorise l’offensive, cette action est assimilée à une faute (un râteau)  sanctionnée au bout de la troisième tentative par une balle arrêtée donnée aux attaquants adverses. On comprend mieux les frustrations de Robben et de Van Persie sur la non application de cette loi.

En 2008, le 4-1-4-1 avec les montées géniales de Ramos et Capdevilla se transformait en phase offensive en 2-5-3. Torres était alors rejoint par Iniesta et David Silva sur le front de l’attaque tandis que les seuls Puyol et Marchena restaient en retrait pour protéger la cage de Casillas d’un contre-assassin.

Faut-il s’étonner que l’équipe la plus offensive reprenne alors la disposition tactique du football de table pour pratique le jeu le plus fabuleux des vingt dernières années ? La réponse est bien évidemment non, on s’étonnera plutôt du fait que si peu d’entraîneurs n’appliquent cette tactique. Aimé Jacquet en favorisant les débordements de Thuram et Lizarazu  ainsi que les montées aux côtés de Guivarc’h du Snake et de Zizou avait pourtant montré la voie il y’a 12 ans déjà.

En résumé, pour moi le meilleur football, c’est le football de table, et autant l’Espagne 2008 à l’image de France 98 l’avait bien compris, autant celle de 2010 a renié tout cet héritage.

Puisque l’on est sur le dossier du baby foot, j’en profiterai pour faire un aparté sur l’arbitrage qui d’après moi nécessite aujourd’hui une vraie réforme. Cependant avant d’implémenter quelconque aide technologique, il est d’après moi nécessaire d’uniformiser l’interprétation des règles. J’ai été témoin durant de nombreux matchs des différences d’appréciation et même de jeu en fonction de la nationalité des différents acteurs.

La France a été victime de ces différences de jugement. Cela a d’ailleurs commencé lors du match de barrage contre l’Irlande, la congolaise ratée de Thierry Henry qui a amené le but de William Gallas a été sujette à de nombreuses polémiques. Autre congolaise fameuse, celle de Maradona contre l’Angleterre, elle fit de Diego un héros national en Argentine et un pestiféré chez nos amis grand-bretons.

Sidney Govou a aussi montré dans son jeu sa volonté de ne pas marquer de but, pour ne pas faire pissette. Comment alors accepter ce but assassin scellant le destin de notre équipe nationale de Mphela à la 37’ ? Il y’avait pissette.

Uniformisons les règles, comme nous l’avons fait pour les compétitions internationales de football de table. Cela permettra de voir moins souvent Van Bommel qui reproduisait sans vergogne ce que l’on déteste chez les joueurs hollandais de baby-foot. Ils tordent les barres et tacles les demis, cela devrait être interdits.

Empêchons les râteaux à tout va de l’Espagne, la repêche allemande de Neuer pour invalider le but de Lampard ou encore celle de Suarez contre le Ghana.

En conclusion, j’aime le football, pas celui de Del Bosque et Iniesta, mais celui de Bonzini et Chevillote.

*le baby foot est le seul jeu qui mérite appellation football de table, certainement pas cet ersatz de jeu de bille qu’est le subbuteo

Cordialement,

Gégé

PS: j’ai conscience d’avoir fait plus de vingt lignes, cependant en Police Calibri taille 2 sur mon écran full HD je dépassais de seulement 4 lignes.

11 thoughts on “Concours Comithierry: la meilleure pour la fin ?

  1. Voir ma prose publiée sur ce site, avec les fautes de frappe d’origine, me fait dire que je peux enfin mourir tranquile… le plus tard possible, mais je peux

  2. Bienvenu au club Gégé. Nous non plus ils nous corrigent pas nos fautes de frappe, de syntaxe ou de grammaire…

    Félicitations pour ton billet.

  3. Beau billet, mais truffé de fautes.
    Chez nous on dit « casse » par ailleurs, et non « rateau », mais ce sont les variations locales sans doute.

  4. Les rondes cher Moké, il s’agit d’ailleurs de la principale cause de mes cales aux mains… plus encore que mes pratiques autosexuelles.

  5. En même temps les fautes..quand tu sais que Roland voit pas un but en direct ; alors une faute d’orthographe dans un mail, lu à haute voix par son stagiaire… Tu te doutes qu’il y a de la marge avant qu’il s’en rende compte.

    Bon choix Gégé, bon choix…

  6. Magnifique gégé,

    eh oui, j’avais jamais pensé au 2-5-3, mais si on repense à la meilleure équipe de club qu’on ait (qu’on aie?) jamais eue en France,

    barthez

    boli desailly

    angloma deschamps eydelie sauzée di méco

    pelé völler boksic

    bingo!!!!!

  7. Pourquoi attaquer le Subbuteo en le qualifiant « d’ersatz de jeu de bille » ? Je joue personnellement aux deux « foot de table » et il n’y a rien d’humiliant à passer de l’un à l’autre. Déjà que le foot (le vrai, celui qui se joue avec les pieds) ne donne pas la meilleure image en ce moment, on ne va quand même pas leur emboîter le pas ? Il y a de la place pour tout le monde dans la branche « football de table » : les enervés du poignet et les allumés de l’index ! Ciao

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