Après deux victoires et un nul en championnat, la Juve se rendait à Catane afin de conforter sa place de leader et gagner en certitudes après le match décevant contre Bologne. En terre sicilienne, l’occasion de prendre une avance symbolique sur les concurrents est belle. Naples qui cale avec une défaite et un nul, Milan et l’Inter qui découvrent ce qu’est une victoire, et la Roma de Louis-Henry en pleine recherche philosophique.

L’avant-match :

Michel avait vu juste. De Ceglie est tellement faible que Grosso sort de sa pré-retraite. De toute évidence, c’était soit ça, soit faire glisser Chiellini à gauche et re-intégrer Bonucci. Visiblement, Conte préfère déshabiller le couloir plutôt que l’axe. Par ailleurs, Vidal est enfin titulaire avec pour objectif de soulager Pirlo et Marchisio, d’offrir davantage de maitrise et de fluidité dans l’entre-jeu. Enfin, devant Krasic est renouvelé, Matri enchaîne et Elia fait ses premiers pas dans le Calcio.

Un mot sur le banc, Toni est une nouvelle fois à la piaule, Vucinic est suspendu après son expulsion face à Bologne et Estigarribia toujours porté-disparu.

Pour l’équipe de Catane, on retrouve quelques vieilles connaissances et des mauvais souvenirs pour Michel. En effet, le Miche ne s’est toujours pas remis du transfert de Jorge Martinez la saison dernière pour une dizaine de millions d’euros pour un bilan de 14 matchs. Mais, Mimiche n’a plus envie de ressasser, de toute façon il est à Cesena maintenant. Côté Sicilien, Bergessio est bien présent sur le front de l’attaque, Almiron – l’ex-futur Veron – passé par hasard par la Juve est également là. Sans oublier Vincenzo Montella sur le banc, qui après un intérim avec la Roma la saison dernière, a rejoint Catane pour succèder à Diego Simeone.

Le fil du match :

5e. Elia hué par la totalité du stade. L’Italie a trouvé son nouveau Balotelli.

8e. Prenez une équipe composée majoritairement d’Argentins à la sauce Sicilienne, ajoutez une équipe Turinoise qui compte 7 Italiens titulaires et vous aurez plus de fautes et de simulations que de « C’est quand même incroyable dans ce pays… » de Pierre Ménès pendant une émission du Banal Football Club.

10e. Un Chilien au milieu d’une bande d’Argentins, ça plait moyen. Vidal a un contrat sur sa tête depuis le début du match.

12e. Elia fait l’étalage de sa panoplie complète de « tout droit » : contrôle raté, course de sprinter parallèle à la ligne de touche, créativité limitée.

13e. Krasic multiplie les appels croisés dans le dos de la défense. Quand il n’y a pas hors-jeu, c’est mieux.

14e. Pirlo, éleveur d’esturgeon, multiplie les caviars.

15e. Marchisio et le concept de la faute intelligente, fauche un Sicilien qui partait en contre.

18e. Chiellini s’écroule au duel avec l’attaquant adverse pour obtenir la faute. +50 points au Challenge Gaby Heinze.

22e. Bergessio ouvre le score, comme un symbole de son inefficacité chronique en L1. A l’origine de l’action, il décale Alejandro Gomez qui s’amuse de Grosso sur le côté, centre devant le but. Bergessio pendant ce temps a eu tout le temps de se placer. Ni Chiellini, Ni Barzagli ne se soucient de son appel, encore moins de le marquer de près. L’ancien du Racing reprend d’un tacle glissé du gauche et décroise bien la balle. Chiellini derrière Bergessio, plus près de le tacler par derrière que de dégager le ballon est clairement fautif.

24e. Chiellini sous le choc, tente un rateau, intercepté par l’attaquant de Catane. Giorgio lui assène un Ippon pour l’empêcher de filer au but.

30e. Grosso tente un centre du droit. Là, on est vraiment mal.

33e. Elia défend mieux que Grosso. On est vraiment très mal.

37e. Krasic n’est pas au courant qu’en contre, le ballon va plus vite que le joueur et que faire une passe plutôt qu’une course individuelle stérile n’est pas interdit.

39e. Vidal, un peu naïf, tente le dédoublement avec son latéral Grosso d’une jolie talonnade. Grosso perd la balle. Vidal écrase une cheville sicilienne. Ce qui est fait n’est plus à faire.

Bilan à la mi-temps : Pirlo et Marchisio n’impose pas le rythme. Vidal est seul à se battre. Les ailiers sont absents.

45e. Pepe remplace Elia.

47e. Bergessio, pourtant à terre dans la surface parvient quand même à faire une passe à un de ses coéquipiers. Gros problème pour Giorgio.

49e. Krasic égalise. Quagliarella s’incruste sur la célébration du Serbe depuis la touche, comme pour montrer qu’il existe au yeux de Conte. Krasic, plein axe à l’entrée de la surface temporise, profite de l’appel de Pirlo à sa droite pour déclencher une frappe soudaine sur le gardien qui se troue lamentablement.

50e. Bergessio on fire. Sur un Coup-Franc, libre de tout marquage, son plat du pied aux cinq mètres cinquante frôle la transversale. La Juve va très très mal.

Sur chaques actions, Catane et son équipe d’Argentins tombés du camion se montre dangereuse.

52e. Vidal poursuit son entreprise de démolition. Le Chilien multiplie les mines, comme un symbole.

53e. Larqué a retrouvé le numéro de Michel. Texto explicite : « Non, non, non Marchisio… Toujours d’arrière en avant et pas de bas en haut sur une reprise de volée. » Marchisio avale la trompette.

55e. Krasic centre, Bellusci, le défenseur de Catane décolle le visage de Vidal sur une retournée acrobatique devant le but. L’arbitre ne bronche pas. Marchisio à la retombée, tente la volée, nouvelle sortie kamikaze d’un joueur Sicilien. Toujours rien. Benvenuto nel Sud.

Nigel de Jong, Van Bommel and Pepe like this.

59e. Pepe s’essuie les crampons sur les parties d’un Sicilien. Vendetta.

61e. Pepe réussit un débordement. Michel ferme les yeux.

62e. Bergessio’s show. Transe totale pour l’ex-Vert. Excentré sur la gauche, il déclenche un centre-tir du gauche qui prend la direction de la lucarne. Gigi s’étire, main opposé Richard.

64e. Oui cette défense de la Juventus est en train de se faire violer par Alejandro Gomez, Bergessio et un dénommé Catellani.

65e. Le match devient fou. Pepe cadre sa deuxième frappe de la saison après son but contre Parme lors de la deuxième journée. Un vrai AK47.

67e. Ben Arfa a refoulé les terrains avec Newcastle, Krasic également. Course de 70 mètres, il élimine deux joueurs, Matri est seul dans la surface, le Serbe préfère tenter sa chance du gauche d’une frappe écrasée qui roule tranquillement dans les bras d’Andujar.

70e. Comme si les interventions défensives des Juventini n’étaient pas assez stressantes, un orage tropical s’abat sur Catane. Un match épique que Michel vous dit.

72e. Del Piero remplace Matri qui a vu assez d’horreur pour aujourd’hui.

78e. Bergessio, homme du match, sort. Michel peut respirer. Comme quoi, Saint-Etienne réussit le combo d’avoir refusé Pastore en 2007 et de ne pas avoir su mettre Gonzalo dans de bonnes conditions devant.

80e. Quagliarella entre, le streaming coupe, comme un symbole d’un anarchenement divin.

88e. Vidal plombe la balle de match. Seul au point de penalty sur une mauvaise relance sicilienne, il propulse le ballon en tribune.

Fin du match. Partie flippante, où les deux équipes auraient pu l’emporter. Indécis jusqu’au terme des cinq minutes de temps additionnel. Michel pense que la Juve s’en sort bien tant sa défense a montré des signes inquiétants de fébrilité et multiplié les erreurs individuelles. Deux points de perdus quand même quand on s’appelle la Juve, surtout quand l’homme du match est Bergessio.

Michel regrette qu’avec plus de 80 millions d’euros investis, le problème défensif n’a pas été réglé. Tant dans l’axe où mis à part Bonucci aucune solution n’existe. Tandis qu’au poste de latéral, Ziegler a été viré comme un malpropre alors que Grosso et De Ceglie n’offrent aucune garantie.

2 victoires, 2 nuls. Loi des séries ? Espérons que la Juve n’enchaine pas sur 2 défaites.

Les notes :

Buffon (5/5) Parce qu’il est classe même sous la pluie. Parce qu’il a été impeccable. Parce qu’il est capitaine. Et parce qu’avec des enfants pareils devant lui, il faut les avoir bien accrochées.

Lichtsteiner (2/5) Quand on a une qualité de centre intéressante, autant la montrer. Au lieu de ça, ses montées sont quasi-inexistantes, son entente avec Krasic proche du néant, ce qui rend le côté droit pas loin d’être catastrophique. Hésite t-il en raison des carences défensives de l’équipe ou bien n’est-il pas décalé correctement par son ailier ? En tout cas, lui aussi a souffert face à Bergessio.

Barzagli (2/5) Manque de communication sur le premier but. Pas plus rassurant que Chiellini. Il a lui aussi beaucoup souffert face à Bergessio et ses potes.

Chiellini (1/5) Il a multiplié les erreurs. Fautif sur le but, où il est derrière Bergessio. Souvent pris à défaut, ses pertes de balles et sa fébrilité ont entrainé un ouragan sur les cages bianconere. Giorgio confirme qu’il n’est ni de la lignée des grands centraux Italien et que son poste de prédilection est davantage celui de latéral.

Grosso (1/5) Peut-on faire une saison complète avec lui? Pourquoi s’être séparé de Ziegler ? Perché ? Sur le but de Bergessio, il laisse Gomez centrer. Constamment dépassé par le Valbuena sicilien à mèches blondes, Michel n’est pas rassuré en vue du choc face au Milan.

Krasic (4/5) Toujours aussi peu académique dans ses débordements, il a le mérite de mettre un peu de folie. Son déchet technique associé à sa mentalité individualiste posent problème, mais il n’y a pas d’autres solutions. Et surtout, il est le seul joueur de côté réellement déroutant. Peut viser un 5 lorsqu’il en aura fini avec le syndrome Ben Arfa.

Pirlo (3/5) Un bon début de match, puis pas grand chose. Pas décisif pour la première fois de la saison.

Marchisio (2/5) Physiquement présent en première mi-temps avec Vidal, il a décliné par la suite. Rapidement averti à la 15e minute, il s’est noyé le reste du match comme un symbole de l’orage tropical qui s’est abbatu sur Catane et a même gaché quelques bonnes situations offensives. Claudio est dans une forme déclinante à l’image de l’équipe.

Elia (0/5) Il a été tellement mauvais que Pepe remonte dans l’estime de Michel. Sûrement, ce qu’on appelle la théorie des vases communiquants. Remplacé à la 45e par Pepe. Encore une dizaine de millions gâchés.

Vidal (4/5) Le Chilien agit d’abord à dose homéopathique, puis omniprésent durant la rencontre grâce à une énorme activité et une combativité de tous les instants. Il n’y avait que Vidal pour faire passer le mal de tête de Michel. Même s’il a alterné le bon et le moins bon, sa determination illustre parfaitement les valeurs de Conte. A finit la tête en sang.

Matri (2/5) Son plus grand défaut ? Sa femme. Parce qu’il est difficile d’être aussi bonne que Federica Nargi. A part ça, il a gouté aux joies d’une défense centrale Italo-argentine. Au programme : tirage de maillot, coup de coude et prise en sandwich. Alessandro a cedé sa place à « Ale » à la 73e.

Les remplaçants :

Pepe (4/5) Dire que Simone a été dans tous les bons coups accentue encore plus la piètre performance d’Elia. Si ses collègues avaient été efficaces, Michel lui mettait 5. Oui, monsieur. S’il n’a pas été décisif, le voir éliminer-tirer-passer a rejouit Michou. C’est dire où on en est.

Del Piero (3/5) Une tête loupée, un bon ballon pour Vidal qui manque l’occasion en fin de match. Aurait-pu être le sauveur. Rien d’autre à signaler encore moins à lui reprocher.

Quagliarella : Entré à la place de Marchisio à la 80e. Match indécis, attaque décousue, première minutes sur les terrains de Serie A depuis plusieurs mois. Psychologiquement, ça fait beaucoup pour Fabio qui s’est contenté de piétiner son adversaire.

L’allenatore : Michel était enthousiaste avant le coup d’envoi. Changement tactique, intégration de Vidal au milieu et d’Elia. Mais Michel a déchanté rapidement. Défensivement, il lui manque un défenseur central tant réclamé pendant l’inter-saison, sur ce point on ne peut rien lui reprocher. Néanmoins, au poste de latéral, peut-on faire une saison avec Grosso et De Ceglie ? Pourquoi s’être débarassé de Ziegler sans l’avoir réellement testé ? Etait-il moins rassurant que les deux autres ? Bref, Antonio Conte retient une « Juve qui ne veut pas perdre (…) le chemin est encore long » et un seul mot : « travail ». Sa mission reste compliquée, il n’a pas d’alternatives dans le secteur défensif où Chiellini confirme qu’il n’est pas le grand central que l’Italie attend. Dimanche prochain, face au Milan AC à Turin, nous aurons plus de réponses à nos questions.

Et puis, au moins lui, même sous la pluie, il a résisté à la tentation d’enfiler une parka hideuse comme son homologue Montella. Une certaine idée de la classe.

Michel Panini.

Michel est sur le ouèbe (facebook et twitter) mais a surtout les images du match pour vous.

8 thoughts on “La Bianconeri Académie note Catane-Juventus (1-1)

  1. A ta décharge, une seule fausse note, Krasic est serbe et non russe comme tu l’as indiqué dans « le fil(m)du match » à la 49e…
    Mais de toute façon on s’en fout c’est un (le ?) peuple frère…

    Dasvidania…

  2. On en a tant parlé de la nouvelle juve et de ses recrues mais en fin de compte, j’ai vraiment peur qu’elle commence a ressembler à celle de l’année derniere et celle d’avant!
    ourvue que ca ne soit pas le cas, autrement, je jette l’eponge car j’en ai vraiment marre des faux espoirs

  3. Kimo :

    Réponse dimanche contre Milan.

    Certes, la Juve ne perd plus, c’est déjà ça. Mais la défense centrale aurait du être l’objectif prioritaire des dirigeants. Chiellini est remis en question à tous les niveau, mais à part Bonucci qui n’est pas plus rassurant il n’y a pas de solutions.

    De plus, jouer sans latéral gauche est inquiétant.

    La tactique de Conte n’est pas encore bien précise. 2 attaquants? Un attaquants? Milieu à trois ou quatre? Qui sur les côtés?

    Alors, espérons que Milan soit bien fatigué par son match de Ligue des Champions et ses nombreux absents pour que la Juve apporte des réponses à nos questions dimanche.

  4. Franchement, difficile de se faire une idée sur le match compte tenu des conditions de jeu. Mais c’est sûr que votre défense (Chiellini, putain) fait flipper. En revanche, voir une équipe avec Buffon, Pirlo et Del Pierro, ça fait un peu bander quand même…

    J’espère que vous reviendrais quand même au niveau cette année, parce qu’une champion’s league sans la Juve en quart, c’est sale quand même…

  5. Même si Michel n’aime pas cette phrase « L’avantage de la Juve, c’est de ne pas jouer la Coupe d’Europe cette saison » il reconnait qu’elle pourrait être determinante cette année.

    Exemple : Milan croule sous les blessés (Pato, Nesta, Ibra, etc) et va jouer cette semaine en LDC. La Juve, elle aura tout le temps de préparer la partita de dimanche.

    En espérant que cela bénéficie à la Juve.

    En effet, retrouver la LDC est indispensable pour les Bianconeri. Financièrement, au vue des investissements, ce serait une catastrophe de ne pas y être. D’autant plus que la saison 2012-2013, il n’y aura plus que 3 places qualificatives pour la Champion’s…

  6. Quel plaisir, en tant que lyonnais, de revoir ce bon vieux Fabio Grosso, toujours aussi à l’aise dans son couloir gauche…

  7. Dire qu’il était déjà à la traine à l’époque, alors maintenant… Il a quand même songé à prendre sa retraite cet été, et là, il se retrouve titulaire comme un symbole d’un Djimi Traoré.

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