Jean a décidé de vous chanter cette « taktische Sieg ».

 

« Oh combien de temps te faudra-t-il à nouveau patienter ?

Avant de me voir sans le souffle court, le sommeil agité ?

Mais dis-moi qu’au fond les choses s’apprécient bien moins impatient.

Comment fait-on quand on ne contrôle plus son cœur en rentrant ?

Mais tes envies tu sais, ils sauront te les dicter

Et tu ne sauras plus jamais quoi me dire de bien moins familier

Que ‘joue-la cool putain… Et sauvons-nous, ça vaut mieux

Tous un peu cons et laborieux, tu sais quoi :

Joue la tranquille, c’est plus simple.’

La nuit je me rassemble au milieu. »

Déportivo, « Au Milieu »

 

L’histoire :

La saison dernière, le BVB s’était offert deux victoires contre les Munichois, dont une victoire à l’Allianz Arena qui avait scellé l’inéluctable : le titre. En gagnant ce match, il pouvait être le premier club de l’histoire de la Bundesliga à les battre deux fois au cours d’une année civile. Et il faut rappeler que, depuis six matchs, le Borussia a toujours ouvert le score lorsqu’il a affronté le Bayern. Affronter nos meilleurs ennemis était réjouissant d’avance.

Mais le Bayern a montré sur la première partie de saison que le retour du titre en terrain bavarois était une possibilité plus que probable. Le recrutement de Neuer a particulièrement fait du bien à la défense du « Rekordmeister » avec une série de matchs sans buts encaissés assez impressionnante. Ce week-end, le Bayern optait donc pour un objectif « revanche » digne d’un épisode 2 de Star Wars, avec en ligne de mire 8 points d’avance.

 

Le combat :

Réfléchissant indécis, sur un banc, sur la meilleure manière de raconter ce match, Jean n’arrivait pas à prendre une décision satisfaisante. Il y avait le résultat : une victoire 1-0. Il y avait aussi la manière : dominé mais convaincant. Il y avait, pourquoi pas, la frustration compréhensible des Bavarois impuissants, en manque d’une pilule bleue pour la mettre au fond et qui maintenant vont devoir faire passer celle infligée par les jaunes et noirs. Il y avait la déclaration de Jürgen Klopp après le match qui résume habilement bien les faits. Mais cela restait trop en surface. Jean était encore à la recherche de la poésie de la stratégie du samedi.

Puis, Jean a eu la révélation en réécoutant un morceau par la grâce du mode aléatoire : « Au Milieu ». C’était évident : cela ne parle de rien d’autre que de football ! Pire encore, c’était écrit à l’avance, cette chanson raconte le match de samedi soir, point par point. Reprenons voir le déroulé des paroles et du match.

« Oh combien de temps te faudra-t-il à nouveau patienter ?

Avant de me voir sans le souffle court, le sommeil agité ? »

Bon. Déportivo évoque clairement l’avant-match et les résultats de l’an dernier. Le Bayern accueille le Borussia avec une confiance extrême. Mario Gomez annonce avant le match qu’il est certain que le Bayern l’emportera. C’est la sérénité qui fait place à la nervosité de l’an passé. Finalement, les Borussen se présentent à l’Allianz Arena en parfait trouble-fête potentiel. Mais si « la logique est respectée« , c’est trois points pour le club qui reçoit et un envol vers le titre. Le souffle court et le sommeil agité de 2011-2011 ne serait alors plus qu’un mauvais souvenir. Au contraire, le Bayern gagnerait doublement, en portant un coup au moral des concurrents pour le titre. Dès lors, il faudrait attendre longtemps avant de les voir à nouveau sous pression…

 

« Mais dis-moi qu’au fond les choses s’apprécient bien moins impatient. »

Là, il y a deux aspects qui se confondent sur la même phrase. Il s’agit dans tous les cas de la réponse prusse à l’arrogance bavaroise. Mais elle porte tout autant sur leur prétention d’avant-match que sur leur manière de jouer samedi.

 

« Comment fait-on quand on ne contrôle plus son cœur en rentrant ? »

Peu avant de rentrer sur le terrain, la caméra de Sky Sport a montré le contraste entre les deux équipes. Les jaunes et noirs sont arrivés détendus et souriants pour saluer les collègues. Ceux-ci sont restés passifs, saluant parce qu’on les saluait.

Sur le terrain, il en est resté de même. Le Bayern est resté empêtré sur l’idée fixe qu’il avait avant même d’être dans le vif du sujet, quand le Borussia a maîtrisé le jeu tactique tout du long. Jürgen Klopp a réussi à dresser son équipe pour qu’elle maîtrise ses émotions. En rentrant, une seule équipe a contrôlé son cœur.

 

Comment ? « Mais tes envies tu sais, ils sauront te les dicter »

Exactement monsieur Déportivo. C’est aussi parce qu’ils ont dirigés le jeu bavarois où cela les arrangeait : vers les côtés, où Schmelle et Piszczek font la loi.

De fait, sur les quatre-vingts dix minutes, il y a eu différentes étapes pour un même effet. Tout d’abord, le Borussia a joué haut. Très haut même. Ils ont surpris le Bayern sur les dix premières minutes. Instinctivement, ceux-ci sont remontés à leur tour et ont débutés une demi-heure de domination continue et stérile. Au retour des vestiaires, c’est le calme plat. Aucune équipe ne semble vraiment prête à prendre le jeu à son compte. Le Bayern ne veut pas continuer à s’enfoncer dans le schéma voulu. Seulement, ils sont alors pris au piège. Le Borussia profite de ses joueurs restés mobilisés et actifs depuis le début, lorsqu’à l’inverse, les Bavarois se la jouent endormis. La défense centrale, à commencer par Boateng, est d’une agressivité nulle. Par une petite combine Lewandowski-Götze-Kagawa-Götze, les Borussen glissent le ballon au fond. 1-0.

 

« Et tu ne sauras plus jamais quoi me dire de bien moins familier

Que ‘joue-la cool putain… Et sauvons-nous, ça vaut mieux

Tous un peu cons et laborieux, tu sais quoi :

Joue la tranquille, c’est plus simple.’ »

Exactement monsieur Déportivo. Les Bavarois ont pris une leçon de jeu simple. Le Borussia n’avait pas les moyens de s’imposer dans le jeu, ils l’ont fait par un jeu simple et cool, laborieux mais intelligent. Pour une équipe composée encore de nombreux jeunes et qui a montré ses faiblesses en Ligue des Champions pour le moment, ils ont fait preuve d’une maturité exceptionnelle. Il leur serait vraiment bien inspiré de jouer avec le même état d’esprit, très concentré, pour Arsenal en milieu de semaine.

 

« La nuit je me rassemble au milieu. »

En particulier en maîtrisant le milieu de terrain, sans trop le montrer, tapis dans l’ombre, mais efficacement. Le milieu a été verrouillé discrètement et sobrement. Toni Kroos et Luiz Gustavo rendus invisibles. Robben et Ribéry à peine incisifs, englués sur les côtés. Müller, seul à être dangereux, aurait néanmoins pu inverser la tendance. Heureusement, pour cette fois, il ne l’aura pas fait.

Résultat des courses : trois points, un coup au moral adverse, deux points de retard et la course pour le titre de Meister est lancée.

 

Les soldats :

Weidenfeller (3/5) : Le Bayern pouvait dominer autant qu’il voulait, Roman n’a pas eu beaucoup de travail ce soir. Encore une fois.

Piszczek (4/5) : Il aurait pu avoir peur de Ribéry. Finalement, c’est Ribéry qui avait peur d’aller face à lui et s’est exilé parfois sur le côté droit. En fait, dès la deuxième minute, Lukas a gagné un duel et les a tous gagnés ensuite.

Schmelzer (3/5) : De l’autre côté du terrain avait lieu un duel d’hommes blessés, Schmelzer – Robben. Résultat ? Un Marcel globalement impérial, qui n’aura pas éprouvé de grosses difficultés, malgré quelques interventions limites et en retard.

Hummels (4/5) : Il est beau. Il est fort. Il a mis sous silence Mario Gomez. C’est Mats Hummels.

Santana (3/5) : Il est remplaçant habituellement et pourtant il réussit chaque intervention. On se demande vraiment comment un tel gars peut être le 3ème homme de la défense centrale. On a aperçu la réponse lorsqu’il a laissé Gomez partir dans son dos, mais rien de dramatique non plus. Il a jusqu’à la trêve pour prouver sa valeur.

Bender (3/5) : Ouaip. Bien. Comme d’habitude. L’homme-métronome que les adversaires évitent autant que possible était encore là.

Kehl (2/5) : Pas en grande forme ce samedi. Jürgen a sûrement voulu privilégié l’expérience en le poussant sur le terrain à la place de Leitner. Mais il apporte beaucoup moins que Moritz dans le jeu. Cela s’est clairement vu. Il a tout de même joué un bon rôle d’aide de camp pour Bender.

Götze (4/5) : Il marque. Cœur avec les mains rien que pour ça. Écoute donc Joachim, reste encore chez nous.

Großkreutz (2/5) : Il ne marque pas. Et sur l’ensemble de la rencontre, quand le Borussia est dominé, il a pas grand chose à faire sinon à aider en défense pour empêcher Rafinha de se faire trop plaisir.

Kagawa (2/5) : Il ne marque pas. Et sur l’ensemble de la rencontre, quand le Borussia est dominé, il n’a pas grand chose à faire sinon à aider au milieu pour empêcher les circulations de balle du Bayern.

Lewandowski (3/5) : En première mi-temps, il aura touché trois fois plus de ballons que Mario Gomez. Et à chaque prise de balle, il se montre dangereux, se jouant des défenseurs avec autant d’aisance que Götze. J’e(a)n tombe amoureux.

 

Les réservistes :

Leitner (pour Kehl) : Ah, Jean ne se lasse pas de le voir sur un terrain.

Perisic (pour Kagawa) et Barrios (pour Lewandowski) : Ils sont rentrés seulement pour troubler le rythme munichois du désespoir. Job réussi.

 

Bonus Guerre des Etoiles, « die Revanche » et finesse bavaroise.

Faîtes les comptes…

http://www.youtube.com/watch?v=8gWTFuapsNc

 

Bonus paroles censurées :

Oh dis-leur qu’il vaut mieux changer de veste que de mentir et du reste. Dis-leur aussi, que rien ne vaut la vie et qu’il vaut mieux s’en aller que de rester figé.

Il y a un moment, par contre, où il faudra arrêter avec les rumeurs de départ des Borussen. Ohne scheiß.

 

Jean la joue cool, putain, et vous file un bon résumé de dix minutes de cette victoire au goût délicieux.

Il vous rappelle au passage qu’il passe parfois faire un tour sur Facebook. Par contre, par la peine de le chercher sur Twitter. Demandez plutôt à BundesligaFR pour avoir les dernières Nachrichten.

1 thought on “La Borussia Akademie note Bayern-BVB (0-1)

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