La Borussia Akadémie note Hambourg SV-Borussia (1-5)

Jean est de retour, la queue frétillante.

Jean a voulu resté sobre. Ça lui a fait mal à la tête. Allez comprendre.

 

L’Histoire :

Le train entre Dortmund et Hambourg avait du retard. Une dizaine de minutes, accordé par le site officiel du club. Comme un non-symbole, cela n’a eu aucune incidence sur le résultat final.

Enfin quand même, Jean ne faisait pas le finaud avant le début du match. Le retard ne l’inquiétait pas vraiment. Mais aller à Hambourg l’effrayait un peu. Imaginez : une ville qui héberge un club riche comme Schumacher et un club marxiste comme Marx. À côté, les Romains et leurs Lazio-Roma ou les Anglais et leurs derbies délocalisés à Londres tous les week-end, c’est de la gnognotte. Non, Hambourg fait peur. Ces friches portuaires, ces concerts de Ugly Dance tous les mois d’Octobre, ces recettes qui s’exportent et dominent le monde de Millau…

Et puis Hambourg fait peur comme un bel épouvantail dans cette Bundesliga 2011-2012. Largués en championnat, tellement loin que Köln est devant, mais sur une série de 9 matches sans défaite. Il faut dire qu’ils ont trouvé un homme qui en avait marre de la Ligue des Champions, ou de la Suisse, ou des jeux de mots faciles sur son club, et qui a quitté Bâle pour eux. Il faut dire aussi que Hambourg est un peu un FC Nantes sans son Rudy Roussillon : monté en 1963, jamais descendu. Hamburg SV : un survivant éternel, un zombie, un club de film d’horreur.

 

Le combat :

L’équipe alignée par Klopp n’a rien de surprenant pour cette reprise. Le 4-2-3-1 est de sortie. Les deux absents de marque sont remplacés à leur poste : Langerak s’occupe des buts, Kuba du flanc droit offensif.

Dès le départ, les joueurs affichent leurs ambitions offensives. Pas seulements les joueurs de Jean. Mais aussi ceux d’en face. Sauf que ces derniers se retrouvent à peiner dans leurs trente mètres, à la recherche d’une passe courte à faire. Le pressing du Borussia est d’autant plus efficace qu’aucun adversaire ne décroche. Ça reste au mieux au niveau de la ligne médiane, hors d’accès sauf à risquer de perdre le ballon. La meilleure solution est trouvée à la huitième minute avec une belle prise de judo sur Kagawa. Mais l’arbitre apprécie peu le geste d’humour, même sur un Japonais, et rend la balle aux jaunes et noirs.

Hambourg connait quand même une petite phase dominatrice, entre la 5ème et la 10ème minute. Puis le BVB se remet en place, coupe les trajectoires, remonte le terrain et ne lâche plus un seul espace. Shinji récupère un maximum de ballons et offre plusieurs possibilités, notamment à Lewandowski. Malheureusement, toutes les occasions du Borussia finissent de la même manière : au milieu, légèrement au-dessus de la barre. Quelque soit l’origine du tir : contré-lobé par un défenseur (Lewandowski, 3′), reprise sur une passe en retrait (Bender, 2′) ou têtes sur corner (Subotic puis Hummels, 3′ et 12′). Puis Hambourg perd encore un ballon sur un beau pressing. Kagawa finit par récupérer un ballon dont personne ne veut et profite du manque de passion des Hamburger pour effacer son vis-à-vis et offrir le but à Großkreutz sur un beau décalage. 1-0. Cœur avec les mains.

Frayeur étonnante : Guerrero, dans les trente secondes qui suivent, est idéalement placé. À six mètres des filets, seul et la balle sur la tête. Bienvenue est son inspiration de faire une tête piquée à côté. Frayeur encore : une frappe hors de la surface manque d’être déviée par Guerrero. Puis celui-ci abandonne enfin les occasions. Il tente de se fritter avec Subotic. Drôle d’idée d’aller vouloir emmerder un Serbe. Mais enfin. Cela décide les Borussen à reprendre la domination territoriale. Elle reprend concrètement à la 24′, alors que Lewandowski sème la panique entouré de quatre défenseur et obtient un nouveau corner. Autre solution dans de tels moments : les fautes. Elles se multiplient. Les Hamburger n’arrivent pas à gérer les agressions du BVB. Quand on voit le placement défensif sur les coups de pieds arrêtés jusque-là, ces corners et ces coups-francs sont autant d’occasions. D’ailleurs, Subotic prend encore le meilleur sur un coup-franc venu de la gauche à la 27′ et il faut un excellent Drobny pour empêcher le but. Il ne l’empêche pas trois minutes plus tard, mais le but est refusé. Ça tient de justesse à Hambourg. Sauf qu’ils ne peuvent rien face au Lewi‘ de cette année : trou de souris passé et il s’offre un joli but en pichenette. 2-0 à la mi-temps et le BVB a l’air de s’amuser.

Au retour, Hambourg tente à nouveau le coup de la première mi-temps et ne tient qu’un temps, une nouvelle fois. Dortmund repart comme en quarante et montre sa domination territoriale, aérienne et dans le talent et l’inspiration. Rien à faire pour Hambourg, c’est une déferlante terrible qui s’abat. Kuba marque un but de PS3, comme un symbole de club qui ne joue plus la Ligue des Champions (comparaison foireuse offerte à Jean-Michel Aulas), avec un frappe croisée à raz-terre. 3-0.

Dortmund se la joue presque trop simple et n’a plus l’air particulièrement motivé. Il est vrai qu’il manque alors six buts pour rejoindre le Bayern au goal-average et que Zagreb ne se trouve pas à Hambourg (théorie du complet offerte à Jean-Michel Aulas). Alors Lewandowski se permet de se trouer totalement au point de penalty. N’ayant plus qu’à glisser le ballon hors de portée du gardien, il choisit l’option frappe à côté.

Pour remuer ses troupes, Jürgen choisit de sortir Kehl et mettre l’excellente jeunot Leitner. À peine rentré, Moritz provoque un pénalty que Kuba transforme sans poser de questions. 4-0 et c’est une correction assez méritée pour Hambourg, définitivement très naïf depuis le début du match. Jürgen secoue encore un peu : Kagawa et Bender sortent pour faire voir aux intéressés ce que valent Barrios et Gündogan. Leitner, lancé en profondeur, retrouve Lewandowski dans la surface. Avec l’aide de Großkreutz, il se joue avec une certaine aisance de ces adversaires et conclut. 5-0. Le commentateur italien du streaming n’a plus qu’un mot à la bouche : « bella, bella, bella ! »

Pour l’anecdote finale, Guerrero marque grâce à un Langerak pas franchement rassurant et Gündogan sauve sur sa ligne. Enfin l’arbitre a bien compris que jouer ne sert plus trop aujourd’hui : pas de temps additionnel, rentrez chez vous braves gens. Le Borussia a montré que la seconde moitié du championnat allait être chouette : trois clubs (Schalke 04, FC. Bayern München und BVBorussia Dortmund) à 37 points et un club (Borussia Mönchengladbach) à 36 points. Wilkommen im Bundesliga.

 

Les soldats :

Langerak (2/5) : Peu de travail à faire. Il a été plutôt bon, notamment dans ses sorties au poing. Mais son intervention sur le seul but encaissé est étrange.

Schmelzer (3/5) : Excellent de par son entente avec Großkreutz et solide défensivement. Il bénéficie surtout d’un bonus pour son intervention en fin de première mi-temps, propre, net et efficace alors que Guerrero partait seul au but.

Piszczek (2/5) : Jean ne l’a vu monté qu’une seule fois de tout son match. Trop bizarre pour être vrai. Sa blessure doit être grave.

Hummels et Subotic (2/5) : Jean ne sait pas comment les noter. Ils ont fait le travail qu’ils ont eu à faire, soit pas grand chose. Pour la forme, ils sont « sanctionnés » pour leur manque de cadrage sur les différentes têtes qu’ils ont eues à faire.

Bender (3/5) : Le travail était souvent accompli avant même son passage. Une reprise en douceur pour lui. Cela devrait lui permettre de prendre de la confiance pour retourner au contact si nécessaire.

Kehl (3/5) : Peu ou prou comme Bender. Il a colmaté les brèches, participé au pressing et pas été franchement inquiété ou gêné dans son travail de construction. Un match serein.

Kagawa (4/5) : Jean a fini par se lasser de compter ses passes de trente mètres parfaites. Il est dans une forme qui rappelle ses meilleures heures. Peut-être mieux. Il a manqué le but, mais s’il les offre, Jean prend aussi.

Großkreutz (4/5) : Un but, une combinaison de dernière minute avec Lewi et une motivation permanente. Le Großkreutz habituel comme on l’aime à Dortmund.

Kuba (5/5 : the Polish connection) : Pour un remplaçant de Götze, il a fait les choses comme il faut : deux buts. Ses appels en profondeur ont fait beaucoup de mal à Hambourg, qui n’avait presque pas le courage d’aller le chercher sur son côté dès les premières minutes.

Lewandowski (5/5 : the Polish connection) : Le Lewi de cette année vous ferait oublier tous les Barrios du monde. En ce moment, il sait tout faire. Alors il fait tout.

 

Les réservistes :

Leitner : Son entrée a contribué aux deux derniers buts. Si ce n’était pour le préserver encore un peu et conserver la solidité et la confiance transmise par le duo Bender-Kehl, il devrait être titulaire de suite.

Barrios et Gündogan : Rien à signaler.

 

Les hommes d’en face : Leur défense a été tellement calamiteuse sur cette rencontre que la rechute vers Freiburg et Augsburg semble pas si loin. Thorsten saura sûrement remobiliser son équipe. Mais il reste un long chemin à faire et de une agressivité mieux dirigée à retrouver.

 

Jean Colère.

Jean vous offre les images. Elles sont mauvaises, elles sont commentées bizarrement, mais Jean n’ose plus faire la fine bouche depuis que le FBI l’observe.

Il vous rappelle au passage qu’il passe parfois faire un tour sur Facebook. Par contre, par la peine de le chercher sur Twitter. Demandez plutôt à BundesligaFR pour avoir les dernières Nachrichten.

Enfin, Jean continue de répéter en 2012 qu’un abonnement à Horsjeu pas net est une excellente idée avant les Présidentielles, puisque ses académiciens plus beaux que natures.

« Au revoir. »

3 thoughts on “La Borussia Akadémie note Hambourg SV-Borussia (1-5)

  1. Mohamed Zidan a pas mal marqué en match de préparation semble-t-il à Rigobert. Il va lui aussi passer devant Barrios ?

  2. En tout cas, une règle claire a été fixée pour le mercato d’hiver : soit c’est Barrios, soit c’est Zidan qui part.

    Barrios n’a pas l’air à l’heure actuelle de pouvoir reprendre son niveau de 2010. Zidan est presque meilleur effectivement ; quand il s’agit de l’utiliser de suite, s’il y a besoin d’un buteur en fin de match…
    Mais Barrios restera plus intéressant si Lewandowski perd à son tour son niveau actuel. En confiance, ça n’a rien à voir avec Zidan.

    … Et il reste Le Tallec en réserve…

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