La Breizhou Académie note Udinese-Rennes (2-1)

6

Une défaite, la tête haute pour Roazh Takouer.

Les 4 premiers mots qui viennent à la bouche de la Breizhou académie après un match aussi cruel sont assez clairs : « enfoirés de dieux du football ».

Bien sûr, il ya beaucoup à dire sur cette rencontre, qui restera d’ailleurs une des plus marquantes du Stade Rennais en coupe d’Europe ; une sorte d’apprentissage autour du thème ‘’leçon de réalisme’’, et un épisode au dénouement tragique à l’image prématurée d’un vrai beau parcours de club français en coupe d’Europe, anomalies temporelles exceptées.

Il y avait pourtant la place pour faire mieux. Et même beaucoup mieux. D’ailleurs, Roazh Takouer était assez optimiste, revenant pour une fois sobre d’une réunion de collègues-druides du football. « Sobre, peut-être, mais ça veut pas dire que j’ai rien pris, t’inquiète » répondit-il les joues blanches, les yeux rouges et les poumons noircis. « Je suis bien tranquille, et t’façons, on va faire un coup ce soir, j’en suis sûr. Je le sais. Je le sens. Un truc genre 1 partout. Je l’ai lu dans mon porceau de jambon. Enfin mon morceau, mardon. Heu pardon. Ouais, j’avais faim, je sais bien que manger c’est un peu tricher, mais le jambon, c’est du cochon donc c’est bon. Surtout dans une galette complète. De quoi on parlait déjà ? Faut que je reprenne mes esprits, donnez-moi à boire que je me nettoie les neurones. »

 

La Konpozision

Puisque le français francise (mais rien à voir avec le Balto, non, ni avec la franchise d’Adil Rami) l’orthographe de Roscoff en y mettant un c, la Breizhou a décidé de bretoniser l’orthographe du jargon footballistique. Voilà.

Plus réel 4/3/3 qu’habituel 4/2/3/1, Dalmat jouant très bas pour un vrai 10 là où Féret, exceptionnellement en tribune apporte un soutien à la pointe. Milieu donc renforcé pour mieux contrer le 5 du 3/5/2 italien (voire 3/5/1/1), et ailiers rentrant vers l’axe.

 

Ar Matc’h

L’idée initiale étant d’abord de les contenir assez haut, la mollesse d’Udinese en début de match permet aux Rennais de mener à bien leurs premiers contres et de se créer les premières occasions. C’est d’abord Pitroipa qui s’illustre, puis Hadji, qui finit même par trouver la faille, magnifiquement lancé en profondeur Stéphane Dalmat.

Un autre match commence, et un match encore plus rennais, l’équipe d’Udinese commençant même un peu à nous inquiéter lorsqu’on constatait que le but l’avait davantage endormi. Paradoxalement ? Oui et non, on connait les équipes italiennes, enfin on connaît surtout leur réputation à Rennes, et en l’occurrence, cette inquiétude montait en puissance en voyant que le temps passait si lentement d’un côté, et que du nôtre, on ne parvenait pas à breaker malgré des tentatives et des occasions notables.

On pensait au moins revenir aux vestiaires avec l’avantage en poche, mais même pas, Di Natale, celui qu’on nous avait annoncé en début de journée remplaçant va placer une frappe hors de portée du pauvre Billy alors que Boye qui l’avait laissé filer revenait sur lui. A l’italienne. Une occaz ¾ et un but, rien à dire. Et c’était même presque rigolo de se prendre un but par leur méga-star-buteur-joueur emblématique, quand par chez nous, on déplore depuis plus d’un an l’absence d’un ‘’grand leader d’attaque’’.

Autant vous dire qu’on craignait un peu le retour de vestiaires et qu’on essayait de se rassurer en se disant qu’on perdait jamais après avoir marqué le score. Sans trop y croire en fait, parce qu’en y réfléchissant deux secondes, on s’est souvenus de quelques défaites l’an dernier où on marque les premiers, dont deux dans les coupes nationales.

Mais on voit bien qu’Udine ne dispute pas le match de sa saison. Le jeu se durcit et la tâche se corse sous les yeux d’Antonetti, mais les Rennais répondent présent, malgré un beau retour de l’Udinese dans le jeu de l’équipe la plus cartonnée, indiquant que s’il est à peine un peu moins mou, notre adversaire n’est clairement pas consentant. En terme d’occaz en revanche, l’écart se creuse, mais les filets restent inviolés. Pas le poteau gauche du gardien qui s’en prend une signée encore Hajdi.

Puis c’est le coup dur et le coup de pute de ces connards de dieux du football qui décide de nous casser deux joueurs dans le match. Kader Mangane n’est pas resté bien longtemps sur la pelouse, et il est même sortie à 0/0. Trois changements plus tard, le dernier entrant, Razzak Boukari se nique l’épaule, ‘comme un symbole’ du jambon de Roazh Takouer, en tentant de marquer, mais en ratant. Comme un sans bol aussi donc.

Et plutôt deux fois qu’une parce qu’après avoir manqué de trouver la faille sur un double corner, Udine prend définitivement l’avantage avec le combo qui tue contre favorable-passe en profondeur- poteau rentrant.

Udine n’avait ensuite plus qu’à se regrouper derrière face à une équipe encore volontaire mais affaiblie, y compris moralement. Boutique fermée. Deux un. C’est niqué.

Autant dire que s’il restait peut-être 3 ou 4 dépressifs qui supportaient encore le SRFC et qui avaient survécu à la tête de Fauvergue ajoutée au doublé d’Eduardo, ils ne doivent plus être de ce monde depuis hier soir. Perdre à la fois un match qu’on maîtrisait et deux joueurs lors de la même soirée, c’est dur.

Cela étant dit, si on regarde le calendrier, on peut se dire qu’on avait le droit de  perdre même si c’est censé être notre principal concurrent du groupe, l’Atletico étant le favori pour la première place, et le Celtic actuel n’étant pas franchement une foudre de guerre. Il faudra juste avoir la bonne idée de prendre des points maintenant. Et rapidement. Avant de les recevoir chez nous et de nous venger avec nos propres armes. On a ce qui peut être un avantage : finir à Madrid. Si l’Atletico est déjà qualifié, ce pourrait être un déplacement plus facile que celui qui attend les Italiens.

Bon, ça, c’est le scénario espéré. On ne va pas le cacher. A défaut d’écrire une belle campagne européenne, l’équipe aura au moins montré qu’elle avait vraiment le niveau.

 

Les gars du Stade

Costil 3/5 : Pas grand-chose à reprocher à Billy malgré les deux buts qu’il prend. Il a même réussi à faire deux arrêts très propres, dont un sur une remise de la tête de Boye.Vu qu’en outre, il refuse de s’attribuer les victoires, il faudrait vraiment être tordu pour lui attribuer une défaite.

Danzé  2/5 : On peut et va lui reprocher son tacle de gentleman sur Asamoah, où on a bien senti qu’il n’a pas été formé à ce poste par Cyrille Jeunechamp. C’est rageant, parce qu’il faisait sinon un bon match défensivement, montrant également un sens de la faute mode gentleman « je ne te fais pas mal sauf si tu me le demandes ». Il faudra être plus sale au retour, histoire de mieux mériter le carton jaune qu’il a fini par obtenir.

Mangane Non Noté : Ils ont tout cassé notre Captain Kader… En fait non, il s’est cassé tout seul. Comme il n’était jamais réellement revenu depuis sa blessure précédente, on ne sait pas trop si on va vraiment le récupérer un jour. Mais il paraitrait qu’on pourrait récupérer Apam un jour alors tout n’est pas désespéré.

Boye 2/5 : Si jusqu’ici notre défenseur central intérimaire s’était plutôt bien débrouillé à chaque apparition, on a pu voir hier qu’il n’avait pas (encore ?) le niveau pour maîtriser un joueur du calibre de Di Natale. N’a pas démérité non plus pour autant, et se consolera sûrement dimanche face aux attaquants nancéens. Très bel oxymore au passage, surtout depuis ce dernier mercato.

Mavinga 3/5 : Il s’est mis deux fois en valeur dans le match. La première fois en apportant un bon soutien à Pitroipa sur le premier contre qu’il conclue d’une passe moche mais presque efficace, et la deuxième fois en dévissant un dégagement qui manque d’apporter le danger dans sa propre surface. Plus effacé par la suite, mais son adversaire direct l’a été également.

Tettey 3/5 : Franchement, on se demande ce qu’on a pu mettre dans sa gourde avant le match pour l’avoir réveillé comme ça, lui qui est d’habitude si discret. Il a parcouru toute la longueur du terrain, apportant donc un soutien offensif intéressant mais trop souvent oublié par ses camarades qui ont dû penser que c’était une blague ; et défensivement, compensait ses retards en accumulant les fautes jusqu’à son carton. Match objectivement très intéressant.

M’Vila 4/5 : Sans doute informé que c’était l’international français de l’équipe, les Italiens ont décidé de lui faire comprendre ce qu’impliquait son statut : des fautes, des coups, et un protège-tibia solide. Si l’égalisation lui a donné un petit coup de fatigue, son retour des vestiaires a été plus tranchant, et encore plus tranché. Mais il se relève, et semble même plus fort. Comme Wolverine, mais sans les griffes.

Dalmat 3/5 : A trouvé son style et sa place dans l’équipe. Il ne court plus, mais c’est mieux comme ça en fait, quand il cherche rapidement la profondeur plutôt qu’en essayant de remonter le ballon pour finir en touche. Il a joué plus haut en deuxième et on l’a moins vu, si ce n’est sur une bonne frappe, une de ses premières depuis plus d’un an.Mention spéciale pour son tacle Cyrille Jeunchamp qui donne envie de passer au jaune.

Kembo-Ekoko 2/5 : La bonne nouvelle du soir est qu’il peut tenir plus d’une demi-heure sur un terrain. D’ailleurs, sa deuxième mi-temps est encore meilleure que sa première. La mauvaise du soir est qu’il nous a fait preuve hier d’un réalisme digne de Camara. A l’image de son passage dans le replay, il ne comprend pas toujours ce qu’il fait. Nous non plus. Ses coéquipiers non plus. Et la réciproque aussi.

Pitroipa 2/5 : S’est illustré une première fois, du coup les Italiens ont resserré le marquage et il n’a plus vraiment existé. S’est illustré une nouvelle fois en changeant de côté, puis Antonetti l’a sorti. Et il ressuscitera la prochain match, parce que c’est Dieu qui nous l’a envoyé quand même.

Hadji 4/5 : Aurait décroché la note ultime si le poteau avait meilleur goût.

 

Les entrés en jeu

Kana-Biyik  – 15e – 3/5 : Franchement, vu comment il est entré dans la partie les doigts dans le nez, et vu qu’il sait en plus rattraper ses propres erreurs sans se blesser, il doit maintenant s’imposer comme Patron mention lion indomptable de la défense en l’absence de Captain Kader. Ce qui signifie également pouvoir rattraper les erreurs des autres.

Montano – 71e –  4/5 : Pas de but ce coup-ci pour notre joker spécial coupe d’Europe. Tellement pas de buts qu’il en a même évité en restant vigilant au second poteau sur corner. Et tellement pas de buts non plus que Boukari a préféré se blesser sur son meilleur centre, comme un symbole de mauvaise gestion de la concurrence

Boukari – 59e –  2/5 : +1  pour la volonté. Si la maladresse apportait des points, Razak en aurait gagné quelques uns sur son combo tentatives non cadrées – blessure – infériorité numérique. Sa première action n’était pas si dégueue pourtant. Sa deuxième l’était déjà plus. Sa troisième consistant à se lever le bras pour qu’on bande son épaule a par contre été réussie.

 

Les autres apparitions

Le coaching d’Anto 3/5 : Difficile de le blâmer, il n’y avait pas grand-chose à faire. Le mieux aurait été de laisser Captain Kader sur le banc comme pressenti, mais bon c’est facile de le dire après le match. Au moins, on est sûr depuis l’année dernière qu’il peut toujours bricoler une équipe malgré les blessures.

Le réalisme Italien 1/5 : Ouais ben, on aurait préféré qu’il reste à la maison.

La 7e défaite en poules de l’histoire du SRFC 4/5 : Elle aussi. Mais il faut reconnaître qu’elle était belle cette italienne. Bien plus belle que la grecque par exemple qui était un sacré boudin. Bien plus aussi que les Allemandes, bien trop rudes à notre goût. Ou pire que l’Autrichienne. Sans oublier bien sûr la Suissesse, qui manquait de relief, et l’Ukrainienne qu’on avait déjà tous vu venir. N’empêche que si on pouvait croiser un de ces 4 une victoire, même une super moche, on en serait vraiment ravis.

Philippe Jeannol 1/5 : On serait pas étonnés qu’en fait, il finisse par porter la poisse. Si c’est pas lui, c’est que c’est le commentateur aux allures de Jules-Edouard Moustic dont on a oublié le nom. Ce serait pas possible de changer ?

6 réflexions sur “La Breizhou Académie note Udinese-Rennes (2-1)

  1. Oui le supporter Rennais peut émettre des envies de suicide…Mais il peut aussi se consoler par l’idée que son équipe gagne à Marseille, effectue 6 changements, et tiens nettement la comparaison face au 4ème du dernier Calcio (qui certes, au début de match, semblait un peu mépriser ce tour de coupe d’Europe).

  2. Pour une fois que j’avais un streaming pas trop pourri et les commentaires de Canal+…
    Sinon chui dac’ sur tout, belle défaite et un banc au niveau.

  3. Perdre 2-1 là bas en ayant créé le jeu la plupart du temps c’est pas une infamie.
    Au moins l’équipe sait qu’elle a une chance réelle (quoique mince) de passer les groupes.
    Une entrée en matière encourageante, une victoire dimanche contre Nancy et la semaine aura été belle.

  4. Forza Jirès!

    Bon ben tout en dit par Roazh, match aussi bien frustrant qu’encourageant, ça donne envie de jouer l’Europe plus souvent. D’ailleurs ça tombe bien puisqu’elle ne fait que commencer.

  5. C’était dur. Mais je crois que le plus dur c’est quand même d’y avoir vraiment cru jusqu’au bout… et puis non.

Répondre à Tweek Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.