Vendredi 25 novembre, terre sidérurgique, température -23°C, ambiance Germinal,

Stade Saint Symphorien.

« Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoile, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de novembre, des rafales larges comme une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
L’homme était parti de Saint-Symphorien vers vingt-deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. » (Gianfranco Zola)

Plusieurs heures avant, l’homme était venu, dans le même habit, chercher un peu d’espoir à Saint Symphorien. A la recherche de foot et de bière, l’homme était venu voir Metz jouer…

Salut la Terre et les terreux !

Herr Rigobert ist von Kaiserslautern zurück gekommen. Il ne garantit pas l’ordre des mots, mais vous transmet, plein d’entrain, le courrier de réclamation qu’il a reçu ce jour-même :

Monsieur Rigobert,

C’est un scandale de dire que les chauves n’ont pas d’âme ! J’ai vu plusieures de vos académie et à chaque fois vous dites ça ! Et puis nous aussi on a le droit d’avoir de la considération, vous croyez quoi ? Que parcequ’on est chauve on a pas de sentiment ? Moi j’ai des émotions, moi aussi je pleure devant des films et je baille devant les matchs de l’équipe de France ! Déjà enfant j’avais pas de copains à cause de ma chauvelure. Pourtant nous les chauves on est pas vraiment chauves. C’est pas parcequ’on est chauve à l’extérieur qu’on est chauve à l’intérieur ! Moi j’ai des cheveux à l’intérieur et y’a pas que le superficiel qui conte ! Voilà, je voulais que vous réfléchissiez à ce que j’ai dit.

Anonime.

Et dire que Guerriero ne joue pas ce soir, la faute à une maladie (ce qui est un mensonge, si l’on considère que les virus ont plus peur de Guerriero que l’inverse, et qui cache donc un mal plus anal). En tout cas ce soir, c’était Amiens qui s’y collait, dix-neuvième de Ligue d’eux, donc pire équipe de tous les temps. Le FC Metz, pour lors, affichait un 4-5-1 sans oignon, sauce blanche sur le pantalon de mon voisin de droite :

Et la rencontre débutait Tamboura-battant, avec une pluie de frappes lors des quinze premières minutes et quelques belles occasions : température ressentie + 3° C. Et face à une équipe d’Amiens dépassée, Métanire après avoir filé le rhume à son vis à vis, centrait dans la nuit, et Traoré reprenait d’un geste acrobatique :

1 – 0, + 10°C.

Non contents de leur entame enjouée, les Messins se firent passer pour d’autres en posant le jeu comme on pose ses couilles sur la table, et continuèrent de faire cauchemarder des Amiénois blafards. Peut-être, il est vrai que dans mon emballement, j’oublie certaines tentatives picardes, mais au diable la justice ! De toute façon, monde de merde, les jeunes ne respectent plus rien, et puis y’a plus de saisons, donc bon…

A la mi-temps le spectacle repoussait les limites de l’extrême. Une mascotte ignoble, entourée de greluches en plastique faisait le tour de la pelouse en balançant des tee-shirt Cfoot (la nouvelle chaîne de la Ligue du Moustachu, avec Astorga aux manettes, comme un symbole de discrimination positive) à l’aide de bazookas à tee-shirt. WTF. En fil rouge, le grand jeu concours qui peut faire gagner un maillot du Fc Metz, un abonnement à Cfoot, soit les deux cadeaux les plus médiocres de l’histoire de l’inhumanité. Même les deux places pour la finale de la Coupe de la Ligue ne parviennent pas à réchauffer l’atmosphère, glaciale : – 8°C.

Le deuxième acte repartit tamboura beaucoup moins battant, mais beaucoup plus haletant, et le spectacle se fit aussi rare que le talent : -7°C. Les Picards se sentirent pousser des ailes, sûrement Yannick Noah les eut visités dans les vestiaires, et tentèrent leur chance. Mais Sissokal, en bon lorrain, veille au grain et ne laisse rien entrer dans sa cage. Les Messins, ayant abandonné le jeu aux Amiénois, les clés du vestiaires à Noah, leur honneur à Guerriero et leur tactique à Bijotat, se crispèrent et firent serrer les fesses à mon voisin de droite à en devenir tout rouge. +1°C.

La fin fut houleuse ; Dudu (pas la meringue, l’autre) ne parvenant à convertir les contres sauvages des dernières minutes, laissa les Amiénois y croire juste assez, pour qu’au coup de sifflet final, frustré, Johann Paul frappe Pierre zBouby, et qu’éclate une baston featuring staff et stadiers. +3°C. Somme toute assez impressionnant, ce déchainement anal valut que l’ami Colonel Moustache décide de lancer une enquête et tout le tremblement pour prendre les sanctions qu’impose sa fieffée moustache. Toujours est-il que le FC Metz a gagné, et peut envisager sereinement sa CAN…

A noter enfin, que du fait de la visite de vingt-et-un entraineurs chinois au FC Metz (le FC est un club ouvert aux mondes), venus apprendre comment on formait des joueurs dans le meilleur club formateur de l’occident chrétien, vingt-et-un chinois se baladaient impunément dans Sinsinf’ avec leur tête rigolote.

Au front :

Oumar Sissokal, 5/5 : Oumar est ange gardien, vraiment balèze.

Adama Tambourain, 2/5 : Adama ne fait pas dans la finesse. S’il ne sait pas dribbler, ni centrer, ni se placer, ni manger avec des baguettes, Adama sait courir en balançant ses larges épaules de gauche à droite, en mode Tony P. Official, et ça ça place un homme, ou un monstre.

Romain Méganire, 4/5 : Romain s’est une nouvelle fois transformé en Méganire, ravageant son couloir par ses 253 montées selon la police, 841 selon Julien Ielsch, avec en plus le petit supplément champignon et cet amour de centre post grand pont, que reprendra Mahamane pour l’ouverture du score.

Diagne Fallou et Kalidou Koulibaly, 3/5 : Les deux videurs de la défense messine, à nouveau alignés ensemble en charnière, n’auront une fois de plus pas pris de buts. Leur technique : envoyer Kalidou en première lance pour déséquilibrer et Fallou à la finition pour détruire, et/ou inversement. Ça marche bien.

David Fleurival, 2/5 : L’albatros n’a plus la même amplitude depuis quelques matchs, peut-être fatigué de ses 1260 minutes jouées en championnat, qui font de lui le deuxième joueur le plus utilisé par la Bige (derrière Métanire, mais d’aucun diront que Métanire ne doit pas être pris en compte, personne ne sachant vraiment s’il est réellement humain). Du coup Fleurival fait des rondes au milieu, sans changement de rythme, et sans percussion. C’est pourtant pas faute d’avoir un Tambourain à disposition.

Yohann Betsch, 4/5 : La petite Betsch qui monte. Guerriero a du souci à se faire, car la Betsch sauvage a sorti le gros match pour sa première titularisation en championnat. Il a Betshonné le milieu de terrain, a colmaté les Betsch, et a fait des Betsch passes. Une activité constante, qui ne parvient pourtant pas à faire oublier ce physique ringard. Eh oui Rigobert est Betsch et méchant.

Mahamane Papin Traoré, 3/5 : Mahamane s’élève, pivote, et frappe à l’envers. Le ballon rebondit et vient nourrir la lucarne de Landry Bonnefoi. Saint Symphorien explose. Amiens implose. Bijotat expose des plans défensifs saugrenus. Metz mène 1 à 0. Mahamane sort à la 55ème sur blessure.

Kévin Diaz, 4/5 : Kévin a fait son meilleur match de la saison. Remuant comme une puce, vif comme un moustique, avec une frappe de mouche, le Kévin est un animal nuisible, qui peut malgré tout se montrer précieux. Fauché toutes les cinq minutes par des Picards surgelés, Diaz « a tro mis la misère ta vu » d’après lui même.

Oumar Pouille, 2/5 : Oumar s’amuse ces temps-ci à jouer au magicien. Tac, on le voit, tac on le voit plus. Sa formule magique : Adabratamboura. En somme, une prestation mitigée pour un Oumar disparate housewive.

Mathieu El’dudu, 2/5 : Dieu qu’il fut emprunté l’ami Dudu. Moins tranchant, moins tonitruant, moins culotté, Dudu nous a fait un match tristounet. J’en ai la larme à l’œil.

A l’arrière :

Alexander Odegaard la balle pour jouer le temps comme une petite catin, 3/5 : Lent à crever, Alexander (rentré à la place de Traoré) est large comme un demi Tamboura, et ne permet à personne de le contourner impunément. Du coup, le Norvégien peut garder la balle aussi longtemps qu’il le souhaite, ou que le public le siffle. Pratique pour la Bige, lorsqu’elle veut jouer le temps. Mauvais pour les hémorroïdes de mon voisin de droite.

Bruce Abdoulaye, non noté : 404 error.

Pierre zBouby, non noté : Rentré en fin de rencontre, le zBouby a bien foutu la merde. Un jaune, une provocation, et bim à la fin du match c’est l’altercation. Frappé par derrière par un Amiénois qui sera exclu après coup de sifflet final, et qui entrainera l’émeute, zBouby est toujours en fuite.

 La semaine prochaine, parait-il que Metz va sur un rocher à la dérive, piloté par un Ritalien qui se fait passer pour quelqu’un de respectable, le Rigobert ne voit pas trop de quoi il s’agit.

En attendant adieu,

Rigobert Pirès vous offre également les images du match. 

2 thoughts on “La Metz que un club Académie note Metz-Amiens (1-0)

  1. jolie académie, entre contre culture (germinal) et passion pour la langue de molière, je dis un grand bravo. Même si Metz est une ville de voyou

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