La Metz que un club Académie note Metz-Nantes (1-3)

Le coup de coeur du libraire.

… A Metz, le ciel redevenait bleu. Les nuées de charognards disparaissaient de l’horizon comme une peau de chagrin ; les enfants tapaient dans la balle, s’égosillant, célébrant ces jours meilleurs tombés des cieux, voluptueuse bouffée d’oxygène salvatrice pour un peuple asphyxié sous son linceul de tristesse et de honte. Les sourires réapparaissaient sur tous ces visages las. La vie reprenait le dessus. Le FC Metz était quatrième et goûtait au plaisir de se revoir jeune et beau ; d’entrainer dans son sillage une région, un pays, dans une sereine béatitude. Puis, il y eut Nantes un soir de septembre…

Salut la Terre et les terreux !

Enorgueillis par leur succès au Mans, les Messins et leur peuple accostaient un Nantes en pleine tempête (niveau 8 sur l’échelle de Waldemar). Mais, jamais de félicité en Moselle, c’est écrit dans la Bible. Aussi, croquant à pleines dents dans la pomme de la vanité, pas peu fiers du classement de ce début de semaine, les Grenats et leurs hommes se perdirent dans les limbes d’un narcissisme sans retour. Et Nantes de ramasser les pots cassés.

Pourtant un dragon contre un canari, normalement sur l’autel païen de Sinsinf’, la messe aurait du vite être dite. D’autant que Domenechos, dieu du football, frappait de son sourcil dévastateur le pauvre Martins Pereira, qui d’un coup d’un seul passa de joueur médiocre devant l’éternel, à joueur éminemment mauvais. Ce qui permit à Diaz (prénommé Kévin, comme l’ont décidé ses parents, et sans en avoir honte, c’était à souligner), de chiper le ballon dans les pieds de notre malheureuse victime et de finir comme un seul homme en toute légèreté, 1 à 0 dès la deuxième minute. La vie est belle.

Seulement voilà, c’est à ce moment précis de l’histoire que Domenechos changea son sourcil d’épaule (avec l’aide d’un autre Dieu, parce que c’est vachement lourd), et décida de s’emparer de l’âme de Tamboura, de la donner à Guerriero (qui dut se taper deux âmes pendant tout le match, ce qui n’est pas évident, aussi chauve soit-il), d’infuser sa science tactique en Bijotat, et de laisser tranquilles les Nantais. Du coup, dixième minute penalty pour Nantes, et but de Djordjevic. Du coup dix-septième minute, corner pour Nantes, et but de Djilobodji (dont les mensurations sont tout bonnement énormes). Metz 1, Nantes 2.

S’ensuit la platitude d’un calme dont je vous passe le détail. Contrairement à Gakpé qui souvent a choisi de passer en détail la défense messine complètement à plat. C’est dire si le niveau était bas. Et c’est là que le bât blesse, puisque Diaz sort sur blessure au détriment de Pouye qui fut poussé sur le terrain contre son gré. Grain de sable supplémentaire dans la mécanique messine décidément bien rouillée. A la mi-temps, encore charmé par les récents exploits de ses Grenats fétiches, le public ne gronde pas, et espère que la pause va permettre de laisser passer l’orage, le désespoir, et même la vieillesse ennemie, car jusqu’alors c’était infâme.

Et à propos de vieillesse ennemie, Wiltord, l’ancien de chez nous, fit son entrée à la reprise, mais chez eux, communsymbole de mal en pis. Bijotat, lui, ne change rien. Ça fait donc aujourd’hui deux ans. Et la langoureuse partie reprenait sur les mêmes bases. Un pas en avant, trois pas en arrière et la passe en touche. Un match en slow motion, en VO et avec les sous-titres de mon voisin de droite qui plus est. Hauts les cœurs! Le match était en couleur. Et à la 65ème, Wiltord finissait une belle action nantaise, à l’ancienne donc. Comblé, Domenechos décida alors de laisser les Messins tranquilles et d’aller faire un petit tour du côté de Novara, voir ce qui s’y trame… Seulement, avec la gueule de bois, et un troisième but dans l’escarcelle, les Bijotiens ne purent absolument rien proposer de différent. Un pas en avant, trois pas en arrière et la passe en touche.

Le coaching audacieux (je plaisante bien entendu bougre d’âne) de Dominique Mijotat n’y changeant rien, les Messins finirent la partie en roue libre, et le coup de sifflet final, salutaire, fut suivi de milliers d’autres, protestataires (saloperie de Français). 3 à 1 pour Nantes, tristesse. Honte. Suicide collectif.

Des hommes à la mer ! :

Joris Delle 2/5 : La maman du petit Joris est demandée à la sortie des vestiaires de Saint Symphorien. Son fils souffre d’un abandon de sa défense et d’une dépression Joëlmullerienne. En plus il a eu une mauvaise note à l’école, 2/5, bam, sans pitié le Rigobert !

Bruce Abdoulaye 2/5 : Leader de la défense messine, ce qui n’est pas un compliment, l’ami Bruce aura alterné le moyen et le mauvais pendant 90 minutes. Outre des relances petit-bras, Abdoulaye n’a pas rayonné autant qu’à son habitude dans le combat physique intense d’homme viril que nécessite la Ligue d’eux.

Kalidou Koulibaly 1/5 : Décidément pas remis de sa coupe du monde, Kalidou fait de la peine à voir. Il traine sa mélancolie sur le terrain et en fait profiter tout le monde. Même Djordjevic a paru bon ! Faut pas déconner, le marasme ça va cinq minutes, sinon c’est une carrière à la Ciani qui t’attend mon petit gars.

Adama Tamboura 1/5 : Démuni de son âme par le dieu du football, Adama a erré vainement sur son côté gauche, confondant son pied droit avec son gauche, l’adversaire et le partenaire, l’entraineur et le ramasseur de balles. Si un policier l’avait chopé dans cet état, cellule de dégrisement cul sec !

Romain Métanire 3/5 : Une très bonne première mi-temps, Métanire aura comme à son habitude été volontaire sur le côté droit. Un manque flagrant de technique ne permet pas à ses mouvements la coordination nécessaire à la bonne marche de ses actions, mais c’est déjà pas mal. Après faudra penser à faire des matchs plus longs que 60 minutes.

Ludo Guerriero 1/5 : Deux âmes en un seul corps, c’en était deux de trop pour le pirate messin. D’autant qu’elles ne se sont pas du tout entendues, l’une voulant du sang, du tacle et du tibia, l’autre simplement retrouver son proprio et quitter ce cerveau guttural et violent. Du coup le chauve a énormément couru, possédé qu’il était. Sans jamais aucun rapport avec le football.

David Fleurival 4/5 : Après un début de match emprunté (à je ne sais qui), Fleurival s’est imposé comme le patron du milieu, en distillant des passes de partout. Bon ça reste essentiellement latéral, ça fait peu de différence, et c’est plutôt lent, mais pour l’intention c’est le 4. Match plein (mais pas comme pour Tamboura).

Mahamane Traoré 2/5 : Loin de son aisance habituelle balle au pied, bien loin de la vélocité qu’on lui connait, Mahamane a joué très loin de son niveau. Peut-être est-il complexé de son évidente supériorité sur ses coéquipiers ? Peut-être a-t-il seulement voulu se mettre au diapason d’une équipe qui fleure bon l’anus ? Seul Domenechos le sait.

Kévin Diaz, non noté : Vingt minutes de jeu c’est trop peu pour la note coco. Pourtant avec ton but, t’étais pas mal parti; fichtre, que la vie est injuste.

Yéni N’gbakoto 1/5 : C’est du football artistique. Loin des yeux, loin du cœur de l’action, Yéni aura passé son temps a faire des sauts périlleux, des sauts de mains, des sauts de l’ange et un glissé sur ballon digne des plus grands.

Mathieu Duhamel 2/5 : Hargneux, agressif, dynamique, plein d’abnégation, courageux, batailleur, combatif, mordant, saignant, accrocheur. Nul à chier.

Et sur le pont (d’Arles Avignon) :

Oumar Pouye 1/5 : Rentré en lieu et place de Diaz, Pouye n’aura pas joué ce match. Pas envie. De mauvais poil peut-être. Ressorti plus tard par Bijotat. Classe.

Diafra Sakho 0/5 : Cheick Diabaté du pauvre…

Pierre zBouby, non noté : Et puis quoi encore.

Les jaune et vert ont fait un vrai match de tricheurs. Visiblement enfin adaptés à la Ligue d’Eux, ils n’auront pas proposé beaucoup de football, mais pas mal de fautes, de simulations et de duels. Supportant seul le poids de toute son équipe, Djilobodji aura régalé son mètre quatre-vingt treize, tandis que Gakpé aura tenté de prouver qu’il est plus que l’ombre de lui même. Wiltord aura quant à lui sûrement gagné du temps de jeu, et un beau petit doigt d’honneur aux 18 crétins qui ont sifflé son entrée. Pour les 9000 autres, tant pis.

Du coup, pas de catastrophisme, un non-match (contraire du oui-match) n’a jamais tué personne (sauf à Palerme), Metz pointe à la sixième place, donc qualificative pour l’Europa League. On ne peut pas non plus jouer la C1 tous les ans saperlipopette ! Bon, vendredi c’est Istres, club le plus moche du monde. Du coup il faut gagner, d’autant que les charognards se remettent à trainer dans le coin. Que ma volonté soit faite. Ainsi soit-il.

Rigobert Pires.

 Rigobert a même tenté de retrouver les images de cette chose…

5 thoughts on “La Metz que un club Académie note Metz-Nantes (1-3)

  1. Merci de permettre aux lorrains expatriés de suivre les résultats des grenats :)

  2. Merci aux Lorrains de redonner du beau moqueur aux Ligériens qui comme leur nom l’indique ne comprennent pas la Liguerredeux.
    Bon courage pour la suite, nous savons qu’il en faut.

  3. Vous êtes vraiment énorme dans cette acad. N’ai autant rien à secouer (et je m’en excuse sincèrement) du FC Metz ou même du FCNantes Attentiste que je me suis fendu la gueule.
    « Mathieu Duhamel 2/5 : Hargneux, agressif, dynamique, plein d’abnégation, courageux, batailleur, combatif, mordant, saignant, accrocheur. Nul à chier. » OMG… encore! encore! encore!

  4. C’est vrai que c’est bon :)
    Et deux comm’ de ligérien (bon Naoned est bretonne mais bon) pour le coup !

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