La Reds Academy vous offre la rétro LFC – ASSE 1977

C’est la période des fêtes, et même si la trêve hivernale n’existe pas en Angleterre, la Reds Academy vous invite à un voyage dans le passé, là où tout a commencé pour les Mighty Reds en C1.

 

Le contexte

Vous ne le savez peut être pas mais le Liverpool FC (qui est censé être « éternel » selon Fierrot), a vécu sa première grande soirée de C1 seulement en 1977. Un soir froid et humide de mars les hommes de Bob Paisley ont écrit les premières lignes de leur riche histoire en coupe de clubs champions, face à ce qui semble être la meilleure équipe européenne du moment et grand favori de l’épreuve : l’AS Saint Etienne.

Ce Liverpool / Saint Etienne est un ¼ de final retour de la Coupe des Clubs Champions et si la victoire des Reds sur le score de 3 buts à 1 serait normal aujourd’hui, il n’en allait pas de même en 1977. Les verts sont les derniers finalistes de l’épreuve et comptent sur une équipe talentueuse. Les Reds quant à eux se découvrent un destin européen en C1, bien qu’ils comptent déjà deux coupes de l’UEFA remportées en 1973 et 1976.

Au match aller, les Verts l’ont emporté 1 à 0 grâce à un but de Bathenay. Les pronostics sont donc en faveur des hommes de Robert Herbin. C’était sans compter sur le public d’Anfield qui va porter la Reds Army pour ce qui restera comme l’un de leur plus grand exploit.

 

Un choc des cultures

Les années 70 plaisent aux plus romantiques d’entre nous, donc à pas grand monde sur Horsjeu. Les joueurs ont les cheveux longs et le short court, il n’y a pas de place assise en tribune, et Ray Clemence évolue sans gant dans les buts des Reds. A l’exception notable de Curkovic, les joueurs de chaque équipe sont des locaux, sachant que les Anglais recrutent régulièrement dans l’ensemble du Royaume-Uni.

Côté stéphanois, l’équipe a fière allure mais devra faire sans Oswaldo Piazza qui est suspendu. Solide dans toutes les lignes, les Verts sont emmenés par leur capitaine Jean-Michel Larqué, emblème du beau jeu pratiqué dans le Forez. L’adresse et la fougue de Bathenay font la différence quand les matchs sont serrés et la vitesse de course de Rocheteau est une menace permanente.

Le onze de Saint Etienne :

Curkovic, Janvion, Merchadier (Revelli 72), Lopez, Bathenay, Larque, Synaeghel, Rocheteau, Farison, Revelli, Santini

 

Chez les Reds, que des noms magnifiques qui raisonnent aujourd’hui agréablement aux oreilles des fans. L’équipe de Liverpool est capable de fulgurance collective mais est avant une équipe rugueuse et athlétique qui pratique le jeu long. Toshack excelle dans le jeu aérien et sème la terreur autant sur le terrain que dans l’esprit des adversaires. Mais la star de l’équipe est bien Kevin Keegan et son style bien particulier qui attire tous les regards. Petit et musculeux, ses dribbles rageurs et déroutants lui ont déjà valu le « Onze d’or » l’année précédente.

Le onze de Liverpool :

Clemence, Neal, Jones, Smith, Hughes, Kennedy, Keegan, Case, Heighway, Toshack (Fairclough 74), Callaghan

 

Le match

Bien qu’outsiders, Liverpool compte bien renversé la vapeur avec l’appui de son fabuleux public massé dans les travées d’Anfield Road.

Le terrain très gras va favoriser le jeu direct des scousers. D’ailleurs, il ne faut pas plus de deux minutes aux Reds pour remettre les pendules à l’heure. Sur un corner joué rapidement, Kevin Keegan adresse un centre flottant. Personne n’est à la retombée, même pas Curkovic qui se laisse tromper par la trajectoire et voit le ballon atterrir dans ses filets. 1 – 0, égalité parfaite, mais il reste 88 minutes à jouer dans une ambiance indescriptible

Les Verts ne s’en laisse pas compter et comptent bien arriver au bout de leur rêve européen cette année, après la désillusion de Glagow.

Les débats s’équilibrent et les occasion s’enchainent de part et d’autres. C’est d’abord Rocheteau, bien lancé par Larqué, qui croit obtenir l’égalisation mais le juge de touche le signale en position de hors jeu.

Quelques minutes plus tard c’est Liverpool qui se voit refuser un but pour une faute de Case sur Janvion.

 

Une deuxième mi-temps d’anthologie

La deuxième mi-temps reprend sur le même tempo et les Stéphanois savent qu’un but sera certainement suffisant pour les qualifier en demi-finale. A contrario, un second but des Reds sonnerait le glas des espoirs français.

Malgré l’enjeu, les joueurs se livrent à fond dans la bataille mais ce sont les gardiens de chaque équipe qui brillent chacun leur tour. C’est à la 51e minute que le match bascule, lorsque Bathenay hérite d’un ballon dans son camp, élimine son vis-à-vis avant de se lancer dans une course folle. Arrivée aux 30 mètres il décoche une frappe de l’extérieur du gauche qui se loge dans la lucarne de Clemence. Magistral !

Le score est de 1 partout et tout est à refaire pour les Reds qui doivent désormais marquer deux fois pour se qualifier. Magré cela, les hommes de Paisley repartent au combat sans cogiter. 8 minutes plus tard, Ray Kennedy, le charismatique milieu de terrain récupère un ballon aux 16 mètres et glisse le ballon sur la droite Curkovic. 2 à 1 ! Le match est complètement relancé et Anfield entre en ébullition. D’immense vagues humaines se forment dans le kop et on se demande comment les fans peuvent respirer ou encore même chanter.

La dernière demi-heure sera d’une intensité incroyable. Sur une combinaison d’école, Toshack démarque Keegan d’une belle remise de la tête. La star anglaise n’a plus qu’à la mettre au fond mais il manque son contrôle et Curkovic se jette courageusement dans ses pieds et retarde ainsi l’échéance.

 

Et Fairclough devint Supersub.

A l’époque, les équipes n’ont le droit qu’à un seul remplacement. Alors qu’à la 72e, Revelli remplace Merchadier pour l’ASSE, c’est le jeune David Fairclough qui entre à la place de Toshack à la 74e pour les Reds. Il ne lui faudra que 10 minutes à l’avant-centre pour entrer dans l’histoire du club de la Mersey.

A la 84ème minute, Kennedy ne s’embarrasse pas et envoi un long ballon par dessus la défense. Ce grand rouquin de Fairclough réalise le contrôle de la poitrine parfait, accélère, résiste au dernier défenseur stéphanois et place le ballon au fond des filets.

Le Kop entre en transe et chante à gorge déployée. Les Verts se battront jusqu’au bout mais ce Liverpool là ne craint plus rien. Il écrasera le FC Zürich en demi-finale (6-1 sur les deux matchs) puis dévorera Dortmund en finale.

Pour terminer cette rétro, montez le son à fond et écoutez le kop d’Anfield chanter le fameux « We shall not be moved » à quelques instants de la fin du match. Si vous n’avez pas de frissons, allez vous pendre ou mettez vous au curling.

Je ne peux finir cette rétro sans une pensée pour le grand Gerrard Mouillée qui avait rédigé l’an dernier le Onze Mondial et le Onze Anal  Historique. Tu nous manques Gégé.

JustWide

 

Un plus long résumé du match en vidéo

Roazh Takouer

13 commentaires

  1. Dortmund en finale ? Y’a erreur sur le Borussia.

    Mais chapeau pour l’idée et cette magnifique Academy, Sir JustWide.

  2. Arf, très juste Jean, il s’agissait de Moet, de Möch, de Müch, de ‘Gladbach quoi.

    Merci pour votre attention et la rectification.

    Afin que les commentaires ne dérivent pas en affrontement stephano-lyonnais, cette rétro rend quand même largement hommage à cette superbe équipe stéphanoise qui avait tout pour réussir cette année là.

  3. Magnifique ! J’ai vraiment eu des frissons sur le « We shall not be moved ». Quand on voit l’ambiance de l’époque, on se rend pourquoi les gens sont nostalgiques.

    Même si la fin est cruelle, le match est quand même dans l’histoire des Verts.

    Bravo pour la séquence nostalgie, c’est une bonne idée.

  4. Ca donnerait presque envie de se laisser pousser les cheveux et de foutre un pantalon moule burne

    Bravo mon petit !

  5. « Les Verts ne s’en laisse pas compter » –> laissent

    « Glagow » c’était Glasgow non?

    « D’immense vagues humaines » –> immenses

    Très bon article au delà de la forme.

  6. Ah, je les ai vues après la publication, je me demandais quand et qui les relèverait. On peut toujours compter sur Chanti dans ce cas là.

  7. Super. Très vivant, du coup les fautes passent… D’ailleurs Chanti, ta liste n’est pas exhaustive. C’est dommage, autant bien faire quand on est dans cette logique. Mais trêve de polémique, je me suis régalé!

  8. comment on joue au curling déjà ? Parce que j’ai pas envie de me pendre, le lustre ne tiendrait pas.

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