L’apprenti footballologue note A.S. Roma-Parma A.C. (1-0)

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Il a des week-ends très particuliers.

Apprentifootballologue

S’il n’est pas encore le 4-3-3 du Barcelone qu’il aime tant et connaît si bien, celui de la Roma de Luis Enrique est sur le bon chemin. Et son efficacité, bien que branchée sur courant alternatif, lui permet de battre les équipes mal préparées pour le contrer. Parme et son 3-5-2 bancal par exemple.

 

A.S. Roma :

Parma A.C. :

 

Ohé ohé Parme est sans ailiers

L’une des caractéristiques du 3-5-2 utilisé par bon nombre de formations italiennes est qu’il demande une grande participation de la part de ses seuls joueurs de couloirs. Les trois défenseurs axiaux étant généralement très resserrés et l’équipe en surnombre au centre du terrain, il faut des pistons capables de bloquer les offensives adverses ainsi que de déborder. En somme, un joueur comme Maggio à Naples, dont le placement empêche la montée du latéral gauche et qui peut amener le danger via des débordements suivis de centres. Dans ce cas précis, outre le rôle réellement joué sur le terrain, on peut parler de menace. Sachant qu’il a face à lui un élément aux qualités offensives certaines, le défenseur hésitera à se projeter vers l’avant. Face à un 4-3-3 où l’importance des défenseurs latéraux est prépondérante, limiter leur impact offensif est l’une des clés. Au lieu de cela, Parme n’a occupé les couloirs qu’avec des joueurs au placement douteux : Jonathan et Gobbi. Dans la réaction plus que l’action, ils ont passé la rencontre à essayer tant bien que mal de s’adapter aux déplacements de Taddei et Rosi sur les ailes, trop faibles offensivement pour les faire douter et trop bas pour les empêcher de toucher la balle en ayant tout leur temps pour s’organiser. Pendant ce temps, De Rossi descend d’un cran pour ne pas que Juan et Heinze restent à deux en défense, le surnombre étant toujours défensif, Parme n’ayant que deux attaquants.

 

Visiblement le fait d’avoir les latéraux devant le ballon et libres n’intéresse pas les Parmesans.

 

Effacer le premier rideau

Le rôle des milieux axiaux de la Roma est essentiel. A la manière de Xavi et Iniesta au Barca, puisque la filiation est voulue par Luis Enrique, Pjanic et Gago doivent faire en sorte de récupérer les ballons hauts via un pressing efficace et en coupant les lignes de passes. Gago étant plutôt un récupérateur, c’est surtout le Bosnien qui est chargé de créer le déséquilibre dans l’axe quand cela est possible, c’est à dire quand Jonathan et Gobbi n’ont pas été aspirés par l’axe. Mariga et Morrone ayant beaucoup de difficultés à se situer au milieu, chaque relation entre le duo romain et le trident offensif provoque des égalités numériques. Ca ne fait pas mouche à chaque fois, mais la moindre étincelle peut rapidement devenir un feu de forêt.

 

Ceci n’est pas une défense.

 

Pour éviter que la situation se reproduise, Donadoni demande à ses joueurs de se replier pour éviter de trop s’exposer. Pas de contre-attaques rapides pour les Romains, mais des situations offensives assez étranges.

 

On est tellement bien alignés que si la balle va jusqu’à Totti, il peut marquer.

 

 

Savoir jouer à trois derrière

C’est tout un art de réussir à correctement gérer les offensives adverses quand on n’est que trois, qui plus est quand vos coéquipiers ne font rien pour vous aider. Lucarelli jouant en plus dans un rôle de libéro en retrait de Zaccardo (et ses réflexes de latéral droit) et Ferrario, il faut savoir quand attendre et quand sortir sur le porteur de balle. La problématique est évidemment encore plus complexe quand on évolue face à un système avec trois vrais attaquants. Malin, Totti va évoluer un cran en retrait de Borini et Osvaldo pour être seul entre la défense et le milieu, dans un rôle d’électron libre. Non suivi par Mariga et Morrone, il va forcer Lucarelli à avancer et ainsi créer de nombreux espaces derrière la défense. Facile pour un joueur autant meneur de jeu que buteur, et qui pourra remercier Gago et Pjanic d’avoir occupé les milieux défensifs parmesans pendant tout le match.

 

Bonne idée d’aller presser le porteur de balle mais il y a Borini dans ton dos qui va être seul et va ouvrir le score.

 

Alors, comme le Barca ?

Des latéraux offensifs, un milieu défensif très intelligent qui compense les montées en redescendant se placer en tant que troisième défenseur, une paire de milieux organisateurs capables de transpercer le bloc adverse, deux attaquants dans les couloirs capables de permuter et de repiquer et un électron libre. La copie n’est pas made in Taiwan sur le papier. Dans les faits, difficile de juger. La chaîne est la même, mais les maillons qui la composent sont infiniment moins talentueux, et évoluent même parfois dans un rôle tout nouveau (Taddei latéral gauche). Les fondamentaux sont maîtrisés, mais il reste un problème difficile à résoudre : le système n’est pour le moment pas supérieur aux entités qui le composent. Luis Enrique a encore besoin de temps pour réussir à ce que tous les joueurs intègrent la manière de jouer, et son turnover incessant traduit encore ses doutes et sa volonté de trouver la formule parfaite. Seulement voilà, au poids de l’histoire catalane il n’a qu’à offrir une promesse aux supporters, celle qu’un modèle est possible à recréer à condition d’utiliser la même formule.

 

Bonus :

 

Quadrillage contre freestyle

L’apprenti Footballologue.

4 réflexions sur “L’apprenti footballologue note A.S. Roma-Parma A.C. (1-0)

  1. j’ai émis une réserve la dernière fois sur le contenu de la louve académie, mais là, rien à dire si ce n’est bravo

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