Les présentations: la Slovaquie

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Rhinit Michuls connait bien la Slovaquie…

Les académiciens et lecteurs de horsjeu.net vous présentent les pays participant à la coupe du monde, aujourd’hui Rhinit commence avec la Slovaquie. Pays qu’il connaît bien pour y avoir effectué de nombreux shootings.

Enclavée en Europe centrale, la jeune et belle Slovaquie attend impatiemment son dépucelage. Seule nation à (re)découvrir la compétition depuis l’amputation en 1993, elle n’en est pas la moins pourvue au regard de son passé, son parcours en éliminatoires, ses joueurs et sa progression constante depuis l’indépendance du pays.

Dans l’ombre de la grande sœur Tchèque, plus grande, plus peuplée, plus riche, plus développée, plus plus plus…et anciennement plus balèze au foot, la Slovaquie tient aujourd’hui sa revanche.

Il faut dire que les 5,5 millions d’habitants de ce pays au relief abîmé par les Tatras, la chaine montagneuse qui occupe les 4/5eme du territoire, sont plus branchés sports d’hiver, et surtout hockey sur glace, que football. Néanmoins, le football, et ses 430 000 licenciés actuels, a toujours été populaire dans ce pays, et la Slovaquie a grandement contribué aux succès passés de la Tchécoslovaquie.

Les 30 glorieuses et le Slovan Bratislava

Des années 50 à la fin des années 70, le Slovan Bratislava, est un des clubs phares du championnat Tchécoslovaque. Au gré de faits historiques et autres pressions politico-économiques, le club change de noms aussi fréquemment que Xavier Gravelaine de clubs, et remporte plusieurs championnats et coupe nationales, contestant avec le Spartak Trnava, l’hégémonie praguoise du Sparta et du Dudkla emmené par le ballondorisé Masopust.

L’exploit de cette équipe est évidemment son sacre européen en Coupe des Coupes face au grand FC Barcelona en 1969 (3-2). Dans ses rangs, citons les jumeaux Capkovic, Karol Jokl, Alexander Horvath, Ludovit Cvetler, Jan Zlocha, Ivan Hrdlicka et autres Alexander Vencel, le papounet de l’ancien Strasbourgeois et Havrais, Alexander Vencel…(s’est pas foulé le darron).

Jan Popluhar, finaliste malheureux au mondial 62 face au Brésil et élu meilleur joueur slovaque du siècle, ne participe ni au succès européen de son club ni à celui de sa nation. Le défenseur rejoint en 1968 l’Olympique Lyonnais de Di Nallo et Lacombe à l’aube de sa carrière, et ne goûte plus à la sélection nationale.

Jan Popluhar (1935- ), joueur slovaque du siècle, qui chantait bien avant Nada Surf « I’m Popluhar ».

Car succès international il y a eu et en grande partie grâce aux joueurs slovaques du Slovan Bratislava. 6 du club sont titulaires lors de la victoire Tchécoslovaque au championnat d’Europe des nations en 1976 contre la RFA (2-2 5-3tab). Papa Vencel et un autre « compatriote » jouant à Kosice étaient sur le banc au moment du tir au but légendaire de Panenka.

Et parce que c’était la grosse éclate à l’époque, Panenka a même poussé la chansonnette « parce que l’herbe est verte, c’est un match de football » .

« Zelena je trava » :

Après une 3e place au championnat d’Europe en 1980, le Slovan Bratislava n’apporte plus autant de joueurs « locaux » à la sélection et perd de sa superbe au niveau national.

Good bye Tchéquie

Un ¼ de final au mondial 1990 et un Lubomir Moravcik plus tard, le réveil du football slovaque, désormais seul, sonne en 2006.

De l’indépendance jusqu’à là, à chaque parcours qualificatif, la Slovaquie échoue très souvent aux pieds des barrages, à une 3e place reflétant son niveau de l’époque : pas assez armée pour lutter avec les premiers, et trop membrée pour être mis dans le même slip que l’Albanie ou l’Arménie.

Entre deux eaux, telles la Brigach et la Breg, la Slovaquie avance pour enfin naviguer sur celle unique du Danube en 2006 et un barrage infranchissable. La seconde place arrachée à la barbe Russe, le mondial allemand passe par une confrontation « hispanicoslovaque ». Torpillée 5-1 par l’Espagne à l’aller (1-1 au retour à Bratislava), l’écart de niveau est aussi réel que la progression de cette équipe, attestée quelques mois plus tard par sa victoire marquante 2-1 au Stade de France. Accrocheuse et solidaire, la Slovaquie subit la domination des français, mais réaliste, parvient à s’imposer. Domenech connaît la défaite pour la première fois à la tête des bleus. Estelle, veux-tu te fiancer ?

Cependant le Danube est un fleuve capricieux et la Slovaquie se vautre lors des éliminatoires pour l’Euro 2008 dans un groupe relevé (Allemagne, Irlande, Tchéquie, Galles…). Reprise en main par l’actuel sélectionneur Vladimir Weiss, la mentalité de l’équipe et son style de jeu perdurent et le collectif se bonifie par la greffe successive et sans rejet de jeunes joueurs talentueux. Ainsi les Hamsik, Stoch, Pekaric ou Weiss sont accueillis à bras ouverts par les vétérans Mintal, Holosko, Karhan ou Nemeth.

Plusieurs individualités dont 2 joueurs de classe mondiale Skrtel et Hamsik se sont affirmées depuis dans ce collectif comportant d’autres tauliers non trentenaires comme Vittek ou Sestak (meilleur buteur de l’équipe en qualification avec 6 buts), joueurs sans génie mais efficaces et fiables.

Placé dans un groupe 3 homogène en compagnie de la République Tchéque, la Pologne, l’Irlande du Nord, la Slovénie et Saint Marin, la Slovaquie a de sérieux atouts et l’ambition de sortir de ce groupe.

La Tchèquie, de moins en moins impressionnante, semble pourtant promise à la première place, et la Pologne à la seconde. Les deux favoris vont pourtant s’écrouler au profit des surprenantes Slovaquie et Slovénie.

Au final, une première place, 7 victoires 1 nul et 2 défaites, toutes deux face à la Slovénie. Hormis ces faux-pas, la Slovaquie réussit à s’imposer chez tous ses adversaires, même Saint Marin où elle encaisse le seul but marqué par le micro-Etat dans ces éliminatoires (en échange de billets pour assister au Grand Prix j’imagine). C’est en Pologne, contrainte par la Slovénie à vaincre, que la Slovaquie décroche sous la neige sa qualification en octobre dernier.

Mieux que Titi, les supporters slovaques fêtent la qualification sans les mains…

La Slovaquie fête sa première participation à la Coupe du Monde, tout un pays danse, chante, picole et mange des halusky à en vomir.

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Conseil : La Feta est un bon substitut à la Bryndza.

Please don’t stop the Hamsik

Qualif en poche, la fiesta passée et les halusky digérés, la Slovaquie est placée dans le groupe F avec l’Italie, le Paraguay et la Nouvelle-Zélande, avec l’ambition de passer le 1er tour.

La peu reluisante mais expérimentée Italie devrait logiquement sortir en tête du groupe. Le solide Paraguay, 4e coupe du monde consécutive, part avec des avantages pour se qualifier. Mais la Slovaquie a celui du calendrier, avec l’opportunité d’aborder idéalement la compétition en jouant la faible Nouvelle-Zélande le 15 juin, avant le décisif match contre le Paraguay le 20 juin.

Durica, Cech, Sestak, Skrtel, Karhan, Holosko, Vittek…les principaux acteurs de la qualification sont présents évidemment, et le pays attend énormément de sa pépite Hamsik pour franchir le 1er tour. Par ailleurs, des interrogations sont formulées sur l’état de forme de Skrtel du genre « Sera-t-il en forme ? » ou « Dans quel état de forme va-t-il être ? », lui fréquemment blessé cette saison et tout juste de retour.

La liste des 29 joueurs slovaques présélectionnés :

Gardiens : Jan Mucha (Legia Varsovie/POL), Dusan Kuciak (Vaslui/ROM), Lubos Kamenar (Nantes/FRA), Dusan Pernis (Dundee Utd/SCO)

Défenseurs : Peter Pekarik (Wolfsburg/GER), Martin Petras (Cesena/ITA), Martin Skrtel (Liverpool/ENG), Lubomir Michalik (Leeds United/ENG), Jan Durica (Lokomotiv Moscou/RUS), Radoslav Zabavnik (Mayence/GER), Marek Cech (West Bromwich Albion/ENG), Tomas Hubocan (Zenit St Petersbourg/RUS), Kornel Salata (Slovan Bratislava).

Milieux de terrain : Kamil Kopunek (Spartak Trnava), Jan Kozak (Timisoara/ROM), Juraj Kucka (Sparta Prague/CZE), Miroslav Karhan (Mayence/GER), Marek Sapara (Ankaragücü/TUR), Mario Pecalka (MSK Zilina), Stanislav Sestak (Bochum/GER), Marek Hamsik (Naples/ITA), Vladimir Weiss (Manchester City/ENG), Miroslav Stoch (Chelsea/ENG), Dusan Svento (Salzbourg/AUT), Zdeno Strba (Xanthi/GRE)

Attaquants : Erich Jendrisek (Schalke 04/GER), Robert Vittek (Ankaragücü/TUR), Martin Jakubko (Ramenskoye/RUS), Filip Holosko (Besiktas/TUR)

Le programme de la Slovaquie :

Nouvelle-Zélande – Slovaquie, le 15 juin à 13h30 à Rustenburg

Slovaquie – Paraguay, le 20 juin à 13h30 à Bloemonfein

Slovaquie – Italie, le 24 juin à 16h à Johannesburg

Rubrique Horsjeu pas net, les trucs que tu veux dire mais tu ne sais pas où les caser.

On dit des Slovaques qu’elles sont parmi les plus belles femmes du monde, jurisprudence Adriana Karembeu, et on ne peut qu’acquiescer à la vue de ces beautés slaves. On se souvient d’Adriana présente un temps sur la carlingue de la compagnie slovaque Sky Europe, fondée par 2 français (cocorico on est trop des winners), qui a fait faillite en 2009 (cocorico on est trop des losers). On se souviendra aussi sûrement des supportrices slovaques qui feront le déplacement en Afrique du Sud, s’époumonant sur le poétique hymne « Au-dessus des monts Tatras brille l’éclair ».

La Slovaquie est un pays viticole, une tradition et un amour de la vigne qu’on ne retrouve pas dans leur bouteille. Quelques crûs de gros rouges qui tâchent et de blancs qui décapent, le Slovaque aime l’alcool, principalement le pinard qui pique et la bière, remarquablement influencé par le voisin Tchèque, numéro 1 mondial de la descente de houblon.

De l’alcool et des filles, arguments touristiques de poids, alors est-ce étonnant de voir ces bourrins d’anglais arriver en masse à Bratislava passer des week-ends de débauche ? Malheureusement, non.

Enfin, pour tous les passionnés de généalogie, sachez qu’il n’y a pas qu’Alexander Vencel et Alexander Vencel, le cas Vladimir Weiss est bien plus intéressant. Vladimir Weiss, le Citizen, est sélectionné par Vladimir Weiss, son père, qui est un ancien joueur international, tout comme le grand-père, Vladimir Weiss. Tel père, tel fils, ça se passe comme ça en Slovaquie.

Tendrement et Slovaquement,

Rhinit Michuls


Demain, si vous êtes sage, Hristo et sa maman vous présenteront la Roja.

Il reste certains pays en stock: Algérie, Afrique du Sud, Nigéria, Cameroun, Suisse, Danemark, Paraguay, Chili, Honduras, Corée du Sud, Australie.

Si vous souhaitez écrire sur l’un de ces pays, écrivez d’abord à editeur@horsjeu.net. Si vous ne le faites pas, nous écrirons n’importe quoi...

7 thoughts on “Les présentations: la Slovaquie

  1. Parce que c’est bien…

    Prono: Finale slovaquie – angleterre: 4-4 après un match de légende et une victoire des english aux tab

  2. Hé ca faisait longtemps qu’on avait pas eu un article de Rhinit.
    Tu fais aussi la présentation des Pays-Bas?
    Si oui, t’as pas intérêt a raconter n’importe quoi sur les néerlandaises parce que là je connais bien le sujet.

  3. Héhé, j’adore les hollandaises, et j’ai déjà trouvé une belle photo pour illustrer la présentation des Pays-bas Sam ;)

    Pupupicpic, si ton prono tient, je t’offre le voyage à Bratislava et te fais bouffer des halusky gratuitement jusqu’à la fin de tes jours.

  4. Mention spéciale pour la chansonnette à Panenka: Les ballons dans la vidéo sont même pas ronds, trop puissants les slovaques!

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