OL-OM (1-1) : La Gones Académie en a gros sur la patate

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Contient une critique de Jean-Michel Aulas.

Salut les canuts,

Avant-avant-match

Ceci est une académie pas contente. Si vous n’êtes pas d’accord avec le concept ou les propos qui y sont tenus, dites-le en commentaires.

Avant-match

Si vous suivez avec assiduité les péripéties de notre cher Olympique Lyonnais et que vous parvenez à prendre du recul par rapport à tous les « derniers matches/derbies/viens-là-que-je-te-vende-un-maillot à Gerland » et les « premiers machin-truc-la-même-connerie dans le nouveau stade », vous adopterez probablement, comme nous, un pessimisme accablant quant aux performances de notre tendre équipe. Inutile de s’appeler Philippe Doucet pour constater qu’en 9 matches de Ligain nous n’avons empoché que le modique butin de 4 points, dont 3 contre une équipe de Troyes qui s’entraine déjà pour la Ligue 2. Cela nous propulse donc, sur la période, à une glorieuse 20e place. Cette statistique, espérons-le, parviendra aux oreilles de nos dirigeants pour peu que ceux-ci soient disposés à écouter les sources extérieures : cela n’ayant pas été le cas au moment de recruter nos joueurs et notre nouvel entraîneur, exception faite de Sergi Darder que l’on s’amuse à lyncher dans les studios doucereux de chez Canal + alors que très honnêtement, il est le seul à encore briller d’espoir et de bonne humeur dans cet effectif.

La compo

On disait la semaine dernière que Bruno Génésio avait manqué de panache en titularisant Tolisso en lieu et place de Darder. C’est pourquoi il a décidé d’opter pour un schéma visiblement plus « technique » avec Grenier et Sergi en relayeurs, Mathieu et Rachid sur les ailes. On passera sur la nouvelle titularisation de Morel sur le côté gauche sinon le fait d’épiloguer sur le dossier Bedimo risque de très vite nous faire souffler du nez.

Rendez Bedimo à Lexie, c’est plus possible là.

En soi, cette compo est presque intéressante mais à la Gones Académie nous n’avons jamais plaidé pour un tandem de relayeurs Grenier-Darder parce qu’aucun des deux n’est fait pour abattre des kilomètres. Or, si aucun de vos 8 ne se projette vers l’avant, votre pointe est bien seule. Ce que Bruno a compris en à peine 80 minutes (+90 du derby). Bravo Bruno. Allez, les autres on applaudit.

 

Le match

La défaite de la semaine passée ayant à peine cicatrisé, ce match nul a clairement résonné comme un nouveau revers au sens où il fut très symptomatique de notre médiocre saison actuelle. Analysons à défaut de raconter.

Les réactions suite à la partie furent assez ciblées sur l’arbitre et les statistiques du match mais à la vérité ces deux sujets sont relativement à côté de la plaque. Ce que nous avons lu sur les réseaux sociaux et autres résumés à chaud du match, c’est en gros que monsieur Gautier a certes été relativement lyonnais dans son arbitrage mais que 22 tirs à 7 ne permettent en aucun cas à l’OM de prétendre s’être fait léser de ce qui aurait dû être une victoire légitime. On lit même ici ou là, que Lyon n’a vraiment pas de bol en ce moment tant nous dominons nos matches sans prendre de points.

Monsieur Gautier indiquant à Bruno Génésio la tendance de l’OL au classement.

Ce que nous pensons du match en lui-même, c’est que ce nul est mérité, arbitre ou pas. La possession est un style de jeu tout autant que le contre et à vrai dire, si on peut marquer autant de buts en tirant 22 fois que 7 fois, pourquoi se fatiguer à tirer 22 fois ? D’autant que les Marseillais n’allaient pas essayer de concurrencer l’OL sur son terrain assumé depuis des années : la domination du jeu. Cette manie très lyonnaise de s’imposer comme meneur naturel du match est parfaitement logique puisqu’elle est directement héritée de l’hégémonie du club durant les années 2000. Cependant, à présent, la qualité technique des joueurs a indubitablement baissé et l’OL est attendu au tournant par chacun de ses adversaires qui n’ont aucun mal à anticiper le jeu lyonnais tant la possession semble être l’optique systématique de chaque rencontre.

Ces derniers temps, nous avons apprécié le changement de tactique proposé par Bruno Génésio qui rompt enfin avec ce 4-4-2 dans lequel Valbuena s’insérait si mal. Néanmoins, cela semble non seulement insuffisant mais également moyennement avisé tant Alexandre Lacazette semble seul en pointe multipliant les appels insignifiants et peu judicieux qui n’ont comme unique but que de ne pas se faire marcher sur les pieds par les deux attaquants intérieurs qui n’ont visiblement pas l’habitude de travailler le dézonage à l’entrainement. L’action de Valbuena qui chipe la tête de Lacazette ne nous a ainsi pas échappé.

Kékivapa (liste non exhaustive) :

  • Des entraînements visiblement peu utiles : les mouvements offensifs semblent en bonne partie aléatoires, les coups de pieds arrêtés sont toujours dangereux… défensivement ; et une simple passe en profondeur nous fait systématiquement serrer les fesses.
  • Des recrues pas du tout intégrées : l’avantage de recruter en France et/ou des Français, c’est qu’ils connaissent le championnat et doivent donc, en toute logique s’adapter facilement. Or, de toute évidence, Valbuena ne sait pas où se placer, Mapou est en crise de confiance complète, Morel ne sait jamais quand prendre le couloir, Darder est incompris et on ne parlera même pas du fiasco Beauvue. La responsabilité revient (à notre humble avis de petits académiciens sans diplôme sportif mais après tout Pierre Ménès n’en a pas non plus donc pourquoi pas ?) d’abord au club qui n’a pas fait d’effort pour défragmenter les clans du vestiaire, n’a pas bossé avec le profil des recrues (forces et faiblesses) en leur demandant simplement la même chose qu’à leurs prédécesseurs. Saviez-vous que Mapou fut autrefois un relanceur viable avec notamment 91,2% de passes réussies à la Roma sur une saison ?
  • La responsabilité tient aussi à un public trop réactif, trop catégorique, pas très nuancé en somme. Vous allez dire, « oui mais vous aussi vous avez clashé les recrues ». Certes, dans le cadre de l’exercice de notre mauvaise foi et nous avons un permis pour ça. Et toc. Non plus sérieusement, on ne siffle pas ses propres joueurs avant le coup d’envoi, c’est pas Madrid ici.
  • Une motivation très fluctuante à l’image de notre pressing : hormis les très grosses affiches ou les matches très symboliques, les joueurs semblent assez mornes (un peu moins depuis qu’Hubert s’en est allé). On se demande néanmoins à force quel est leur vrai niveau…
  • Aulas n’en a plus rien à battre. Ça peut paraître dur et Dieu sait comme nous aimons Jean-Michel Aulas, sa prose, ses brouilles et sa démerde mais Jean-Mimi semble de moins en moins rigoureux depuis que son stade est arrivé. De plus, sa gestion du club a tendance à prendre du plomb dans l’aile, en témoignent les cas Beauvue et Bedimo ou encore Bisevac. Sa lucidité tombe et sa dernière déclaration qui compare cet OL-OM à un Barça-Real nous a arraché une larme. Celle de la tristesse vraie face à la décadence qui n’est pas auto-consciente (extrait de : Décadence, auto-conscience et herméneutique de la décrépitude du manager à l’ère post-moderne c’est quarante boules merci bien, éditions Poing).

« Oh mon Dieu, mon équipe s’est fait bâcher par deux académiciens anonymes, ma remise en cause va être si profonde ».

Sur ce, les notes du mâche.

Les gones

Lopes (2/5) : Sauvé par Darder puis par son poteau, battu par une frappe plein centre de Cabella. On l’a connu meilleur cette saison.

Morel (1/5) : Rarement porté sur l’avant, une absence remarquable de pressing sur le but marseillais… L’utilité de Jérémy flirte dangereusement avec celle d’un Magicarpe (sans l’attaque charge).

Mapoumtiti (3/5) : une charnière solidaire, efficace ensemble, à l’ouest ensemble aussi. Il est loin le temps où Sam ne voulait pas jouer avec MYB.

Jallet (3/5) : Christophe a tout donné pour faire un retour décisif sur le but marseillais mais on ne détrône pas le maitre absolu en la matière si facilement. Anthony Réveillère peut dormir sur ses deux oreilles.

Gonalons (3/5) : Du mieux, le retour du travail discret mais bien fait. Il ne reste plus qu’à visser des crampons sous les semelles et ça donnera presque un bon milieu défensif.

Darder (3/5) : Il a tenté ces fameuses ouvertures dont il a le secret. Secret bien gardé visiblement puisque Rachid Ghezzal n’y comprend rien.

Grenier (2/5) : Le flegme d’Andrea Pirlo, l’inspiration de Grégory Lemarchal.

Ghezzal (Episode des Experts/5) : Niveau technique c’est propre par contre que c’est prévisible…

Valbuena (2/5) : On aurait mis 3 mais on ne vole pas un but tout fait de la tête quand on mesure UN METRE SOIXANTE-SEPT. PUTAIN.

Lacazette (3/5) : Dès qu’il est épaulé dans l’axe, ça combine et ça devient dangereux. Son alliance avec Florian Thauvin va faire très mal !

Beauvue (1/5) : Pas son pire match mais encore une fois complètement transparent.

Tolisso (4/5) : Il mettait un doublé, on enfilait la combinaison de Bruno Génésio de la semaine dernière. Avec grand plaisir.

JMA (Vu/5) : Qui sommes-nous pour noter le Dieu Aulas ?

Florian Maurice (1/5) : Comme le ratio de recrues viables cette année. Et encore, Darder est issu de la vox populi twitterienne. Crucifié.

Lacombe (1/5) : Quand ton conseiller compare le sécateur le plus cher de France à Marius Trésor, tu sais qu’il est peut-être temps de changer de conseiller.

Sam regarde la balle, Mapou la jambe. Beau duo.

La bise à vos mères,

Lexie Najas & Paul Igarque.

12 thoughts on “OL-OM (1-1) : La Gones Académie en a gros sur la patate

  1. Sinon depuis 2008 c’est quelle match ou Lyon a dominé l’OM dans le jeu sans attendre et contrer?

    Et les dernières saisons Garde ou Fournier, contre les gros je ne me souviens pas cette volonté impose ton staïle, possession toussa toussa, ou alors Troyes, Evian et Sochaux sont des monstres insoupçonnés.

    Cependant, l’analyse me semble juste sur le reste.

    BA

  2. Ghezzal propre techniquement ? 14 ballons perdus (et encore j’aurais dit plus) sur 67 joués et 79% de réussite à la passe, 2e plus mauvais total lyonnais du match. J’ai pas vu suffisamment de ses matches pour juger sa saison, mais sur ce match c’était 0, nul à chier.

  3. Y a toujours eu ce côté à Lyon de pas vouloir lâcher la possession et le match. Parfois on peut pas faire autrement mais jamais un coach ne dira qu’il a joué le contre.

    Ghezzal a pas toujours de bon ratio de passes ni de dribbles car il est assez audacieux et pas toujours très malin mais si tu compares aux ailiers adverses, il a été bien plus propre. Et rappelle toi le caviar qu’il amène à Umtiti.

  4. Bon, comment ne pas être d’accord avec cette acad du coup?
    Ya juste Ghezzal, j’y arrive toujours pas… C’est la même chose depuis qu’il joue en ‘fausse patte’. Comme Robben peut-on me répondre. Ce à quoi je répondrai par ‘…’

  5. Lyon a montré lors de cette rencontre le même visage qu’il a affiché en CL lors des réceptions de Valence, le Zénith et La Gantoise : une domination stérile, avec des joueurs incapables d’effectuer les bons choix dés qu’ils s’approchent de la zone décisive et une défense fébrile souvent prise dans le dos.
    La différence se fait au niveau de l’arbitrage, la sodomie arbitrale étant devenu une tradition locale grâce à la mainmise de JMA sur la ligue. En terme de jeu les lyonnais ne méritaient pas de perdre le match mais si on part de ce principe Troyes ne devrait même pas être relégable. Ce que l’on peut dire c’est que la connivence dont font preuve les arbitres français à l’égard des lyonnais est équivalente à celle accordée aux parisiens. Et dans ce type d’opposition force est de constater que nous ne luttons pas à armes égales.

  6. D’un oeil neutre, l’arbitrage de la confrontation était gênant.
    Sur la semelle de Morel, la décision était juste néanmoins. C’était un match vivant mais tellemnt djeuste techniquement.
    Genesio manque clairement de caractère à mon avis aussi bien avec les joueurs que sur le coaching le temps d’un match.

  7. Mouais, on n’a pas du voir le même match, j’ai trouvé Beauvue très bon.

    Gros, gros match de Le vide, aussi.

  8. Je reste persuadé que le problème numéro 1 en attaque c’est qu’on continue de jouer comme on jouait avec Fékir, sauf que ben il est pas sur le terrain. On continue de bourriner en passes courtes dans l’axe
    à 20m des buts, mais il manque Nabil pour faire le trou.
    Sinon pour le match contre l’OM, faut pas oublier que Mandanda fait un match assez énorme.

  9. Globalement d’accord avec cette analyse.
    J’ai de plus en plus l’impression que le défaut majeur de notre style de jeu, c’est qu’on fait de la possession pour… de la possession. Faire des papasses, c’est bien, mais si ce n’est pas seulement dans le but d’attendre qu’une brèche se crée pour s’engouffrer dedans, je ne vois pas quel intérêt ça peut avoir.
    Or, je constate qu’à chaque fois qu’une possibilité de passe en profondeur arrive, soit on touche encore le ballon une fois pour laisser le temps à la défense de revenir, soit on la donne… dans les pieds.
    À Sainté, à 2-3 reprises on peut envoyer un joueur face à Ruffier, il y a finalement eu 0 duel… Je n’ai pas vu d’opportunités aussi flagrantes dimanche, mais un paquet de fois un offensif a dû stopper sa course car la passe ne tenait pas compte de cet appel.
    Ça casse le rythme, ça ralentit le jeu, ça laisse le temps à la défense de se replacer, et du coup ça ruine aussi tout espoir de brèche pour les autres joueurs. Ça vaut le coup d’avoir la possession si c’est pour faire ça…

  10. Disons qu’on joue la Possession en se disant que « tant qu’on a la balle, ben les autres, ils peuvent pô marquer » et « a force de faire des passes, on va bien finir par créer un décalage » …
    Sauf que vu notre défense, il suffit de quelques tirs pour se prendre un pion, et que, question décalage, faudrait que les gonzes puissent exploiter un décalage par une passe offensive, et non un bête  » à toi, à moi, à lui, et on recommence ».

    Bref, trop de faiblesse technique offensive (Nabil, reviiiiiiiient !!!), de confiance aussi, et un Grand Stade qui, maintenant qu’il est fini, va permettre à Dieu Aulas et aux autres de se reconcentrer sur l’équipe et ses Performances (putain, 5 points en 9 matchs).

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