Comme un symbole, me voilà de retour en même temps que nos joueurs se sont enfin sortis les doigts! Quelle coïncidence tout de même! Incroyable! Le hasard fait vraiment bien les choses. Dire que tout le monde s’attendait à une branlée, dire que l’Equipe avait déjà prévu 5 pages sur la crise au PSG, sur le licenciement de Blanc lâché par ses cadres, sur la colère du Prince, sur l’implosion du vestiaire, sur la mauvaise ambiance au camp des Loges, sur l’inefficacité offensive de nos joueurs, sur la vieillesse de certains, sur l’incapacité à se transcender des autres, sur notre Ibra-dépendance… Hé ben.. BIM! Paris a retourné tout le monde. Faut reconnaître qu’il fallait beaucoup d’auto-persuasion pour imaginer un tel scénario et certainement aussi un peu de mauvaise foi pour se convaincre que l’exploit était possible. Et pourtant. D’hier soir, l’unique stat’ à exploiter est bien évidemment la suivante: 0 but encaissé en 13h de Liga et 0 match perdu; 3 buts encaissés en 56 minutes au Parc et la défaite au coup de sifflet final. Tout le reste n’est que littérature. La possession, le pourcentage de passes réussies, le nombre de tirs, bla-bla-bla. Who cares?
Les aigris habituels et autres provinciaux minimiseront notre performance en arguant que l’on n’a pas vu un grand Barça. La vérité c’est que Paris leur a été supérieur, qu’on les a (parfois) pris à leur propre jeu en gardant la balle et en les faisant tourner en bourrique, qu’on a marqué sur coup-de-pied arrêté et également dans le jeu, et qu’on a défendu comme des morts de faim pour conserver notre avantage. Et avec un Cavani plus en confiance, la note aurait pu être plus salée pour les Catalans.

La rencontre avait démarré sur les chapeaux de roue puisqu’au quart d’heure de jeu le score était déjà de 1-1. A l’ouverture de la marque par David Luiz suite à un coup-franc de Lucas, le Barça répondait dans la foulée par une leçon de football: jeu en triangle à une touche de balle, et finition placée dans le petit filet. Même pas eu le temps de savourer notre but. Frustrant comme une éjaculation précoce. On s’attend d’ailleurs à ce que Barcelone enchaîne mais on tient la baraque. Mieux, on reprend l’avantage plus tard. Corner au second poteau, et Verratti cale une tête improbable. Le Parc explose une seconde fois. La fin de la période est bizarre: par moment les équipes se craignent (Cavani fait une tâche bleue dans le paysage jaune fluo, tandis que Messi est isolée dans la marée bleue parisienne), et parfois elles sont coupées en deux, comme si on jouait déjà la fin de partie. Bref, on serre les dents, et on retourne au vestiaire avec ce fragile avantage.

Après la pause, on remet la pression tout de suite. Edi court dans tous les sens mais rate tout à cause de crochet et de re-crochet dont on ne comprend pas le sens. Il faudra ainsi s’en remettre à Matuidi suite à un centre de vdW pour prendre le large (construction du but: 21 passes consécutives en 63 secondes. Prend ça dans les gencives, Luis Enrique!). Immédiatement après, bis repetita de la première mi-temps: réduction du score par l’intermédiaire de Neymar cette fois-ci. (NB pour Blanc: Deux fois sur 3, les 5 minutes suivant un but nous auront été fatales. Il faudra être plus vigilant lors des prochains matchs.) Le dernier tiers de la soirée paraîtra interminable. Les Espagnols feront le siège de nos cages, mais sans jamais arriver à faire sauter le verrou. Leurs longues et vaines tentatives infructueuses seront entre-coupées de contres parisiens qui échoueront tous (Cavani, Pastore, et même Bahebeck auront eu leur chance).

L’arbitre siffle enfin, le Parc devient dingue, on tient l’exploit, on fait taire plein de gens. Et on s’incline (un peu) devant le travail de Lolo White. Pastore lui-même a reconnu que la victoire n’était pas liée uniquement au hasard. Pour ceux qui ne sont pas au courant, « le technicien parisien avait procédé à une mise en place sans ballon. Il avait disposé alors son onze de départ, sur un terrain, tels des joueurs de baby-foot au repos. Une séance de tableau noir mais grandeur nature » (selon Le Parisien). Comme quoi, il n’est pas plus spectateur que ce qu’on laisse entendre. La preuve avec ce dessin trouvé je ne sais où:

La tactique expliqué sur tableau vert
La tactique expliqué sur tableau vert

Bref, vous êtes désormais priés de dire amen à toute parole qui sortira de la bouche du coach. On espère maintenant que la saison est enfin lancée. On en aura une première confirmation dès dimanche avec la réception de Monaco. Se sublimer et se transcender pour les grandes occasions, c’est bien. Mais prendre des points contre des concurrents directs et remonter au classement, c’est bien aussi et c’est désormais la priorité de l’équipe. Reste à savoir quelle équipe sera alignée: Marquinhos semble touché, Silva sera encore trop juste, Lavezzi est déjà out, quant à Ibra, rien n’est sûr encore…

 

Bonus:

Hasta siempre (version IKEA)
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barca_jayzbey
Niggaz in Paris

 

Le meilleur site de sport du monde nous le montre encore
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Sirigu 3/5 deux buts encaissés face aux deux stars adverses, mais sur lesquels il ne peut pas grand chose. Des sorties aériennes rassurantes, notamment sur corner, et un jeu au pied qui s’est amélioré.

Maxwell 4/5 à l’expérience, sans jamais se livrer, sans tacle inutile, sans prise de risque inconsidérée ni de montée irréfléchie.

David Luiz 4/5 un but inscrit comme un vrai n°9, une chevauchée à la Sammy Traoré, de la sérénité derrière (malgré des relances parfois limites), et une aisance grandissante dans son rôle de patron de la défense.

Marquinhos 4/5 il a déjà tout d’un grand! Le blédard brésilien réussit à nous faire oublier Silva grâce à son talent, son sens du placement, et sa générosité dans l’effort. Sa rage suite à son sauvetage sur le tir de Alba marquera les esprits.

Fallait pas le faire chier!
Fallait pas le faire chier!

vdW 4/5 pas plus coupable que les autres sur les buts du Barça, mais responsable de celui de Blaise. Des montées de l’autre côté de la ligne médiane intéressantes, et un travail défensif pas dégeu. On se demande comment Aurier lui piquera la place.

Motta 4/5 un corner décisif pour Marco, et le bon tempo tout le long de la rencontre. Même s’il a parfois semblé avoir des jambes lourdes. Il reste le boss du milieu.

Matuidi 4/5 le blues de début de saison est oublié. Blaise is back on top! Des efforts, de la hargne, des batailles acharnées pour récupérer le cuir, et un but libérateur! Blaise, mon gars sûr!

Verratti 5/5 Marco a enfin marqué. De la tête. Du haut de son 1m65. Le reste est classique: crochets, mini-dribbles, enrhumage d’adversaires, cassages de reins, etc.

Air-sortie du gardien
Air-sortie du gardien

Lucas 4/5 c’est ça qu’on attend de lui: finir ses matchs sur une civière pour cause de crampes! Moura s’est montré très remuant, systématiquement porté vers l’avant mais sans tenter le dribble de trop habituel. Une de ses meilleures perfs depuis son arrivée à Paname.

Pastore 4/5 Javier libéré, Javier magnifique, Javier au sommet, Javier féérique, Javier enfin à sa place! Un homme de qualité.

Cavani 2/5 pauvre Edi. Sans être complètement inutile, vu sa débauche d’énergie sur la pelouse et ses retours défensifs précieux, il n’aura pas marqué les esprits de ceux qu’il veut convaincre qu’il a sa place en pointe. Trop d’occasions franches foutues en l’air par manque de spontanéité d’abord, puis par manque de fraîcheur ensuite. Dommage.

Remplaçants:

Cabaye, Chantôme, Bahebeck: comme j’ai la flemme de les distinguer, on va dire qu’ils ont fait de bonnes entrées en jeu, qu’ils ont couru comme des beaux diables pour défendre le score, et qu’on les aime tout fort. Surtout Chantôme.

 

Pour les insultes ou les sous en paypal, c’est par là: https://twitter.com/PiLou_Fernandel

10 thoughts on “PSG – Barça (3-2), la Porte de St-Cloud Académie revient en mettre partout

  1. T’es vraiment à l’image de ton équipe, tu choisis tes matchs pour académiser. Ah ça, pour se la péter sur une victoire contre le Barça y’a du monde, mais pour noter un match nul contre Toulouse y’a plus grand monde…

  2. Ce fut un bon metch (Dis le comme Luis Fernandez).

    Après le gardien du Barça est une sacrée buse. Le but de Veratti quand même…

  3. Salut, on y croyait plus au retour de cette acad’, mais j’étais sûr que tu nous gratifierais d’un papier pour ce match ô combien jouissif !

    Toujours aussi frais.

    Par contre VdW est fautif sur le 2nd but, il ne doit jamais aller au contact à la retombée du ballon (déjà 2 parisiens dessus) mais bien couvrir Neymar et l’empêcher de frapper. Ca aura était sa seule seconde d’inattention du match, et ça suffit au brésilien pour placer un amour d’enveloppé de fouine de m*rde à ras du sol et du poteau …. dommage, 3-2 c’est bien, 3-1 c’est mieux !

    Et ce contre / grand pont de Pastore … avec un peu plus de lucidité c’est but ça !

  4. HAHAHAHAHA, l’équipe vient de suggérer ce match comme un des tops trois de l’histoire du foot français en coupe d’Europe. Tu devrais postuler en stagiaire.
    Tu est l’archétype du parisien, ça vient en mettre partout pour un match de poule. Pitié.

    @Paillard man : j’hésitais entre un gitan de Montpellier et un marocain GO du club MED pour la comparaison.

  5. C’est beau ces supporters qui font corps avec l’esprit de leur équipe. L’académie de Chelsea aussi était revenue après leur victoire en quarts l’an dernier, commun symbole de je ne sais quoi.

    Sinon ce n’était pas le grand Barcelone. Sauf que ce n’était déjà pas le grand Barcelone lors de votre dernière double-confrontation, on peut saluer votre progression (à relativiser par le fait qu’au fond, peut-être que la différence d’issue entre ce match et ceux d’il y a deux ans a sa part d’aléa; sans compter qu’on ne compare pas un match de poule et à éliminations directes sans que ce ne soit foireux…). Et le fait que probablement aucune autre équipe française n’aurait pu faire ça en 2014. Maintenant demandez à l’Équipe d’arrêter sa cyclothymie, c’est très embarrassant.

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