San Lorenzo-River Plate, la Pampa Académie est suicidaire

Salut les moches,

On se revoit déjà, et je dois bien vous avouer que ça me fait bien plaisir. Je crois pas que mon slip ait vibré comme ça depuis un certain Jonathan Pitroipa. Le Stade Rennais étant parfaitement hors-sujet au vu de cette académie, je me forcerai quand même d’en parler le moins possible. Bref, vous, lecteurs avides de mes calembredaines, qui avez déjà eu le plaisir de me voir péter des câbles face à la prestation pour le moins désolante de nos amis du Cyclone à l’aller de cette Recopa Sudamericana (sorte de Supercoupe d’Amérique du Sud pour les quelques narvalos qui n’auraient pas suivi), vous allez enfin pouvoir découvrir si les extrémités digitales se sont bien extraites de leurs fondements respectifs. Finalement, 1-0 à l’extérieur, sur un match aller-retour, c’est pas bien méchant à remonter. Ouais, et bien, je vous ferai quand même savoir qu’au moment où j’écris ces lignes, il est 21h54 heure française, un peu moins de 6 heures avant le début du match et que je suis pas serein serein. Il est vrai que la toute récente défaite du Stade Rennais face aux ignobles Monégasques et leurs tronches de capitalistes sauvages me pèse un peu sur l’esprit, si bien que je suis incapable d’écrire 3 lignes sans avoir envie d’insulter Tony Chapron (qui est loin d’être le seul responsable, mais quand on a un QI aussi faible que le mien, on se rabat toujours sur le bouc émissaire le plus évident).

Mais il n’y a pas que ça. J’avais envie de penser que la défaite de l’aller était un accident, un erratum, une mauvaise blague dont j’étais la victime pas si innocente. Et puis je me suis posé cinq minutes. J’ai re-re-re-regardé les images du match. J’ai regardé les images de la saison dernière. Et là, tout d’un coup, j’ai senti mon estomac se resserrer en un nœud inextricable me rappelant les terribles moments de mon enfance où ma daronne se décidait à ouvrir mon carnet de correspondance. Puuutain c’que c’était sec. Cela étant, en tant que fervent défenseur de l’optimisme béat, j’me suis dit que c’était pas grave, que ces infâmes pendards de River étaient encore plus nazes. ET NON DUCON ! Après visionnage des highlights de la saison passée de nos adversaires du soir, dauphins des pignoufs du Racing cet automne, c’est avec un dégoût non dissimulé que j’ai vu ce de quoi ils étaient vraiment capables. C’était beaucoup plus fluide, y’avait beaucoup plus d’envie, de débordements, de duels vaincus, de tout. Montent alors les bouffées de chaleur, l’hyperventilation, la nausée, et bien d’autres symptômes qui ont manqué de me faire croire que j’étais enceinte . L’angoisse montant vertigineusement, j’ai décidé, en persévérant sur le chemin de l’imbécile léger qui pense que tout va toujours bien se passer, de me repasser les images de la Libertadores victorieuse de 2014. Grave erreur. Vous connaissez le concept des Beer Goggles ? Vous savez, quand vous vous êtes enfilés, jeunes idiots que vous êtes, des quantités d’éthanol un tantinet trop importantes et que la voisine d’en bas un peu dégueu (ses qualités humaines exceptionnelles nonobstant) vous paraît soudain être la créature sublime à laquelle vous avez toujours rêvé. Bah là c’est pareil. Sauf que c’est des Libertadores Goggles. Tellement aveuglé par la victoire si longtemps attendue, j’ai cru qu’on y était arrivé en étant excellents. J’avais complètement oublié à quel point on chatte les poules et les huitièmes contre le Gremio, et dans une moindre mesure les quarts contre Cruzeiro. Bref. C’est la merde, les copains. Présentation.

 

LE MOMENT PANINI (OU PRESQUE) 

Bon, la dernière fois, vous avez eu droit à ce drôle d’énergumène d’Ezequiel Lavezzi dans cette rubrique, donc par souci de parité et d’honnêteté intellectuelle, vous aurez aujourd’hui le droit à un joueur de River Plate. MAIS, et je dis bien mais, mes valeurs morales étant au zéro Kelvin de l’échelle humaine, je m’abstiendrais de vous conter l’épopée millonaria d’un joueur ayant acquis une gloire significative, que ce soit en Europe ou en Argentine. Pis encore, je vais foutre ici un garçon ayant été un rouage décisif lors de l’historique saison 2011-2012 des poulets. Vous la connaissez cette saison-là ? J’en vois certains avec des sourires en coin, d’autres avec des mines un peu dépitées… Et pour cause, cette saison est la seule saison de l’histoire du club passée en tant que pensionnaire de 2ème division. Alors comme je sais que ça ne manque pas de puristes dans le coin, vous me direz qu’il y avait aussi David Trezeguet dans cet effectif. C’est vrai. Et pour être honnête, ça me gâche un peu mon délire, sachant que je désirais montrer à quel point j’étais un être abject.

Ceci étant dit, je poursuis dans ma lignée de départ et vous présente enfin l’animal en question, après un teasing qui vous aura laissé j’en suis sûr la bave aux lèvres. Certains l’auront peut-être déjà deviné, il s’agit bien du néo-Marseillais (et déjà buteur contre Rennes, le garenne), Lucas Ocampos. Il fut finalement une étoile au firmament de la plus sombre époque du club, comptabilisant 7 buts et 5 passes décisives à l’âge plutôt précoce de 17 ans, en s’imposant certes dans un contexte moins exigeant techniquement que la première division, mais sous une pression assez atroce quand on voit la détresse ou la colère ressentie par les supporters au moment de la descente (https://www.youtube.com/watch?v=4z7Bq5q1M7s). Mais le minot a porté ses cojones. Et si c’est bien un doublé du roi David qui renvoie définitivement River Plate en première division, Lucas Ocampos aura brisé bien des reins et aura marqué les esprits lors de cette mémorable extraordinaire jouissive orgasmique sinistre saison (désolé pour la musique https://www.youtube.com/watch?v=uYEmD107enM).

Pas d’image Panini dégueu ce coup-ci, 2ème division oblige, du coup je vous offre un bonus : la joie de Trezeguet et les images du doublé cité précédemment (https://www.youtube.com/watch?v=rMtTwGfCz2A).

 

L’HEURE DU DUDUDUDUDUDUDUDUEL 

L’heure avance et la pression sur mes nerfs ne redescend définitivement pas. Il est actuellement 00h34. Etant actuellement submergé de travail scolaire, je me suis enfilé un Guronzan histoire d’être à peu près concentré et je peux vous dire que ça m’aide pas vraiment à appréhender le match. Je viens d’apprendre de la part de Lucarne Opposée que Nestor Ortigoza, absent au premier match mais potentiel sauveur de la peau de San Lorenzo sera absent à cause d’une fièvre. Là, clairement, je suis pas bien. Mon rapport de stage avance à la vitesse de Kader Mangane sous Sativa, ma conversation Tinder est dans un cul-de-sac et va me demander des qualités technico-tactiques extraordinaires pour pouvoir m’en sortir, et je viens de me rendre compte qu’il y’a des taches d’huile de sardine sur mes draps bleu pâle. Monde de merde. Avant l’explosion de mes glandes sudoripares sous la tension, voici les compositions :

River Plate : Barovero ; Mercado, Maidana, Funes Mori, Vangioni ; Sanchez, Kranevitter, Rojas, Pisculichi ; Mora, Gutierrez

San Lorenzo : Torrico; Buffarini, Cetto, Caruzzo, Mas; Mercier, Mussis; Villalba, Barrientos, Blanco, Cauteruccio

Zéro changement côté River Plate, ce qui n’est pas très étonnant venant d’une équipe de vieux, de riches, de conservateurs et de réactionnaires. Côté San Lorenzo, exit Kalinski, globalement parce qu’il a été bien, bien, bien crade samedi, donc ça me pose pas vraiment de problèmes. Mussis descend d’un cran pour accompagner le chauve-patron dans l’entrejeu, qui jouera lui son 100ème match avec le Cyclone. Villalba is in. Cauterruccio est toujours là, ce qui ne va pas régler mon problème de pression sanguine, mais ça m’apprendra à prendre des médocs pour avoir des meilleures notes. Je ne vaux pas mieux que Lance Armstrong. Et je suis même pas major de promo. Quand je vous dis que c’est un monde de merde.

Il est désormais 2h15 du matin, les yeux commencent doucement à picoter et Morphée me tend ses bras comme un vieil amant, mais je souffle un petit peu. Toujours 0-0 à la marque à la mi-temps mais le match se déroule d’une façon un peu plus satisfaisante que je ne l’avais espérée.

Le début de la rencontre a tout de même été sous le signe de la maîtrise de River. La physionomie était quand même relativement prévisible. La triplette Rojas-Sanchez-Kranevitter est faite pour la conservation du ballon, alors qu’ il y’a toujours eu au moins 10 mètres d’écart entre les milieux de San Lorenzo, ce qui va être un problème pendant les 20 premières minutes du match. Même si Pichi Mercier, ce beau chauve, va gratter beaucoup de ballons, il va se retrouver très souvent sans relais pour atteindre ses attaquants, sachant que les ailiers Barrientos à gauche et Villalba à droite sont très excentrés, et que Cauteruccio ne décroche pas pour venir chercher les ballons. Les relais auraient dû se faire via Mussis et Blanco, mais le premier s’est blessé très vite (et est rentré dans une folie furieuse en quittant le terrain, alpaguant tout son banc de touche d’une voix de crécelle), et le deuxième courait partout en ne servant strictement à rien. Pignouf. San Lorenzo se trouve donc obligé de faire du jeu long, et même si Cauteruccio gagne beaucoup plus souvent ses duels que samedi, ses déviations ne trouveront que le vide sidéral (j’aurais encore envie de dire que c’est de la faute de Blanco, mais je vais attendre un peu avant de m’acharner sur le sort de ce butor mal dégrossi).

C’est donc logiquement que River Plate se crée la première occasion du match. Sur une mauvaise relance de Mas, Sanchez est trouvé au deuxième poteau, et cale une frappe dans le petit filet. Ensuite, notamment grâce à la rentrée de Quignon (paix sur lui), San Lo met un peu le pied sur le ballon et rééquilibre son jeu offensif, qui se résumait auparavant à une bataille de pénis entre Villalba et le latéral gauche de River, Vangioni. Bataille que le vît du poulet de basse-cour remportait haut la main, découpant à souhait. Ceci étant dit, la première grosse occasion de San Lorenzo viendra du côté droit, où Buffarini trouvera d’un amour de passe en retrait Caruzzo, qui essaiera de mettre une mine à ras de terre mais une jolie parade du laideron de gardien de River sauvera leurs fesses.

La deuxième viendra de la gauche, où sur une des premières vraies incursions de Mas dans son couloir, ce dernier décochera une frappe qui finira malheureusement sur le dos d’un des défenseurs de River. Le jeu sera ensuite arrêté parce que môssieur l’arbitre de touche, visiblement douillet, aurait reçu un projectile lancée par un petit malin dans l’assistance. Il ne se passera plus grand-chose jusqu’à la mi-temps. L’espoir renaît, et ma raison de vivre est de retour sur cette planète pourtant si emplie de souffrance.

Chers amis, laissez-moi vous dire que cet espoir fut terriblement infondé. Le début de la deuxième période, à l’instar de sa petite sœur, est plutôt millonaria. Ça combine plutôt bien, notamment sur le côté gauche, entre Rojas, Gutierrez et Mora. Ça n’empêchera pas San Lorenzo de continuer à se ruer vers l’avant, la récupération est assez haute, on va vite trouver Cauteruccio devant, mais ce dernier se retrouve souvent à devoir se démerder tout seul comme un con (alors, c’est pas pour me répéter, mais le responsable est encore ce triste sire de Sebastian Blanco). Il arrivera à décocher deux frappes relativement dangereuses, mais qui ne trouveront pas le cadre. Et si elles l’avaient trouvé, elle auraient sûrement trouvé ce Gargamel de Marcelo Barovero, impérial dans les bois de River. Le tournant de la rencontre est d’ailleurs de son fait. Sur un coup franc bien enroulé, Matos, cet amour de vielle branche, met un bon coup de tronc qui sera encore sorti par celui qui n’est même pas 3ème gardien argentin (le Costil local, s’il en est). Le Cyclone butera encore quelques fois sur le boudin par la suite.

Et ce qui devait arriver arriva. Et forcément, il a fallu que ce soit le but le plus laid et le plus chouneux de l’histoire du football moderne. Gutierrez trouve Mora dans la surface, qui protège son ballon devant un Mas un peu à la rue, il trouve Sanchez au point de penalty. Caruzzo se jette devant lui, contrant la balle, mais Torrico s’était déjà couché, et la balle le prend à contre-pied en roulant à 12 centimètres par heure près de son poteau gauche. Le stade siffle, les millionnaires exultent, l’affaire est quasiment pliée. San Lorenzo se procurera quand même pas mal d’occasions, mais n’arrivera jamais à se défaire des tentacules de Barovero. Toutefois, Funes Mori, cuistre ronflant possédant un QI à deux petits chiffres, trouvera la bonne idée de se faire expulser sur un tacle d’une stupidité qui lui est quintessentielle. San Lorenzo se ruera donc encore plus vers le but adverse, sans succès. Ils concèderont même une énorme occasion en contre, où un fail monstrueux de Mora, qui aura eu le mérite de me faire glousser, empêchera l’humiliation. Quelques minutes plus tard à peine, Buffarini prendra son deuxième jaune, scellant l’affaire. A noter que ce beau jeune homme, dans sa grande classe légendaire, serrera la main de l’arbitre avant de quitter la pelouse. Mes chers amis, il est 4 heures et 11 minutes à l’heure où je vous parle. Mon réveil sonne dans 3 heures et 49 minutes. River Plate remporte la Recopa Sudamericana. Chienne de vie.

 

 

LES NOTES

Torrico : 3/5 : Il n’a finalement pas eu à s’employer de manière aussi extensive que samedi dernier. Pas complètement fautif sur le but, pas complètement lucide non plus.

Buffarini : 3/5 : Il a beaucoup cherché à apporter le danger, en essayant de combiner avec Villalba, sans succès. Bien bloqué pendant la majorité de la rencontre, la plus grosse occasion viendra quand même de lui.

Cetto : 2/5 : Plus à l’aise dans les duels que samedi, il aura quand même bien laissé Mora et Gutierrez se balader dans tous les sens.

Caruzzo : 3/5 : Aura beaucoup tenté d’apporter le surnombre en attaque, se procurant même une grosse occasion. A deux doigts d’éviter l’ouverture de la marque de Sanchez, à deux doigts d’un très bon match.

Mas : 2,5/5 : Très bas en début de match, très haut par la suite. A défaut de régularité dans sa position, il aura toujours bien fait le taff, au moins offensivement.

Mercier : 2/5 : Note peut-être un peu sévère. Il aura récupéré beaucoup de ballons, mais a cherché à imposer un jeu court, alors que ce n’était clairement pas ce que ses coéquipiers attendaient.

Mussis : (non noté) : Blessé très rapidement lors d’un choc avec Rojas. Remplacé par Quignon (3/5), qui aura fait beaucoup de bien, même si il n’aura pas apporté beaucoup de danger sur la défense de River. Lui-même remplacé par Veron. RAS.

Blanco : 1/5 : Volontaire, mais jamais au bon endroit. Ce qui est quand même un peu con.

Barrientos : 0,5/5 : Invisible, contrairement à samedi. A chaque fois que San Lorenzo a apporté le danger de son côté, c’était toujours par l’intermédiaire de Mas. Remplacé assez tôt par Matos, qui aura couru partout et se sera procuré une très grosse occasion.

Villalba : 2,5/5 : Il aura vraiment rien lâché, tout au long du match. Ce qui ne l’aura pas empêché de se faire bouffer par Vangioni, tout au long du match.

Cauteruccio : 3/5 : Bien meilleur que samedi, très agressif dans les duels, très disponible sur le jeu long. Bien trop esseulé en deuxième mi-temps, malheureusement pour lui.

 

 

LE MOMENT NUTELLA

J’avais à la base créé cette rubrique pour montrer un joli but ou un joli geste technique réalisé lors de la rencontre concernée par l’académie. Comme à mon avis, Dieu ne m’aime pas beaucoup, il m’a encore offert un match avec un but ignoble et pas vraiment de gestes techniques. Devant tant de grâce divine, cette rubrique sera désormais détournée, et sacrera le tacle ou la faute qui fait le mieux l’apologie du jeu à l’argentine.. Aujourd’hui, ce sera ce furet de Funes Mori (https://www.youtube.com/watch?v=Ma7RA5TOas4), qui démontre ici toute l’étendue de son intellect quasi-simiesque.

 

LE MERCI POUR CE MOMENT

Recibimiento (https://www.youtube.com/watch?v=kvv-NQeqizc) du soir, seulement constitué de quelques papelitos, du coup un peu décevant, malgré les 52.000 personnes présentes. Vous êtes sûrement un peu déçus, ouais, bah sûrement pas autant que moi. Cela étant, ça a chanté, comme d’habitude, pendant 90 minutes. Et ce à gorge déployée.

 

LE MOMENT DE SE DIRE AU REVOIR 

Me voilà donc, lendemain du match, gueule de bois émotionnelle après une bonne grosse journée de merde. Il est 19h06. C’est le moral défait et le pénis en berne que je vous dis donc au revoir aujourd’hui, même si l’amour que je vous porte n’en est aucunement affecté. On se reverra donc pour l’académie d’un des matches de ce week-end, Racing Avellaneda-Rosario Central en l’occurrence, qui sera un peu en retard étant donné que j’ai un rapport de stage à boucler. J’en profiterais pour essayer de vous expliquer toutes les délicates subtilités de la nouvelle formule encore une fois bien alambiquée du championnat 2015.

 

A bientôt les moches,

Votre Laezh Dour qui vous aime (suivez mois sur Twitter et envoyez moi vos seins).

2 thoughts on “San Lorenzo-River Plate, la Pampa Académie est suicidaire

  1. Ouuu, qué sensación de mucha violencia Mr MOri.. Un Moment Nutella d’un fort beau gabarit.

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