Benfica-OM (2-1) : La Canebière Académie limite la casse

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Rien n’est très vif, mais tout n’est pas mort.

Le plus saisissant dans ce déplacement à Lisbonne, c’est de voir combien de supporters ont fait le déplacement pour aller encourager une équipe médiocre, risquer de se trouver mis à la porte du stade et livrés à eux-mêmes en ville par la faute d’un Ministère de l’intérieur français une nouvelle fois sidérant d’incompétence, pouvoir finalement entrer et assister comme prévu à la 5e défaite d’affilée d’une équipe médiocre, et malgré tout mettre en parcage un oaï à saturer tout l’espace sonore de l’Estadio da Luz. Parmi eux, aux côtés des vétérans nés à l’OM dans le temps glorieux, combien de jeunes n’ont jamais connu l’OM autrement que par les sinistres années Labrune, Ciccolunghi, Eyraud… Tant que l’OM pourra compter sur des passionnés assez jobastres pour la soutenir avec autant d’abnégation et en retour si peu de preuves de respect, et assez irresponsables pour transmettre à leurs fils cette passion toxique, notre club ne sera pas tout à fait mort. Le tout est de savoir combien de temps cela pourra durer.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba (Soglo, 68e) – Gigot – Balerdi
Luis Henrique – Veretout – Kondogbia– Merlin (Ndiaye, 45e+2)
Moumbagna (Ounahi, 53e) – Aubameyang

Pour parvenir à composer une équipe qui se tient un minimum, Les corps olympiens sont bourrés de cortisone et d’anti-inflammatoires dans des quantités que l’on ne rencontrait jusqu’ici qu’en deux endroits dans le monde : les laboratoires Sanofi dans la vallée de la chimie à Lyon, et le mollet de Rafael Nadal à chaque Roland-Garros. A ce prix, Mbemba peut effectuer un retour salutaire dans notre défense à trois.

Faute de latéral droit, Luis Henrique est aligné en piston tandis que côté opposé, la reprise débutante de Murillo et le choix fumant de ne pas sélectionner Garcia nous incitent à brûler des cierges pour que Merlin ne se blesse pas (la suite va vous surprendre).

Faute de Sarr, Moumbagna est quant à lui préféré à Ndiaye, lui dont la constitution de Volvo Break 1985 représente une garantie absolue contre tout pépin physique.


Le match

L’OM entame ce match sous le signe du blocquéquipe, l’objectif « réussir ses passes » étant clairement classé en priorité de deuxième niveau. Voire troisième. Voire ce n’est pas un objectif. Cette focalisation sur l’absence de connerie défensive suicidaire n’empêche pas quelques souillages de slips dès la 6e minute, quand un Portugais rate sa reprise seul à la réception d’un corner.

A la 15e minute, Balerdi se pique d’un pressing à contretemps au milieu de terrain : faute de pouvoir compter sur la compensation de ses camarades, Leo se replie donc comme il peut, les Benfiquistes progressant dans notre camp en toro autour de lui en se foutant de sa gueule. Pendant que Veretout trottine au milieu de terrain, Rafa Silva pique un sprint pour arriver à l’entrée de la surface, bénéficier du décalage de Tengstedt et finir Lopez d’un petit pointu (1-0, 16e).

Benfica ne paraît pas forcer, ce qui illustre encore davantage notre naufrage cette saison. Ce dont en effet désormais des seconds couteaux qui se permettent de nous humilier à la manière du PSG naguère : en jouant au petit trot et en nous plantant un but dès qu’ils ont envie d’accélérer. Pourtant les espaces existent dans le bloc lisboète, sans que l’OM ne parvienne à les exploiter à la fois vite et bien : dès que l’un de nos joueurs offensifs met moins de 45secondes pour décider de faire une passe, celle-ci arrive à deux mètres de la cible.

Benfica manque de nous achever lors que Neres, seul à la réception d’un corner, envoie sa volée à côté. A notre nullité physique et notre faillite mentale s’ajoute ce qui vire à une authentique malédiction : en tentant une intervention défensive, Merlin s’explose affreusement la cheville en gagne sans doute une fin de saison anticipée.


La deuxième période voit donc Ndiaye entrer en jeu et Luis Henrique passer à gauche. Le Brésilien, justement, s’offre une timide percée jusqu’à la surface adverse, où il voit son tir contré par la défense. La suite, c’est encore le camarade Marwen qui en parle le mieux :

https://twitter.com/Rebeuspierre/status/1778518700288544819

En effet, une fois le ballon perdu, tout le monde préfère s’écailler le muge que de courir se replacer, pendant que le Benfica développe sa contre-attaque. Une interception manquée de Kondogbia finit de faire sauter le verrou, et nos adversaires peuvent tranquillement randonner sur les 70 mètres restants pour une finition de Di Maria une main dans le slip (2-0, 52e).

Démission, résignation, comme face à Lille nos joueurs ne sont rien d’autre que des larves. Leur manque de fierté contraste d’autant plus avec les démonstrations des supporters en tribune. Le fait de se montrer aussi affligeants quand des milliers de personnes ont parcouru 1 600 km pour les encourager ne paraît pas leur procurer la moindre honte, ou peut être au contraire ont-ils intériorisé cette honte au point d’assumer de se comporter comme des merdes en attendant la fin de saison libératrice. Dépourvu de la moindre dignité, l’OM pourrait nous faire penser au Gros Dégueulasse de Reiser, à une exception majeure près : là où le Gros Dégueulasse a la déchéance joyeuse, cette équipe est non seulement immonde, mais triste, du genre à boire pour oublier qu’elle a honte de boire.

L’OM vis-à-vis de ses supporters, allégorie.


Autant dire qu’il faudrait aller chercher loin pour trouver un homoncule aussi dépourvu d’amour-propre que nos joueurs. En l’occurrence, c’est en Angleterre que l’UEFA est allée dénicher l’espèce rare, en la personne de l’inénarrable Michael Oliver. L’arbitre nous avait déjà fait l’honneur d’une rencontre mémorable en début de saison, et récidive ce soir en omettant de signaler un pénalty quand Aubameyang se fait proprement balancer dans la surface. Même avec les preuves visuelles, même mis le nez dans sa merde en Eurovision, il maintient sa décision avec l’aplomb d’un Macroniste déclarant « j’assume », ce fameux « j’assume » qui signifie « je fais de la merde, vous savez que je fais de la merde, je sais que vous savez que je fais de la merde, mais je vais quand même mentir et nier les évidences car c’est moi qui décide et je vous méprise ».

Vous le direz, on n’est plus à un vol arbitral près dans ce stade, d’autant que celui-ci aura finalement eu une influence limitée. En effet, dix minutes plus tard, une récupération conjointe de Kondogbia et Ounahi permet de lancer Aubameyang en profondeur. Un défenseur arrive le premier sur le ballon mais, de manière inexplicable, se laisse trouver par la passe et permet à Jean-Bite de partir ajuster le gardien (2-1, 67e).


Des échos qui nous parvenaient avant le match, il paraît que le Benfica de Lisbonne est à notre image l’une de ces équipes capables de se liquéfier de la manière la plus anale qui soit. Dès lors, pourquoi ne pas imaginer que le combat d’infirmes tourne à notre avantage ; d’ailleurs, dans les minutes qui suivent, un bon centre d’Ounahi trouve Harit pour une volée malheureusement manquée.

Entre temps, Mbemba voit de la fumée sortir du capot et se trouve acculé à la sortie, l’équipe devant une nouvelle fois se rafistoler réorganiser, avec une défense à quatre comportant Luis Henrique à droite et Soglo à gauche.

Bien que nos adversaires ne manifestent pas eux-mêmes une confiance en eux débordantes, la fin de match se finit au slipomètre à l’idée de perdre le bénéfice de cette réduction du score inespérée. Trembler en espérant conserver une défaite 2-1, voici une nouveauté qui témoigne de la misère sportive dans laquelle nous sommes rendus. Préservé, ce score présente l’avantage de nous laisser croire à la qualification au retour, avec l’inconvénient de masquer notre niveau abyssalement indigne d’un quart de finale européen. Que l’on ne s’y trompe pas, nous ne sommes certes qu’à deux buts d’une demi-finale européenne (oui, deux buts ; un seul équivaudrait à une séance de tirs eu buts entre nos joueurs + Lopez et leurs joueurs + Trubin, donc bon…). Néanmoins, pour prendre ces deux buts et offrir au Vélodrome l’une de ces grandioses soirées européennes dont il a le secret, gardons conscience de la PUTAIN DE METAMORPHOSE que cela exigerait de nos joueurs.


Les joueurs

Lopez (2/5) : Rien de particulier à lui reprocher mais j’ai envie de me livrer au délit de sale gueule. En ce moment si je passe pas mes nerfs sur quelqu’un je fais des cauchemars.

Mbemba (3/5) : Rappelé très tôt après sa blessure pour sauver la patrie en danger. A ce rythme les sportifs finissent à 45 ans avec les cartilages de la Mémé des Accates, mais s’il n’obtient pas le merci des commissions d’hygiène et de sécurité, qu’il reçoive au moins nos remerciements de supporters.

Soglo (68e) : Dépanneur de l’extrême.

Gigot (3-/5) : Sévèrement briefé sur l’importance de ne pas se jeter comme un demeuré sur les copains en rouge au milieu de terrain, Samuel s’est montré sobre, voire inhibé, mais a bien accompli l’essentiel : quitter le terrain sans fracture ni carton rouge.

Balerdi (3/5) : Le syndrome de la Balerdette est au football ce que le syndrome de la Tourette est au langage. Là où le malade exprime des phrases telles que « Les actes, mal ou bien, du genre humain, le mal que nous fait le destin, ne viennent gniiiiii la chatte à ta mère bite bite bite pas du ciel car le ciel est lui-même plus impuissant que nous à trouver son chemin », le footballeur souffrant du syndrome de la Balerdette commettra involontairement quinze secondes de football incohérent et dégénéré au milieu d’une partie de haute tenue. On ne stigmatise pas, on accueille et on accompagne avec la plus grande zob nique ta race bienveillance.

Luis Henrique (1/5) : Trimballé comme un SDF parisien à l’approche des Jeux Olympiques, et d’ailleurs insulté autant.

Veretout (3/5) : Un mélange de « tiens c’est pas mal ça, qui est-ce qui l’a fait ? ah, c’est Jordan. » Et de « mon vier, qui est-ce qui vient de faire de la marde, là ? ah, c’est Jordan. »

Kondogbia (2-/5) : A encore une fois manifesté son expérience européenne et son âme de meneur d’hommes (en l’occurrence celle d’un leader FO-Territoriaux imbattable sur les horaires de pause).

Merlin (2/5) : On n’est déjà pas gâtés par les blessures musculaires et une préparation physique à la mords-moi-le nœud, si en plusnos championsse font des entorses tout seuls…

Ndiaye (45e+2, 2/5) : « Je ne doute pas de ta volonté de donner le meilleur de toi-même, mais compte tenu de ta séniorité tu n’es pas au niveau des attendus ». L’autre jour au boulot je me suis rendu compte qu’il y avait en réalité très peu d’écart entre un enculé de DRH et un noteur de joueurs, je crois qu’une remise en question s’impose.

Harit (2-/5) : Conseil de magicien : pour émerveiller les enfants, c’est très bien de sortir un lapin de son chapeau, mais ce n’est pas pour l’enculer juste après.

Moumbagna (1/5) : Sans surprise, il a fait parler son habitude de disputer des affiches européennes en avril, sauf que d’ordinaire il s’agit plutôt du douzième tour préliminaire de la ligue du Hareng qualificative pour la Ligue Conférence de la saison suivante.

Ounahi (53e, 3+/5) : Alors croyez-le ou non, mais non seulement Azzedine a pour une fois eu l’air d’avoir quelque chose à foutre du match, mais en plus le bougre ne s’est pas mal débrouillé du tout.

Aubameyang (3+/5) : Immortel Jean-Bite, inexistant pendant la moitié de la rencontre et qui finit une nouvelle fois par être celui qui entrouvre le cercueil où tout le reste de l’équipe s’était déjà réfugiée.


L’invité zoologique : Nicolas Loutramendi

Par quelque côté qu’on la prenne, la loutre n’attire aucune sympathie : si l’on s’attache à son côté mignon, c’est pour mieux constater qu’en réalité cette bestiole est un prédateur vicieux. Mais si l’on considère son côté prédateur, c’est pour rappeler que cette peluche n’a aucune crédibilité pour figurer à la table des loups, lions, et autre ours majestueux. Voici ses observations :

  • Les autres : Pour le football ils sont meilleurs que nous, c’est acquis. Pour ce qui est de la capacité à se suicider de la manière ridicule qui soit, on règlera ça au match retour.
  • Coming next : La Ligue nous accorde une relâche ce week-end. Si ça ne permet pas de préserver les joueurs, ça nous fera du bien au moins à nous.
  • Le rappel : La citation à l’appréciation de Balerdi est d’Omar Khayyam (à l’exception des mots « bite » et « chatte ») et nous est aimablement fournie par Erau Dub Sound, dont l’album est toujours disponible en vinyl et téléchargement à : https://bfan.link/skankingkhayyam
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Pitxixi remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

3 thoughts on “Benfica-OM (2-1) : La Canebière Académie limite la casse

  1. Quand on a que l’amour pour unique raison… dirait ce bon Jacques aux supporters de l’OM…

  2. Camelius Blaah: 2/5 comme le nombre de rires que j’ai laissés s’échapper alors que ma fille dort pas loin.
    Ben oui, se comparer à un DRH, pour trouver pire me voilà obligé de venir noter après le retour et des joueurs qui ont tellement mouillé le maillot qu’il n’est plus souillé de cette merde accumulée depuis août.

    Merci. Pour le 5/5 j’attends l’acade du retour.

    Je vous embrasse avec tout le coeur d’un minot de 17 qns jouant comme premier match pro un quart de finale de coupe d’Europe devant 82.345 spectateurs (57983 payants le club, le reste le stadier).

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