Lens-OM (2-1) : La Canebière Académie a du jeu dans les rouages

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Un seul être se manque et tout est rouinté.

Aïoli les sapiens,

Les spectateurs neutres auront sans doute savouré un match de très bon niveau. Les rationnels relativiseront la défaite, sachant que peu d’équipes trouveront dans cette Ligue 1 un chemin parsemé de pétales où tout n’est que douceur, élégance et guillotinage de riches. L’OM continue d’afficher un niveau pas dégueu du tout, qui reste quand même rassurant sur le long terme.

Il n’en demeure pas moins qu’à très haut niveau, la qualité ne suffit pas : il convient d’éliminer autant que possible tous les petits grains de sable qui font rien qu’à perturber les belles mécaniques et, lorsqu’un grain de sable parvient tout de même à s’immiscer, à faire en sorte d’en limiter les dégâts. La résilience, dirions-nous, si nous étions des connards sur Linkedin.

L’enchainement Sporting-Lens de cette semaine nous montre, d’une part, qu’en fait de grains de sable, on se laisse nous-mêmes tomber des cairons calibre 20 sur les agassins. D’autre part, notre gestion des irritants (ouh celui-ci aussi il est fils de pute, ce mot, c’est le pire de tous, je trouve), notre attitude face aux impondérables, donc, continue à se calquer sur celle des kiwis dans les As de la Jungle – pour mémoire : courir partout en faisant « AAAAAH ». Mais bon, pour l’instant, on n’est jamais ici que dans la vie normale d’une équipe, avec ses péripéties inévitables : allez, haut les cœurs ! on se désgoumfise, on bosse, et faï tira.


Les Longorious Basterds

Rulli
Weah (Balerdi, 52e) – Pavard (Nadir, 61e) – Aguerd – Emerson – Murillo (Gomes, 73e)
Vermeeren – O’Riley (Højbjerg, 73e)
Greenwood (honte à nous) – Vaz (Aubameyang, 52e) – Paixão

Voici comment on pose le schéma théorique, sachant que dans les faits, ça ne se passe pas du tout comme cela. On voit notamment Murillo se balader de longue dans l’intérieur du jeu avec un à-propos certain, et Greenwood (honte à nous) se faire un petit trip « numéro 10 à l’ancienne », avec des résultats par moments pas dégueulasses du tout non plus.


Le match

La première demi-heure résume à elle seule l’ambivalence de nos sentiments du moment : niveau impact physique et qualité technique, l’OM montre du bien beau et du bien lourd, d’autant que cette fois, l’adversaire est d’un autre calibre que les viers marins habituels. Revers de la médaille, comme contre le Sporting, c’est quand même franchement agaçant de montrer de telles dispositions, de dominer avec une telle force, de mener au score, pour finalement sortir de la semaine avec zéro point.

Pendant tout le début de rencontre, la défense et le milieu, Vermeeren en tête, passent le bloc adverse au mixeur. Celui-ci en vient à craquer au terme d’une action déconcertante de facilité : Weah élimine son opposant d’une feinte de la fesse droite, accélère après avoir fait mine de passer en retrait, et sert un caviar à Greenwood (honte à nous). Sans contrôle depuis l’arc-de-cercle, notre attaquant pladupiésécurise une main dans le slip (0-1, 17e).

Alors que tous les voyants sont au vert, il faut pourtant qu’une nouvelle fois l’OM se saborde. Une percussion lensoise, marquée de plusieurs contre-favorables, fait zigzaguer la balle dans notre surface. Cela suffit à mettre Balerdin Pavard en panique, lequel descend Edouard d’un hippopotacle les deux pieds décollés. Sans doute incapable de concevoir qu’un champion du monde puisse se livrer à une telle débilité, Stéphanie Frappart croit d’abord à une simulation de l’attaquant, avant que la vidéo ne lui montre l’évidence. Edouard se fait justice en transformant le pénalty d’une panenka (1-1, 23e).

Survenant au plus fort de notre domination, l’égalisation enhardit nos adversaires autant qu’elle nous intimide. Le rapport de force dans les duels tend à s’inverser ; moins cohérent, notre quadrillage laisse davantage d’espaces aux Lensois, qui titillent régulièrement notre surface. Cela donne un spectacle plutôt agréable, où le ballon passe d’un camp à l’autre sans temps mort, et où chaque perte de balle est exploitée pour se projeter vers l’avant. À ce jeu, l’OM se procure un surnombre très intéressant, mais que Paixão conclut en forçant sa frappe, contrée.

Si rien ne justifie un changement dans l’immédiat, une blessure de Weah rebat les cartes. Balerdi est forcé d’entrer sur un corner défensif : le naufrage est immédiat, mais pour une fois notre Leo national n’y est pour rien. Sur ce corner tiré au premier poteau, Vermeeren se troue sous la pression de Saïd, jusqu’à Balerdin Pavard à qui rien n’a décidé de sourire cette semaine : c’est le CSC (2-1, 53e).

Forcé de prendre encore plus de risque face à un bloc lensois solide, l’OM s’expose, et Rulli doit bloquer miraculeusement une tête de Thauvin déviée par Aguerd. L’OM parvient certes à s’approcher de la cage, mais les tentatives de Greenwood (honte à nous) ou Paixão sont invariablement contrées par une défense ultra-vigilante. De la même manière que les promesses du début de match étaient nuancées par des manques agaçants, l’impuissance olympienne ne va pas sans quelques motifs d’espoir. On note ainsi que l’équipe, devant l’urgence, a appris à abandonner ses préparations interminables pour harceler la défense de longs ballons ; attitude salutaire, mais largement pénalisée par la domination quasi-totale des Lensois sur les duels défensifs et, plus gênant, sur ces si précieux seconds ballons.

D’ailleurs, un duel trop tendre de Vermeeren aurait pu plier le match, sans un énième exploit de Rulli en face-à-face avec Sangaré. Mais aucun miracle ne vient bonifier ce sauvetage, puisque l’ultime tir d’Højbjerg est dévissé. Malgré tous les progrès aperçus dans le début de saison, il nous manque encore une preuve importante de maturité, qui consisterait à savoir sauver quelques matchs nuls dans ce genre de rencontres mal embarquées.


Les joueurs

Rulli (4/5) : Zéro problème de fiabilité en ce qui le concerne, d’autant qu’il nous ajoute de plus en plus ces suppléments « relances-laser » bien agréables.

Weah (3+/5) : Spoiler : on risque ci-après de dire un peu beaucoup de mal de plusieurs joueurs qui ont produit des performances sympa mais pas décisives pour un rond. La cohérence exige donc d’être généreux avec Timothy, qui a réussi en tout et pour tout UN truc, mais qui a permis un but.

Balerdi (3-/5) : Correct, mais un peu gagné par la fébrilité née des erreurs de son coéquipier. C’est le monde à l’envers.

Pavard (1/5) : Responsable de quatre buts encaissés en deux matchs. Même quand il fait de la merde, Balerdin le fait comme un champion.

Nadir (61e, 2/5) : L’impact player habituel a rebondi sur l’adversité en faisant « boïng ».

Aguerd (4/5) : Inébranlable. Ce mec pourrait faire un débat télévisé avec Muselier et Vassal arbitré par Cyril Hanouna, qu’il réussirait quand même à exprimer des arguments.

Emerson (2+/5) : Rien de très négatif à noter, mais guère d’exploit non plus. Bref, un match qu’on peut résumer par « les autres ont gagné, et pas toi. »

Murillo (3-/5) : On a espéré jusqu’à la dernière minute qu’Amir profite de son positionnement bâtard pour refaire le coup de Strasbourg, à savoir surgir où dégun ne l’attendait pour emporter la décision. En tout cas on aime bien ce genre de liberté qui lui est donnée, même si la frontière est mince entre le « surprenons l’adversaire pour le désorganiser » et « essayons un gadget qui ne marchera qu’une fois sur dix ».

Gomes (73e) : Eh bien contre toute attente je n’ai pas envie de dire du mal d’Angel Godbless ce soir, eu égard à ses tripotages de balle judicieux et pourvoyeurs entre autres de plusieurs coups-francs intéressants.

Vermeeren (2+/5) : Positivement mammouthesque au plus fort de la domination marseillaise, mais il a malheureusement perdu une partie de ses moyens quand l’adversaire a commencé à avoir du répondant. Il comment finalement autant de trouades slipométriques que Pavard, si ce n’est que Rulli lui a sauvé la seconde.

O’Riley(2/5) : OK, on t’aime bien à la base, mais il faudrait entretenir les sentiments un peu, de temps en temps. Sans ça, l’amour c’est pas fait pour se garder.

(NB : Il est agaçant, mais au moins j’ai enfin trouvé la réf que je cherchais quand j’’avais noté « Vanne sur chanson célèbre à faire avec O’Riley », voici un dossier clos).

Højbjerg (73e) : Entré dans un rôle de disqueuse Kiloutou, il n’a pas réussi à fracturer les vitres de sécurité adverses.

Greenwood (honte à nous, 3+/5) : Un match à la Marine Tondelier : ça présente bien, ça envoie de la punchline, ça n’a pas beaucoup fait changer les choses, finalement.

Paixão (2+/5) : Un match à la LFI : ça s’agite énormément, ça rentre dans le lard, ça oublie souvent les copains, ça n’a pas beaucoup fait changer les choses, finalement.

Vaz (1+/5) : Encore beaucoup trop tendre pour une telle affiche, les défenseurs l’ont traité comme on aimerait que les détenus de la santé traitent Nicolas Sarkozy.

Aubameyang (52e, 1+/5) : Il ne s’est pas caché, c’est juste que la défense adverse l’a ligoté les mains dans le dos avec une balle de ping-pong entre les dents.


L’invité zoologique : Florian Dauphin

Le dauphin jouit d’une réputation flatteuse et d’une cote d’amour constante, dont il profite pour se comporter généralement en parfait enculé, violentant les honnêtes gens pour parvenir à ses fins. Le pire est qu’on se laisse encore surprendre alors que, franchement, y avait pas de quoi flipper.

  • Les autres : Petit doute sur leur capacité à tenir ce niveau d’engagement dans la durée, mais il ne faudrait pas non plus qu’ils prennent la confiance, ces fâcheux, ça pourrait devenir gênant.
  • Le classement : Paris et Monaco gagnent : nous dégringolons à la troisième place, en attendant que Strasbourg ou Lyon contribuent ce soir au resserrement général en haut du classement et en bas de notre tube digestif.
  • Coming next : Semaine à deux matchs, certes, mais ces deux matchs sont Angers et Auxerre. Là, on n’attend pas de blague.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

4 thoughts on “Lens-OM (2-1) : La Canebière Académie a du jeu dans les rouages

  1. Peut-être que si tu nous lâchais cette fameuse vanne sur O’Riley, tu libérerais toute l’équipe d’un poids, non ?

  2. L’académie est servie avec des patates, mais pas avec monsieur Lapin.
    Je suis footballesquement et gastronomiquement déçu.

  3. Le pire est qu’on se laisse encore surprendre alors que, franchement, y avait pas de quoi flipper.

    Tellement évident et tellement efficace !!

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