A nous les points, à eux l’espoir. C’est bien aussi, l’espoir.

Aïoli les sapiens,

« Et à l’image de cette Marseillaise que tu laisses au petit matin quai du Port, abandonnée à sa misère, puisses-tu emporter de nous ce dernier cri : Marcelo, tu es un salaud, mais au moins tu es un homme. » Non que la Canebière académie se complaise à l’autocitation comme le premier cuistre venu, mais à l’heure de nos retrouvailles, il semblait important de se remémorer nos mots d’adieu prononcés au lendemain d’un funeste 9 août 2015.

C’est ainsi qu’à moins d’une heure du coup d’envoi, l’émotion qui préside à ce moment si particulier peut difficilement s’exprimer, si ce n’est par ces mots : RIEN-A-BATTRE. Lille est 19e ? Il faut leur marcher dessus, les piétiner, les enterrer, et acquérir cette victoire qui l’air de rien nous fuit depuis deux journées. La réception du PSG nous a offert passion et honneur ? Certes, mais comme l’écrivait presque Marcel Pagnol : « L’honneur, c’est comme les allumettes, ce n’est pas ça qui rapporte 3 points ». Et ne me dites pas que le pragmatisme empêche les belles histoires romantiques : nous sommes celui qui voit son ex refaire sa sa vie après nous avoir largué comme une bouse. Emplis de grandeur d’âme, nous lui disons sans arrière-pensée : « je suis content pour toi, l’important est que tu sois heureuse avec ton nouveau mec. Ca ne m’empêchera pas de lui péter la gueule le jour où l’on se croisera, mais je suis content pour toi ».

 

L’équipe

Mandanda

Sakai – Rami – Rolando – Evra

Luiz Gustavo – Zambo Anguissa

Thauvin – Sanson – Ocampos

Mitroglou

 

Amavi, forfait pour n’avoir pas fini de digérer Kylian Mbappé (à moins qu’il ne soit suspendu), est remplacé par Evra, qui prend le brassard pour l’une de ses dernières chances de se montrer chez nous sans se faire insulter. Souffrant de l’adducteur, Payet est absent et remplacé par Sanson, dans une composition inchangée. Sertic est absent mais on s’en fout.

 

Le match

En hommage au stade Pierre Mauroy, les Olympiens se sont reniés plus vite qu’un socialiste en début de mandat après dix minutes pourtant prometteuses. Pendant ces dix premières minutes, Lille ne touche pas la balle, si ce n’est pour la ramasser au fond des filets après un coup-franc joué en retrait par Thauvin et repris par Morgan Sanson une main dans le slip : en hockey sur gazon, on appelle ça un but marqué sur « petit corner », histoire d’ajouter un nouveau sport à la con aux références employées par les académiciens de ce site (0-1, 5e).

Fort de cet avantage, l’OM ne met pas longtemps à se livrer à son péché mignon : cesser de jouer et reculer abusivement. D’abord handicapés par des erreurs techniques innommables, les Lillois prennent confiance et entament leur œuvre de destruction slipale. Les coups francs et corners défensifs se multiplient, et Mandanda est amené à s’imposer en un-contre-un peu avant la demi-heure. Alors que les hippopotacles de Patrice Evra amènent celui-ci à la lisière de l’expulsion, la production olympienne se révèle aussi séduisante qu’un fond de catalogue Efukt. Ainsi, Steve doit encore sortir deux belles envolées en fin de mi-temps pour nous autoriser à conserver l’avantage à la pause.

Après une reprise toujours aussi difficile, marquée notamment par un coup-franc dévié qui, pour une fois, ne finit pas au fond, les débats se rééquilibrent. Dans cette configuration si délicate, Mitroglou se montrait aussi adapté qu’une représentation de la Mecque en néon clignotant dans le bureau de Valérie Boyer : aussi son remplacement par Germain a-t-il permis à l’OM de glaner quelques ballons et surtout de les conserver plus haut.

Malgré les triturations de son schéma tactique, l’équipe de Bielsa ne trouve guère la faille, hormis sur quelques centres bien négociés par Rami et Rolando. A part une occasion manquée par Germain, Marseille n’est guère plus efficace, mais gère son affaire bien plus sereinement que quelques instants auparavant. L’intensification des efforts nordistes dans les dix dernières minutes finit par sonner le glas des dernières parcelles de blancheur subsistant encore au fond de nos sous-vêtements, à force de corners subis et de contre-attaques mal négociées de notre part. Signe que le slipomètre est aussi au vermillon du côté du banc de touche, Rudi Garcia fait entrer Abdennour et gagne la médaille FNSEA du mérite agricole, pour cette défense à 5 digne d’un barrage de tracteurs sur une départementale bretonne.

Luiz Gustavo doit ainsi sauver sur sa ligne une tête à la 94e minute, avant que Lucas Ocampos ne pourrisse une occasion monumentale de tuer le match, d’une frappe de mouette sur le seul défenseur présent alors que le gardien avait déserté sa cage. A la différence de l’occasion Sarr/Sanson de dimanche dernier, ce raté s’avère sans conséquence puisque la dernière minute se déroule sans occasion ni faute superflues : l’élibauptère peut décoller pour saluer cette victoire infâme.

 

Les joueurs

Mandanda (4+/5) : Non seulement il se montre toujours aussi généreux en sauvetages de grande classe, mais en outre il se met à être chanceux sur les quelques ballons déviés, savonnés ou mal relancés qui pourraient entacher sa performance. C’est peut-être là que l’on peut trouver la seule étincelle de justice qui réside dans cette victoire honteuse.

Rami (3+/5) : Guerrier façon « no one shall pass », même s’il lui arrive parfois de perdre quelques débris dans l’affaire, comme dans les Monty Python.

Rolando (3/5) : Il est là pour stopper, alors il stoppe. Pas de quoi venir l’ennuyer avec ces sombres histoires de relances, ou je ne sais quoi encore.

Sakai (3/5) : Quoique ballotté en première mi-temps, toujours aussi constant et appliqué. En fait, on peut aussi bien mettre en face de lui Neymar, El Ghazi, Cyrille Pouget ou Clara Morgane, ça ne changera rien : il fera son boulot de la même manière. Le Japonais est imperturbable, aurait conclu Thierry Roland.

Evra (2-/5) : On craignait le pire, mais dans l’ensemble, son match aura été sérieux à l’exception de quelques petits faux-pas, du genre ces fautes de demeuré qui ne doivent qu’à l’indulgence arbitrale de ne pas lui valoir l’expulsion avant la pause, ou l’humiliation gérontophobe que lui a fait subir Thiago Mendes en pleine surface.

Kamara (80e) : L’usage de déambulateurs n’était pas autorisé sur le terrain, il a bien fallu se résoudre à remplacer Papy Pat’. Pas un cadeau pour le jeune Boubacar, auteur notamment d’une passe en retrait quasi-suicidaire pour Mandanda mais heureusement bien épaulé par ses camarades.

Luiz Gustavo (3+/5) : Même pour lui, revenir d’un aller-retour au Brésil la veille (pour raisons familales) s’est avéré difficile à digérer. Il se fait ainsi envoyer au sol sur une charge à l’épaule, ce qui n’avait pas dû lui arriver depuis ses six ans. Décidé à ne pas se faire prendre pour le premier Lucas Silva venu, Luiz a alors activé le turbocouilles pour finir le match à un niveau plus digne de son statut, sauvetage crucial à la clé dans le temps additionnel. Reçoit hélas une part-de-sertic qui, ajoutée au sertic-avec-sursis qui demeurait dans son casier, équivaut à un sertic complet pour le déplacement à Bordeaux.

Zambo Anguissa (3+/5) : Certes, il conduit toujours sa balle comme s’il était chaussé de cônes de chantier, mais pour le reste, mâtin ! quels progrès dans les déplacements et dans la récupération.

Thauvin (2+/5) : Exemplaire de courage, et il en faut, du courage, pour assassiner le football comme l’OM aime à le faire parfois.

Sanson (2+/5) : Etat d’esprit irréprochable, surtout si le projet de jeu de l’équipe était de pousser Marcelo Bielsa au suicide devant un tel spectacle.

Abdennour (90e) : Changement de sans-gonades par excellence, mais validé par un sauvetage dans le temps additionnel.

Ocampos (2/5) : Seul un Argentin pouvait aussi bien marier la combativité et le manque de lucidité. Quand on voit Lucas Ocampos jouer, on comprend mieux la guerre des Malouines.

Mitroglou (1+/5) : A sa décharge, précisions tout de suite qu’il a été recruté pour jouer avant-centre, pas armoire normande. Il y aura des contextes plus favorables.

Germain (53e, 3/5) : Précieux pour gratter, conserver et dévier moult ballons, en prenant d’ailleurs quelques taquets au passage. Comme le prêtre se dévoue à Dieu, Valère se dévoue au collectif avec la frustration grandissante de ne jamais défoncer les filets.

 

L’invité zoologique : Marcelo Bielsalamandretachetée

Animal nimbé de mystère, la salamandre suscite bien des fantasmes quant à ses pouvoirs magiques, maléfiques, médicinaux, chamaniques, etc. On peut aussi y voir le batracien insignifiant que l’on écrase pour rigoler sur les départementales les soirs de cuite. Question de perspective.

– Les autres : Inculquer un projet de jeu ambitieux à ce groupe de gros naïfs n’est certainement pas impossible, mais cela demandera sans doute un peu de temps pour se montrer efficace.

– Le classement : Nous nous hissons à la 4e place derrière l’OL de Bruno Génésio : la ligue des entraîneurs patriotes n’a pas fini de chier sur le beau football pour rabattre le caquet de tous ces prétentieux entraîneurs exotiques.

– Les images : Vous voulez de la victoire moche ? En voilà. 

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Arnaud M. entre au palmarès du concours zoologique.

« Et des comme celle-ci, il en a gagné souvent le Pierre Rabhi du football ? »

Bises massilianales,

Blaah.

6 thoughts on “Lille-OM (0-1), La Canebière académie se relâche

  1. Comment peut-on à ce point perdre cette vocation romantique voire héroïque sur le gazon ? Qu’a-t-on fait, abominable monde, pour tomber si bas ?

    Un jeu Vinci, du béton lézardé, du béton bête et insensible, irrespectueux de cette mémoire fondatrice et qui délaisse son rôle esthétique, moteur érotique au titre du plaisir de la ville.

    Une fois encore, il nous faudra subir en conférence de presse, ce Kim Jong-Hun hilare dénué de vision footballistique.

    J’en suis désarmé et catastrophé.

  2. Roudi qui hurle et insiste pour que les corners soient joués à deux, juste avant qu’on s’en prenne une rafale pour l’exemple, j’espère qu’il a pris des notes…

  3. J’ai failli pleurer hier soir, car la routourne de Marcelo ne veut toujours pas routourner dans le bon sens.

    Mais le match était de loin le meilleur depuis la 1ère journée. Il y a eu de bien belles combinaisons en 1ère mi-temps, avec de la fluidité technique. Mais Mandanda était toujours là (ou alors El Ghazi faisait que lui tirer dessus, au choix).

    Quedate Marcelo! (espagnol approximatif)

  4. « Mitroglou, recruté comme avant centre et non comme armoire normande », c’est magnifique. On imagine l’avant centre caché dans l’armoire en Normandie, c’est tout une comédie de boulevard qui s’esquisse.

  5. Amavi, forfait pour n’avoir pas fini de digérer Kylian Mbappé (à moins qu’il ne soit suspendu), est remplacé par Evra, qui prend le brassard pour l’une de ses dernières chances de se montrer chez nous sans se faire insulter.

    Punaise, Blaah, t’es trop fort.

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