Lille-OM (1-0) : La Canebière Académie passe au travers
Et sinon, jouer le championnat… ?

Aïoli les sapiens,
Trouver quelque chose à dire de ce match nous place dans la peau du rédacteur chargé de tirer deux cents pages de la pensée de Jordan Bardella : avec autant de rien, on ferait un meilleur succès littéraire en publiant un livre de coloriages, et encore, qui ne recourrait qu’au seul feutre marron.
Les Longorious Basterds
Rulli
Pavard (Bakola, 66e) – Balerdi – Aguerd–
Weah – Kondogbia (Nadir, 80e) – Vermeeren – Emerson
Greenwood (honte à nous)– Aubameyang (Vaz, 66e) – Paixão (Mmadi, 80e)
Aux absences habituelles s’ajoute celle d’Højbjerg, grippé. De Zerbi a bien retenu le dicton : « Gomes titulaire, première mi-temps à jeter aux waters », et compose un milieu de terrain avec les seuls Kondogbia et Vermeeren (omettant ainsi le dicton « défense à trois, match caca », mais ceci est une autre histoire).
Le match
Les dix premières minutes d’observation sont pourtant encourageantes, avec un OM qui monopolise le ballon et tente d’occuper le camp adverse. Il suffit cependant que Lille marque presque sans le vouloir pour que les deux équipes sombrent dans le néant. Un long ballon est adressé depuis le rond central dans la course de Mbappé (couvert par Emerson, mais bon, l’attaquant gardait tout de même deux défenseurs au derche, on est loin de la Kassim Abdallah touch). Le problème vient de Rulli qui, au lieu de faire comme d’hab et d’écœurer l’attaquant en un-contre-un, sort n’importe comment et se fait éliminer sans effort par Mbappé. À peine gêné par un air-dégagement d’Aguerd à peu près aussi pitoyable, le Lillois dit « ah bon », et pousse la balle au fond(1-0, 10e).
La suite ? Rideau. Lille se contente de refuser le jeu et maîtrise une main dans le slip les tentatives anémiques de l’OM. Kondogbia et Vermeeren sont certes actifs à la récupération, mais infoutus de transmettre la balle rapidement devant, où les attaquants sont eux-mêmes inexistants. Il faut attendre le temps additionnel pour voir Weah déclencher un débordement en solitaire : son centre en retrait parvient à Emerson à l’entrée de la surface, pour une frappe déviée hors cadre.
La deuxième mi-temps nous laisse la désagréable impression de voir l’OM traiter ce match par-dessous la jambe comme si l’enjeu essentiel résidait dans la Ligue des Champions (à moins que finalement, ce ne soit l’équipe entière qui soit prise d’un syndrome grippal fortement ensuquatoire, ce qui serait la seule excuse à peu près acceptable pour cette purge). En témoignent notamment cette multitude de ballons perdus sur des passes ou des coups de pieds arrêtés, foirés faute d’avoir fait preuve de l’application la plus basique. Ces quarante-cinq minutes de rien sont uniquement éclairées par une fulgurance de Greenwood (honte à nous), qui accélère de l’entrée de notre propre surface, traverse tout le terrain en fumant toute l’équipe adverse au passage, et échoue de justesse sur le gardien. Le passage à quatre défenseurs et trois milieux opérés à l’heure de jeu ne change par ailleurs rien à l’affaire : nous fûmes nuls d’un bout à l’autre du match, ou presque.
En soi, la mini-mauvaise série olympienne ne serait pas si alarmante : on a bien vu que, le PSG mis à part (et encore), aucune équipe ne parviendra à se montrer constante toute la saison. Il semble bien que tout se jouera au printemps parmi les quelques équipes qui auront su rester à flot pour disputer le money time. Ce qui est plus inquiétant, en revanche, reste notre incapacité à capitaliser sur ce que nous croyions représenter des bases solides ; comme si, en voulant corriger les manques, De Zerbi sur-coachait en cassant ce qui marchait déjà. Ainsi, hier soir, l’analité défensive n’a guère été corrigée, et l’OM s’est retrouvé sans lien entre milieu et attaque, trop dépendante de ses individualités pour créer des actions offensives. Or quand lesdites individualités sont à la cave, il en résulte ce vendredi soir infâme, qui échappe au Monsieur Lapin uniquement parce que celui-ci se réserve pour la Coupe de France. Par précaution.
Les joueurs
Rulli (2/5) : Geronimo, c’est comme De Zerbi et Francis Huster : il sur-joue. Au lieu de rester sûr de lui et de faire ce qui fonctionne – à merveille, le voici qui fait n’importe quoi à vouloir sauver le monde à lui tout seul. Ce qui est d’autant plus idiot que, justement, avant, il sauvait dÉJÀ le monde à lui tout seul.
Weah (2/5) : Ce match, c’est comme mon terrarium à blattes : s’il n’y en avait pas une pour aller de temps en temps à la lumière pour manger son morceau de bananes, on ne saurait même pas si elles sont encore vivantes. Ce soir c’est Timothy qui s’est dévoué.
Pavard (2+/5) : Défensivement passable,mais conforme à l’analité technique globale à la relance. Ah, lui aussi a fait la blatte vivante, une fois, en deuxième mi-temps.
Bakola (66e, 2/5) : Ah, c’est couillon que ce ne soit pas O’Riley qui soit entré, j’avais enfin trouvé le bon calembour. Tant pis, ce sera pour une autre fois.
Balerdi (3-/5) : Il faut croire que c’est Rulli qui avait pompé tout le mana « dépassement de fonction », hier soir.
Aguerd (2/5) : Depuis son retour, il n’a même pas retrouvé un niveau qui serait digne du premier de Ligue 2. Les médecins du club auraient dû temporiser, cela aurait permis à l’Aguerd de Troyes de ne pas avoir lieu.
Emerson (2/5) : Il a tenu le coup défensivement, mais face à un Lille qui n’avait pas envie d’attaquer, il n’y a pas de quoi en tirer de la gloire. Je veux dire, monter un tantinet, ne serait-ce que pour pousser au derche du fantôme de Paixão, ça n’aurait pas été du luxe.
Kondogbia (2/5) : Ah, on t’a pas prévenu qu’il n’y avait pas de troisième milieu à qui passer la balle, et que c’était donc un tout petit peu à toi de porter le jeu vers l’avant ? C’est pas bien, ce qu’on t’a fait. Même si, cela dit, t’aurais peut-être aussi pu t’en rendre compte par toi-même, hein. Je veux bien qu’Angel Gomes soit toujours discret, m’enfin là t’as bien dû remarquer qu’il n’était pas sur le terrain, quand même.
Nadir (80e) : Rien de plus, rien de moins.
Vermeeren (2/5) : Ou alors, qui sait, peut-être qu’il était sur le terrain, Angel Gomes, et que c’est moi qui ne l’ai pas vu ? Ça expliquerait toutes ces passes adressées à dégun. Autant, ce match, c’était un film de M. Night Shyamalan. Il y avait des joueurs fantômes que les téléspectateurs ne pouvaient pas voir, le spectateur est mené en bateau pendant toute l’histoire, et c’est seulement à la fin qu’il a la révélation : en réalité, il vient de passer une heure et demi devant un spectacle merdique.
Greenwood(honte à nous, 1+/5) : Une seule action, mais qui a confiné au chef-d’œuvre. Voyons le bon côté des choses : si le fait de ne pas avoir marqué là-dessus peut éviter ne serait-ce qu’à un petit garçon de commander un maillot floqué à son nom pour la Noël (et surtout aux parents de le lui offrir), ça aura été un mal pour un bien.
Paixão (1/5) : Les Lillois jouent en rouge, ils parlent une langue imbitable, et ils ont des extrémistes plein leurs tribunes. Mais visiblement, ça ne ressemblait pas encore assez à l’Ajax pour qu’Igor daigne bouger son gros derche.
Aubameyang (1/5) : Émettons l’hypothèse que, si Jean-Bite a été remplacé si tôt dans le match, c’est parce qu’il était malade et hors de forme, et pas simplement nul. Ou alors on dit qu’on s’en fout, vu que le résultat est le même.
Vaz (1/5) : Il y a des fois où le bombescouade Vaz-Bakola-Nadir a fait des merveilles, mais là, c’était un pétard mouillé du niveau « nouvel an 2000 à Marseille ».
L’invité zoologique : Hamza Iguane
L’iguane des Galapagos est l’animal qui a tout compris : son cuir épais, sa sale tronche et ses accès de brutalité l’autorisent à une vie de gros branleur, passée à se dorer la pilule sur son rocher tout en foutant de temps à autre une baffe à l’un des rares prédateurs qui osent encore venir l’emmerder. Un art de vivre.
- Les autres : Du Nénésse L’arsouille dans le texte : ça ne fait rien, ça ne ressemble à rien, mais ça gagne.
- Le classement : Lille revient à égalité de points, à la différence de Monaco qui se nègue à Brest. Lens et le PSG peuvent s’échapper un peu, ça peut revenir de l’arrière. Bref.
- Coming next : Se réserver pour la Ligue des Champions en oubliant de se battre en Ligue 1, c’est nul. Mais si en plus on ne gagne pas mardi contre l’Union Saint-Gilloise, là on commencera à en concevoir une sorte d’irritation. Bougeage de derche aussi attendu ensuite contre Monaco pour le dernier match de 2025. Quant à foirer la coupe de France à Bourpe-et-Rhônasse, même pas j’envisage.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.
- PUBLICITE : La prévente est toujours ouverte pour : « LA PASTORALE ENGATSE – The ultimate crèche-fighting game », notre TCG de combat de santons de Provence. Rends-toi vite sur https://fr.ulule.com/la-pastorale-engatse—the-ultimate-creche-fighting-game/ , on approche du dernier moment pour le recevoir avant Noël !

Bises massilianales,
Blaah