OM-Brest (3-1), La Canebière académie prend la vie du bon côté

Aïoli les sapiens,

On prendra soin de solliciter le Profezeur Zigmonde au sujet de cette particularité psychosociale propre au supporter d’une équipe à chier : si l’équipe se montre surperformante, luttant jusqu’au bout pour des objectifs inavoués, la chute n’en est que plus dure en cas d’échec. A contrario, lors que notre club de cœur tombe dans la déchéance la plus infâme, place ses performances au niveau d’une chanson de Renaud version XXIe siècle, écrite avec sa propre pisse un soir de cuite, le simple fait de le voir achever sa saison foirée sur une relative embellie suffit à remplir nos cœurs d’une bienveillance sans bornes. La cinquième place devient cet objectif qui nous fera vibrer pendant les neuf derniers matchs alors que dans l’absolu, ce résultat ne devrait nourrir chez nous que l’envie de leur ravaler les orifices à coups de pelle chauffée au rouge.

Du jeu et des buts, voilà le remède pour anesthésier la mémoire et oublier les promesses du passé, voilà le remède pour rétrécir la vision et oublier de voir nos semblables s’ébattre plus haut, bien que haut que nous. Du jeu et des buts, voilà le remède et nous n’en connaissons pas de meilleur, si ce n’est l’alcool.


L’équipe

Mandanda
Lirola – Alvaro (Luis Henrique, 77e) – Balerdi – Caleta-Car– Nagatomo (Sakai, 66e)
Thauvin – Kamara – Khaoui (Gueye, 45e)
Payet (Cuisance, 83e) – Milik (Benedetto, 83e)

Trop heureux d’avoir observé une équipe qui se tenait à peu près au dernier match contre Rennes, Sampaoli ne touche absolument à rien. Même Gueye, de retour de suspension, reste sur le banc au profit de Khaoui. Rongier et Amavi sont quant à eux toujours blessés.


Le match

Hormis quelques coups de chaud sporadiques, l’OM ne parvient pas à prendre le jeu à son compte au cours de cette première période. Contre des Brestois jamais aussi forts que lorsqu’il s’agit de faire tourner le ballon, notre équipe exhale un souffle de fraîcheur physique à peu près équivalent à celui qui règne à la tête de la fédération française de football. Les cartons qui tombent à partir de la 20e minute trahissent notre impuissance à gagner le ballon sans user d’expédients, Florian Thauvin ne passant pas loin du rouge direct pour une grosse faute de frustration.

Cela étant, si la circulation de balle bretonne est on ne peut plus fluide, s’approcher de notre but ne semble pas représenter une option. Il faut bien deux dégagements suicidaires de Mandanda pour que notre slipomètre daigne s’affoler quelque peu. De notre côté, à l’exception d’une séquence Payet-Thauvin-Lirola qui évoquera aux vieux croulants que nous sommes un fameux but de Patrice Loko contre le PSG, des erreurs techniques dans la dernière passe anéantissent le plus souvent nos intentions.

Les joueurs s’acheminent ainsi vers la mi-temps avec la flamme vitale d’un covidique en réanimation, lorsqu’Arkadiusz Milik passe en mode « mes couilles maintenant ». Alors que Kamara prolonge un ballon chaud en chandelle, Arek nettoie l’action d’un contrôle orienté de la poitrine vers Payet, qui lui remet dans la course. Poursuivi par un défenseur, le Polonais s’excentre légèrement à gauche de la surface et, d’un habile tir croisé, rappelle à tout le monde ce qu’est un avant-centre (1-0, 45e+1).


Sampaoli apporte quelques corrections bienvenues à la pause : Gueye remplace Khaoui, tandis que Payet se fixe à gauche de ce qui devient un 541. La seconde période nous permet alors de retrouver une sensation oubliée depuis longtemps : celle de se mordre les couilles après un monceau d’occasions manquées. En effet, Brest se montre toujours aussi impuissant à nous provoquer et, de surcroît, nous laisse ouvrir des brèches énormes en contre-attaque. Des passes ou des contrôles manqués, ainsi que l’absence récurrente de finisseurs à la réception de nos centres de la droite, nous empêchent d’exploiter ces situations. Lassé de distribuer du caviar à des gorets, Lirola intervient alors plein axe pour faire le boulot lui-même : servi par Thauvin, son piqué au-dessus du gardien manque de puissance pour éviter le retour du défenseur ; sur une action similaire, Pol adresse ensuite un tir puissant sur le gardien.

Heureux d’être encore vivants à l’heure de jeu, les Brestois se disent que le miracle est possible et, histoire de provoquer la chance, se mettent enfin en tête de jouer pour égaliser et non pour se passer la baballe. Alors qu’il brillait jusqu’ici par ses sorties de balle, Gueye se rend coupable d’une faute alayxisromaïenne à proximité de notre surface. Le centre lobé de Favire et parfait et, à sa réception, Brassier échappe à Lirola pour déposer le ballon dans la cage d’un Mandanda spectateur (1-1, 71e).


Cette égalisation rageante, s’agissant du seul tir cadré breton, pousse Sampaoli à un nouveau changement tactique, avec la sortie d’Alvaro pour Luis Henrique. Ce choix-ci semble moins heureux de prime abord, tant les Brestois squattent notre camp sans que nous ne parvenions à les en repousser. Notre entraîneur tâche alors de reconstituer le Club 88, Cuisance entrant à son tour.

Cette 88e minute, justement, voit Jean Lucas pressé à proximité de son piquet de corner. Le Brésilien exécute un magnifique air-dégagement qui le voit rendre le ballon à Cuisance tout en finissant le cul par terre. Puisque le Brestois semble vouloir rester assis à couvrir le hors-jeu et à méditer sur la cruauté de l’existence plutôt que de rattraper son erreur, Gueye ne se fait pas priver pour retrouver Luis Henrique en pleine surface. Pour notre petit jeune, c’est l’occasion de rattraper le temps perdu avec une nouvelle passe décisive, un centre en retrait repris par Thauvin une main dans le slip, relâché du gauche en pleine lucarne (2-1, 88e).

Pour fêter ce renversement de situation, Mandanda choisit coup sur coup de tenter et de réussir sa seule sortie aérienne de la soirée. Un bonheur n’arrivant jamais seul, il exécute également l’un de ses seuls dégagements réussis, une balle longue distance habilement contrôlée par Luis Henrique. Le Brésilien accélère, fait mine de centrer, accélère encore pour faire vriller Faivre dans son short, et adresse enfin un centre parfait au deuxième poteau. Surgit alors Michaël Confiance pour une volée plat-du-pied détendue du gland, comme s’il avait fait ça toute sa vie (3-1, 93e).


Encore une victoire chanceuse ? Certes, mais ce serait oublier que la chance, ça se provoque. Eussions-nous été animés par la volonté de presser et d’attaquer y compris à la 88e minute, peut-être que certains résultats des mois précédents s’en seraient trouvés différents. Il n’en reste pas moins – et c’est normal – que des progrès doivent être accomplis dans la maîtrise du jeu, le tout dans un contexte de forme physique pour le moins douteux. C’est ce que Jorge Sampaoli résume, en déclarant que ce succès « n’avait pas grand-chose à voir avec un développement tactique mais plus avec un développement émotionnel », ce que nous traduirons quant à nous par le mot : couilles.


Les joueurs

Mandanda (2/5) : Plus dangereux que les attaquants brestois en première période. Un beau combiné sortie+relance dans le temps additionnel, qui lui permet de cocher in extremis la case « j’ai fait un truc ».

Lirola (3/5) : Le positionnement de Pol c’est comme une paire de seins, on préfère le voir bien haut que tout en bas.

Alvaro (2+/5) : Averti pour avoir rappelé aux Brestois que c’était bien de faire les marioles à coup de passes redoublées et tout, mais que dans ce cas il ne valait mieux pas passer à portée de tacle. Un carton jaune qui lui vaut sans doute d’être sacrifié plutôt qu’un autre pour raisons tactiques en fin de match.

Luis Henrique (77e) : André Villas-Boas va passer aux assises pour l’avoir gardé aussi longtemps au congélateur. Jurisprudence Véronique Courjault.

Balerdi (3/5) : Gagne en assurance dans un contexte qui lui semble épanouissant. Ça change de « tiens, tu vas en Ligue des Champions en slip et armé d’un couteau à beurre, et si on perd on dira que c’est ta faute ».

Caleta-Car (2+/5) : De même qu’Alvaro, averti pour un gros coup de patte de nounours en voulant chasser toutes ces vilaines abeilles qui tournaient autour de lui. Pas loin de rééditer son but de la première journée, il y a une éternité.

Nagatomo (3/5) : On s’inquiétait pour rien en fait. Yuro n’était pas vieux et dépassé, c’est juste qu’il gérait avec expérience son métabolisme de tortue grecque. Maintenant il fait doux, les pissenlits poussent, il a pu manger sa salade [nda : attention, pas de laitue, c’est pas bon pour elles], et il est maintenant au taquet pour arpenter le terrain sans baisse de rythme.

Le retour en forme de Yuto est impressionnant et semble sans limites, mais je m’interroge tout de même : est-ce que c’est vraiment le moment pour lui d’entreprendre un tel pèlerinage au Portugal ?


Sakai (66e, 3-/5) : Pas d’autre ambition que de bien tenir son couloir défensif.

Kamara (3-/5) : Alors collectivement, on peut y voir une bonne nouvelle : on est capable de gagner même quand Kamara ne joue pas comme la réincarnation de Didier Deschamps.

Thauvin (3+/5) : Une première mi-temps qui voit revenir le Dark Florian, celui qui rate, geint et soupire, avec de surcroît une faute imbécile qu’un arbitre mal luné aurait pu sanctionner d’une expulsion. On ne sait pas si Sampaoli a employé l’empathie ou la menace dans les vestiaires, mais la seconde période l’a vu filer droit, avec des passes adéquates et ce but tardif qui vient saluer l’implication.

Khaoui (1/5) : Un volume de jeu ratatiné comme une couille de sherpa sur le K2.

Gueye (45e, 3/5) : Ça presse, ça pistonne, ça pompe des ballons pour les remonter à toute blinde dans le camp adverse. Côté fautes, soyons optimistes : puisque dans un premier temps Pape arrive à gommer les cartons, on pourra peut-être bientôt passer à l’atelier « éviter les fautes idiotes à 25 mètres du but ».

Payet (3/5) : Tout ceci était bien fluide. Effaçons deux ou trois ratés dans les transmissions, tâchons de nous projeter à la réception des centres, et on pourra peut-être même parler de renouveau. Après tout, ce ne serait jamais que la 168e fois depuis que Dimitri joue chez nous.

« Allô Maman ? Ah, oui Maman, c’est gentil mais Monsieur Sampaoli ne veut plus que tu m’en apportes. Oui, je sais, on a gagné mais même, il veut pas. Mais si je t’aime Maman, ne dis pas de bêtise, c’est juste que… Non mais je peux pas, il me l’interdit, c’est pas ma faute. Non mais t’énerve pas Maman, je t’explique…mais non, Maman c’est pas du gâchis. Mais non, ne le jette pas par la fenêtre voyons, Maman, tu vas blesser quelqu’un en bas de la maison. Comment ça, t’es pas à la maison ? Mais t’es où, là, au fait ? Maman ? Allô ? »


Cuisance (83e) : Michaël avec ses entraîneurs, c’est la princesse Fiona, en fait. Avec un noble il déprimait, mais maintenant qu’il a Shrek il est enfin lui-même.

Milik (3+/5) : Voilà, c’est pour ce genre d’alchimiste capable de créer un but à partir de rien, qu’on a signé. Avec un peu plus d’habileté et un peu plus de nez à la réception des centres, il y avait même matière à calmer définitivement les Bretons.

Benedetto (83e) : Même sans la chance de s’illustrer sur un but, on peut espérer pour lui aussi que la déprime s’éloigne.


L’invité zoologique : Romain Perroquet

Le perroquet, aussi connu sous le nom de « gros fayot de la jungle », est un expert pour réciter sa leçon et faire tomber en pâmoison les institutrices. Il s’agit donc de l’invité approprié pour évoquer ce match contre les apôtres stériles du Beau Jeu.

– Les autres : Ah ça, ya pas à dire, ça tripote. Ça combine tout bien comme il faut, c’est léché, mais pour ce qui est du résultat, disons ce qui est, ça ne vaut pas une bonne paire de couilles [nda : cette appréciation vous est offerte par la CEFPPDBE, la corporation des entraîneurs français pragmatiques pour la promotion et la défense du blocuquéquipe]

– Le classement : Eh bien écoutez, nous voici cinquièmes. C’est mieux que si c’était pire, m’enfin, à la base on n’avait pas signé pour être en attente du résultat de Lens-Metz plutôt que de Monaco-Lille.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Anthony Ch. remporte un concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. « Le foetus à 29 semaines alterne les périodes de sommeil et de veille. Durant ces dernières il bouge encore beaucoup. »
    La bonne mère acceptera-t-elle de reconnaître son enfant lorsque il naître avec la tronche de Sampaoli ?

  2. Alors comme ça Luis Henrique ferait parti des joueurs qui ont besoins de jouer pour progresser.
    C’est quoi cette arnaque encore. Il peut pas poser des pass-dé depuis le banc ou en jouant 30s par match ?

  3. « La Canebière Académie prend la vie du bon côté ».
    Je n’ai jamais douté que vous aimiez prendre le vit par le bon bout. Votre alter-ego costaricienne représente votre côté refoulé. #Psychanalimse

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