Lorient-OM (2-4) : La Canebière Académie ne fait pas les choses à moitié pendant une mi-temps

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Martyrisons des faibles dans la joie.

Aïoli les sapiens,

Avoir battu Lyon (trois à zéro), outre les trois points, nous a procuré ce que l’on peut appeler un joker mental, un peu comme le fait de voir son manager toxique absent une semaine pour cause de gastro-entérite fulgurante. Nous savons bien que l’événement relève de l’épiphénomène, que les tendances de fond restent présentes, mais au moins, à la satisfaction ponctuelle d’avoir vu ces tocards se chier dessus en pleine réunion de direction, nous pouvons ajouter celle, un peu plus durable, de faire son travail l’esprit un peu plus libéré.

Notre longue expérience de l’OM nous permet de le prévoir de manière à peu près certaine, cette fin d’année se déroulera dans la joie et l’enthousiasme et, après un automne difficile, d’envisager 2024 avec une confiance inégalée que seule pourra ébranler la traditionnelle élimination anale contre des amateurs en Coupe de France. Tout est écrit.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Clauss (expulsé, 80e) – Mbemba – Gigot – Balerdi – Renan Lodi
Veretout – Harit (Gueye, 71e) – Ounahi (Meïté, 83e)
Vitinha (Murillo, 83e) – Aubameyang (Sarr, 71e)

Le milieu de terrain est toujours privé de Rongier et Kondiogbia, blessés, tandis qu’Illiman Ndiaye purge sa suspension de trois matchs. Clauss réintègre le 11 de départ, dans lequel Gattuso reconduit sa défense à trois (trois qui, coïncidence amusante, est aussi le nombre de buts marqués contre Lyon mercredi).


Le match

On savait que le Football Club de Lorient ouvrait grand ses portes aux prédateurs sexuels, on le découvre avec ravissement aussi accueillant envers les attaquants adverses. Dès la 3e minute, un centre de Lodi est remis par Gigot aux abords des six-mètres. Le léger cafouillage qui s’ensuit profite à Mbemba, qui glisse le ballon dans la cage (0-1, 3e).

Comme aux plus belles heures d’Igor Tudor, l’OM propose un « taper, taper taper » constant, malaxant les Bretons dans tous les duels et profitant des espaces béants pour se projeter à cinq ou six joueurs aux abords de la surface. A cela s’ajoute une efficacité inhabituelle, dont témoigne ce centre aussi lointain que parfait de Mbemba pour Aubameyang qui, de l’entrée de la surface, s’élève entre deux défenseurs et fait preuve d’un gainage abdominal que tout amateur de bières et de chips jugera blasphématoire. De la tête, Jean-Bite dépose le ballon dans le petit filet (0-2, 9e).


Joueurs déchaînés et efficaces d’un côté, adversaire rigoureusement nul de l’autre – plus nul même que Lyon, à qui nous avons pourtant passé trois buts mercredi) : une authentique correction est en marche, nonobstant une minute slipométrique en milieu de période. Un premier centre roule devant la ligne de but sans être repris par personne, sinon par Mendy hors-cadre, avant qu’une absence de Mbemba ne permette à Bamba Dieng de défier Lopez en un-contre-un, sans succès.

Le reste du temps, ça domine, voire ça jogabonite : Aubameyang passe près du doublé sur une aile de pigeon acrobatique, puis le gardien doit encore mettre en échec une reprise de Gigot dans la surface. Trop de joueurs à surveiller, partout, tout le temps, la défense fin it par craquer une nouvelle fois : sur le corner suivant cette dernière action, Clauss envoie le ballon au second poteau où Balerdi désosse son vis-à-vis (0-3, 33e).

Un relâchement coupable s’opère en contre-attaque où Clauss, peu aidé par le replacement des copains et sans doute émoussé par ses 198 aller-retours à haute vitesse, se fait déposer comme un pupille par Ponceau. Le centre en retrait du Lorientais est repris par Faivre, sauvé par un tacle Ave Maria de Lodi, avant finalement une deuxième reprise victorieuse de ce même Faivre (1-3, 40).

On retrouve ici ce côté tudorien consistant à parfois faire n’importe quoi en ayant l’avantage au score, sans grosse conséquence tant que l’implication collective reste à ce niveau. C’est ainsi que les Olympiens se prémunissent de toute bretontada grâce à une contre-attaque exemplaire. Là où les joueurs ont commencé la saison par se toucher trois fois la nouille avant d’oser faire une passe vers l’avant, puis sont entrés dans une deuxième phase où « transition rapide » équivalait à « balancer une brique vers l’avant n’importe comment », le stade de la maturité serait-il atteint ? Clauss transmet ainsi à Vitinha, qui contrôle-passe pour Veretout, lequel prend un dixième de seconde avant d’envoyer sans contrôle un amour d’ouverture pour Aubameyang. Soixante mètres gagnés en trois touches de balle et deux secondes, c’est d’autant plus beau qu’à la réception Aubameyabng combine physique et technique pour résister au défenseur et devancer le gardien (1-4, 43e).


C’est ainsi que se conclut une première mi-temps de rêve, une soirée plus idéale encore que le match contre Lyon que nous avons pourtant gagné 3-0. Autant le dire tout de suite, la seconde n’est pas du même tonneau, puisqu’à nos 17 tirs et quatre buts correspondent dans ces 45 dernières minute zéro tir et quelques slips sales. Pour expliquer cette nouvelle extinction brutale de tous les interrupteurs, on avancera trois hypothèses plus ou moins déplaisantes et non exclusives les unes des autres :

  • la fatigue physique, après une première mi-temps à haute intensité et sachant que nous avions déjà joué un match important mercredi (OM-Lyon ; 3-0) ; si ce n’est que ça, tant que nous marquons 4buts dans nos temps forts, cela reste très pardonnable ;
  • le relâchement mental de nos joueurs, que l’on a déjà vu capables de se montrer insupportablement arrogants face à un adversaire inférieur puis paniqués et pleurnichards dès que ledit adversaire inférieur se rebelle un tantinet ; or même si les choses tournent plutôt bien en cette fin 2023, le début de saison n’autorise vraiment, mais alors vraiment pas nos joueurs à se prendre pour d’autres ;
  • la dernière hypothèse, peut-être la pire, serait que Gattuso soit une couille molle sampaolienne qui, au lieu de se réjouir de cette première mi-temps prolifique, n’en ait vu que les déséquilibres et ait profité de la pause pour brider ses joueurs au nom du sacro-saint blocquéquipe.

Le début de seconde mi-temps notamment est une récitation du manuel « savoir se saborder pour les nuls ». Lorient se rebelle en mettant davantage d’impact dans les duels, tandis que nous demeurons au même rythme. Mécaniquement, Lorient occupe notre camp et profite des espaces. Quand Dieng n’était trouvé qu’à 40 mètres de notre but, le voici touché dans la surface, ce dont il profite pour uriner sur Samuel Gigot d’une feinte de frappe. S’il produit une nouvelle RAIE salvatrice, Lopez foire cependant son remplacement et laisse Benjamin Mendy, au rebond, glisser la balle dans un espace plus étroit encore que les barreaux de la prison où il devrait croupir (2-4, 53e).

Pas de quoi en vouloir à Pau, cependant, qui se rattrape magistralement dans la minute qui suit. Quand un long coup-franc sème la panique dans la surface, Lodi repousse ainsi sur la ligne une frappe lorientaise avant que Lopez ne revienne in extremis s’interposer sur une reprise de la tête à bout portant.


Suivant de peu la réduction du score, cette énorme occasion constitue assurément le tournant du match : une analyse certes facile à tenir après coup, alors que nous supporters avons passé la demi-heure à suer de la raie dans la crainte quasi-certaine d’un retour des merlus. Si l’on garde la tête froide cependant, on positivera en constatant que, somme toute, passées ces frayeurs, l’OM a préservé plutôt sereinement son avantage en fin de rencontre. Lopez enfin rassurant, les défenseurs appliqués, permettent au chronomètre de s’écouler sans trop d’occasions franches. Reste le jeu produit par l’OM, en effet inexistant : on imagine le dilemme se posant à Gattuso, pour qui densifier notre milieu de terrain aurait inévitablement conduit à sortir les mecs capables de tenir le ballon dans le camp adverse, et donc à reculer encore davantage.

C’est finalement à la 80e minute que notre entraîneur est acculé à la rétractation gonadique fatale, lorsque Clauss est expulsé pour un pied haut sur Yongwa. Si le geste est avant tout maladroit, la sanction se justifie considérant le souci arbitral de protéger l’intégrité physique des joueurs. Il est simplement dommage que ce souci soit revenu à l’esprit de l’arbitre sur ce geste, après avoir passé une demi-heure à regarder les Bretons multiplier les gestes de bouchers sur nos joueurs avec le sourire.

Mais baste, malgré ces péripéties le score n’évolue pas. Si ça se trouve, la trouille que nous avons ressentie tout au long de cette deuxième mi-temps reflète peu le déroulement objectif du match, et beaucoup les traumatismes que ce club de branques a infligé à ses supporters par le passé. L’OM nous a si bien appris à avoir peur de la peur, que nous tremblons en menant 4-2 dans le temps additionnel chez l’avant-dernier du championnat. C’est dire à quel point le chemin vers la confiance est encore long.


Les joueurs

Lopez (4-/5) : Un petit but au premier poteau pour soigner les statistiques, ce dont on ne lui tiendra pas rigueur outre mesure. Pau nous a montré quelques belles RAIES salvatrices et, nouveauté appréciable, une sérénité bienvenue sur les relances et les sorties aériennes. A l’heure où chaque sortie de Christian Estrosi ou Renaud Muselier nous rappelle à quel point l’intellect humain est capable de rester irrécupérablement grippé sur la connerie la plus crasse, le renouveau mental de Pau nous offre une belle historie à méditer. Oui, pour peu qu’on le veuille vraiment, tout peut aller très vite non seulement dans le football mais aussi dans le cerveau.

Clauss (expulsé 80e, 2-/5) : Deux gros coups de n’importe quoi au milieu d’un match qui était pourtant très correct. Notez où nous mènent les préjugés : quand Radonjic ou Nuno Tavares nous sortaient des dingueries, c’était juste eux qui étaient ainsi faits. Jonathan, non, c’est forcément la fatigue qui lui fait perdre en lucidité. Si tel est le cas rassurons-nous, la commission de discipline, toujours soucieuse d’avantager l’OM comme à son habitude, ne va pas manquer de lui coller un temps de repos suffisant pour retrouver ses facultés, disons cinq matchs.

Mbemba (4-/5) : Voilà, tenez, quand on vous dit que ce club nous traumatise : on aurait pu parler de son but, de sa passe décisive, de ses bonnes interventions mais non, paf, le premier truc qui me vient à l’idée c’est son excès de confiance impardonnable contre Dieng et la quasi-certitude que s’il nous reproduit ça contre un attaquant amateur en coupe de France, ce sera à 0-0 à la 85e et sans Pau Lopez pour lui sauver les miches. C’est bien simple, les joueurs pourraient coller des triplés à chaque match et offrir 12 000 euros et une fellation gratuite à un supporter (consentant) tiré au sort, on n’arriverait quand même plus à être contents.

Gigot (2+/5) : Complètement déréglé pendant le passage aux vestiaires. Je ne sais pas si c’est Gauttuso qui lui a dit de rester dans la ligne sans refaire ses projections de golgoths, mais , si c’est le cas l’effet a été le même que pour l’entraîneur qui avait demandé à Souleymane Diawara d’arrêter de boire.

Balerdi (4-/5) : Des ptits trous, des belles choses, un beau but. Le scénario du match était un appeau à balerdises mais même face à une telle tentation, Leo a su rester sobre. La désintoxication est vraiment en bonne voie.

Renan Lodi (3+/5) : N’a pas tout fait bien, mais l’a fait au bon moment.

Meïté (83e) : 80 kilos de béton supplémentaires coulés pour assurer la fin de match.

Ounahi (2/5) :Le joueur le plus constant d’une mi-temps à l’autre, ce qui n’est pas forcément un compliment.

Veretout (4-/5) : Un match digne de Charles De Gaulle (j’anime la baston, j’enflamme l’auditoire, mic drop. Pour assurer la suite du programme et les menus détails qui restent, vous vous démerdez).

Harit (3-/5) : Ah bah oui, on les connaît, les petits garçons qui ne savent pas gérer l’abondance de Noël, et qui la jouent trop perso sur les chocolats. Résultat, paf, l’indigestion quiles empêche de profiter de la fête. S’agirait de grandir mon garçon.

Gueye (71e) : Une entrée précieuse qui ne laisse aucun doute : Pape sera très vite au top et prêt à rendre un fier service à l’équipe du Sénégal en Coupe d’Afrique des Nations pendant qu’on se débattra tout le mois de janvier avec un milieu Veretout-Gattuso.

Vitinha (3/5) : Est à Aubameyang ce que l’ammoniac est à la cocaïne : en soi c’est dégueulasse mais en produit de coupe ça potentialise les effets.

Murillo (83e) : Toujours prêt.

Aubameyang (4+/5) : 35,97 km/h, c’est la vitesse record de notre retournement de veste concernant Jean-Bite. On en redemande. On redemande des têtes cristianoronaldesques, des doublés et des ailes de pigeons acrobatiques, je veux dire, pas à devoir re-retourner notre veste.

Sarr (71e) :  De nouveau vingt minutes de rien, qui passent toutefois inaperçues dans la jovialité ambiante.


L’invité zoologique : Bambi Dieng

Pan. Vroum. Miam. Qu’on les aime, ces invites zoologiques qui savent rester à leur place.

  • Les autres : énorme désillusion après avoir battu Lyon (3-0) : nous constatons qu’il existe des équipes encore plus affreuses et qui les sauveront sans doute de la relégation. On aura rêvé trois jours.
  • Le classement :La tournée des viers marins nous permet de progresser à la sixième place en prenant des points et du plaisir. Terminons d’abord le travail et nous penserons plus tard à passer à la difficulté supérieure.
  • Coming next : Brighton (pour la première place du groupe européen), Clermont et Montpellier (pour continuer à engranger des points avant un mois de janvier plus tendu du slip) nous attendent en cette fin d’année.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Le nouveau venu Johnny l’Endive remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

2 thoughts on “Lorient-OM (2-4) : La Canebière Académie ne fait pas les choses à moitié pendant une mi-temps

  1. Je ne vois pas quel onze sera aligné quand tous les africains seront partis rejoindre la CAN, manquerait plus que Gigot, entre deux traumatismes crâniens, se souvienne qu’il est sélectionnable par Belmadi…

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