OM-Lille (1-1, 3-4 t.a.b) : La Canebière Académie ne se démobilise pas
On n’est pas ridicules, mais on n’est pas plus avancés.

Aïoli les sapiens,
La vieillesse approche et, si la vue décline, en revanche se précise de plus en plus nettement la silhouette de ceux qui se disputeront l’honneur d’être le compagnon de route de tes vieux jours, les camarades Prostate, Charcot, Alzheimer et Mentalitédedroite. Mais aux côtés de ces cavaliers de la décrépitude physique et mentale trottine aussi un petit poney agaçant nommé Fair-Play. C’est alors que sans s’en rendre compte, on devient vieux et la déception légitime d’une énième saison sans trophée se voit nuancée par le sentiment d’avoir assisté à un beau match, et d’être tombés les armes à la main contre un adversaire valeureux (je veux dire, pas l’Association sportive bas-dauphinoise Bougoin-Jallieu, par exemple). Il nous viendrait même – Dieu nous en préserve – l’idée incongrue de faire confiance au projet sportif à long terme plutôt que de vouloir tout cramer. Disons-le tout net : on ne se reconnaît plus.
C’est que l’OM joue plutôt bien et surtout semble savoir où il veut aller. Le plaisir qu’on avait entraperçu sur les saisons Bielsa ou Tudor, dans des styles différents, se doublait de la sensation permanente d’avoir un entraîneur ne pouvant travailler autrement que le cul posé sur un baril de poudre. Dès lors, on s’en voudrait de troubler l’inédite sérénité ambiante et, si l’on ne se privera pas d’insulter les grands morts de Roberto De Zerbi pour s’être volontairement amputé de son gardien numéro 1 dans un tel match, ce sera presque à contrecœur tant prédomine l’envie de voir le club progresser dans le cap qu’il semble s’être fixé. On attendra des joueurs, aussi éprouvés soient-ils physiquement et mentalement, qu’ils restent hautement mobilisés pour toute la seconde partie de saison, pas comme, justement, les starlettes de l’époque Bielsa et leurs émois de pétasses de CM2. Et de même, si l’institution pouvait pour une fois se dispenser de nous inventer l’une de ces révolutions de palais aussi gratuites que mortifères, on ne s’en porterait pas plus mal. Certes rien ne laisse entrevoir un tel événement, mais connaissant notre club, on préfère prévenir.
Les Longorious Basterds
De Lange
Murillo– Balerdi – Cornelius (Vaz, 84e)
Luis Henrique– Højbjerg– Rongier (Nadir, 74e) – Rabiot – Merlin (Garcia, 46e)
Greenwood (honte à nous)– Maupay (Rowe, 65e)
Sachant l’importance que revêt la coupe de France pour le club et le niveau de l’adversaire, Roberto De Zerbi aligne tout son équipe-type. Toute ? Non : là haut, en haut de la compo, la titularisation deuxième gardien résiste encore et toujours à l’idée de ne pas faire de la merde à un moment où à un autre.
Le sort du match eût-il été changé avec la titularisation de Rulli ? Peut-être pas. C’est un peu comme ces ménages qui vivent entre des champs d’agriculteurs FNSEA : certes, ce n’est sans doute pas ta petite clope du matin qui sera responsable de ton cancer, m’enfin on comprend quand même mal que tu ne mettes pas toutes les chances de ton côté.
Le match
L’avantage d’un tirage au sort aussi défavorable, c’est que contre Lille, à la différence de l’Association sportive bas-dauphinoise Bourgoin-Jallieu, tu es invité d’entrée à faire preuve de l’intensité physique requise. Un premier triangle Greenwood (honte à nous)-Rabiot-Luis Henrique aboutit ainsi à un centre et une reprise manquée de l’Anglais. Le pressing haut des Olympiens permet ensuite à Rabiot de lancer Maupay, dont le tir croisé se transforme en centre intercepté de justesse devant Luis Henrique.
Rompu au fistage de grands clubs, le LOSC de Nénesse l’Arsouille ne se laisse pas démonter pour si peu, et tente lui aussi de tirer parti de nos faiblessses défensives. Bref, de partout ça se bat, ça combine, ça fait honneur au football. De notre côté cependant, on peut s’inquiéter d’erreurs techniques plus nombreuses et grossières qu’à l’accoutumée, à l’image d’un Merlin autant en galère offensivement que défensivement (ce qui provoque d’ailleurs une occasion relativement slipométrique à la demi-heure).
On appréciera aussi l’alternance de séquences de possession et de moments de jeu direct, à l’image de ce corner défensif merveilleusement renvoyé par Højbjerg dans la course de Greenwood (honte à nous). En un geste, toute l’action bascule et c’est l’Anglais qui se retrouve face au gardien adverse, mais son geste trop lisible permet à Mannone de remporter son duel.
Peu après, notre attaquant croit se racheter quand il lobe astucieusement le gardien Lillois, Maupay concluant victorieusement l’action. Clément Turpin valide le but avant de l’annuler, et c’est seulement après les traditionnelles insultes à ses aïeules sur huit générations que l’on constate qu’une grosse patasse de Neal donne toute raison à l’arbitre d’annuler ce but.
C’est au retour des vestiaires qu’émerge un sérieux motif d’inquiétude pour le reste de la saison : soudain nos joueurs semblent physiquement cramés. Il ne faut que quinze secondes après l’engagement pour que les Lillois ne viennent tromper De Lange après deux interceptions manquées de Luis Henrique et Garcia, tout juste entré. Ici encore, une main de Bakker juste avant son tir victorieux prive nos adversaires de l’ouverture du score.
Cet avertissement sévère ouvre un moment plutôt pénible où notre milieu, souverain pendant toute la première période, paraît être à court de carburant pour continuer à contrôler les assauts adverses. Le sort du match paraît incertain et, alors qu’à vingt minute du terme les occasions commencent à revenir de part et d’autre, c’est l’efficacité offensive qui fait office de juge de paix. Alors que Maupay manque un contrôle en situation idéale, que Greenwood (honte à nous) voit un deux-contre-un annihilé par le dernier défenseur et qu’Højbjerg ne profite pas d’un cafouillage sur corner, Lille n’a besoin que de deux tentatives pour parvenir à ses fins. Si Balerdi sauve magnifiquement un centre dans ses six-mètres, il ne peut rien quand David part dans le dos de Cornelius et, toute notre défense prise à revers, centre pour Haraldsson. De Lange est tout pès de contrer l’attaquant mais le ballon passe tout de même entre ses jambes : on ne le saura jamais, mais rien n’ôtera de notre esprit l’idée que le sexe soyeux et volumineux de notre Geronimo d’amour aurait apporté les quelques millimètres manquants pour arrêter complètement la balle (0-1, 69e).
A l’approche des dix dernières minutes, l’OM accroît sa prise de risque, s’exposant ainsi aux contres. C’est également le moment où, auteur de 80 minutes d’arbitrage parfait, Clément Turpin se met à clémenturpiner en oubliant un pénalty flagrant sur Rowe.
A quelques minute de la fin, Greenwood (honte à nous) fracasse le poteau dans un angle fermé, ce qui paraît sonner le glas de nos espoirs.
A ce stade de l’académie, ce serait le moment d’une grande envolée épique sur Luis Henrique, jadis quasiment banni du club et qui ce soir nous sort l’exploit majuscule d’égaliser à la dernière seconde d’une LOURDE phénoménale et libératrice (1-1, 96e). Mais comme le miracle de François-Régis Mughe contre Annecy il y a deux ans, le caractère historique du geste est anéanti quelques minutes plus tard par la séance de tirs au but, où le même Luis Henrique pétouille une misérable frappe à mi-hauteur dans les gants de Mannone. Sans démériter, il manque encore quelques millimètres à De Lange pour détourner l’un des tirs adverses, et c’est finalement un échec de Rowe qui scelle l’élimination.
Pour l’envolée lyrique, on repassera. De même, si nous avions eu la honte intersidérale d’être éliminés par un sans-grade du type de l’Association sportive bas-dauphinoise de Bourgoin-Jallieu, nous aurions au au moins le loisir de descendre en flammes l’équipe, mais ce n’est pas le cas ici. Point de colère, mais seulement la déception de voir perdre d’extrême justesse une équipe tombée ce soir sur un micro-chouïa plus fort qu’elle, mais qui a acccompli le maximum dans la limite de ses moyens actuels (excepté la débilité intersidérale de n’avoir pas titularisé son gardien numéro un et expert en pénaltys dans un match à haute probabilité de tirs au but, je ne sais plus si nous avons déjà évoqué ce détail).
On ne saurait enfin passer sous silence la gestion arbitrale de la fin de match, qui voit le président lillois Olivier Létang agripper violemment le quatrième arbitre, lequel préfère poucave à Clément Turpin que Mehdi Benatia l’a pointé du doigt, expulsion à la clé. Les images ne laissant aucun doute sur l’injustice de la situation, on se contentera d’espérer que les arbitres nous disent plus clairement s’ils reprochent plutôt à Mehdi Benatia d’être Marseillais ou d’être Arabe, que l’on sache à quoi s’en tenir à l’avenir.
Les joueurs
De Lange (3/5) : Jeffrey n’a pas démérité et nous n’avons rien à lui reprocher. Mais bordel, mes filles ont fait un tournoi de Pokemon ce week-end, tu crois qu’elles auraient dit « ah oui, j’ai mon Kangourex GX à 250 PV par attaque mais je vais pas le mettre dans mon dèque, je vais plutôt laisser la place à mon Ronflex pour lui donner du temps de jeu ? » Bien sûr que non. ALORS PUTAIN DE BORDEL DE MERDE, SI MES FILLES FONT MÊME PAS CA POUR UN TOURNOI DE QUARTIER DE POKEMON, POURQUOI TU LE FAIS EN SPORT DE HAUT NIVEAU DANS UNE COMPETITION QU’ON N’A PAS GAGNÉE DEPUIS 36 ANS FIGURE DE POULPE ?
Murillo (2+/5) : On maintient l’appréciation d’un joueur précieux mais qui trouve ses limites quand le niveau s’élève. Etant entendu que nous disputerons la Ligue des Champions la saison prochaine grâce à une fin de saison phénoménale qui nous verra rattraper puis dépasser le PSG pour le titre, nous le verrons bien prendre une place moins exposée mais néanmoins régulière dans la rotation, derrière un titulaire un peu plus costaud.
Balerdi (4/5) : Le meilleur de la défense argentine avec l’impact physique, la qualité technique, le charisme, le vice, le cheveu brillant et l’hygiène corporelle irréprochable. Vraiment, je ne vois pas comment on peut se passer de l’expérience d’un Argentin dans un match aussi serré. ALORS T’IMAGINES SI ON EN AVAIT EU UN DEUXIEME SUR LE TERRAIN ESPECE DE GROS VIER DE CIRE ? Hrm. Pardon. Non. Pas d’insultes. On t’aime Roberto. Continue ton projet. Cœur avec les doigts.
Cornelius (2/5) : Fumé par son Jonathan David pour l’ouverture du score, on espère au moins qu’il aura eu le temps de toucher à son compatriote en fin de contrat deux mots du suave climat méditerranéen et de l’accueil exceptionnel que Marseille réserve aux Canadiens.
Vaz (84e) : Entrée sans complexes du petit, qui s’est démené pour que l’OM parte à l’assaut de la surface adverses dans les dernières minutes.
Luis Henrique (3/5) : We can be heroes, just for cinq minutes.
Merlin (1/5) : Tiens, un « un sur cinq ». Je me souvenais plus qu’on avait ça dans nos notes, dites donc. Voilà, maintenant qu’on s’en est bien servi, on peut de nouveau le ranger pour plusieurs mois, je vous prie.
Garcia (46e, 2/5) : Une absence de coup d’éclat mais il a permis de colmater les fuites laissées par Merlin : le serre-joint Garcia, en quelque sorte.
Rongier (3/5) : En cyclisme, l’équivalent du capitaine de route qui fait rouler tout le peloton à bloc dans le Ventoux avant d’exploser et de dire « finissez sans moi les gars, maintenant je vais essayer de rentrer vivant ce sera déjà bien ».
Nadir (74e) : Alors que globalement le banc de touche est plutôt léger, le retour de Bilal apporte une vraie plus-value, prêt à dispenser de généreuses charges à l’épaule aux quatre coins du terrain quand les titulaires faiblissent.
Højbjerg (3+/5) : Les difficultés de la seconde période ne font pas oublier ses abondantes tartinades de transversales et ouvertures aussi judicieuses les unes que les autres. Et puis après, cela n’a rien de honteux de lutter à ce niveau contre le LOSC de Nénesse l’Arsouille, on aurait été plus sévère s’il s’était fait laver par, disons au hasard, l’Association sportive bas-dauphinoise Bourgoin-Jallieu.
Rabiot (3+/5) : La mission rédemption se poursuit : puisse l’éclat de son passage au club devenir si brillant qu’il éclipsera dans les mémoires la flétrissure originelle de son club de merde, à l’image de ses devanciers Lorik Cana, Gabriel Heinze et Christophe Déhu.
Greenwood (honte à nous, 3/5) : Un match très honnête quoique malchanceux (le but refusé à Maupey, son tir sur le poteau), mais entaché par cet horrible face-à-face contre Vito Mannone. En temps normal, avoir un tel confort pour réfléchir à son geste, ça fait paniquer Radonjic ou Clinton Njie, mais pas un joueur de ton niveau, allons.
Maupay (1+/5) : Un match horriblement maladroit. Relativisons en nous disant qu’il n’y a pas si longtemps, on avait Vitinha qui nous faisait la même chose dix fois plus souvent et pour dix fois plus cher.
Rowe (65e, 2-/5) : C’est pas faute de vous prévenir depuis quelque temps, mais je sens qu’il va finir par m’agacer. Si si, je sens qu’il va finir par m’agacer. Je le sens.
L’invité zoologique : Woody Woodbakker
Le pivert n’est pas un animal agressif en soi, mais toutefois réputé pour sa propension à nous taper inlassablement sur le système. Voici ses observations :
- Les autres : L’autre jour on disait que le Stade Rhéné, c’était notre jumeau uniquement pour les aspects négatifs. Eh bien avec Lille, nous avons également beaucoup de points communs, excepté le fait que nos fautes à nous dans la surface sont sanctionnées, et que nos dirigeants à nous prennent des cartons rouges quand ils font les voyous (et même dorénavant quand ils se contentent d’adresser la parole à un arbitre, donc).
- Coming next : C’est officiel, nous n’avons plus que le championnat. Vues les promesses affichées dans le jeu, il serait inconcevable que l’équipe connaisse un coup d’arrêt. Même si la faiblesse numérique et l’état de fraîcheur de l’effectif nous incitent à ne pas rêver trop grand, il reste de belles choses à accomplir cette saison, et ça passe par l’enchaînement à venir d’un match hebdomadaire jusqu’au PSG avant la trêve de mi-mars. Au programme, hormis un déplacement costaud à Nice, l’adversité est supposée osciller entre le faible et le moyen-plus.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Jean François Dehu
Non mais de son vivant j’écorchais déjà son prénom hein. Enfin, « de son vivant », je me comprends.
Et Jonathan Angloma? Non, lui on n’a pas le droit d’écorcher son nom, je crois. Pardon, Jocelyn.
Florent Fiorèse aussi
Il avait pas le bac, Frédéric D.U?
Rowe Wahi et Koné cassent bien les pieds tout de même. Car si on regarde, c’est Supersub , poste de Rongier, poste de Wahi. Pile poil ce qui nous manque pour franchir un palier.
Quitte à faire jouer l’arrière gauche en position d’ailier quand on a la balle, autant y mettre Rowe et voir ce qu’il y donne. De toutes façons, c’est pas comme si Merlin était une garantie en position défensive.
Pour moi, Merlin doit être en concurrence avec Rongier. Il est endurant, loin d’être bête, possède la technique pour relayer sous le pressing et plutôt bon passeur.
L’analogie FNSEA me semble applicable avec l’OM et les ulcères , hémorroïdes, et autres pyromanies maladives…