Rennes-OM (1-2) : La Canebière Académie est solide sur ses appuis

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Pour pisser en Bretagne, Rennes c’est bien aussi, même si ça ne vaut pas La Trinité-sur-Mer.

Aïoli les sapiens,

Ses dernières performances qualitatives et quantitatives confèrent à l’OM une atmosphère inhabituellement douce et sereine, dépourvue des souffrances ordinaires. Disons-le tout net, nous avons atteint l’ataraxie (non, ce n’est pas un Motchus du dimanche, calmez-vous. Le mot est même très rarement usité à Marseille, si ce n’est parfois au volant dans l’expression « putain d’ataraxe ».) En gros, canebièracadémiquement parlant, on se ferait presque chier tellement tout fonctionne comme sur des roulettes. Plutôt que de nous en plaindre, tâchons d’en profiter, tant on sait combien ces situations chez nous peuvent être éphémères.


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo– Balerdi – Cornelius
Luis Henrique– Højbjerg– Rongier – Rabiot – Merlin (Garcia, 70e)
Greenwood (honte à nous – Nadir, 89e)– Maupay (Rowe, 70e)

Ni blessure, ni retour de blessure, ni suspension, ni révélation de violence sexiste ou sexuelle ne viennent dévier d’un pouce le onze de départ. La seule nouveauté à se mettre sous la dent réside dans le recrutement du défenseur central italien Luiz Felipe Ramos.


Le match

Le match met un bon quart d’heure à s’installer, entre l’OM de De Zerbi qui voudrait bien mais ne peut point, et le Rennes de Sampaoli qui ne veut pas grand-chose apparemment. L’OM monopolise le ballon mais peine à menacer la surface adverse, hormis par l’intermédiaire de Maupay stoppé d’une bousculade litigieuse.

Puisque Rennes ne semble pas vraiment avoir envie du ballon, l’OM s’emploie à le délester de cette charge le plus vite possible, par un agréable et incessant « taper, taper, taper » sur les seconds ballons. Un pressing de Rongier envoie ainsi Greenwood (honte à nous) droit au but, lequel voit son tir sauvé d’un tacle désespéré. Peu après, une défense autoritaire de Maupay (c’està-à-dire une faute de porcasse non sifflée) nous offre une contre-attaque, qui s’achève par un tir de Rabiot sur le gardien.


Malgré tout, c’est bien Rennes qui se procure la meilleure occasion peu avant la demi-heure : Balerdi balerdise un centre, ce qui permet à Kalimuendo d’allumer Rulli de près. Geronimo pare la tentative d’une RAIE aussi magistrale qu’inespérée. Alors que chacun est occupé à écoper son slip comme il le peut, le car vidéo interrompt l’action pour signaler une main de Murillo. Le geste est tout à fait anodin et involontaire, mais la règle est désormais connue de tous en matière de mains dans la surface : « zéro cohérence, tout à la gueule ». Qu’à cela ne tienne, Rulli nous sort un deuxième miracle sur le pénalty qui s’ensuit, en détournant sur son poteau la tentative de Kalimuendo.

Ces émotions passées, l’OM reprend sa domination, de manière nettement plus décousue cependant. Or notre défense ne peut pas se permettre le luxe d’être désynchronisée : c’est ainsi que sur un bête ballon traînant au milieu, Cornelius se voit pris à contre pied. S’ensuit immédiatement un deux-contre-un face à Balerdi : Assignon déborde, tandis qu’au centre Kalimuendo s’arrête comme Bip-Bip au bord de la falaise (avec Murillo et Højberg dans le rôle du Coyote). Le centre prend notre défense à revers pour une conclusion sereine de l’attaquant (1-0, 43e).


Cette nouvelle offrande olympienne incite De Zerbi et ses hommes à une mise au point :

Pierre-Emile Højbjerg aux Rennais après l’ouverture du score.

De fait, si l’on s’est gentiment amusé pendant 45 premières minutes, dorénavant : on joue. Au milieu de terrain, Murillo transmet à Luis Henrique, qui remet dans l’axe à Højberg. Pierre-Emile ferme le triangle d’un amour de passe en profondeur dans la course de Murillo, qui centre en retrait sans contrôle : l’appel de Maupay a embarqué toute la défense au premier poteau, ce qui laisse Greenwood (honte à nous) libre d’égaliser une main dans le slip (1-1, 45e).

Alors que les Rennais mettent en application la riposte concoctée par Sampaoli (utiliser les 30 premières minutes après l’engagement pour préparer une attaque), l’OM ne perd pas de temps : Luis Henrique transmet à Greenwood (honte à nous), qui se charge du reste. Un petit slalom sur le côté droit pour se placer en bonne position, et voici un centre idéal plongeant dans le dos de la défense, où Rabiot a idéalement surgi. Après tant d’années à subir les tentatives de divers déficients psychomoteurs, Adrien nous laisse apprécier ce qu’est un footballeur adroit : la coordination et la précision du geste sont remarquables, et le coup de tête dépose délicatement le ballon à contre-pied d’un Brice Samba qui n’en peut mais (1-2, 50e).

Cet aléa réinitialise le compteur sampaolien, et les Rennais se lancent donc dans une nouvelle demi-heure de préparation d’attaque. Les Olympiens en profitent pour tenter de plier la rencontre, sans efficacité malheureusement. Une récupération haute de Rabiot offre ainsi un surnombre à Maupey et Greenwood (honte à nous), mis en échec par le gardien. Juste après, un nouveau une-deux entre les deux joueurs envoie cette fois-ci le Brésilien défier Samba, sans plus de succès puisque le gardien néo-breton pare aussi bien le tir de Luis Henrique que la reprise de Murillo.


L’OM passe ensuite en mode gestionnaire devant le timide pressing rhénais, cette gestion se traduisant hélas très rapidement en passivité, voire en rétractation gonadique abusive. Nous abusons ainsi des passes latérales voire en arrière. Surtout, notre souci de ne pas expédier le ballon devant combiné à la crainte de ne pas commettre la perte de balle fatale nous amène, Balerdi principalement, à prendre un temps fou sur nos premières relances, pour finalement s’exposer à des adversaires qui n’en demandaient pas tant. Une menace légèrement slipométrique plane ainsi sur ces dernières minutes, tempérée cependant par l’incapacité des Rhénais à produire une attaque un tant soit peu efficace. L’approcher du terme ne semble pas inciter les Bretons à jeter toutes leurs forces dans la bataille, ravivant chez nous le traumatisme d’un OM-Feyenoord de sinistre mémoire.

L’arbitre tente bien de détendre l’atmosphère en sifflant un pénalty encore plus débile que le premier, consécutive à une main dans le mur rennais sur le coup-franc de Højbjerg. La VAR ne valide pas la compensation et se rappelle subitement que les mains involontaires sont absolument insifflables. Dans le temps additionnel, Rowe bute à son tour sur le gardien, si bien que le score reste définitivement en l’état. Cela valide ainsi une victoire remarquablement solide, nonobstant un énième match dépourvu de clineshite et cette frilosité coupable en fin de rencontre.


Les joueurs

Rulli (4+/5) : Quand on pense que sans Geronimo, on serait peut-être déjà en train de regarder des cyprès qui brûlent.

Murillo (2+/5) : Le jour où on tombera sur une équipe qui se refuse à nous abandonner le contrôle du ballon, ça risque de ne pas être la même limonade sur notre côté droit, défensivement parlant. Mais face aux 80% de couilles molles que l’on rencontre cette saison, ça fait le boulot et ça se fend même d’une passe décisive brillante.

Balerdi (2+/5) : Se calmer sur les relances verticales plein axe, c’est très bien. Mais si c’est pour ne plus faire de choix et mettre les copains dans la merde sur des petites passes latérales pétoulesques, on ne sera pas plus avancer. Y a comme un axe de travail à peaufiner, sur ce sujet.

Cornelius (2/5) : Le moins à l’aise des quatre de derrière balle au pied, et par conséquent le plus souvent préposé à dégager la balle en faisant « aaaah » face au pressing adverse (aux dents pourtant aussi acérées que Sampaoli a le cheveux soyeux). Ajoutons à ça son action et son replacement gênants amenant le premier but, on peut parler d’une soirée légèrement pénible pour Derek.

Luis Henrique (3/5) : Il a trouvé sa petite routine sur le côté, il est bieng.

Merlin (3/5) : De même que le précédent, ça ronronne douillettement. Tout ceci est très satisfaisant, mais il faudra être prêts quand une équipe arrivera avec l’intention de nous gansailler la raie un peu plus fort que nos adversaires récents.

Garcia (70e) : Vraiment, il n’y a pas grand-chose à dire sur la machine, on a l’impression de baigner dans le WD40 tellement le mécanisme est huilé.

Rongier (4/5) : On a parlé du châssis douteux et de la transmission souple, venons-en maintenant au moteur : nos trois du milieu. Et là mes amis autant vous dire qu’on est pas là pour économiser des émissions de CO2 et préserver la biodiversité nocturne, là on fait chanter les soupapes sur le parking de Plan-de-Campagne.

Højbjerg (4/5) : Le retour du Wolf : l’ouverture du score a posé un problème ? Donnez-lui deux minutes et il résout le problème.

Rabiot (4/5) : Rabiot what’s new, Rabiot, someone still loves you.

Greenwood (honte à nous, 4+/5) : Comme le dirait Mark Zuckerberg, Greenwood apporte une très belle énergie masculine à notre projet.

Nadir (89e) : Peu de temps de jeu, mais suffisant pour finir de faire la police à grands coups d’épaule et rendre ainsi le temps additionnel plus serein.

Maupay (3/5) : La petite dose d’arsenic qui fait mal à l’adversaire : discret, indolore, sauf qu’à force de le laisser agir il arrive un matin où tu te regardes dans la glace et t’es Arielle Dombasle.

Rowe (70) : C’est rigolo, n’importe lequel de ses homologues serait déjà devenu exaspérant avec cette nouvelle occasion de but manquée. Je ne sais pas combien de temps le but à Lyon fera office d’anesthésie, mais en tout cas c’est plus efficace que le protoxyde d’azote.


L’invité zoologique : Arnaud Koalamuendo

Créature indolente, le koala est dépourvu de tous sens de l’urgence, comme en témoigne sa propension pendant les grands incendies à ne pas quitter son eucalyptus avant que les flammes ne lui aient déjà brûlé la raie. Voici ses observations :

  • Les autres : Parfois on dit de deux choses qu’elles se ressemblent pour le meilleur et pour le pire. Le Stade Rhéné, ils nous ressemblent, mais seulement pour le pire : en témoignent leurs performances du moment, évocatrices de souvenirs particulièrement pénibles.
  • Le classement : Si l’on fait abstraction des qatarodopés de la première place, l’OM touche le jackpot avec l’absence de victoire de nos trois poursuivants. Nous voici avec 5 points d’avance sur la troisième place, six sur la quatrième.
  • Coming next : Les voyants sont au vert en championnat, c’est un fait, mais ce n’est pas ça qui remplira l’armoire à trophées. Le gros morceau de mardi soir contre Lille en Coupe de France ressemble donc déjà à un moment crucial.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère sur Facebook et BlueSky. DJ Soon remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “Rennes-OM (1-2) : La Canebière Académie est solide sur ses appuis

  1. Aïoli les sapiens: un mot en provençal, un en français et un en latin. Il manque plus qu’un mot en grec.

    Voilà pour la remarque dispensable du jour.

    Merci Blaah pour cette acade.

    Mon pronostic: on est champions parce qu’on gagne à Paris par un but de Nadir, on gagne la C1 en 2026 malgré un csc de Balerdi en finale.
    Les conséquences: On refonde l’UE et la nouvelle langue officielle est le Marseillais. Nasser est viré et se retrouve directeur du Programme Qatari pour la Lutte contre le réchauffement climatique (PQLRC). Marine Le Pen félicite Medhi Benatia. Payan est élu Président de la République. De Zerbi est nommé ministre de l’EN. J’offre une bouteille de Zacapa XO edicin negra à Blaah. Marseille devient la capitale du monde libre.
    Une seule de ces conséquences est peu souhaitable. Laquelle?

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