OM-Liverpool (0-3) : La Canebière Académie re-combat ses démons

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Cyclothymique tes morts

Aïoli les sapiens,

L’autre jour j’ai découvert un joli mot, et je ne résiste pas au plaisir de vous le montrer incontinent : la phugoïde. Et contrairement à ce que tu es en droit d’attendre au lendemain d’une défaite emplie d’analité, ce terme ne désigne pas quelque chose de particulièrement sale. On ne parle pas ici d’un champignon toxique (l’amanite phugoïde), d’une descente d’organes (le prolapsus phugoïde) ou d’un film d’horreur (« oh mon dieu, Brenda s’est fait éviscérer par un phugoïde ! »).

Non, la phugoïde, c’est cette courbe sinusoïdale que décrivent les avions dans certaines circonstances : ça monte, ça ralentit, ça descend en accélérant, ça remonte, ça re-ralentit, ça re-descend en piqué, etc. Il est bien précisé que l’oscillation phugoïde est un phénomène bien connu des pilotes, qui savent parfaitement s’en accommoder sans mettre en péril leur appareil. Ne cherchons donc aucune analogie de mauvais aloi avec le comportement de l’OM cette saison. Si nous vous avons entretenu ici de la phugoïde, c’est bien uniquement par pure préoccupation esthétique ; le fait que nous ayons découvert ce terme sur une page consacrée aux catastrophées aériennes n’étant ici qu’une coïncidence.


Les Longorious Basterds

Rulli
Pavard – Balerdi– Medina– Murillo
Højbjerg – Kondogbia (Nadir, 67e)
Weah – Greenwood (honte à nous)–Traoré (Paixão, 67e)
Gouiri (Aubameyang, 67e)

Toute équipe est soumise à des aléas : aucune saison ne se déroule sans contretemps, péripétie, avanie, mésaventure. En dehors de cet ordinaire, il arrive aussi que survienne, comme une vague scélérate, ce que l’on appelle dans le jargon technique « la grosse tuilasse de sa mère ». La blessure de Gouiri n’était déjà pas mal dans le genre, mais voici que l’indispensable Emerson vient de se blesser à la cuisse lors du dernier entraînement, avec un communiqué médical qui n’incite guère à l’optimisme.

Nayef Aguerd n’est pas encore revenu, toujours en train de négocier avec Brahim Diaz une intervention au prochain Team Building de Mallemort, sur le thème : « Le craquage mental : ya toujours pire que chez nous ».

Sur le plan mercatal, on enregistre l’arrivée du milieu Néerlandais Quinten Timber, ainsi que du prêt du jeune offensif d’Arsenal Ethan Nwaneri.


Le match

Passés des tifos absolument somptueux, les toutes premières minutes nous montrent un OM sur sa lancée, âpre au duel et créatif en attaque. Cela se matérialise par une belle combinaison Gouiri-Traoré, et une projection de Pavard en pleine surface pour reprendre le centre (sans succès, hélas). Cela étant, les connaisseurs savent que tout va très vite dans le football, surtout quand il s’agit de l’OM, et surtout quand il s’agit de prendre les certitudes que l’on croyait acquises, les rouler en boule et s’en faire un suppo. Nous retrouvons avec une désagréable surprise l’OM sampaolo-cagueux, celui qui fait mine d’accélérer avant de refuser l’obstacle, comme un cheval de concours complet devant un triple-oxer à l’effigie de Nagui. 

L’OM se montre lent dans sa circulation de balle, hésitant dans ses transmissions, approximatif dans son placement défensif. Ce faisant, nos joueurs s’exposent trop volontiers au pressing anglais : en trois passes, nos adversaires développement depuis leur camp une action conclue par un but d’Ekitike, heureusement refusé pour hors-jeu.

Ce n’est pas que l’OM est nul, mais nos joueurs ne vont pas au bout de leurs intentions, à supposer qu’ils sachent exactement quelles sont lesdites intentions. À force de jouer avec la peur face à un Liverpool moyenbof, les joueurs subissent précisément ce qu’ils craignaient le plus : le but à la con du club plus expérimenté. Weah touche le ballon de l’épaule dans la surface, plongeant les joueurs dans une action de Schrödinger (celle qu’on regarde sans savoir si elle compte vraiment ou si la VAR annulera tout pour revenir en arrière). Ce flottement suffit à sortir Balerdi de sa concentration, et à le voir commettre une faute plus que dispensable à l’entrée de la surface. Finalement, il n’y avait pas de main dans la surface, l’arbitre en reste donc au coup-franc (entre un coup-franc à tirer par Szoboszlai ou un pénalty par le fantôme de Salah, c’est pas dit qu’on y gagne au change, d’ailleurs). Alors qu’on se résigne donc à voir l’artilleur en rouge (j’ai pas dit le cannonnier, hein) nous expédier une torpille en lucarne, notre défense trouve malgré tout les ressources pour nous agacer un peu plus : dans un bel ensemble, les quatre joueurs du mur effectuent leur plus beau saut, pendant que le tireur place son tir à ras-de-terre. Il y en a, leur fétiche la panenka ou le petit pont, mais personnellement, le coup du tir sous le mur, je le place très haut, mais à lors là, vraiment, très, très haut dans mon panthéon des gestes qui font passer le défenseur pour un con. À chaque fois que je vois un coup-franc sous le mur, je repense aux Tex Avery où le le méchant se fige au-dessus de la falaise et se transforme en âne avec une grosse légende « SUCKER ». Pour tout dire, malgré la gravité du moment, j’ai même failli rire au lieu d’aller dire à nos défenseurs d’aller niquer leurs daronnes (0-1, 45e+2).


Le premier quart d’heure de la seconde période est un peu plus flatteur pour l’OM qui, sous l’impulsion de Greenwood (honte à nous), montre une attitude plus conforme à la Ligue des Champions. Si Liverpool continue à nous titiller le slipomètre à chaque contre, au moins perdons nous la balle en essayant vraiment d’attaquer, et pas en nous séguant dans le rond central. Les occasions s’enchaînent, par conséquent : Alisson met en échec nos attaquants, Medina couvre le hors-jeu d’Ekitike, qui en profite pour allumer le poteau, et sur une contre-attaque rapide Greenwood (honte à nous) centre pour Traoré, en avance sur son défenseur mais trop maladroit à la reprise.

Rulli doit écarter un tir de près de Wirtz, et un plus lointain de McAllister, avant que De Zerbi ne lance de nouvelles forces dans la bataille : Paixão à la place de Traoré, Aubameyang à la place de Gouiri, Nadir à la place de Kondogbia. Le bilan n’est pas mitigé, il est franchement foireux : mal coordonné avec Murillo, Paixão doit défendre deux fois de suite en un-contre-un sur Frimpong. La première alerte est évacuée avec les moyens du bord, la seconde se termine en crash : quelques minutes après sa première tentative, l’ailier de Liverpool pourrit Igor et peut tranquillement s’avancer jusqu’aux six-mètres. Le centre en retrait, puissant, est contré du talon par Rulli, et finit au fond des filets (0-2, 72e).

L’OM ne montre pas de réel motif d’espérer quoi que ce soit, si ce n’est le désormais traditionnel face-à-face manqué de Jean-Bite avec le gardien. Histoire de saloper encore un peu plus la soirée, l’OM n’oublie pas de soigner le goal-average : Liverpool débarque une dernière fois en surnombre sur notre droite, et Graverberch décale Gakpo qui ajuste Rulli une main dans le slip.

Dans l’absolu, on n’allait pas faire semblant de croire que l’OM allait étriller Liverpool comme on a puni Angers. Néanmoins, le match contre Madrid et les deux contre le PSG ont montré que nous pouvions sans rougir aller emmerder les grands dans leur cour de récréation. Il est d’autant plus surprenant de nous voir retomber en plein syndrome du petit poucet contre un Liverpool qui, tout « gros club » soit-il, était loin d’être le plus monstrueux rencontré cette saison.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Un CSC plus malchanceux que réellement maladroit, et quelques belles parades. L’ambiance est quand même pas à la bamboche, en ce moment.

Pavard (1/5) : Match quasi-complet de Balerdin, souillé défensivement et auteur d’une poussette aussi gratuite que débile pour gagner carton jaune et suspension. Il lui manque juste de jouer avec le short relevé, comme Medina, et il sera prêt pour le remake des « Charlots font du foot ».

Balerdi (2/5) : Quand il est concentré ? il est monstrueux. Quand il perd la concentration ? Il est monstrueux aussi.

Medina (2/5) : Une courbe de performance moins phugoïde que Balerdi (oui, on va le replacer partout, phugoïde). Au final c’est moyen aussi, mais de manière plus linéaire.

Murillo (1+/5) : À l’image de toute l’équipe, pas vraiment nul, mais vraiment pas dans le match. Mention spéciale pour avoir savonné l’entrée de Paixão en le laissant se démerder à défendre sur Frimpong.

Kondogbia (2-/5) : Mais c’est qu’il nous a refait le coup, de la perte de balle sur une talonnade à la con au milieu de terrain, ce petit coquin. Je sais pas moi, quand on est perturbé psychologiquement on fait des choses simples, en général, du genre vomir ou sortir sa bite, comme tout le monde. Alors pourquoi lui, quand il est en stress, il fait des pertes de balle sur talonnade à la con au milieu de terrain ?

Nadir (67e) : N’a pas réussi à verrouiller un milieu qui branlait déjà sévèrement des charnières, de toute façon.

Højbjerg (2/5) : Ho, le guerrier viking, c’est quoi cette soumission aux riches, là, ho ? « Oui Monsieur, tout à fait Monsieur, veuillez passer Monsieur, gni gni gni, gna gna gna… ». Sans déconner, on aurait dit un élu marseillais devant Rodolphe Saadé, merde quoi. 

Weah (2-/5) : Ca faisait longtemps qu’on l’avait autant pas vu dans un match.

Greenwood (honte à nous, 3/5) : Le seul joueur au niveau, on a les vedettes qu’on mérite.

Traoré (2-/5) : La marche était haute, quand même.

Paixão (67e) : Plombe son entrée en se faisant pourrir sur le second but, il a au moins eu le mérite de ne pas démissionner.

Gouiri (1+/5) : On l’avait entraperçu contre le PSG, ce problème de carrure, qui fait de lui ce papillon élégant, qui volette, virevolte et s’écrase comme une merde sur le premier défenseur qui dépasse les 90 kilos.

Aubameyang (67e) : On rigole, on rigole, mais les finitions à la Clinton Njie, ça commence à être lourd quand même.


L’invité zoologique : Hugo AkhalTeké

Un cheval, ça se la pète. Un cheval de race, ça se la pète beaucoup. Mais le cheval akhal-teké, c’est quand même le bourrin qui se la pète le plus sa race, si vous me passez l’expression. Mais est-ce que ses qualités réelles sont à la hauteur du mythe, me direz-vous ? Eh bien on sait pas, c’est le principe du mythe, justement.

  • Les autres : Pas bandant mais à l’expérience, ça fait le boulot.
  • Le classement : Nous sommes 19e et pouvons donc nous permettre de perdre 5 places maximum. En cas de défaite au dernier match, on estime entre 6 et 8 le nombre maximum de clubs qui peuvent nous passer devant. Autant dire qu’en cas de nul, et surtout de défaite, ça va écouter le multiplex avec le slipomètre au taquet.
  • Coming next : Ce dernier match de phase régulière, ce sera mercredi contre le Club Bruges. Mais en attendant, y a comme qui dirait un tournant alpedhuezien de la saison ce samedi, avec la réception de Lens. Pour la faire courte : s’ils nous gagnent, ils nous laissent agoniser sur le bitume.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Dromadame remporte le concours zoologique en échange de faveurs dont je n’ose même pas évoquer la teneur ici.


Bises massilianales,
Blaah

2 réflexions sur “OM-Liverpool (0-3) : La Canebière Académie re-combat ses démons

  1. Que les joueurs se débrouillent mais personnellement je n’ai pas prévu d’agoniser sur le bitume samedi soir.

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