OM-Lens (3-1) : La Canebière Académie re-re-combat ses démons

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Massilian roller coaster ride

Aïoli les sapiens,

Mercredi contre Liverpool, les wagonnets olympiens ont monté la rampe, se traînant poussivement pendant une heure jusqu’à nous donner le vertige, la peur de ce qu’il allait advenir ensuite, voire simplement la gerbe. Bref, ce samedi, nous voici non pas au pied du mur, mais au sommet de la montagne russe. L’OM s’avance doucement, nous avons la peur au ventre et l’acidité au slip, le wagonnet bascule et PUTAIN CA PART A 200 À L’HEURE C’EST TROP BIEN BORDEEEEEEEEEL.


Les Longorious Basterds

Rulli
Balerdi– Aguerd (Pavard, 73e) – Medina
Weah – Højbjerg – Timber (O’Riley, 73e) – Paixão
Nwaneri (Greenwood, honte à nous, 58e) – Gouiri (Aubameyang, 80e) – Traoré (Bakola, 73e)

Emerson est toujours blessé, pour une durée indéterminée. Aguerd est de retour de la Coupe d’Afrique, dans un état de forme qui reste à déterminer. Il reste à voir si nos deux recrues de la semaine sont immédiatement opérationnelles… ah bah c’est tout vu : Timber et Nwaneri sont titulaires d’entrée, dans une composition très offensive, avec trois défenseurs et les couloirs occupés par Weah et Paixão. Greenwood (honte à nous) est sur le banc. Autant dire que pour De Zerbi, si les affaires tournent au vinaigre, ce choix particulièrement couillu pourrait vite avoir la consistance d’un acte manqué assorti d’un billet de retour prématuré pour Brescia.


Le match

Après un somptueux tifo pyrotechnique spécial « Fuck LFP », le premier duel donne le ton de la rencontre quand, sur un ballon aérien, Paixão part s’exploser le teston contre Abdulhamid. Autant Liverpool, avé leur maillot rouge, leur palmarès et leurs Beatles, ils pouvaient se montrer intimidants, autant Lens, non, c’est pas les terrils et Pierre Bachelet qui vont suffire à ce qu’on les respecte. Métamorphosé, l’OM agresse, percute, combine vite. Paixão trouve ainsi Gouiri à l’entrée de la surface. Profitant de défenseurs surtout préoccupés à ne pas commettre la faute, Amine dribble et hérite d’un contre favorable. Il conclut d’un petit extérieur du pied d’autant plus astucieux que la trajectoire, déviée par le dernier défenseur, surprend le gardien (1-0, 3e).

Une fois n’est pas coutume, c’est plutôt notre adversaire qui laisse des boulevards dans son milieu de terrain. Un bon décrochage de Gouiri permet à nos offensifs de se procurer un énorme surnombre : Amine mène la charge, mais oublie Paixão tout seul à gauche pour tenter un tir insuffisant. Ce n’est que partie remise : nouveau décrochage de Gouiri, et voici Højbjerg qui peut mener le jeu dans un fauteuil. Pierre-Emile lance Nwareri qui, quasiment depuis la ligne médiane, s’offre un raid sans opposition. Une fois Ethan parvenu à l’entrée de la surface, les Lensois se préoccupent enfin de défendre, en l’espèce par une intervention de gros naïf de Sarr. Ethan se contente de crocheter le défenseur lancé comme un rhinocéros puis, une fois sur son bon pied, d’expédier une délicatesse hors de portée du gardien (2-0, 13e).

Faut-il déjà y voir l’apport de Timber ou s’agit-il d’une coïncidence ? Toujours est-il qu’en ce début de match, l’OM semble avoir gommé son principal défaut, qui condamnait la défense à encaisser un gros surnombre à la moindre perte de balle des offensifs. Il faut attendre la demi-heure pour que les Lensois affolent le slipomètre, avec une série d’une-deux qui place Edouard en position idéale : l’attaquant expédie son tir dans la tribune.


La première mi-temps est un rêve, mais, comme souvent, l’OM passe près de la grosse salopade dès la reprise. Dès l’engagement, les Lensois se portent sur notre droite où, pour l’une des rares fois du match, nous disputons des duels de viers marins. Thomasson est servi en retrait, mais s’inverse les chaussures au moment de cadrer son tir.

Comme contre Angers, l’OM aborde la suite du match en gestionnaire, certes, mais pas en gestionnaire débile. La circulation de balle conserve une certaine marge de sécurité, les duels défensifs restent intenses, et l’intention de se saisir des espaces est réelle. Les occasions lensoises sont inexistantes, au contraire de nos situations d’attaque.

Une grosse série de changements intervient de part et d’autre à vingt minutes de la fin, insuffisante pour inverser le rapport de force. Possédé par le démon depuis le coup d’envoi, Paixão s’impose à la fois au physique et à la technique pour récupérer la balle entre plusieurs lensois. Il oriente le jeu vers Gouiri qui, à l’entrée de la surface, décale Greenwood (honte à nous). Weah appelle à droite de la surface et, en une touche, adresse à ras-de-terre le centre parfait pour Amine. Tout est allé trop vite pour les Lensois, qui ne peuvent compter que sur un hypothétique hors-jeu de Gouiri à la conclusion. Malgré la position suspecte d’Amine, la VAR ne commet pas la faute de goût d’invalider une telle merveille collective : le but est validé (3-0, 76e).

La victoire quasiment acquise, il nous reste à valider la performance en réussissant enfin à boucler le match parfait. Caramba, encore raté : alors que nous étions jusqu’ici quasiment irréprochables sur nos relances sous pression, Bakola perd la balle dans une zone dangereuse. Sanction immédiate, Sangaré lance Fofana, qui part battre Rulli une main dans le slip (3-1, 85e). L’impensable étant chez nous toujours possible, on se prend à trembler un tantinet, d’autant que l’OM retombe dans ses travers, avec des relances mal assurées et l’absence de pression sur le porteur de balle. La défense termine néanmoins le boulot, et les dernières minutes défilent trop vite pour que Lens puisse espérer quoi que ce soit.

L’OM valide ainsi une performance majuscule, au cours de laquelle ses recrues n’ont pas attendu pour donner satisfaction. L’enjeu reste cependant le même que depuis le début de saison : ne pas repartir dans un nouveau cycle de hauts et de bas, mais maintenir une fois pour toutes le cap, rester lancés ainsi à Mach 2 sur la voie du beau football.


Les joueurs

Rulli (3+/5) : Un match qui fait du bien, sans exploit mais totalement propre de A à Z,, entre sorties aériennes précieuses et jeu au pied irréprochable.

Balerdi (3/5) : Quasi-parfait au duel, mais une tendance à zambo-anguisser ses milieux de terrain à chaque relance (zambo-anguisser : v.t, pour un gardien ou un défenseur, mettre son coéquipier dans la merde en lui adressant une relance suicidaire sous le pressing adverse. Ex. : « OK, André-Frank nous a couté le but, mais il faut dire que Mandanda l’avait salement zambo-anguissé, quand même. »)

Aguerd (4/5) : Depuis son retour de la coupe d’Afrique, tout a été fait pour bichonner Nayef : interdiction de parler de la CAN, couleurs vert-jaune-rouge prohibées, licenciement du cuistot qui avait mis du yassa au menu, interdiction faite à Tom le tailleur rasta de paraître à moins de 800 mètres de la Commanderie… Tout ça pour que les supporters fassent un tifo géant « BRAVO AU SENEGAL », ah bah bravo les gars, on peut compter sur vous. Ceci dit, ça ne vaut pas l’accueil de Brahim Diaz par Mbappé au Real : « T’inquiète pas mon gars, on est ensemble, on se soutient, on est des frères. Ne te mets pas la pression avec ce pénalty, je vais le tirer moi-même AVEC UNE BONNE PANENKA DANS TA FACE POUR BIEN TE MONTRER COMMENT ON LES TIRE, LOSER ».

Sinon, sorti de ça, ça va, ya pas l’air d’avoir de stress post-traumatique : Nayef a attiré tous les ballons dans la surface, ya pas un Lensois qui a touché canette pendant qu’il était sur le terrain.

Pavard (73e) : Entrée décisive par l’influence qu’il a eue sur ses coéquipiers (« merde, ya Balerdin qui rentre, on va vite se dépêcher de marquer le troisième but, c’est plus sûr »). Non, on galèje, il n’y a pas eu de cagade notable.

Medina (4/5) : Sans déconner, c’est le moins affûté de toute l’équipe et c’est celui qui se balade le plus à poil sous les caméras. Sa vision de fin de match dans le couloir, torse nu et bourrelets apparents, une manche de short remontée et le portable calé dans le slip, redéfinit la notion de schlag à la Marseillaise : à côté, Jul en Quechua-bob-claquettes, c’est Audrey Hepburn. Et le plus beau dans tout ça, c’est qu’avec son air de n’en avoir plus rien à foutre, Facundo a positivement victimisé ses anciens coéquipiers, produisant son meilleur match depuis qu’il est revenu. Un client comme celui-là, on en redemande.

Weah (3+/5) : Par contraste avec les performances flamboyantes de certains, Timothy a juste paru « très bon ». Sa passe décisive en une touche de balle pour le troisième but, c’était une mauresque bien dosée,  un chichi tout chaud, une pipe au miel d’Allauch, bref, un régal.

Højbjerg (4/5) : Pierre-Emile a produit des performances contrastées ces derniers temps, c’est un fait. Mais que les Lensois s’en croient autorisés à le laisser faire tout ce qu’il veut sur le terrain, c’est un peu comme ce dompteur de cirque qui annonce au patron : « Le lion est un peu patraque ces jours-ci, je crois que c’est le bon moment pour tester sans trop de risques ce numéro où je lui mets un doigt dans le cul. »

Timber (3+/5) : Très en vue dans le premier quart d’heure où il a joyeusement et efficacement contribué à l’éparpillement du milieu et de la défense adverses. Et surtout il a l’air de parler le même langage footballistique que Højbjerg, ce qui n’apparaît pas avec autant d’évidence chez d’autres collègues. Méfi quand même, on n’oublie pas que tout aurait pu basculer tragiquement avec cet hippopotacle de la 7e minute, qu’un arbitre un peu pute aurait pu sanctionner d’un rouge direct. Je n’ose même pas imaginer la même action si on avait été arbitrés par Benoît Bast… ah bah si, ça alors, c’était bien Benoît Bastien, l’arbitre de la rencontre, pourtant. Ben qu’est-ce qui t’arrive, Benoît, t’étais pas concentré ? T’es dépressif ? T’es devenu amoureux d’une Marseillaise ? Ne change pas, en tout cas.

O’Riley (73e) : L’arrivée de Timber va vraiment rendre les places chères entre lui, Kondogbia et Vermeeren, sans oublier Gomes (ces trois derniers mots s’autodétruiront au plus tard à la clôture du mercato). C’est une nouvelle chanson, si l’on peut dire.

Paixão (4/5) : En assommant Igor dès la 13e seconde de jeu, Abdulhamid a commis l’irréparable : il a déclenché son mode vénère. Igor a gardé le sourire, il a continué à faire des dribbles, mais surtout il n’a pas laissé un Lensois faire deux mètres dans sa zone sans donner l’impression de vouloir lui arracher les couilles avec les dents. De là à ce qu’on commence chaque rencontre en lui mettant une grosse claque derrière les oreilles pour l’énerver…

Nwaneri (4/5) : « Mais comment va-t-on le différencier de Greenwood, ils sont pareils » ? Alors, un moyen mnémotechnique simple : Ethan, c’est celui qui ne bat pas sa femme. De rien.

Greenwood (honte à nous, 58e, 3+/5) : A l’idée de se fader Nwaneri puis Greenwood (honte à nous) dans le même match, les arrières gauches viennent de dépasser les professeurs au palmarès des corporations touchées par la dépression nerveuse.

Traoré (3/5) : Le maniement du ballon est fruste, mais le bougre sait parfaitement jouer de son corps. De la part des adversaires, se le coltiner au duel, ça doit être enthousiasmant comme une déclaration d’impôts.

Bakola (73e) : C’est lui qui se dévoue pour nous faire rater le « perfect », il en faut bien un à chaque fois.

Gouiri (4+/5) : La griserie de la réussite, au point de goinfrer quelques surnombres par excès de jeu perso. Mais autant, ça faisait partie du plan pour rendre le mode vénère de Paixão encore plus vénère.

Aubameyang (73e) : Un but aurait été parfait pour se mettre en confiance, mais Jean-Bite n’a pas eu beaucoup de munitions (si ce n’est un numéro de Greenwood (honte à nous) conclu par un centre mal jugé).


L’invité zoologique : Robin Ricerf

Majestueux prince de la forêt, le cerf ne connaît personne capable de contester l’autorité que lui confèrent son charisme et son élégance. Survient alors le son du cor, qui annonce l’arrivée de cinquante soudards munis de leurs 4×4, leurs gros calibres et leur goût de la violence gratuite.

  • Les autres : À côté de leur match, comme nous face à Liverpool. On a retrouvé Florian Thauvin tel qu’on le connaissait, avec sa tendance à se liquéfier dans les grands matchs. Évoquons aussi Pierre Sage, l’un des rares entraîneurs que l’on a toujours plaisir à écouter (peut-être aussi parce qu’il parle de football plutôt que des arbitres ou des journalistes). Par contre, la comparaison avec l’OM contre Liverpool, on l’avait faite avant lui, on a des témoins.
  • Le classement : Nous restons à 7 points du PSG, nouveau leader, et revenons à 5 de Lens. La victoire était indispensable, mais il ne va pas falloir mollir.
  • Coming next : Bruges mercredi, le Paris FC samedi, Rennes en Coupe de France le mardi qui suit, et le PSG au Parc pour poursuivre la séquence. Ne pas mollir, donc, disions-nous.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Atmane H. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

5 réflexions sur “OM-Lens (3-1) : La Canebière Académie re-re-combat ses démons

  1. Mention du jury pour le double pinçage de téton de Medina sur Sarr, à 2m de l’arbitre, assorti d’une petite chiste dans le bon timing pour que l’arbitre voie juste la réaction du Lensois… C’était déjà très virtuose et, par dessus ça, notre Diable de Tasmanie calcule Édouard, le rudoie un coup, revient gonfler Sarr, puis attrape les 2 en même temps, les entasse l’un sur l’autre et oriente leur course comme LUI veut sans que les mecs se rebellent. Amadeus du bullying défensif

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