OM-Lyon (3-2) : La Canebière Académie a entendu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ca part de là.

Aïoli les sapiens,
Entendons-nous bien : nos joueurs ont déjà des difficultés à aligner trois passes de suite, on n’allait pas non plus exiger d’eux qu’ils fassent de cette rencontre une victoire symbolique contre le fascisme. Néanmoins. Quand la majorité des personnes « civilisées » jugent normal de rendre hommage à un néo-nazi ; quand l’extrême-droite se sent dans certaines tribunes comme dans un six-pièces-jacuzzi-tout-confort ; quand les papys Aulas et Rivère passent une narine hors de leur club-bourbier pour aller ajouter leurs remugles à des politiques locales qui n’avaient pas franchement besoin d’eux pour suffisamment sentir la fosse septique ; quand, même à Pertuis, mon stock de Monsieur Lapin va finir par s’épuiser à force de devoir recouvrir les autocollants de l’action française de mes deux… Eh bien oui, juste une victoire à la ouanegaine contre le club qui, mieux qu’aucun autre, symbolise la gangrène de ces idées de merde, on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est un peu plus que du football. À ce titre, les banderoles étendues au stade pour rendre hommage aux victimes de l’extrême-droite et du racisme étaient là pour nous montrer que tout n’est pas encore foutu.
Cela dit, si l’on omet le symbole pour se recentrer sur le plan sportif, voir la figure de ces mastres lyonnais après leur avoir retourné le mourre dans le temps additionnel représentait déjà un plaisir suffisant pour la soirée.
Les Longorious Basterds
Rulli
Weah (Pavard, 84e) – Balerdi– Aguerd – Emerson
Timber (Paixão, 46e) – Højbjerg– Kondogbia (Abdelli, 84e)
Greenwood (honte à nous, Nnadi, 93e)– Aubameyang – Touré (Nwaneri, 63e)
Longoria, sur le départ, est remplacé à la tête du club par Alban Juster, jusqu’ici directeur finance et compliance. Et là vous me direz : « c’est quoi la compliance » ? Eh bien, apparemment, en français on dit « conformité », et le terme désigne « désigne l’ensemble des processus mis en place par une entreprise pour garantir le respect des lois, des règles et des normes éthiques applicables à son activité. » (le genre de mec chargé de faire en sorte qu’on ne recrute jamais un joueur accusé de violences sexistes et sexuelles, par exemple).
Mais ça on s’en fout, en vrai, la vraie info c’est le nom de l’émissaire de Frank McCourt au sein du club, à savoir Shéhérazade Semsar-de Boisséson, ce qui la place directement au palmarès des personnalités marseillaises au nom le plus badass (derrière l’imbattable Céline Lefléfian).
Sinon, on peut aussi parler du terrain, pour ceux que ça intéresse : Nadir est absent pour une raison non précisée, de même que Gouiri à cause d’une blessure de dernière minute. Balerdi retrouve la pelouse mais pas le brassard, confié à Højbjerg, et Kondogbia redevient titulaire dans un milieu à trois.
Le match
Union sacrée des tribunes à la pelouse, stage de team-building de Mallemort à Marbella, attaque pied au plancher : dès le coup d’envoi, l’OM fait ce qu’il faut pour se remettre l’esprit en place. L’ennui, c’est que ça ne nous fait pas bien jouer au foot pour autant. Au lieu de se rassurer d’une grande tatane, Aguerd transmet une patate chaude à Emerson, qui perd aussitôt la balle sous le pressing. Kondogbia et Balerdi se jettent en faisant « AAAARGH » sur l’attaquant présent à l’entrée de la surface, ce qui ouvre un boulevard derrière eux pour Tolisso, lequel ajuste Rulli en rigolant (0-1, 3e).
Une nouvelle balerdise plus tard, Rulli doit s’employer à deux reprises devant les attaquants lyonnais. Tout ceci aurait pu augurer d’une soirée excessivement pénible, mais l’OM fait le nécessaire pour restaurer l’espoir. Impliqués comme jamais au duel, les nôtres pètent du milieu de terrain lyonnais à qui mieux mieux. Finies les phases de préparation imbitables, le ballon est expédié aussi vite que possible sur les couloirs pour une multitude de centres. On en deviendrait presque séduisants, n’étaient le score défavorable et un manque rageant d’efficacité dans le dernier geste (Aubameyang échoue sur le gardien puis hors du cadre, Greenwood (honte à nous) manque de lucidité à plusieurs reprises, Kondogbia place sa tête au-dessus, Højbjerg est excellent sauf sur ses frappes de vieilles Rongier-style, etc.)
Cette première mi-temps est ainsi très paradoxale : si l’OM fait montre d’une attitude irréprochable sur le plan de la combativité, domine et se procure de nombreuses situations, c’est bien Lyon qui mène au score et se procure les occasions réellement slipométriques. Endrick pisse ainsi sur toute la défense avant de tirer au-dessus et, juste avant la pause, Yaremchuk goinfre une énorme balle de 2-0 en oubliant son équipier au centre : manque de bol pour lui et tant mieux pour nous, Rulli semble avoir retrouvé toute son autorité dans les un-contre-un.
Cette première mi-temps homérique – car si les conditions météorologiques sont toujours dantesques, le combat, lui, est toujours homérique – cette première mi-temps, donc, laisse Timber sur le carreau. Paixão entre à sa place, dans un 4231 plus proche de la période dezerbienne. On retrouve d’ailleurs presque aussitôt les défauts identifiés, à savoir ralentissement et manque de percussion, et exposition à des contres suicidaires à la moindre perte de balle (avec ici, de nouveau, un paradoxe : le fait qu’on colle trois buts à l’adversaire dans une seconde mi-temps pourtant moins satisfaisante).
Comme en première période, à chaque micro-occasion de notre côté, Lyon répond en nous faisant exploser le slipomètre. Ainsi, un cafouillage sur corner aboutit à une frappe d’Aguerd à côté. En rétorsion, Lyon nous disperse au milieu de terrain pour envoyer Tolisso au doublé : il faut un bout de genou hors-jeu pour nous sauver de l’irréparable.
Et puis à ce moment, là, comme ça, Paixão décide que le moment serait bien choisi pour enrouler une praline en lucarne, comme ça, plof. Depuis son aile gauche, profitant de défenseurs lyonnais un peu touristes sur le coup, Igor met son idée à exécution. Le gardien se prépare à effectuer l’arrêt de sa vie, mais sa main mouligasse n’empêche pas la merveille de finir au fond (1-1, 52e).
Après ce coup d’éclat, la partie reprend aussitôt son rythme, d’un petit espoir chez nous aussitôt suivi d’un nouveau rouintage de canapé par les lyonnais. Lancé à droite après une belle récupération de Traoré, Greenwood (honte à nous) tire fort au premier poteau, mais hors-cadre. Dix minutes plus tard, une glissade d’Aguerd permet à Himbert de se trouver face au cadre grand ouvert, pour un tir à côté.
À l’approche du dernier quart d’heure, un certain ralentissement, quelques pertes de balle en zone dangereuse, laissent à penser que l’OM s’apprête à faire de la merde. Tout le monde est au courant, sauf les Olympiens eux-mêmes, qui ne se méfient pas et par conséquent ne mettent pas longtemps à se faire punir. Emerson re-foire une relance : Højbjerg tente bien de réagir aussitôt, mais se jette trop au pressing et se fait facilement éliminer. Himbert peut donc être envoyé au duel avec Balerdi, dont le cerveau fonctionne définitivement à l’envers de ce que des siècles d’évolution ont apporté en matière d’instinct de survie. Le voici qui se tient à un mètre de son attaquant, regarde celui-ci accélérer sans réagir, et n’envoie un pauvre tacle qu’une fois le tir croisé déjà parti, et placé hors de portée de Rulli. Léonardo c’est comme les dodos dans l’Âge de Glace, il trouve toujours une nouvelle façon rigolote de s’auto-rayer de la planète (1-2, 76e).
Les joueurs se disent cependant que le nouvel entraîneur n’est arrivé que depuis 10 jours, ce qui fait un peu tôt pour réclamer sa tête : les voici donc à remettre le bleu de chauffe, et à faire preuve d’une force de caractère qu’ils avaient soigneusement pliée et déposée dans un tiroir dans les derniers jours de De Zerbi. Ils se procurent ainsi un corner, qu’Emerson envoie à l’angle opposé de la surface. De volée, Paixão remet dans le paquet : que le choix de viser cette zone soit volontaire ou non, il s’avère en tout cas merveilleux. Aubameyang y surgit en effet dans le dos du défenseur et, lui aussi sans contrôle, marque de près ce qu’il est convenu d’appeler « un putain de vrai but d’avant-centre » (2-2, 81e).
Un temps additionnel interminable s’annonce. D’une tête lobée, Tagliafico commence par réveiller nos pires souvenirs de gastro au Vélodrome, le ballon échouant heureusement à côté. Pourtant, au lieu de se caguer dessus comme à l’accoutumée, les Olympiens ont l’originalité de hausser encore plus leur impact. Dans son appel, Morton essaie ainsi de passer en force sur Emerson mais se prend un mur ; quant au porteur de balle, il est anéanti sans haine ni violence par l’intervention d’Abdelli. Pendant que les lyonnais chouinent, l’action se déploie sur l’aile gauche : Nwaneri est relayé par Greenwood (honte à nous), qui transmet à Paixão, lequel lance Ethan en profondeur. À la réception du centre à ras-de-terre, Jean-Bite conserve son mode « renard des surfaces » pour se défaire du défenseur et marquer en taclant (3-2, 91e).
Højbjerg se fait aussitôt un plaisir de rendre aux lyonnais la monnaie de leurs gains de temps tout au long de la partie. Mais entre ultimes changements, palabres et réelles blessures, la partie s’étire bien au-delà des six minutes prévues. Se jugeant suffisamment repu de « HO SIFFLE INKULE, C’EST FINI, AH », Monsieur Brisard finit par nous libérer à l’orée de la 100e minute, pour un succès davantage arraché avec les dents que réellement maîtrisé : pile ce qu’il nous fallait pour nous refaire une santé.
Les joueurs
Rulli (3+/5) : Après plusieurs matchs où l’on a tout de même encaissé deux buts, voici un match où l’on a encaissé que deux buts. Ça n’a l’air de rien mais c’est très différent.
Weah (3/5) : Le bon match de cégétiste : pas d’éclat, ça se met au service du collectif, ça montre les gros bras quand il faut, ça n’oublie pas d’apporter le pastis et les merguez, ça assure le soutien de la rue aux camarades secrétaires partis faire plier le patronat.
Pavard (84e) : La cagade défensive pour Balerdin, c’est comme une dentiste à gros seins pour un obsédé : il lui faut un effort surhumain pour ne pas laisser son corps se livrer à des manifestations gênantes.
Balerdi (1/5) : Balerdi c’est comme Mélenchon, quand il ne fait pas le boulet il est très bon. Le problème c’est qu’il fait plus souvent le boulet qu’il est bon.
Aguerd (2-/5) : Toujours traumatisé par la Coupe d’Afrique, à le voir si hésitant. Il paraît qu’au stage de team-building de Mallemort à Marbella, quand on lui a demandé s’il voulait des pâtes à la tomate ou à la crème, Nayef a paniqué et envoyé le menu dans la figure d’Emerson.
Emerson (1+/5) : « Mais arrêtez de me faire des passes impossibles, bordel, vous voyez bien que je sais foirer mes relances tout seul ! »
Højbjerg (4-/5) : Comme quoi, quand il est plus intéressé par le fait de tirer l’équipe vers le haut que de faire sauter De Zerbi, Pierre-Emile sait faire des vrais matchs de capitaine.
Kondogbia (3+/5) : Après s’être un tout petit peu fait ridiculiser sur le premier but, Geoffrey a fait le point sur sa vie et s’est dit qu’il y avait tout de même des limites à l’indignité. Mieux vaut tard que jamais, a-t-on envie de dire.
Abdelli (84e) : Jusqu’ici, son entrée consistait surtout à dire aux adversaires « ça y est, c’est le moment de marquer ». À la longue ça a un peu niflé Himad, qui a signifié de très belle manière la fin du running-gag.
Timber (3/5) : Un excellent début de match avant une baisse de régime spectaculaire. Oui, je sais, c’est parce que tu t’es déboîté l’épaule. Qu’est-ce que tu veux que je te dise. Dromadame, quand elle s’explose l’épaule à la boxe, elle éclate la gueule de ses adversaires de l’autre main, t’avais qu’à faire pareil après tout.
Paixão (46e, 4+/5) : Crame tout en 45 minutes comme dans Django Unchained, fait pleurer les nazis comme dans Inglourious Basterds, fait vivre le martyre à une blondasse comme dans Boulevard de la Mort. Je crois que je vais devenir fétichiste de ses pieds.
Greenwood (honte à nous, 3/5) : Pendant ce temps, Achraf Hakimi, en procès pour viol, est nommé capitaine de l’équipe et a droit aux banderoles de soutien du stade. Faut se rendre à l’évidence, le PSG est une galaxie au-dessus de nous sur tous les plans, y compris quand il s’agit de se comporter comme des pourritures.
Nnadi (93e) : Lancé dans le bain dans un temps additionnel crucial, il ne s’est pas planqué.
Traoré (3-/5) : Une première mi-temps presque séduisante dans son style mi-créatif mi-bourrin. Malheureusement évaporé après la réorganisation.
Nwaneri (63e, 3+/5) : Inexistant, sauf sur une seule action. Mais mâtin ! quelle action !
Aubameyang (4+/5) : Jean-Bitenzaghi ne connaît qu’une seule vérité : celle du tableau d’affichage.
L’invité zoologique : Dominik Girafe
Le saviez-vous, les trois cornes sur le crâne de la girafe ne sont pas des cornes : on dit que la girafe a des ossicônes. Maintenant que c’est dit, si vous n’en avez jamais vu, d’ossicône, vous savez ce qu’il vous reste à faire : vous rendre au QG de campagne de Martine Vassal à la Barben.
[NdA : le rapport avec Lyon ? aucun, pourquoi ?]
- Les autres : Mais quelle équipe de petites frappes, sans rire. Des cartons pour gain de temps dès la 45e minute, des simulations, des roulades, des chouineries, et un entraîneur si mesquin et hargneux qu’il ferait passer Rudi Garcia pour un homme respectable.
- Le classement : En cas de défaite, c’était Lyon à huit points et l’égalité avec Lille et Rennes. C’est ce que l’on appelle une victoire un peu cruciale.
- Coming next : La réception de Toulouse mercredi en coupe de France nous rappelle de ne pas encore trop faire les mariolles avec les lyonnais : si nous ne faisons pas de la merde, il est fort probable qu’un troisième round finisse par être au programme.
- Sauve la date : Un peu de bonnes nouvelles, le Motchus fait escale à Pertuis ce samedi 7 mars pendant toute l’après-midi ! De l’expo, du jeu de piste, du Motchus : amène toute la famille, il y en aura pour les papets, les minots, pour tout le monde, quoi.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Un bon final en « Rhââaâ Lovely » – je te trouve un poil dur avec Leo et un poil gentil avec Kondo qui a quand même fait pas mal de merde malgré ses transversales assez élégantes.
Le bal des pleureuses est magnifique depuis hier. C’est quand même dommage d’avoir un entraineur avec des principes de jeu et des joueurs qui suivent tout en ayant une attitude générale aussi dégueulasse… 8 min d’arrêts de jeu en 1ère mi-temps… ah et c’est plaisant qu’ils ne comprennent toujours pas qu’il faut arrêter de célébrer leurs buts comme des pitres dans ces matchs…
On peut quand même aller brûler quelques cyprès?
Les lyonnais qui passent leur temps à terre alors qu’ils pouvaient tellement nous faire mal. Dommage pour le gone de 18 ans d’avoir voulu chambrer comme Depay, il aurait pris un coup de karma.
Magnifique acad, bravo.
Je me permets toutefois d’apporter une pierre à l’édifice zoologique : les girafes ont le plus souvent deux « cornes » mais certains mâles en portent jusqu’à cinq.
C’est sûr que des ossicônes comme ça on en voit pas tous les jours, sauf dans les parcs animaliers et dans certains QG…
L’allusion gerbante pro LFIste de coté. L’article est une fois de plus assez drôle et bien écrit.
Quand tu comprendras que LFI et RN sont les deux faces d’une même pièce tu feras peut être un peu des progrès, mais tu feras plus partie du « camp du bien », et pourras encore moins te servir de ça comme facteur d’acceptation sociale.
Si tu veux éviter un procès en diffamation, je te suggère d’avoir des sources plus solides que celles de tes amis de gauche, car personnellement, moi ce que je vois c’est qu’un jeune avec des idées présumées (et non prouvées) douteuses est mort, méritait il de mourir pour cela ? Visiblement pas ton allusion tu donnes la réponse.
Donc ta bienveillance de gauche qui consiste à se ranger du coté du camp de ceux qui piétinent le cadavre d’une personne et la diffame par pur enjeu politique , on sait ce qu’elle vaut désormais :).
Dommage, une rhétorique intéressante, gâchée par un besoin toujours présent de faire de la politique de bas étage sur un blog de football.
Dans le même état que quand j’avais pris mes distances avec ce site, comme quoi il est plus facile de déplacer des montagnes que de changer la nature profonde de certaines personnes … :)
Je publie pour que tout le monde admire ta gerbe. Pas la peine de nettoyer, on s’en chargera. la sortie est par là.