OM-Nantes (0-2) : La Canebière Académie doit se montrer psychologue
Bourrés avant d’avoir bu.

Aïoli les sapiens,
Ecoute mon bon Roberto, t’es un gars modèle. Mais si, t’as que des qualités. Et physiquement, t’es resté comme je pouvais l’espérer : c’est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c’était à refaire, je te recruterais de nouveau. Mais tu m’emmerdes. Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour, mais TU M’EMMERDES.
Les Longorious Basterds
Rulli
Pavard – Egan-Riley (Traoré, 72e) – Medina (Murillo, 46e)
Weah – Højbjerg – Vermeeren (expulsé, 25e) – Emerson
Greenwood (honte à nous, Gouiri, 72e)– Aubameyang (O’Riley, 60e) – Paixão (Nadir, 32e, expulsé 56e)
L’infirmerie est enfin vide, n’était Leo Balerdi en train de piller l’armoire à Smecta après avoir fait connaissance avec les huîtres de Bouzigues au réveillon. Traoré et Gouiri sont en effet revenus dans le groupe. Côté africain, Jean-Bite est déjà reparti de la coupe d’Afrique, frappé d’indignité nationale mais on s’en tape du moment qu’il est en forme pour jouer chez nous ; Aguerd est en revanche toujours qualifié.
L’instable de Brescia se met en devoir de concocter une défense à trois gars sans automatismes, mais bon, si Nantes est aussi nul que d’habitude, cela ne devrait pas être un obstacle (spoiler : ils n’ont pas eu envie d’être nuls et par conséquent la défense a été aussi calamiteuse que d’habitude).
Le match
La deuxième partie de saison, c’est comme la dernière année de mandat avant les municipales : tu peux avoir mérité le prix du maire de l’année pendant les cinq années précédentes, ou au contraire, tu peux avoir passé ton temps à piquer dans la caisse en harcelant tes collaboratrices de cabinet, tout le monde s’en tape : tout est oublié, ce qui compte c’est le sprint final.
Dans ce contexte, on peut au moins savoir gré à l’OM de ne pas nous donner de faux espoirs : l’équipe est déjà prête à tout foirer dans les grandes largeurs. Au lieu de nous montrer comment ils avaient utilisé la trêve pour corriger leurs défauts, les jours nous exposent ceux-ci en grand format : circulation de balle lente et stérile, bloc défensif transpercé à la moindre perte de balle.
Les premiers surnombres slipométriques ne tardent pas à survenir. Sur corner, une tête lobée menace Rulli, qui doit claquer le ballon au-dessus de sa transversale. Cependant, Geronimo inaugure par cette action une série de pétages de plombs ahurissants de la part de nos joueurs. Son coup de poing foireux, au lieu d’éloigner la balle, fait échouer celle-ci devant la ligne de but, où El-Arabi se fait un plaisir de surgir pour valider le gag. Comme avant les vacances, un nouveau miracle nous sauve les miches, l’un de ces miracles que seul l’arbitrage vidéo sait produire : El-Arabi est légèrement hors-jeu sur le premier coup de tête, et dans la mesure où, réglementairement, le geste du gardien n’équivaut pas à le remettre en jeu, l’arbitre est bien obligé d’annuler un but qui, dans l’esprit, aurait totalement mérité d’être validé.
La bienveillance arbitrale, c’est comme la fondue savoyarde : même si l’on apprécie, quand on verse dans l’excès ça commence à filer un peu la gerbe. D’autant que l’épisode ne sert pas d’électrochoc à une équipe toujours aussi inoffensive. Quelques initiatives individuelles tentent bien de secouer le blocquéquipe adverse, à l’image de cette accélération de Paixão ponctuée d’un centre parfait pour Aubameyang. Seul à la réception, Jean-Bite ne parvient pas à placer sa tête ailleurs que sur le gardien.
Défensivement, le slipomètre reste vermillon : consécutif à une faute de Paixão, un coup-franc excentré est enroulé par Tabibou. Toujours dans son Blind January, Rulli juge mal la trajectoire et voit la balle atterrir sur le poteau.
Dans n’importe quelle équipe ambitieuse, les moments de flottement sont suivis d’une ferme reprise en main collective : les joueurs parviennent ainsi à se recentrer sur leurs certitudes techniques et collectives, ce socle inébranlable que leur talent propre, leur travail quotidien et leur expérience commune leur ont permis de façonner peu à peu. Mais chez nous, non : pourtant ces certitudes pourraient exister ; mais on en vient à se demander si, au lieu de les perfectionner individuellement et collectivement, la vie commune ne conduit pas les occupants de la Commanderie à devenir chaque semaine un peu plus tarés que la précédente.
L’exemple survient à la 25e minute, avec un modèle de pressing collectif appliqué sur la relance nantaise, à l’initiative de Vermeeren. Le ballon recule jusqu’à un Anthony Lopes en grande difficulté mais, au lieu de cueillir tranquillement les fruits de cette action, le même Vermeeren découpe le gardien nantais d’un hippopotacle lui valant un rouge immédiat et incontestable. C’est à l’écoute des déclarations d’après match que les pièces du puzzle s’assemblent, comme dans Usual Suspects ; lorsque l’on entend De Zerbi déclarer devoir se montrer « plus psychologue qu’entraîneur » ; lorsqu’il avoue avoir pris Vermeeren à part dans son bureau, pour lui annoncer sa titularisation après une semaine d’entraînement compliquée. En fait, est-ce que ce ne serait tout simplement pas Roberto qui rend ses joueurs cinglés ?
De Zerbi tente de pallier aussitôt l’incident en faisant entrer Nadir, quitte à sacrifier Paixão qui paraissait pourtant l’un des seuls olympiens montrant quelques initiatives (souvent foireuses au demeurant, mais bon). Le problème est que, dans l’intervalle entre l’expulsion et le remplacement, Nantes s’est offert un énième raid sur nôtre côté droit, d’où Abline pénètre dans la surface une main dans le slip et déclenche un tir à ras de terre. Rulli détourne difficilement dans les pieds de Centonze qui, à la différence de Paixão, a suiviletirbordel et conclut (0-1, 31e).
La fin de période est un calvaire, les Olympiens ne paraissant pas trop savoir quoi faire offensivement, et se faisant pisser dessus avec constance défensivement. Seul un Weah valeureux parvient à se faufiler entre les canaris pour délivrer un centre menaçant, sur lequel Jean-Bite se montre trop juste.
Murillo remplace Medina à la pause, et les Olympiens semblent enfin s’être mis la tête à l’endroit et les doigts hors des orifices inappropriés. Une percée d’Emerson aboutit à un tir de Greenwood (honte à nous), sur le gardien. Obtenu par Højbjerg, un coup-franc est mal renvoyé jusqu’à ce même Pierre-Emile, qui pladupiésécurise trop timidement pour empêcher la parade. Reporté à gauche depuis l’expulsion, Weah adresse un nouveau centre dangereux, conclu par une reprise difficile de Murillo. Comme trop souvent cette saison, dix minutes en seconde période ont suffi à l’OM pour montrer plus de promesses que pendant toute la première mi-temps. Hélas, deux minutes suffisent aussi à Bilal Nadir pour tout foutre à terre, victime lui aussi de l’épidémie de débilite nodulaire contagieuse qui frappe le troupeau. Après un premier carton jaune récolté à la 54e pour un classique « je perds la balle et je tacle comme un idiot », Bilal obtient le second à la 56e en coupant une contre-attaque d’une adorable poussée dans le dos.
Re-expulsion d’un milieu, re-sortie d’un attaquant pour faire entrer un remplaçant, Jean-Bite pour O’Riley en l’occurrence. La bidouille s’achève avec l’entrée des deux revenants, Traoré pour Egan-Riley et Gouiri pour Greenwood. Avec deux joueurs de moins, l’OM ne parvient pas à faire grand-chose même si, ceci dit, le jeu produit paraît presque plus fluide qu’à onze contre onze. On se prend ainsi à rêver, d’autant que Nantes salope avec application ses nombreuses occasions de plier le match : Le Roux prend d’abord part à la douche dorée collective sur Pavard, avant d’échouer sur un Rulli enfin solide. C’est ensuite Cabella qui intercepte une relance merdique de Geronimo, mais lui rend la balle d’un lob tout aussi piteux. De notre côté, Weah se démène et tente même une très jolie frappe, qui a le malheur d’être déviée hors du cadre par Gouiri.
C’est finalement Balerdin Pavard qui euthanasie la rencontre, par une faute de gros benêt sur un crochet de l’inévitable Abline. Cabella transforme le pénalty d’une frappe suffisamment forte pour que Rulli ne puisse la détourner (0-2, 88e).
On le confesse, il nous est arrivé de regarder cette équipe et son entraîneur avec les yeux de l’amour, cette période où les pets sous la couette et les poils pubiens dans la baignoire n’étaient ressentis que comme de menus défauts, que notre lune de miel éternelle finirait inévitablement par gommer. Or non seulement les défauts restent, mais ils deviennent insupportables. L’équipe joue tenaillée par la peur et non par l’appétit. Une grande partie des individualités ont un niveau excellent, mais, à défaut de le bonifier, elles ne parviennent même pas à se reposer dessus : elles semblent au contraire sur-jouer jusqu’à faire n’importe quoi, à l’image des relances et sorties de Rulli, ou des dribbles de Greenwood (honte à nous). Les boulevards laissés à la perte de balle sont désormais connus de tous, et même les plus nullissimes de nos adversaires se mettent à relancer court en sachant très bien qu’une fois notre première ligne franchie, c’est une randonnée sans opposition qui s’offre jusqu’à notre surface. Il fut un temps où on se demandait si nos joueurs travaillaient à l’entraînement pour montrer aussi peu de progrès collectifs, mais il semble que le problème est inverse : on aurait envie de dire à De Zerbi « surtout ne cherche pas à les faire progresser, tu ne parviens qu’à les rendre plus flippés qu’ils n’étaient déjà ».
Alors que l’on pleure le regretté Papy Gasset, on se prend à rêver que l’esprit du Papet se répande sur la Commanderie et enveloppe les joueurs d’une épaisse couche de confiance et de tendresse. Peut-être ainsi cesseront-ils de se torturer l’esprit pour revenir au plaisir simple de jouer, ou en tout cas manifester une attitude qui respecte un minimum tous ceux qui s’affranchissent des tarifs prohibitifs du Vélodrome ou de leur abonnement mensuel à la télé, et dont les sacrifices mériteraient, sinon la victoire, du moins de ne pas se faire caguer à la figure comme c’était le cas hier.

Les joueurs
Rulli (1/5) : Ça aurait été Steve Mandanda, on aurait déduit qu’il était encore bourré du réveillon et on ne se serait pas inquiétés plus que ça. Mais s’agissant de Geronimo, nous voici désemparés.
Pavard (1-/5) : Pousse le manque de dignité jusqu’à ne pas se faire expulser, comme un Macron qui évoque l’abnégation d’aller jusqu’au bout de son mandat, alors que le meilleur service à rendre au pays consisterait justement à débrancher.
Egan-Riley (2/5) : Un gus moyen, encadré par un mec qui fait sous lui et un autre qui revient juste de blessure. Qu’est-ce qui aurait pu mal se passer ?
Traoré (72e) : Content de revoir des forces vives réintégrer le groupe, même si lesdites forces vives ont eu du mal à montrer un contrôle correct.
Medina (2/5) : « Vous êtes sûrs que je peux pas rester un peu blessé, genre en attendant qu’Aguerd et Balerdi reviennent à côté de moi ? »
Murillo (46e, 3-/5) : Bonjour, bienvenue, nous voici à deux joueurs de moins, démerde-toi.
Weah (3/5) : Un peu à droite, un peu à gauche, un peu au centre, bref un peu partout mais toujours avec l’envie de bien faire. Tactiquement ça ne ressemblait pas à grand-chose, mais heureusement qu’il était là pour secouer un peu la défense adverse.
Højbjerg (1+/5) : Capitaine débordé par l’imbécilité et la panique ambiantes. Même pour lui, c’est mort pour ce qui est d’apporter la stabilité dans le jeu : le concernant, c’est de l’organisation d’un barbecue-team buliding de Mallemort que viendra le salut, rien d’autre.
Vermeeren (expulsé 25e, 0/5) : AnthonyLopes, c’est comme Nicolas Maduro. En soi, on ne voit aucun inconvénient à ce qu’il se fasse déboîter, le souci c’est qu’il existe un minimum de formalisme à respecter. Et surtout, dans le cas d’Anthony Lopes, le souci c’est qu’il y ait des gendarmes.
Emerson (3-/5) : De même queWeah, on n’a pas toujours saisile pourquoi du comment de son positionnement, en tout cas il a réussi à conserver une certaine intention d’aller jouer au football dans le camp adverse.
Greenwood (honte à nous, 1/5) : L’entraîneur, les joueurs de l’OM, les supporters, les joueurs nantais, lui-même, le conseil municipal, le syndicat des dockers, la société protectrice des animaux, le Vatican, bref, tout le monde était bien conscient que seul un énième exploit de Mason Greenwood (honte à nous) eût été de nature à faire basculer la situation. En l’occurrence, l’exploit, ç’aurait été de faire une passe.
Gouiri (72e) : Comme ce n’est pas Mel Gibson, il n’a pas réussi à se re-déboîter l’épaule tout seul, et il a bien été obligé de rentrer sur le terrain.
Paixão (2+/5) : L’un des seuls, à onze contre onze, à créer des trucs qui ressemblent un tant soit peu à des actions dangereuses et donc, par la plus saine des logiques, le premier à sortir pour… pour quoi, au fait ?
Nadir (expulsé, 56e, 0/5) : fond en larmes dès qu’il prend conscience de sa faute de trépané, ce qui le maintient de justesse au-dessus de Jo Le Sconse au palmarès des cartons rouges les plus débiles.
Aubameyang (1/5) : Déclaré persona non grata par le président du Gabon en personne, Jean-Bite peut désormais tout entier à rater des occasions sous le maillot olympien, au lieu de tous ces ingrats qui ne savent pas apprécier les occasions ratées sous le maillot national.
O’Riley (60e, 2/5) : Un coup dehors, un coup dedans, Roberto a un accordéon et on n’en dort pas de la nuit.
L’invité zoologique : Matthis Zibeline
Sorte de petit vison très mignon lorsqu’il est dépecé et porté sur les épaules des élégantes, la zibeline est de la famille des mustélidés, dont les représentants sont réputés parfaitement inoffensifs sauf quand ils réussissent à vous attraper les couilles avec les dents. Voici ses observations.
- Les autres : Combatifs et efficaces, bref,conformes au cliché de la« mission commando pour le maintien » (on aimerait voir ce que cela donne, De Zerbi dans un club qui joue le maintien ; logiquement, la ville prend feu en trois mois).
- Le classement : Lens et le PSG se détachent à huit et sept points, les autres se rapprochent : il nous reste à sauver ce qui peut l’être. Pour ce qui est de gagner un titre, ce sera donc all-in sur la Coupe de France (ou la Ligue des Champions, mdr).
- Coming next : Ah ouiiii, c’est vrai qu’il y a aussi le « Trophée des Champions » jeudi à Koweit City, techniquement ça compterait comme un titre. Ça paraît crevard, dit comme ça, mais après tout, c’est bien la Coupe de la Ligue qui nous avait dépucelés, il y a 15 ans.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
2026 commence vraiment bien avec cette belle acad’.
Merci, et tous mes vœux de zerbi.