OM-PSG (2-2, 1-4 t.a.b) : La Canebière Académie n’a pas droit au bonheur

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Soyons zen.

Aïoli les sapiens,

Une rencontre écologiquement irresponsable et sportivement inepte, face à l’un des meilleurs représentants du football disneylando-émirati. Même si le manque de trophées nous a fait connecter à Ligue 1 Plus comme un gros junkie, c’est plutôt détendu du slip que nous avons abordé ce Trophée des Champions : qu’on le gagne, et l’on pourra savourer notre dépucelage palmaressique, qui comme tout dépucelage, implique de ne pas être trop regardant sur la conquête ; qu’on le perde, et la face du club ne devrait pas trop en être changée.

Ce détachement nous a permis de trouver ce match étrangement plaisant, une sorte d’affiche de niveau Ligue des Champions avec l’enjeu d’une kermesse de foyer rural. L’ouverture du score encaissée de manière particulièrement débile est allée jusqu’à nous faire sourire, la réponse olympienne a été appréciée à sa juste valeur, et même l’égalisation de la 95e, face à un PSG coutumier du fait, a été ravalée au rang de simple péripétie. À moins que ma famille n’ait coupé au Tranxène ma bière de match, ce stoïcisme sans faille devant les aléas de la vie représente dans cette soirée une victoire personnelle dont je ne suis pas peu fier.

Sérénité nirvanesque, donc, malgré la ginolisation du match par Jean-Bite et nos brêles de défenseurs. Flegme quasi-britannique, au moment de voir nos empaffés, prétendus « cadres de l’équipe » en tête, laisser les seconds couteaux saloper comme rarement la séance de tirs au but. Impassibilité marmoréenne, au moment de souhaiter à ces connards de subir la méthode de « déconstipation traditionnelle asiatique » telle que rapportée dans cet excellent article médical : l’insertion d’anguilles vivantes dans le cul avec supplément perforations rectales et intestinales (l’article est ici, photos incluses).

Même en jouant pour la queue du Mickey ils arrivent à me crisper, ces connards.


Les Longorious Basterds

Rulli
Pavard – Balerdi– Medina
Weah (Murillo, 77e) – Højbjerg Kondogbia– Emerson
Greenwood (honte à nous, O’Riley, 92e)– Gouiri (Aubameyang, 67e) – Paixão (Traoré, 67e)

Le 343 c’est vilain, mais après tout cela avait fonctionné quand nous étions jeunes, quand nous étions fous, et que nous gagnions contre le PSG. Après leurs pitreries contre Nantes, Vermeeren et Nadir sont suspendus, Balerdi s’est remis de sa castapiane, et Gouiri redevient titulaire en attaque.


Le match

Phénomène amusant, depuis le début de la saison l’OM se montre absolument nul sur corner, sauf contre le PSG. Cette phase de jeu nous avait déjà procuré la victoire il y a quelques mois, et seul un arrêt-réflexe du gardien empêche Balerdi de récidiver. L’OM provoque, se procure plein de coups de pied de coin et, sur lesdits corners, met systématiquement la défense en difficulté.

Comme il faut bien reconnaître que ces parisiens, depuis qu’ils ont un entraîneur qui les fait ressembler à une équipe, sont franchement pas dégueu, on assiste ainsi à un match vif et plaisant, d’autant que la tiédeur de l’enjeu et la mollesse du stade ôtent à la tension habituelle.

Face à un adversaire qui joue, et qui par conséquent ne se préoccupe guère de laisser des espaces, l’OM se fait clairement plus plaisir que devant les blocquéquipes de ligue 1. Sur le plan défensif, en revanche, c’est toujours pareil que l’on joue contre Nantes, le PSG, et sans doute aussi Bayeux mardi : à tout moment ça peut devenir Pinder. Soucieux d’appuyer ses premières relances, Rulli envoie en guise de passe une sacoche dans le bide de Medina. Malgré le mauvais contrôle qui s’ensuit, Facundo réussit à écarter le danger, et c’est ici que l’OM innove : des buts encaissés sur des coups de vier défensifs, on peut en citer des pelletées ; mais le DOUBLE VIER défensif, voici ce qui s’appelle une figure de style. Qu’est-ce qu’un double-vier défensif, me direz-vous ? Eh bien c’est quand l’OM commet une énorme cagade, la rattrape par miracle et, dans la touche de balle qui suit, commet une nouvelle cagade qui finit par l’anéantir. Dans le cas présent c’est Paixão qui, au lieu de sacocher n’importe où le temps que tout le monde reprenne ses esprits, relance plein axe droit sur Vitinha alors que notre défense n’est pas replacée. En une touche, le Parisien lance Dembelé qui n’a plus qu’à lober Rulli une main dans le slip (0-1, 14e).

Un début valeureux gâché par un but idiot, jusqu’ici on est dans du Classique classique, si l’on peut dire. Si Rulli doit s’employer pour éviter le 2-0, la fin de première mi-temps est plutôt à notre avantage. Trois paramètres nous empêchent principalement d’égaliser. Premièrement, Greenwood (honte à nous) semble avoir désappris à faire une passe, du moins une qui ne soit pas précédée de huit touches de balles, goinfrades de surnombres à la clé. Deuxièmement, le gardien Lucas Chevalier n’a pas envie de continuer à être nul, ce qui nous arrangeait pourtant bien en début de saison. Troisièmement, nos attaquants ont beau prendre plusieurs fois l’avantage sur les parisiens, leur carrure de motte de beurre leur vaut d’être systématiquement plantés dans le gazon par le retour des défenseurs. Lancé par Emerson, Gouiri est ainsi censé filer seul au but, mais se fait rattraper et dévorer comme s’il était un joueur amateur en surpoids ; je jure : en ce moment Dromadette regarde l’Attaque des Titans, même là-dedans les golgoths ont plus de considération pour les humains qu’ils éviscèrent.


L’envie demeure, pourtant, et l’OM passe de nouveau près de l’égalisation en seconde période. Un délicieux centre d’Højbjerg est repris par Paixão, à son tour mis en échec par une RAIE du gardien. Celui-ci récidive ensuite devant un tir à mi-hauteur de Gouiri. Le PSG n’est pas en reste, et Rulli doit tenir la baraque derrière avant qu’une lourde de Doué n’échoue sur l’extérieur du poteau.

Le remplacement de Gouiri par Aubameyang semble initialement changer peu de choses pour les défenseurs : lancé par Kondogbia, Jean-Bite dribble le gardien mais, au duel avec le défenseur, c’est Brigitte Macron contre Teddy Riner. Aubameyang se mue ensuite en passeur pour lancer Greenwood (honte à nous) d’une touche de balle. Cette fois-ci, pas de Godzillo-qatari en vue, c’est entre notre attaquant et le gardien que ça se joue : Chevalier sort avec une demi-heure de retard, au grand plaisir de l’Anglais qui se jette pour obtenir le pénalty. Celui-ci paraît tellement évident que personne ne prend la peine de vérifier si notre attaquant a bien été touché par autre chose que le souffle divin. Greenwood lui-même (honte à nous) transforme à contre-pied (1-1, 76e).

S’ensuit un moment cocasse où notre nouvel entrant, Traoré, se met en devoir de récupérer la balle et de partir tout seul sur l’aile gauche avant de centrer. Sous la menace d’Aubameyang, Pacho tente d’intercepter d’une sorte de semelle roulée-caguée, qui finit entre les jambes de son propre gardien (2-1, 88e).

À ce moment, l’optimisme est total : même si nous avons toutes les chances de nous faire égaliser comme des viers marins, au moins aurons-nous la propable satisfaction d’enchaîner un deuxième match de suite sans perdre, tandis qu’un gardien comme Rulli nous autorise tous les espoirs en cas de tirs au but. Dans une telle perspective, voir le tableau d’affichage se garnir d’un « but de Gonzalo Ramos, 95e » apparaît presque comme une fatalité ; l’ennui vient plutôt de la manière dont nous avons concédé, et qui prouve qu’en matière de craquage mental, cet OM-là ne finira jamais de nous surprendre. Aubameyang est ainsi lancé en contre-attaque par Kondogbia, légèrement excentré et avec un léger temps d’avance sur son défenseur. Les options sont multiples :

  • lober en une touche Chevalier, sorti n’importe comment ; technique, mais peut rapporter gros et au moins fera gagner quelques secondes ;
  • allumer la grosse frappe à la gacha empega : une chance sur mille que ça marche, 999 chances sur 100 que la balle finisse en tribune ; dans les deux cas, c’est un choix gagnant ;
  • faire la couille molle et s’escamper avec la balle au poteau de corner : c’est petit, mais si c’est bien joué il y a de quoi enterrer le ballon jusqu’au coup de siflet final ;
  • garder la balle sans savoir quoi en faire devant un défenseur qui a déjà son couteau, sa fourchette et la serviette autour du cou : en fait, la seule option suicidaire à éviter absolument.

Évidemment, Jean-Bite fond le cerveau et perd immédiatement la balle sans pouvoir empêcher la relance immédiate. Rester lucides et sereins encore trente secondes, c’était vraisemblablement trop demander à notre équipe, qui refait le coup des kiwis dans les As de la Jungle : courir partout et n’importe comment en faisant « AAAAAAH ». La ligne défensive peine ainsi à gérer le positionnement de Ramos, volontairement hors-jeu avant de se replacer : une préoccupation qui ne semble pas effleurer Murillo, placé trois mètres devant tous ses coéquipiers, et qui laisse donc Barcola partir dans son dos. D’une remise instantanée de la tête, l’ailier recentre la balle pour Ramos, qui ajuste Rulli de près (2-2, 95e).


Jusqu’ici, on se trouve encore dans l’agaçant plus que dans l’infamant. Mais c’est la séance de tirs au but qui parvient à faire dégringoler les joueurs de plusieurs étages dans notre estime. Considérons que trois joueurs sont habitués à porter le brassard (Balerdi, Højbjerg, Kondogbia). Considérons que nous disposons de quelques autres vétérans dotés de trucs qui ressemblent un peu à de l’expérience, voire pour certains du palmarès (Jean-Bite, Pavard, Emerson). On ne prétend pas que tous sont forcément habiles dans l’exercice des tirs au but, mais, PUTAIN DE BORDEL DE MERDE DE VOS RACES, COMMENT LES CADRES DE L’ÉQUIPE PEUVENT-ILS AUTANT MANQUER DE COUILLES POUR NE PAS PARTICIPER A LA SÉANCE ? Matt O’Riley et Hamed Traoré, normalement, ça entre si nécessaire en sixième et septième tireur en faisant des petits pets mouillés, pas en inaugurant une séance pouvant nous offrir notre premier trophée depuis 13 ans et demi. Les tentatives de nos deux premiers tireurs sont ainsi absolument pitoyables, deux tirs péraves à mi-hauteur directement offerts au gardien. En face, les parisiens défoncent les filets avec application, n’autorisant Rulli qu’à toucher la balle du bout des doigts, dans le meilleur des cas. La réussite de Murillo n’y change rien ; après Nantes dans un autre genre, l’OM nous gratifie une nouvelle fois d’un monumental craquage mental collectif.

À l’heure actuelle, la question porte moins sur la manière dont l’équipe saura se relever et enfin concrétiser ses promesses, que sur le moment où les joueurs et leur flippé d’entraîneur finiront par lâcher définitivement la rambarde à force d’épuisement psychologique.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Le quota de beaux arrêts, mais qui finalement n’auront guère eu d’incidence sur le résultat final.

Pavard (3-/5) : Après un match entier à se faire uriner dessus par Matthis Abline, on pouvait craindre le pire de son duel avec Kvaratskhelia. Finalement, le spectacle est resté coté « tous publics » par l’Arcom, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Balerdi (3-/5) : Le match : très bon, passons là-dessus pour en venir aux tirs au but. Porter le brassard et ne pas disputer la séance, c’est péché, point. En plus, pour ce qui est de saloper des tirs au but, ton chef-d’œuvre contre Annecy est à jamais indépassable, tu n’avais donc rien à perdre.

Medina (3-/5) : Un malus pour ce t-shirt relevé à la84e minute et 40 secondes. Clairement, t’es pas de la team frangipane, toi ton truc c’est la brioche, mon cochon.

Weah (3/5) : Une belle activité, si ce n’est l’impression persistante de rendre 20 centimètres et 30 kilos à ses adversaires.

Murillo (77e) : À la différence des autres, il a parfaitement pris ses responsabilités aux tirs au but. Prendre ses responsabilités au marquage pendant le temps additionnel, ça aurait été pas mal non plus note.

Højbjerg (2/5) : Je sacque ; rien à foutre de son très bon match, si c’est pour faire « coin coin » au moment de s’inscrire aux tirs au but.  

Kondogbia (2/5) : Même cause, mêmes effets que le précédent. Le match était bon mais on s’en cague : le simple fait qu’O’Riley et Traoré aient eu le temps de prononcer intelligiblement « moi je veux bien y aller » est une faillite de votre part.

Emerson (2/5) : Sait-il tirer les pénaltys ? Je n’en ai foutrement aucune idée. Et honnêtement, j’aurais bien aimé le savoir, plutôt qu’O’Riley pour lequel on avait déjà une petite intuition. Au risque de rabâcher.

Greenwood (honte à nous, 3-/5) : Sauvé par son égalisation, alors que l’essentiel de son match consistait jusqu’ici à jouer au héros solitaire et tête-à-claques. On aurait bien insulté De Zerbi pour l’avoir sorti à la 92e au lieu de le maintenir en cas de tirs au but, mais il semble bien que Greenwood (honte à nous) ne pouvait plus mettre un pied devant l’autre à ce moment du match.

O’Riley (92e) : Tellement dépourvu de personnalité qu’il se ferait traiter d’homme-soja même dans une communauté de végan qui peignent des lys.

Paixão (2-/5) : Théoriquement virtuose comme Antoine Dupont, mais avec l’impact physique d’Edouard Balladur. Ce qui empêche quelque peu la virtuosité de s’exprimer, en fait.

Traoré (67e, 3/5) : On l’a vu avec Luis Henrique en coupe de France l’an dernier : quand tu es le héros inattendu du match, planque-toi pour avoir une chance de le rester, ne va pas tout gâcher avec un tir au but lamentable.

Gouiri (3-/5) : De belles dispositions, maisil lui manquait un mois pour avoir récupéré du tranchant

Aubameyang (67e, 1+/5) : On valide la passe décisive pour le pénalty égalisateur. Mais c’est surtout son action de la 95e qui entre avec fracas au musée des images génératrices d’insomnies, à côté de l’action de Valère Germain contre l’Atlético en 2018.


L’invité zoologique : Willian Pachomochère

Le phacomochère est un animal fabuleux, terrifiant quoiqu’incongru, bien connu dans nos contrées. Cette anomalie de la nature ne devrait pas exister, et pourtant certains l’ont vu. Espérons juste que ces temps trouvés auront une fin et que Mère Nature reviendra vite à plus de sagesse.

  • Les autres : Ça joue bien, mais ça laisse aussi jouer les autres. Tout pour le divertissement, en quelque sorte.
  • Coming next : Mardi c’est Coupe de France contre Bayeux. Et ça c’est une vraie compétition, autant dire que toutes ces histoires d’anguilles dans l’anus, dont il était question en début d’académie, si vous foirez cette quasiment-dernière chance de trophée, ce sera le tarif du jour mais x1000.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. François A. remporte le concours zoologique. Il n’a pas publié au bon endroit, mais le match lui-même se déroulait n’importe où, donc ça passe.

Bises massilianales,
Blaah

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