OM-Nice (2-1), La Canebière académie atteint un palier
T’as changé.
Aïoli les sapiens,
Eh bien voilà. Comme d’habitude en de pareilles circonstances, l’OM déçoit dans un match crucial contre un concurrent au podium, malgré un Vélodrome en fusion. Bien sûr, comme en de pareils cas, nous sommes enterrés par une nouvelle enculerie arbitrale qui nous voit privés de ce pénalty évident qui aurait pu nous remettre dans le match, mais cela ne doit pas nous faire oublier cette première mi-temps jouée petit bras, et ponctuée d’une erreur fatale juste avant la pause.
Alors oui, de nouveau nous nous réveillons le lundi aux cris de « y avait la place, putain », en oubliant que lorsque les détails tournent à notre désavantage avec une telle régularité, c’est que la défaite reste ancrée au plus profond de nous. Alors comme d’habitude, nous ouvrons cette académie avec le traditionnel Monsieur Lap…
An non, attendez, vous me dites qu’on a vraiment gagné ? Non parce que je viens d’envoyer chier ma femme ce matin, j’ai cru qu’elle se moquait de moi en m’accueillant tout sourire avec « alors, t’as bien dormi ? t’es content ? ». Donc là vous me dites que je n’ai pas rêvé, on a bien gagné ? Le troisième a gagné contre le quatrième ? La bonne dynamique d’avant-trêve ne s’est pas achevée par l’habituel plongeon dans la fange en prime time et eurovision ? La glorieuse internationale longoriste a donc bien battu l’hydre néo-fasciste ? Vous me dites que ce match serré a vu notre rival plus cagueux que nous ? Que l’on a tenté une composition tactique nouvelle, qui a fonctionné, avec des remplacements de surcroît efficaces ? Et un tournant du match en notre faveur dans le temps additionnel de la première période ? Et un adversaire qui ne profite pas de nos erreurs de défense ? Et une action litigieuse en notre défaveur qui n’a pas été sanctionnée ? Tout ça à la fois ?

Bon eh bien soit. Note que ça ne m’arrange pas, j’avais déjà écrit l’académie de défaite à l’avance, avec Lapin, insultes aux mères des joueurs, de l’entraîneur et de l’arbitre, et tout, comme quoi cette équipe ne se trouve jamais là où on l’attend.
Les Longorious Basterds
Lopez
Saliba – Kamara – Caleta-Car
Guendouzi – Rongier – Gueye (Balerdi, 86e) – Gerson
Ünder (Harit, 74e) – Milik (Kolasinac, 78e) – Payet (Bakambu, 86e)
Sampaoli assiste au match depuis les tribunes, pour cause d’excès de cartons jaunes. Cette suspension mise part, le groupe est au complet. Devant le doute qui le ronge depuis des semaines au sujet de la meilleure combinaison possible s’agissant de nos latéraux, l’entraîneur craque et les colle tous sur le banc. Place donc à une défense à trois, et un milieu composé de quatre axiaux. Notre dernière crise de latérophobie ayant coïncidé avec une défaite anale face à Monaco, nous abordons donc ce match avec une confiance mitigée, quoique cette fois-ci Ünder soit bien présent pour représenter la caste des joueurs de côté.
Le match
Entre le blocquéquipe pour dépressifs de Galtier et la possession roupillante de Sampaoli, on se doutait bien que la rencontre était mal partie pour produire des étincelles (le Nice-OM de Coupe de France n’ayant jamais existé). Le début de rencontre est donc bien serré comme l’on pouvait s’y attendre, avec un OM qui monopolise le ballon face à des Niçois n’attendant que le contre. Cela étant, on peut se demander si c’est volontairement que nos adversaires subissent le jeu à ce point : leur repli très bas ainsi que plusieurs relances offertes à notre pressing laissent à penser que nous y sommes un peu pour quelque chose dans leur asphyxie.
Niveau occasions, rien de très innovant non plus : l’OM s’approche beaucoup de la surface mais se procure peu d’occasions nettes, tandis que Nice ne s’approche qu’une fois pour faire illico virer le slipomètre au vermillon : Saliba est débordé à droite et un centre en retrait est repris de volée juste à côté par Stengs.
Juste après, un coup-franc plongeant de Payet est repris par Saliba et paré par le gardien au milieu d’un bordel sans nom. Une passe magnifique de Dimitri, moins en réussite ensuite quand il rate le cadre à deux reprises, décalé à l’entrée de la surface par Ünder puis Guendouzi. Sans être spécialement tranchant, l’OM a le mérite de varier les approches : de la gauche ou de la droite, préparé ou spontané, voire directement de Lopez à Milik, nous avons au moins le mérite de ne pas faire dans le stéréotypé. En toute fin de première péridode, Ünder enclenche un une-deux avec Payet, qui lui remet parfaitement dans la course : juste avant la ligne de but, Todibo confond ses jambes avec un casse-noisettes, la rotule de Cengiz étant au milieu. L’arbitre siffle un pénalty indiscutable. Le temps que Payet et Milik discutent du tireur (en fait seul Dimitri discute, Arek se contentant de conserver le ballon l’air de dire « mais qu’est-ce qu’il me veut, lui ? »), et l’affaire est conclue par le Polonais d’un contre-pied (1-0, 45e+4).
Dans ce genre de configuration, ce but d’avance est à chérir avec la même avidité que Golum envers son précieux. L’occasion pour nous de méditer sur les paradoxes de la vie de supporters, quand cette avance à défendre équivaut à de longues minutes d’inévitable torture mentale. Somme toute, marquer un tel but dans un tel match ne signifie rien d’autre qu’un youpi fugace vite submergé par quarante-cinq minutes à suer de la raie ; même lorsque l’affaire se termine bien, la joie peine à se frayer un chemin quand c’est surtout le soulagement qui domine, trop occupés que nous sommes à mettre les housses du canapé au lave-linge pour pouvoir pleinement savourer l’exploit.
Pour les quelques béats qui n’auraient pas encore saisi les enjeux de la seconde période, la première action se charge de porter leur tension à 19, comme tout le monde. Payet perd ainsi un ballon qui se transforme en contre-attaque : un Niçois est alors lancé sur la gauche et centre pour Delort, qui trompe Pau Lopez. Par miracle, le passeur était hors-jeu et le but se voit donc refusé.
Même pour des minimalistes comme eux, le jeu Niçois était vraiment d’une pauvreté abyssale en première mi-temps et, malheureusement pour nous, nos adversaires en ont bien pris conscience. Si nous parvenons encore quelques minutes à porter le danger dans leur camp, avec notamment une lourde bien grasse de Gueye mettant le gardien au supplice, les Azuréens nous confisquent la balle à compter de l’heure de jeu. Pire, ils s’installent dans notre camp et y trouvent des espaces avec une facilité qui rend la catastrophe aussi visible que l’iceberg du Titanic, qu’un graphiste aurait relooké avec la charte graphique de Marsactu.
Entre nos lignes et sur la gauche, les coups de poignard se multiplient. Pau Lopez commence ainsi par sortir une frappe à bout portant (avec l’effet arbitralo-pervers d’offrir un corner aux Niçois, alors qu’un but aurait été annulé par la VAR en raison d’une faute de main préalable). Nous subissons ensuite le pressing niçois qui, combiné à notre persistance à vouloir relancer court, nous pousse à des sorties de balles risquées voire suicidaires. Celles-ci nous font concéder plusieurs coups-francs voire occasions dangereuses, heureusement vendangées par Delort. Sur une situation quasi-identique à son but refusé, il tire cette fois-ci à côté, avant de se voir lancé dans le dos de la défense, bien couvert d’un mètre par Caleta-Car : Pau Lopez sort alors le grand jeu pour repousser de la jambe.
Survient ensuite l’incident quand, sur un centre, Saliba et Delort s’embronchent et finissent le nez dans le gazon. Plutôt que d’ergoter des années sur cette action, tâchons d’être constructif et d’éclairer le débat par une approche scientifique :

Le Pénalotron est formel : la « faute » de Saliba pouvait aisément se siffler mais ne pas la siffler ne représente pas en soi un scandale, ni d’ailleurs une erreur manifeste qui eût justifié le recours à la vidéo. En corollaire, si l’on parle ce matin de palier franchi par l’OM, c’est aussi dans le fait que, confronté à la possibilité de siffler dans un sens comme dans l’autre lors d’un match au sommet, l’arbitre ait pour une fois choisi de prendre la décision qui ne nous fait pas mal au cul. Nous pourrions évoquer aussi à cette occasion la validation incidente d’une autre théorie scientifique dite « du chaos footballistique », usuellement décrite par : « tout contact entre deux défenseurs n’importe où dans le monde le dimanche soir déclenche un torrent de larmes dans le Twitter d’Arsenal le lundi matin ».
Cette parenthèse universitaire refermée, il est temps pour nous de décrire un nouveau tir de Delort à côté après une énième attaque développée côté gauche. Notre entraîneur finit, tardivement mais efficacement, de verrouiller ce satané côté en faisant entrer Kolasinac. Précédée de l’entrée d’Harit puis suivie des apparitions de Balerdi et Bakambu, cette stabilisation de l’effectif fonctionne au-delà de nos espérances. Non contents de jouer un cran plus haut, nous nous remettons à nous procurer des occasions. Au terme d’une belle sortie de balle suivie d’un mouvement Harit-Payet, Guendouzi tire tout d’abord au-dessus. Peu après, Kamara sort de sa défense pour transformer un ballon approximatif dans le camp adverse en réelle contre-attaque. Bakambu, Boubacar et Gerson jonglent ainsi autour des Niçois par un jeu en triangle d’école, ce qui permet de lancer le Brésilien à gauche. Sans contrôle, celui-ci lèche un centre parfait pour Cédric, qui domine Amavi et place une tête croisée libératrice (2-0, 90e).
Inespérée, cette victoire s’annoncerait-elle même plus tranquille que prévu, en nous offrant le luxe de savourer les quatre minutes de temps additionnel ? Bien sûr que non : sur un ultime débordement, Amavi se fait proprement déboîter par Saliba qui, sur le coup-franc s’ensuivant, laisse échapper Lemina au premier poteau pour une reprise du bout du pied (2-1, 92e). La panique est perceptible, le gâchis potentiellement légendaire, mais les longs ballons niçois ne parviennent pas à trouver preneurs et nous pouvons enfin relâcher les sphincters après cette victoire que l’on espère – pour de bon, hein ? – fondatrice.
Les joueurs
Lopez (4-/5) : Deux relances dangereuses que l’on ne mentionne que par pinaillage, Pau ayant assuré l’essentiel avec sa sortie exceptionnelle devant Delort.
Saliba (2+/5) : Quou-wah ? une sale note alors que le néo-bleu William Saliba a calmé les attaquants niçois plus souvent qu’à son tour ? Vous détestez Arsenal, c’est ça ? Avoue, ordure ! Bah nan, en fait c’est juste que j’ai relu mon carnet de notes et constaté qu’à mon grand regret le nom de William y était souvent associé à la mention « SLIP » en lettres capitales et soulignées. Recensons l’occasion de la première-mi-temps, l’accrochage avec Delort qui aurait tout autant pu virer à la turpinade, et son craquage du temps additionnel avec faute, carton jaune et marquage échappé, contre deux anciens du club qui plus est. Donc paf, sachant qu’on a justement assaisonné Balerdi pour moins que ça, soyons donc exigeants avec le beau William.
Kamara (4/5) : A demandé à Saliba et Guendouzi de lui préparer sa chambre à Clairefontaine, il ne va pas tarder à les rejoindre.
Caleta-Car (2+/5) : Pas de faute spectaculaire mais une propension à la panique dans le placement ou la relance. Quand nous aurons pris l’habitude d’assommer nos rivaux directs une main dans le slip, nous rirons de ces émois.
Rongier (3/5) : Les Niçois ayant annoncé leur intention d’ouvrir leur camp aux étrangers, mais seulement à conditions qu’ils soient blonds, le Rongieur a profité de l’invitation en première mi-temps pour squatter leur carré de pelouse, leurs cuisines et leurs chiottes. Plus discret mais toujours aussi travailleur en seconde période.
Gueye (4-/5) : A bien fait respecter le confinement en venant calmer le premier Niçois qui essayait de sortir de son camp en première période. Il a ensuite affronté davantage de difficultés, toujours avec les honneurs.
Balerdi (86e) : Rétractation gonadique habituelle et sans conséquence.
Guendouzi (3+/5) : Pas toujours en réussite mais, pour ce qui est de l’engagement, il a néanmoins tenu à signifier la fin de l’époque où nous abordions les affiches de haut de tableau avec l’envie d’une armée d’experts-comptables dépressifs.
Gerson (4/5) : Mais qu’est-ce qu’on attend pourremplir la Plaine avec les produits dérivés, bordel.Le T-shirt « Gerson Foot & funk », le vinyle « Gerson awesome mix » chez le disquaire, les cocktails « Rio-Marseille caïpirinha-anis » au Bar de la Plaine, le broyeur d’herbe « détendu comme Gerson », la « spéciale Gerson avec finitions » au salon de massage… Tout un écosystème, un clustère comme on dit, dédié au plaisir, à la coolitude et à l’art de vivre.
Ünder (3-/5) : Disons-le franchement : si Cengiz n’avait pas eu la bonne idée de se faire enterrer dans la pelouse par son défenseur au terme de son beau une-deux avec Payet, on serait ce matin beaucoup moins indulgents avec ses mauvais choix en rafale.
Harit (74e) : Entré pour nous apporter plus de sécurité en conservant le ballon et éventuellement assurer de bonnes transitions en contre-attaque, Amine a réussi exactement le contraire. Nos slips ne le remercient pas.
Payet (2+/5) : La même autonomie que mon téléphone vieux de dix ans, qui plante alors qu’il affiche encore 40 % de batterie. Pour peu qu’on le ménage et qu’on l’utilise à bon escient, nul doute qu’il pourra cependant encore rendre bien de fiers services.
Bakambu (86e) :

Milik (3/5) : Bien remuant en première période, et surtout bien sût totalement efficace et lucide au moment de transformer le pénalty crucial.On n’a pas eu le grand jeu, mais on a eu l’essentiel.
Kolasinac (78 e) : Le premier Niçois à passer de son côté s’est retrouvé le cul par terre en se demandant : « mais je comprends pas, elle était pas ouverte, cette porte, jusqu’ici ? »
L’invité zoologique : Kastor Dolberg
Obsédé par la sécurité, le castor n’a qu’une idée en tête, se barricader le plus efficacement possible pour empêcher toute intrusion venant de l’étranger. Il s’agit donc de l’invité approprié pour évoquer nos adversaires du soir, leur jeu minimaliste, et leur maire à tête de queue plate.
– Les autres : pas à la hauteur de l’événement pendant une bonne moitié du match, puis de leur attentisme juste avant la mi-temps, pas assez efficaces dans leurs temps forts et victimes de faits de jeu défavorables et PUTAIN QU’EST-CE QUE ÇA FAIT DU BIEN DE PAS L’ÉCRIRE POUR NOUS, POUR UNE FOIS.
– Le classement : nous restons devant ces Rennais qui se sont mis en tête la fâcheuse idée de jouer de mieux en mieux au football au fil du temps, et mettons les Niçois à trois points. Derrière, Strasbourg cale aussi. Pour le dire trivialement, on fait une putain que bonne opération et faut rien lâcher maintenant.
– Coming next : déplacement pas facile chez des Stéphanois motivés par la survie, puis double confrontation avec le PAOK et réception de Montpellier. Il ne faudra pas ensuite se rater contre des équipes plus faibles, notamment ce déplacement au Parc des Princes qui paraît anecdotique mais peut s’avérer piégeux.
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Olivier L. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah.