OM-PSG (0-3) : La Canebière Académie tourne court

1

De toute façon, on ne lit pas les commentaires.

Aïoli les sapiens,

En même temps, « Ouate coulde go vrongue ? », comme on dit. Les ingrédients pour une énième soirée de navrance étaient présents en concentrations tellement fortes que l’on aurait pu écrire l’académie avant le match rien qu’avec des extraits des anciennes, vous savez, un peu comme dans les dessins animés où les scénaristes sont à la bourre et où on meuble les épisodes avec les personnages réunis au coin du feu, qui se remémorent leurs aventures passées.

  • « On aurait rêvé nos olympiens en Spartacus contre les esclavagistes, on a eu droit à Oui-Oui contre Marc Dutroux », en 2013, tu te souviens de celle-là ? On a pas tellement changé en fait !
  • Eh ouais, mais dis-donc, c’était le premier Monsieur Lapin de l’histoire ce match-là ! On pourrait plus le dire, maintenant (d’ailleurs en 2024 Coluche serait en prison).
Rectification : on peut. C’est pas bien, mais on peut.

  • Oh ouais, et les « points-dehors » à l’époque d’Igor Tudor, t’imagines combien on en aurait mis à De Zerbi ?
  • Et l’académie Alice au Pays-des-Merveilles torchée au vin d’hibiscus en 2017, quand on se décide à célébrer nos non-matchs comme des non-anniversaires ?
  • Ah ouais, si on se base là-dessus on a de quoi célébrer, c’est sûr.
  • Ah, et quand t’as dit « : Nous revoici à trois points du PSG, avec les espoirs qui vont avec. Le Destin est déjà en train d’armer sa plus belle baffe », tu te rappelles ?
  • Bah ouais, encore heureux, c’était la semaine dernière. Je savais, tu savais, nous savions tous.


Pour ne rien arranger, ce match était placé sous les auspices d’un nouveau ministre de l’intérieur. Les nouveaux ministres de l’éducation, comme rituel d’intronisation, ils foutent la merde avec une nouvelle réforme scolaire ? bah les ministres de l’intérieur, eux, leurs rituels c’est de faire monter une polémique à la con avant OM-PSG. Toujours audacieux, Bruno Ratacouilles ose même s’autoproclamer héraut de la lutte contre l’homophobie, lui dont toute la philosophie politique en la matière se résume à considérer comme sous-humain tout ce qui ne baise pas avec un zizi dans une zézette et la lampe de chevet éteinte. On apprécie d’ailleurs que les Ultras aient sorti la banderole adéquate pour remémorer cet état de fait.

Pour autant, on ne nous enlèvera pas de l’idée qu’en matière de supportérisme, il existe peut-être des combats plus nobles que de défendre notre droit inaliénable à chanter « il faut tuer ces pédés de parisiens ». Je veux dire, aussi hypocrites le ministre et sa clique soient-ils, on peut difficilement à la fois hurler au racisme quand les parisiens chantent les « rats » (ouais mais booooon, détends-toi, c’est pas raciste, la preuve au stade j’ai des potes noirs qui le chantent) et prétendre au prix Sakharov quand on chante « les pédés » (ouais mais booooon, détends-toi c’est pas homophobe, la preuve au stade j’ai des potes homo qui le chantent).

Comme disait Desproges (qui aujourd’hui ne serait sans doute pas en prison mais aurait probablement mal vieilli en gros connard chroniqueur sur Europe 1 sans son cancer providentiel), les ingrédients de la langue française sont le gros sel et le sel fin. Il faut du gros sel pour ne pas affadir le langage, le tout est de savoir comment le manier. Il en va ainsi des injures dites « oppressives » : méfions-nous de ceux qui prétendent en expurger totalement nos discours, mais évitons aussi de les utiliser comme des mongoliens.


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo – Balerdi – Kondogbia – Brassier
Højberg – Rabiot Greenwood (honte à nous, Rowe, 46e) – Harit (expulsé, 20e) – Luis Henrique (Lirola, 85e)
Wahi (Koné, 46e)

Merlin n’en finit pas de ne pas guérir, Mbemba n’en finit pas d’être tricard. Réapparaît alors l’abominable combinaison Kondogbia-Brassier sur le côté gauche de notre défense, malgré le spectacle sinistre qu’elle nous a déjà donné à voir par le passé.


Le match

Le « taper-taper-taper » foutraque à la Tudor, très peu pour De Zerbi. Ici, on joue au football, on réfléchit, on gère. On gère tellement bien qu’en deux passes redoublées sans effort, Nuno Mendes est lancé dans le dos de Murillo. Rulli se jette pour intercepter son centre à ras de terre, mais ne parvient qu’à envoyer le ballon sur Joao Mendes, qui conclut une main dans le slip (0-1, 7e).

On ne reconnaît que trop bien l’un de ces matchs où les joueurs de l’OM se jettent eux-mêmes dans le cercueil, et où les arbitres apportent eux-mêmes les clous pour refermer le couvercle. Entrés dans les duels avec la bienveillance d’un macroniste devant l’extrême-droite, les Marseillais compensent avec un excès d’engagement qui vaut d’abord un jaune à Højbjerg, puis un rouge à Harit. La semelle d’Amine touche en effet le torse de Marquinhos. En temps normal, un arbitre un peu fin aurait trouvé mille raisons d’avertir le fautif en lui adressant mille remontrances, tout en évitant de sceller le match d’un carton rouge dès la 20e, sauf qu’ici encore, tous les potards sont vissés sur « sévérité max » et ne tolèrent aucune circonstance atténuante. On se consolera en notant que Monsieur Letexier a au moins eu l’élégance de défendre sa décision après le match, et qu’après tout, un autre carton rouge classé dans « ultra sévère » représente un progrès après ceux du début de saison catalogués « absolument délirants ».

Voilà qui s’avère en tout cas difficile à traiter par le chroniqueur. Des expulsions de Cornelius et Balerdi totalement fantaisistes à celles de Maupay puis Harit pour lesquelles les interprétations arbitrales se sont montrées sans pitié, il est factuellement impossible de dire « il n’y a rien, circulez ». Je veux dire tout le monde a des yeux et voit qu’il se passe quelque chose, dès lors la question est : « pourquoi ? ». Un complot contre l’OM ? Non mais vous avez vu la gueule du complot ? Avec le match de viers marins qu’on a vu encore ce soir, vous croyez qu’on a vraiment une tronche à déranger l’establishement de la Ligue 1 en menaçant l’hégémonie qatarie ? Bordel de merde, arrêtez de dire que les arbitres sont en mission pour empêcher l’OM d’être champions, ce serait comme si la CIA mettait tous ses moyens sur Limoges au lieu de surveiller la Chine et l’Iran. Nous, notre interprétation de base, c’était que l’OM paye encore les années Tapie auprès des arbitres ayant grandi dans les années 90, qui inconsciemment l’assimileraient à un club tricheur à traiter avec sévérité. Mais même là c’est plus possible, à force, quand tu vois ce qu’est devenu l’OM c’est bon, on a payé notre dette à la société. Même le dernier d’Action Directe vient d’avoir sa liberté conditionnelle alors qu’il est vieux et qu’il fait sous lui, alors nous aussi on est assez décrépits pour avoir droit à la mansuétude du JLD, merde quoi. La dernière hypothèse, qui prend corps après avoir vu les attitudes de Longoria, Labrune et El-Khelaïfi en tribune présidentielle, c’est du harcèlement ciblé contre notre président. Pourquoi assassiner arbitralement l’OM ? Tout simplement parce que c’est rigolo de voir Pablo menacer de se fâcher tout rouge avant de ne finalement rien faire et s’asseoir à vos côtés pour redemander à se faire passer la bite au cirage. Et là on l’avoue, face à ce qui ressemble à un début de running-gag, la situation est à deux doigts de nous faire rigoler aussi, mais ça doit être parce qu’on est trop bon public.


La conclusion du suicide est offerte par Balerdi, qui retrouve ses instincts d’antan pour clore tout suspense d’un CSC de l’espace. Le centre parisien est anodin, Rulli appelle la balle pour la capter facilement, mais dans un geste sublime, Leo tend la jambe pour dévier la passe et prendre son gardien à contre-pied (0-2, 29e).

Peu avant la pause, Kondogbia y va également de son bêtisier : pourri par Dembele, notre défenseur est tout heureux de voir le tir repoussé par Rulli, mais remet aussitôt le ballon à l’attaquant d’un demi-tacle ressemblant plus à une convulsion qu’à un réel geste défensif. Servi sur un plateau, Barcola ne manque pas l’occasion (0-3, 40e).

Tout le suspense de la seconde période réside dans la capacité du PSG à réaliser un score historique, et dans celle de nos joueurs à rajouter une blessure pour compléter leur carte-bingo « soirée de merde ». Ni l’un ni l’autre finalement, ces 45 minutes sans intérêt étant rythmées par l’ahurissante maladresse des parisiens seuls face au but, ratant le cadre à trois reprises et étant mis en échec par Rulli le reste du temps. Côté olympien, l’idée de sauver l’honneur ne paraît même pas venir au cerveau des nôtres, qui laissent défiler le temps sans combativité ni talent. Seule une tête de Brassier à la réception d’un coup-franc lointain de Koné ressemble à une occasion de but.

Exemple d’injure dépouillée de sa vulgarité car employée dans le cadre d’une réflexion intellectuelle et humoristique qui grandit l’âme de son auteur autant que du lecteur.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Coupable d’un geste aussi désespéré que malheureux en tout début de rencontre, mais il est celui qui évite au score de s’inscrire dans les livres d’histoire (ça fait encore plus mal, quand on y pense, de se dire qu’un 0-3 à domicile n’est même plus une rouste historique).

Murillo (2+/5) : Le seul joueur qui a réussi un tant soit peu à gansailler son adversaire direct sans commettre de faute.

Balerdi (1-/5) : Leonardo Balerdi avec les bourdes défensives c’est comme Renaud avec le Ricard : quand il sort de l’abstinence, c’est jamais à moitié.

Kondogbia (1-/5) : Voilà, ça c’est qu’on attend d’un défenseur central olympien des années 2020. Plus qu’à faire la même contre un club de N2 en 1/8e de finale de Coupe de Franc et tu seras totalement intégré.

Brassier (1/5) : Il a moins sa place à gauche que Bernard Cazeneuve, c’est dire.

Rabiot (1+/5) : On a beaucoup parlé des parents abusifs chez les sportifs, mais de là à voir Véronique Rabiot jouer à la place de son fils c’est assez inédit.

Højbjerg (1/5) : Je préviens, encore un match comme celui-ci et on sort les blagues sur les prénoms composés.

Greenwood (honte à nous, 0/5) : En fait il n’est violent qu’avec les gens dont il est amoureux, c’est ça ? 

Rowe (46e, 1/5) : Le seul à accepter d’être envoyé dans un tel merdier sans saisir les instances représentatives du personnel.

Harit (expulsé 20e, 0/5) : Injustement privé de la possibilité d’être nul aussi longtemps que les autres.

Luis Henrique (1-/5) : Heureusement que De Zerbi a insisté sur le fait d’avoir préparé soigneusement le match. Si c’est ça, autant revenir à José Anigo et se contenter de dire « couilles » pendant une semaine, le résultat sera le même et on aura économisé de l’énergie.

Lirola (85e) : Me demandez pas pourquoi.

Wahi (1/5) : Presque jaloux de voir Harit autorisé à s’échapper avant lui.

Koné (46e, 1-/5) : Visiblement embauché pour perdre des ballons, comme si on manquait déjà de forces vives dans ce domaine.


L’invité zoologique : Lee Kang-ille

Vive et glissante, l’anguille est un poisson réputé insaisissable, dont l’on ne peut venir à bout que par des méthodes plutôt massives telles que le filet géant, la grenade sous-marine ou le générateur de 10 000 volts. Mais il existe encore des pêcheurs assez demeurés pour croire qu’il vont l’attraper avec un couteau à beurre.

  • Les autres : Voir autant d’énormités manquées, ça nous ferait plutôt rire en Ligue des Champions, mais là, cela présente un je-ne-sais-quoi de vexant.
  • Le classement : Troisième, si jamais cela signifie quelque chose.
  • Coming next : Il serait plus que bon pour la sérénité de De Zerbi que l’OM réussisse enfin deux performances convaincantes d’affilée contre Nantes puis Auxerre.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook, Twitter et BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “OM-PSG (0-3) : La Canebière Académie tourne court

  1. Votre propos sur « Ratacouilles et les homophobes » correspond bien avec ce que j’en pensais mais en beaucoup mieux exprimé…

Répondre à Footsy Collins Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.