OM-Reims (2-3), la Canebière Académie a l’anus qui rejoue Octobre rouge.

Pinebaup wizard.

« En octobre, j’arrête d’être sobre ; en novembre, je fais l’hélico avec mon membre. » Comme nous le rappellent ces quelques vers de Louis Brauquier, octobre, c’est nul.

 

Aioli les sapiens,

Octobre, donc. Il fait encore juste assez beau et doux pour te rappeler ce que tu t’apprêtes à perdre pour les quatre prochains mois (ou les huit prochains mois, pour ceux qui habitent au nord de Gardanne). Octobre à la Ménagerie, c’est la période de transition entre le poil d’été et le poil d’hiver ; ça te donne l’impression de draguer de la teigneuse, pas très glamour (chez les humains, cette période de transition correspond à la raréfaction des jupes ras-la-moule, qui ne retrouveront nos rue que quelques semaines plus tard assorties des collants idoines). Octobre, c’est moche et déprimant comme une chanson de Cabrel.

Heureusement qu’il reste le football pour se remonter le moral, tiens.

 

L’équipe

Pressentant le home-jacking imminent, Madame Baup a prié son mari de tenter une innovation, histoire d’avoir le temps de finir d’emballer les cartons. Si le schéma reste le même, la composition se modifie sensiblement. Principal changement, Ayew recule d’un cran pour s’associer à Romao, Imbula étant de nouveau préservé. Le déplacement d’André permet d’associer Payet et Thauvin, le zombie réunionnais passant sur le côté gauche. Toujours dans la tentative de définir la pointe la moins mauvaise, Elie fait tourner à ce poste, Khalifa étant l’heureux élu du jour. Rotation également au poste de latéral gauche, où Mendy prend la place de Morel. Les changements pour blessure (Diawara pour Mendes, Abdallah pour Fanni) complètent le tableau.

Cela donne : Mandanda – Abdallah-Nkoulou-Diawara-Mendy – Romao-A. Ayew – Payet-Valbuena-Thauvin – Khalifa.

 

Le match

Bien que Reims se montre offensif, en se procurant notamment des corners, c’est bien l’OM qui domine le début de rencontre. Le replacement de Payet lui insuffle une nouvelle vie, avec un excellent début de rencontre dont ne profitent pas ses coéquipiers. De même, Thauvin provoque beaucoup, mais conclut parfois mal ses actions. A la demi-heure de jeu, Diawara marque suite à un coup-franc de Thauvin : l’espace de deux dixièmes de secondes, on croit enfin à un match tranquille, mais l’arbitre assistant a oublié d’être myope et signale un hors-jeu de quelques centimètres.

Les attaquants ont coutume de justifier leurs buts chanceux en disant qu’ils ont provoqué la réussite. Un discours certes convenu, mais que Romao devra méditer : alors que Reims avait cessé de se montrer dangereux et n’avait pas encore tiré au but, il se fait surprendre par Krychowiak et offre un coup-franc à 25 mètres. Mauvaise idée quand on connaît le karma olympien : Khalifa dévie le coup-franc d’Ayité et prend Mandanda à contre-pied (0-1, 34e). La sanction est d’autant plus cruelle que ce coup permet à Reims de gagner une extraballe : corner, Albaek devance Khalifa et tire hors du cadre, mais le ballon est finalement dévié par Nkoulou dans le but. The digit counters fall, those deaf dumb and blind kids sure play a mean pin ball (0-2, 37e).

Pour une fois, les Ayew pourraient vraiment dire que la tournure du match est influencée par des détails : un but refusé, deux autres encaissés sur des coups de bol (mais tant pis pour nous, fallait pas leur offrir les positions de tir) : rageant, mais l’on peut se dire que vu les rapports de force dans la rencontre, ce retard est rattrapable. Hélas, l’OM est assommé et ne montre aucune réaction jusqu’à la mi-temps. A quelques lieues de là, Madame Baup commence à préparer la panic room.

Heureusement, la deuxième période commence dans une configuration classique : le « petit » subit un peu trop tandis que le « gros », sans être génial, se montre de plus en plus pressant. Une action individuelle de Thauvin confirme la probabilité d’une remontée : Florian passe balle au pied devant deux adversaires. Comme à plusieurs reprises en première mi-temps, la défense recule, et l’attaquant cette fois-ci en profite d’un tir bien placé (1-2, 56e). Pendant les 20 minutes qui suivent, l’OM presse et se procure des occasions, mais les tirs échouent à inquiéter Agassa. Plus ennuyeux, les Olympiens gâchent des munitions par quelques centres immondes.

AbdallahahahaCeci est un exemple.

A un quart d’heure de la fin, Jo le Sconse remplace un Valbuena cramé et l’OM passe en 442 (J. Ayew et Khalifa devant, Payet et Thauvin en milieux excentrés). Le schéma se transforme en 424 cinq minutes plus tard, quand Gignac entre à la place Payet (Lemina remplaçant aussi Abdallah poste pour poste). L’OM sacrifie clairement la remontée de balle en essayant de mettre la pression sur la défense par nos quatre offensifs postés très haut. Sur le plan du jeu, pas de surprise : la qualité collective olympienne se dégrade, Reims arrive à mieux conserver le ballon et à organiser des attaques (de Préville ratant de peu la « balle de match »). Mais les avantages attendus se produisent également : sur un long ballon dans la surface, nos attaquants ne remportent pas les duels aériens mais empêchent les défenseurs de dégager proprement : Gignac en profite pour envoyer une volée victorieuse, ici encore avec la déviation d’un défenseur (2-2, 86e).

Ce rattrapage de deux buts récompense nos qualités retrouvées, sur le plan mental notamment, mais ne suffit pas à un bon résultat. Tout le stade espère ainsi voir l’OM poursuivre et arracher la victoire. Préoccupée d’aller chercher au plus vite ses attaquants, l’équipe néglige un léger aspect du jeu (un « détail » ?) : encore faut-il récupérer le ballon dans les pieds de l’adversaire. Alors que Reims bénéficie d’une touche anodine (oui, n’écoute pas ceux qui disent qu’on prend un but sur contre-attaque), personne ne pense à presser les porteurs du ballon. André Ayew (1) oublie qu’il est milieu récupérateur et ne suit pas Krychowiak. Diawara et Romao ne montent pas davantage sur lui (2), qui a donc tout le temps de centrer. Dans la surface (3), les défenseurs fuient Oniangue plus vite qu’une femelle lorsque je lui parle de mon herpès génital. Aussi isolé que la famille Cahuzac à l’arbre de Noël de la rue de Solférino, l’attaquant transforme la remontade en fistade (2-3, 91e).

But tout

Et Baup, alors, on en fait quoi ?

Tout Marseille, moi y compris, envisageait le pot de départ de notre entraîneur en cas de défaite.  La défaite est là, couronnant notre grand chelem d’octobre avec 5 défaites en autant de rencontres. Ca veut dire qu’on le lourde ?

A court terme, la réponse apportée par Labrune est : « non ». Et sur ce match précis, il est en effet difficile de réitérer tous les reproches que l’on pouvait légitimement adresser à Elie lors des rencontres précédentes : absence d’adaptation à l’adversaire, « projet de jeu » virant au stéréotype, frilosité tactique en cours de match, faible esprit combatif de l’équipe… Ici, la composition de départ est à mon avis peu critiquable : si le schéma en 4231 ne varie pas, au moins voit-on Baup tenter de concilier préservation des joueurs (Imbula, Morel) et expérimentation tactique (le replacement d’Ayew au milieu, au résultat pas exceptionnel en soi mais parfois réclamée, l’association Payet-Valbuena-Thauvin).

Surtout les remplacements, dont l’on peut certes encore regretter la décision tardive, ne se sont pas limités à des changements de joueurs mais à une vraie inflexion du système de jeu. L’entrée de Jo le Sconse a marqué le passage à un 442 inédit cette saison, voire un 424 avec l’apparition de Gignac, puisque les joueurs offensifs ne redescendaient quasiment plus participer à la construction. Au rayon des bénéfices, outre une densité offensive permettant l’égalisation, signalons des attaquants plus à l’aise que dans un rôle de pointe isolée. Une solution tactique applicable en cas de situation critique donc ; cependant, sans Valbuena, elle ne peut guère constituer le support de notre jeu compte tenu des insuffisances qu’elle provoque au milieu, à la construction comme à la récupération. Un 442 avec Valbuena, en revanche, ne mériterait-il pas d’être tenté par moments ? Et si l’on évoquait aussi un 4240 sans attaquant de pointe ? Et si ma tante en avait ?

Pour en revenir au présent, on a perdu, certes, mais il y a eu du mieux dans l’esprit et dans le jeu (aussi parce qu’on ne rencontre pas Naples et Dortmund tous les jours). Par ailleurs, notre performance a souffert d’erreurs ressortissant aux joueurs (principalement le gâchis de trop nombreux centres et cette grossière erreur de marquage), davantage qu’à l’entraîneur. Ce n’est pas qu’Elie redevient l’homme de la situation du jour au lendemain, mais on a au moins un prétexte pour prendre un peu le temps de chercher le successeur.

Dilemme donc pour Madame Baup : elle peut attendre un peu avant d’emballer l’argenterie mais, avec 5 défaites à la suite, on lui conseillera tout de même de ne pas égarer le numéro des déménageurs…

 

Les notes

S. Mandanda (2/5) : Steve concurrence les éditions Atlas avec sa nouvelle collection « Je prends des buts de merde sur lesquels je ne peux rien ». Aujourd’hui, l’ensemble de deux tirs déviés et d’un attaquant seul à 5 mètres, deux euros seulement chez votre buraliste.

N. Nkoulou (2/5) : Certes, il avait vu l’appel du Rémois dans le dos de la défense. Mais vu que pour le rejoindre il aurait fallu réussir un sprint de 10 mètres en deux dixièmes, est-ce qu’il était vraiment nécessaire d’abandonner le marquage de l’attaquant le plus proche pour aller jouer au super-héros ?

S. Diawara (3+/5) : Souley a menacé nos slips avec ses fameux tacles de bison en rut en pleine surface. Mais cette fois, c’était toujours maîtrisé : pas passé loin de la note parfaite si l’arbitre assistant ne s’était pas pris pour œil-de-lynx, et surtout si Souley ne s’était pas montré passif sur la dernière action champenoise.

K. Abdallah (2/5) : Quelques bons centres, encore plus de mauvais, et une solidité défensive à peu près décente. Pour un vrai latéral ça serait nettement insuffisant, mais comme on va se coltiner Kassim pendant trois semaines, je préfère réserver les 0 et les 1 pour plus tard.

B. Mendy (1/5) : Quelques bons centres, encore plus de mauvais. Je parlerai de sa solidité défensive le jour où il comprendra qu’il est défenseur.

A. Romao (2/5) : L’OM ayant dominé, il suffisait juste à Alaixys d’éviter les erreurs. Par exemple, éviter de commettre une faute de demeuré qui offre un coup-franc bien placé à un adversaire.

A. Ayew (3/5) : La saison dernière, le passage d’André à ce poste avait été un fiasco. Ce fut plus satisfaisant sur ce match, avec notamment de belles récupérations. Tout cela manquait quand même un peu de fluidité dans les transmissions et de percussions imbulesques. Il participe à la non-défense finale, en ne suivant pas Krychowiak.

D. Payet (3/5) : Replacé à gauche, il a montré une activité très intéressante en début de match. Malheureusement, cela n’a pas duré assez pour vérifier qu’il s’agissait bien d’une résurrection et non de convulsions accidentelles. Son pronostic devient plus optimiste que ceux d’Ariel Sharon ou Nelson Mandela, c’est déjà ça de pris, en attendant éventuellement mieux au prochain match.

F. Thauvin (3+/5) : Très actif tout au long du match, il a largement contribué à faire reculer la défense rémoise qui, de peur de se livrer, l’a laissé souvent avancer. Au bilan, un beau but mais encore trop de situations gâchées par maladresse ou mauvais choix.

M. Valbuena (2+/5) : Le contexte, avec une défense plutôt faible et des coéquipiers en forme, lui était favorable. Sans être franchement mauvais la fatigue, sans doute, l’a empêché de se montrer plus incisif. L’avantage, c’est qu’on arrêtera de le comparer à Simplet.

Valbudormeur75e minute : Mathieu apprend son remplacement.

S. Khalifa (2/5) : A surtout travaillé à décrocher pour créer des espaces à ses coéquipiers. Plutôt efficace, mais il aurait fallu un peu plus d’impact et de justesse technique pour que le poste d’attaquant de pointe se remettre à nous procurer des érections. Un malus pour être devancé par Albaeck lors du 2e but.

 

Les remplaçants

Jo le Sconse pour M. Valbuena (75e) : Entré pour passer à un système à deux attaquants, dans lequel il s’est montré plutôt à son avantage.

AP Gignac pour Payet (82e) : Un très beau but qui aurait dû nous permettre de quitter le match la tête haute. Dommage qu’il ait tenté le tir en finesse deux actions plus tard, alors que tout le stade réclamait la grosse mine sous la transversale.

M. Lemina pour Abdallah (82e) : Remplace le latéral poste pour poste : le coup de poker d’Elie Baup pour espérer un centre correct dans le money time.

 

L’invité zoologique : Nénette Dujardin-Desplantes

Nénette l’orang-outan, c’est la doyenne de la Ménagerie. Ses faits de gloire appartiennent à un temps que les plus de vingt dents ne peuvent pas connaître. Pourtant, elle a connu un regain de popularité ces dernières années, en prenant la vedette d’un film documentaire (Nicolas Philibert ayant estimé, après avoir passé un an dans une école du Massif central, que partager la cage d’un orang-outan représentait un salutaire retour à la civilisation). Star sur le retour, respectée de tous mais un peu tapée quand même, Nénette était bien l’invitée appropriée pour te raconter ce match contre l’antique stade de Reims. Bien que de notre point de vue, un cynocéphale eût été plus adéquat, compte tenu de nos évidentes similarités anales.

babouinsUn entraîneur de foot, c’est comme le chef d’un troupeau de babouins : plus on a les fesses rouges, plus on lui cherche des poux dans la tête.

 

Les autres : Sans génie mais appliqués et solides, croyant en leurs chances. Leur défense consiste tout de même en un appel au viol permanent. A leur place, le résultat de leurs tirs déviés m’inciterait tout de même à m’interroger sur la fidélité de leurs épouses.

Vu d’en face : Aujourd’hui, c’est Raymond Kropack qui a le droit de se foutre de notre gueule.

Séance de rattrapage à l’usage des masochistes : Les parutions s’étant enchaînées ces derniers jours, tu as peut-être raté les académies de Nice-OM et OM-Naples. Tu peux cliquer, ou alors t’insérer un saguaro dans l’anus, la sensation sera la même.

Le classement : On s’en branle, de toute façon on sait déjà qu’on finira troisièmes après une série de victoires infâmes.

La page abonnement : à visiter, pour que vive l’alterfoot cananal historique

Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter.

Le concours d’Halloween t’est proposé par la Canebière Académie en partenariat avec les blaireaux du service marketing de l’OM :

Cadeau mystèreJeu : que contient donc ce colis mystère ?
(parmi les premières réponses reçues : une tête de chèvre, une victoire, Mario Jardel…)

Bises massilianales,

Blaah.

8 thoughts on “OM-Reims (2-3), la Canebière Académie a l’anus qui rejoue Octobre rouge.

  1. Comment oses-tu critiquer une défense Mandi – Tacalfred – Weber – Signorino toute droit sortie de L2 ?

    Sinon je suis d’accord pour Baup. Il a fait ce que le peuple marseillais demandait et là, c’est pas de pot.

  2. C’est le préparateur vidéo qu’il vous faut virer : la combinaison sur corner et le but d’Albaek, c’est le copier/coller du but contre Lille, la chatte en plus.

  3. C’est con quand la 5eme défaites c’est celle ou tu te dis merde, c’est pas de bol mais si on continue comme ça, ça va passer…Alors que les 4 avants sont dégueulasses…
    Sinon il me semble que c’est Payet au marquage sur de corner, et oui ,c’est le même que contre Lille…
    Sinon on espère que Elie a enfin compris que changer les joueurs pour pas faire jouer que des cramer est une vraie option, après tout, jouer en 442 en faisant commencer Valbuena sur le banc pour le faire rentrer et faire la différence la dernière demi heure c’est si con que ça?

  4. @Raymond. En effet. De même qu’il existe déjà un mouvement de soutien à Claude Pèze comme community manager des Girondins, nous pourrions aussi militer pour nommer Moké préparateur vidéo des Olympiens.

  5. Dans la boite, une triplette. Désormais l’OM ça sera au Boulodrome (là où la bière contient de l’alcool), je déserte le virage…

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