OM-Rennes (3-0) : La Canebière Académie obtient un sursis
Straïque !

Aïoli les sapiens,
C’est ici sur le terrain qu’il faut se battre pour sa croûte, se battre pour gagner sa vie. Pas se battre pour prouver qu’on a raison, ils n’ont pas besoin d’être pardonnés. C’est pas le moment de pleurer, c’est pas le moment de cogiter, c’est juste des jeunes en friche.
Alors on se prend la main, on met cap au sud, on éteint l’incendie sans regarder derrière soi. L’exode a eu lieu, on n’est pas loin d’être heureux, alors retrouvons-nous avant qu’on soit trop vieux. Vous êtes juste une équipe de jeunes en friche, vous êtes tous perdus.
Les Longorious Basterds
De Lange
Weah – Balerdi– Medina – Emerson (Pavard, 82e)
Højbjerg– Timber (Kondogbia, 70e)
Greenwood (honte à nous)– Nwaneri (Nadir, 46e) – Paixão (Traoré, 77e)
Gouiri (Aubameyang, 77e)
Avec l’aplomb d’un ministre, Longoria ne fait des promesses de stabilité que pour mieux relancer « l’OM Hall de gare project ». Les premières victimes en sont nos chouchous Angel GoAway et Matt’O’Riley, expédiés avant que j’aie pu me rappeler quel était ce putain de calembour qui correspondait à ma note « vanne inédite à faire sur O’Riley et une chanson célèbre ». Les voici numériquement remplacés par les internationaux algérien Himad Abdelli en provenance d’Angers, et nigérian Tochukwu Nnadi, venu de Zulte Waragem. Ils rejoignent ainsi Timber et Nwaneri, que l’on a déjà commencé à voir à l’œuvre, ainsi que Victor Joseph (en post-formation).
Après des mois à se faire pisser dessus, Ulisses Garcia trouve une porte de sortie à Sassuolo. Serviable, le club italien nous lâche en supplément quelques millions pour Bakola, et lève l’option d’achat d’Ismaël Koné. Au rayon des « ah tiens, il était encore chez nous, lui ? », Ruben Blanco est libéré (ça veut dire jeté, en langage footballeur), Maupay envoyé à Séville, François-Régis Mughe expédié à Limassol et Lirola à Vérone. Chez les jeunes, Keyliane Abdallah est prêté à Tarragone tandis que Vaz part à la Roma contre un chèque à huit chiffres.
Si l’on se restreint à l’équipe première, pendant ce mercato hivernal, Longoria et Benatia se sont délestés de neuf Pokemon et en ont acquis quatre : l’un en pige de quelques mois, et deux autres en « joueurs de rotation », ce qui, dans le dictionnaire olympien, se traduit par « chair à mercato ». Ayant depuis longtemps fait le deuil de la morale et de l’humanité chez nos dirigeants, on se concentrera sur la logique sportive de ces mouvements : avec des joueurs dont l’espérance de vie au club ne dépasse pas six mois, on peut bien se demander comment ils trouveront à la fois les automatismes et la motivation pour construire un projet collectif solide sur le long terme.
Sur le terrain, on innove. Enfin, non, l’innovation consisterait justement à reconduire la même équipe d’un match à l’autre, ce qui n’est encore jamais arrivé cette saison. Emerson revient dans une défense à quatre, tandis que devant, Greenwood (honte à nous), Nwaneri et Paixão sont chargés d’alimenter Gouiri. Aguerd est laissé au repos, et Murillo rétrogradé en équipe réserve car il est toujours plus facile de désigner un fusible que de corriger ses propres erreurs. À ce propos, quoiqu’instable et largement impuissant à corriger les défauts de l’équipe, le camarade De Zerbi conservait grâce à une certaine sincérité toute notre sympathie, à défaut de confiance. Si, en matière de rapports humains et de respect d’autrui, il devenait une sombre estrasse à l’image de ses dirigeants, on s’en trouverait un tantinet attristés.
Le match
Rennes affiche son intention de nous opposer un blocquéquipe attentiste, mais soudé. Tellement attentiste, d’ailleurs, qu’après avoir récupéré un centre contré, Merlin prend le temps de régler ses impôts et de téléphoner à sa mère avant de relancer. Il ne voit donc pas arriver Weah, le couteau entre les dents et le tacle rageur, qui lui arrache le ballon en pleine surface, se relève et crochète un défenseur. Son centre en retrait est moyennement contrôlé par Gouiri, qui se montre tout de même suffisamment prompt et adroit pour punir les endormis d’en face (1-0, 2e).
À la différence du match contre Lens, l’OM est loin d’être déchaîné, et fait tourner la balle sur un faux rythme, quand les dormiasses bretonnes n’en font pas davantage. L’ambiance est au pénéquet généralisé, réveillé brutalement à la 22e minute par un coup de tonnerre, sous la forme d’un hippopotacle de Nwaneri. L’absence d’arbitrage vidéo à ce stade de la compétition rend définitif le carton jaune. Au vu des images et de la suite de la rencontre, non seulement Ethan s’en sort très bien, mais en plus nous touchons le jackpot :
- le sabordage du type OM-Nantes est évité par miracle ;
- Glen Kamara ne se remet pas de l’attentat et doit sortir quelques minutes plus tard ;
- Habib Beye peut tourner en boucle là-dessus pendant tout le reste de la rencontre au lieu de s’intéresser à son équipe de viers marins.
À part l’entraîneur rhéné qui gesticule sur la touche, chacun peut se rendormir tranquillement sur le terrain. Devant la télévision, c’est une autre histoire : la somnolence est troublée par ce trop habituel picotement acide dans la région péri-anale, qui nous saisit lorsque l’OM se complaît dans un faux rythme avec la quasi-certitude de se manger un platane tôt ou tard.
Rennes se met à monopoliser la balle sans rien en faire de respectable, jusqu’à un centre anodin sur lequel De Lange réalise une claquette pérave : seul à la retombée du ballon, Al-Tamari ne peut pas placer sa tête ailleurs que sur Jeffrey.
À la pause, le suspense est entier pour savoir laquelle des deux équipes concrétisera le mieux son potentiel en matière de pitreries autodestructrices. Trente-deux secondes suffisent pour nous rendre à l’évidence : si nous nous croyions champions pour ce qui est de nous conduire comme de parfaits crétins, Rennes est intouchable dans ce domaine.
Sur un dégagement du gardien rhéné, Højbjerg gagne un duel aérien comme il s’en produit dix mille par rencontre. Timber récupère le ballon et soudain, constate que la défense est volatilisée. Ce n’est pas « apercevoir un trou dans la défense », non : là, les rhénais sont tellement mal placés que l’arbitre doit même se demander s’il a bien compté tous les joueurs au retour des vestiaires. Il y a le ballon, les milieux de l’OM, les attaquants, et au milieu de tout ça, les rhénais, eux, sont juste : pas là. Quinten donne donc à Gouiri, qui se rue vers le seul défenseur présent près de la surface, le fixe, et donne sur la droite à Greenwood (honte à nous) pour la finition qu’on lui connaît (2-0, 46e).
Au lieu de faire du rien avec un but d’avance, l’OM peut donc faire du rien avec un avantage doublé. Nwaneri a discrètement été exfiltré, remplacé par Nadir sans que cela ne change grand-chose au rapport de morses (c’est comme un rapport de forces, sauf qu’à la place d’un combat on l’impression de regarder deux morses s’enculer sur la banquise).
L’OM est agaçant, mais à part quelques duels perdus ou coups-francs concédés près de la surface, n’est pas mis sérieusement en danger par des rhénais absolument innommables. Pas de lubie tactique, quand Kondogbia entre, c’est à la place de Timber poste pour poste. Les actions se suivent ainsi au rythme effréné des métros RTM (ceux du dimanche). L’affaire s’anime à l’entrée du dernier quart d’heure : un astucieux centre dans le dos d’un Balerdi en plein somme manque de peu de trouver Al-Tamari. Sur l’action qui suit, Paixão s’impose dans un duel aérien, parvenant à dévier pour un Greenwood (honte à nous) toujours inexplicablement libre – laissé libre par les défenseurs, j’entends, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Notre ailier tergiverse un peu, mais parvient à offrir le but sur un plateau à Gouiri, qui arrive lancé, mais ne trouve rien de mieux à faire que de catapulter le ballon au-dessus.
Manque de bol pour Amine, cette action était sa dernière, et le voici sortant sous les sifflets d’un public qui a bien intégré que pour l’OM, une balle de 3-0 manquée c’est l’équivalent d’un doigt dans le cul sur Street Fighter : ça ne fait pas de dégât en soi, mais ça peut être le point de départ d’un combo imparable et fatal, du genre réduction du score dans la foulée, égalisation dans le temps additionnel et KO aux tirs au but.
Du reste, les manœuvres à haut potentiel slipométrique débutent : Traoré remplace Paixão à gauche, puis Pavard remplace Emerson, ce qui reporte Weah sur la même aile gauche. Sachant que sur dix minutes à jouer, il en faut bien huit pour que les joueurs sachent comment se placer les uns par rapport aux autres, on prie pour que la balle ne vienne pas trop fréquenter ces contrées.
Højbjerg prend les choses en main. Il lève la tête, voit que ses attaquants ne sont marqués par dégun et demande donc à l’arbitre si Habib Beye, toujours furieux de la non-expulsion de Nwaneri, n’a pas demandé à ses joueurs de rejoindre les vestiaires. « Non non, répond M. Léonard. J’ai recompté, ils sont bien onze. Je sais pas où ils sont, mais ils sont onze. »
Ne se posant pas davantage de questions, Pierrre-Emile lance donc Greenwood (honte à nous) sur le boulevard. L’ailier offre de nouveau un but tout fait à l’avant-centre, en l’occurrence Aubameyang qui, lui, ne goinfre pas l’occasion (3-0, 83e).
La qualification est en poche et, malgré quelques ultimes efforts, Rennes se montre trop nul pour facturer ne serait-ce que le tarif habituel d’un but dans le temps additionnel. L’OM s’est montré tout sauf brillant, s’est exposé à des faits de jeu qui auraient pu salement faire basculer l’affaire, et a en grande partie dû sa performance à la nullité adverse. La qualification est en tout cas largement méritée, et cette victoire acquise sans émotion forte offre un répit bienvenu avant l’affiche de dimanche.
Les joueurs
De Lange (2/5) : Dangereux sur une occasion, ce qui fait toujours une de plus que les attaquants rhénais.
Weah (4/5) : Yen a des, c’est « une action d’éclat et puis je me touche la nouille » ; Timothy ce soir c’était « une action d’éclat et après j’assure le service après-vente » : costard, gilet rouge Darty, tablette à la main, il s’est assuré avec le plus grand sérieux que le matos vendu en début de match tiendrait bien le temps qu’il faudrait.
Balerdi (3/5) : On a quand même l’impression qu’il crie « JE SUIS EN TRAIN DE FAIRE UNE ÉNORME CONNERIE » à chaque fois qu’il tente un tacle ou une relance, mais autant ça vient de nous, pas de lui. Enfin, si, ça vient de lui, mais c’est pas particulièrement lié à ce match, je veux dire.
Medina (3/5) : Il a tellement une dégaine de Pertuisien que je m’attends à chaque instant à le voir frapper à ma porte pour m’emprunter un tournevis.
Emerson (3/5) : Pas de fantaisie ni de grande chevauchée offensive pour son retour de blessure. Et c’était l’adversaire idéal pour un match de reprise, faut dire, le Stade Rhéné faudrait le faire rembourser par l’Assurance-Maladie, parfois.
Pavard (82e) : Sans le nez rouge et les chaussures taille 58, c’est bien aussi.
Højbjerg (3+/5) : Plaque tournante du milieu de terrain, et donc principal sujet d’agacement quand la plaque tourne à la vitesse d’un 78 tours de Mireille Mathieu. Mais bon, ça fait le boulot dans les temps faibles et ça assassine l’opposant dans les temps forts, on ne va pas surjouer l’exigence non plus, hein.
Timber (3/5) : Dépourvu de l’initiative dont il semblait faire preuve aux deux matchs précédents. Autant, c’est parce qu’il a étudié un manuel d’ethnologie sur le sens de la sieste dans la culture marseillaise (« Signifiant pénéquet », par Effo Municipo, aux éditions des Vingt-huit-Heures) : il a eu peur de commettre un blasphème en réveillant tout le monde.
Kondogbia (70e) : Que Murillo ait été écarté pour « manque d’implication » et pas Kondogbia, ça laisse rêveur sur ce qu’Amir a bien pu faire pour sembler avoir encore plus rien à foutre que Geoffrey ce soir. À part se pointer à l’entraînement en tongs et avec un douze-feuilles, je vois pas.
Greenwood (honte à nous, 4/5) : A ce rythme-là, il va y avoirun point commun entre ceux qui seront tristes de le voir partir au mercato, et ceux qui regrettent que l’OM se soit compromis avec un tel personnage : on aura tous un gros tas de billets pour essuyer nos larmes.
Nwaneri (1/5) : Selon l’accord conclu avec Arsenal, l’OM devra payer des pénalités si Ethan ne joue pas un nombre minimal de rencontres. Autant dire que le voir frôler les dix matchs de suspension pour avoir pété la cheville d’un adversaire a dû énormément faire rire le service compta.
Nadir (46e, 3/5) : Une définition si parfaite de la sobriété que le lobby du vin s’est plaint de le voir pervertir nos traditions françaises en n’incitant pas à l’alcoolisme.
Paixão (4-/5) : C’était pas un match, c’était un concert de Massilia : il a distribué des jaunes à tous ceux qu’il croisait. Combativité permanente, moulon de fautes et de cartons provoqués, mais finalement pas tant payé que ça quand il s’est agi de conclure ses offensives.
Traoré (77e) : Le troisième but est arrivé avant qu’il ait eu le temps de provoquer une catastrophe, rien à redire donc.
Gouiri (3+/5) : Un but, une passe décisive, mais au vu de son loupé ultime, il peut s’estimer heureux que le match se soit bien terminé ; sans ça, ses stats, aussi flatteuses soient-elles, il n’aurait eu qu’à s’en faire un suppo avant d’aller se jeter aux Goudes.
Aubameyang (77e) : À la différence du précédent, Jean-Bite a bien compris qu’avant de provoquer soi-même des occasions, c’est déjà la base de saisir les cadeaux qu’on vous offre.
L’invité zoologique : Quentin Merlan
Poisson le moins intéressant du monde, le merlan est inexpressif et peu savoureux. Une anecdote qui prouve que personne ne s’y intéresse : à Marseille, le Carrefour Le Merlan et le Théâtre du Merlan ne se trouvent même pas dans le quartier du Merlan (eh non, ils sont à Saint-Barthélemy). Bref, comme diraient les bouchers, je veux bien qu’on respecte le merlan, mais faudrait tout de même pas nous prendre pour des poires. Bref, voici ses observations.
- Les autres : Transfèrent beaucoup de joueurs à tort et à travers, ont un entraîneur aussi illuminé que largué, se métamorphosent en épaves tremblantes à la moindre contrariété : Rennes, c’est vraiment notre jumeau dégénéré, ils font exactement les mêmes âneries que nous, mais à un niveau en-dessous.
- Coming next : Les points perdus contre Paris ce samedi, il ne nous reste qu’à les récupérer contre Paris dimanche. Accessoirement, dans ces temps troublés, finir l’année invaincus contre le PSG serait le marqueur incontestable qu’on fait des progrès malgré tout.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Pitxixi remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Ce match fut une véritable rhénéssance