Paris FC-OM : La Canebière Académie lâche l’affaire
D’abord le PFC, ensuite le PSG, enfin les PFG.

Aïoli les sapiens,
Après avoir dilapidé son avance en Ligue des Champions mercredi, anéanti sa remontée en championnat samedi, il ne restera plus qu’à nous autodétruire en coupe de France mardi pour que l’on ait une chance de vivre une fin de saison sans aucun espoir et donc sans autre émotion négative qu’un énorme sentiment de gâchis – mais celle-ci, avec l’habitude, on sait la gérer.
La grande nouveauté cette année, c’était tout de même de disposer d’une équipe qui sait produire du bon et du beau football, et surtout d’être capable de gagner de grandes affiches. Mais l’autre grande nouveauté, c’est aussi d’avoir suffisamment de névropathes à tous les étages du club pour tout saccager, même quand le contexte marseillais semble plus paisible que jamais. Qu’est-ce qui aurait pu permettre au collectif de surmonter ses fragilités ?
Le vécu commun ? Il est soigneusement massacré à chaque intersaison avec un chamboulement d’effectif (avec supplément drame si possible).
L’entraîneur ? C’est le plus flippé de tous. Il bouleverse régulièrement ce qui semble avoir bien fonctionné au match précédent, et ne sait que répondre « je ne comprends pas » quand la presse lui demande d’expliquer les craquages de l’équipe. Dans une usine chimique, quand plein de voyants rouges s’allument et que l’ingénieur en chef ne sait pas ce qui se passe, il va recruter un expert qui sait ; il ne répète pas « je ne comprends pas » en attendant qu’une citerne explose.
Les joueurs eux-mêmes ? Autant on est convaincu qu’en matière de football, ils auraient tout à fait le niveau pour s’autogérer, autant les « cadres » de l’équipe paraissent incapables de prendre les choses en main pour insuffler de la confiance. Le gardien qui nous sauvait les miches en début de saison est en train de finir l’armoire à Prozac de Pau Lopez, Balerdi a suffisamment à faire avec ses pieds pour gérer le capitanat en plus, Højbjerg est une énigme, et Jean-Bite joue sa partition.
Pour Longoria, les possibilités immédiates se résument à lourder De Zerbi ou à le garder, et aucune n’est satisfaisante. Roberto est dans une impasse et tout ce qu’il risque de gagner, c’est un burn-out. Mais si l’on réclame de la stabilité, ce n’est peut-être pas le moment de passer la pigeonne sur l’encadrement si c’est pour le remplacer par le premier dégun qui passait par là.
L’urgence est avant tout de virer le préparateur mental (insérer ici le mème de la princesse Amidala : « car nous avons bien un préparateur mental, n’est-ce pas ? ») et de le remplacer par quelqu’un de compétent (ou même un psychologue des organisations, le genre de ceux qui viennent après une alerte du CSE quand 10 salariés ont fait une tentative de suicide dans l’année). On fout RDZ sur le divan, même s’il ne reste pas, ça lui fera du bien personnellement de comprendre pourquoi il se sent obligé de changer des trucs quand parfois il suffirait de ne rien faire pour que les choses se passent mieux. Bref, un bon gros TEAM BUILDING DE MALLEMORT, l’ennui étant que cela fait un peu juste à organiser d’ici à mardi.
De notre côté, eh bien on gardera dans notre esprit l’hypothèse d’un miracle en Coupe de France, on croisera très fort les doigts pour l’obtention d’une qualification à la prochaine Ligue des Champions, et sinon, comme chaque année, on fera le deuil de tout le reste en espérant que Longoria et Benatia ne relanceront pas « l’OM hall de gare project » dès le 31 mai.
Les Longorious Basterds
Rulli
Balerdi– Aguerd– Medina
Weah (Murillo, 79e) – Højbjerg– Timber (Nadir, 79e) – Paixão (Vemeeren, 79e)
Greenwood (honte à nous)– Aubameyang (Gouiri, 67e) – Nwaneri (Traoré, 67e)
Emerson est blessé, Gomes suspendu, et Bakola en instance de départ pour Sassuolo.
D’accord, on n’aime pas quand De Zerbi aligne une composition différente à chaque rencontre, mais celle-ci a un petit côté « nique tout » qui n’est pas pour nous déplaire : les trois de derrière restent identiques, Højbjerg et Timber tiennent le milieu, et pour le reste, que des offensifs. « El cinquàzéro o la muerte », en quelque sorte.
Le match
On s’était quittés mercredi sur un but du gardien à la 98e, on est tout près de se retrouver avec un lob de 50 mètres dès le début de rencontre. La tentative de Krasso, après une perte de balle au milieu de terrain, passe près du cadre.
L’OM fait parler sa domination technique, mais sans non plus exercer une pression démesurée sur l’adversaire. Il semble que nous appréciions particulièrement de préparer nos actions sur la droite avant de balancer une longue mais habile tartine en profondeur sur la gauche. Après quelques tentatives du genre, Greenwood (honte à nous) est ainsi trouvé par Nwaneri dans la surface. Mbow s’oppose au dribble d’une ÉNORME PATASSE DE L’ESPACE, qui nécessite toutefois le recours à la vidéo pour être détectée. De longues secondes plus tard, l’action est interrompue, l’écran consulté, le pénalty sifflé, et le but marqué par Greenwood (honte à nous) d’un contre-pied une main dans le slip (0-1, 18e).
Même nos analités défensives se transforment en opportunités : Aguerd doit intervenir in extremis pour récupérer une relance suicidaire, mais cela se transforme en contre-attaque dévastatrice. Weah est lancé à droite et, négligeant Jean-Bite et Paixão, tente le tir solitaire que le gardien pare du pied.
La suite de la mi-temps se déroule selon ce faux rythme qui nous fait tant de mal : nettement inférieur, le PFC a pourtant la liberté de combiner dans notre camp, pour de tentatives que la défense écope cependant sans trop de difficultés. Il faut une action individuelle de Greenwood (honte à nous) pour ramener le danger dans la surface adverse : seule une déviation du bout du pied d’Otavio évite à Aubameyang de convertir l’offrande de notre ailier.
L’OM appuie sur le champignon à la reprise, porté entre autres par un Paixão omniprésent. Igor n’est cependant pour rien dans l’action de la 53e, quand Højbjerg exerce un pressing de mammouth que personne n’avait vu venir, et certainement pas le porteur de balle. Nwaneri se charge de lancer Greenwood (honte à nous) à droite. Cette fois-ci personne n’empêche la balle de parvenir jusqu’à Jean-Bite, seul au second poteau (0-2, 53e).
Les sorties d’Aubameyang et Højbjerg n’empêchent pas l’OM de dérouler, bien aidé par l’analité technique des joueurs du PFC, qui multiplient les pertes de balle. Après un corner, Greenwood (honte à nous) centre au deuxième poteau pour Balerdi, dont la tête décroisée est quasi-parfaite : c’est le poteau qui renvoie sa tentative.
À l’orée du dernier quart d’heure, Rulli puis Balerdi doivent cependant s’employer pour éviter l’inconvénient. Un troisième but serait de nature à nous détendre totalement, mais pour une fois le centre de Greenwood (honte à nous) n’est pas suffisamment précis pour permettre à Gouiri d’intervenir avant le gardien.
Et à partir de là, c’est la merde.
De Zerbi effectue une ultime série de trois changements (celui de Paixão étant apparemment contraint par une blessure), et le flottement qui s’ensuit nous est fatal. C’est bien parce que nous avons la flemme de réécrire l’introduction que nous n’effaçons pas tout ce que nous avons écrit précédemment sur la qualité technique de nos joueurs, tant sur une minute Traoré nous offre un condensé de tout ce qui nous faisait rire chez nos pires viers marins des années passées. Contrôle foireux dans son camp, belote. Hippopotacle désespéré dans la foulée, coup-franc et carton jaune, rebelote. Glissade sur le coup-franc pour laisser le joueur partir dans son dos, dix de der. Un Aguerd qui lâche le marquage pour se replier vers le but, un Vermeeren entré en touriste qui ne compense pas, et voici Ikoné tout seul pour placer sa tête et réduire le score (1-2, 82e).
Vermeeren se rattrape cependant trois minutes plus tard en défendant une action slipométrique. Mais rien n’y fait : tu sais, je sais, nous savons, ils savent. Le temps pour Greenwood (honte à nous) et Gouiri de goinfrer une autre contre-attaque, et l’inéluctable survient. Une balle en profondeur est adressée vers Munetsi, sur laquelle Rulli sort en hurlant « J’AIIIIIIIIIIIIII ». La tête de l’attaquant passe à côté, mais l’arbitre désigne le point de pénalty. La vidéo confirme que dans sa sortie, Geronimo a largement manqué la balle, son dégagement des deux poings ayant pour résultat d’emplâtrer totalement Munetsi. Alors certes, on connaît des Anthony Lopes qui ont construit toute leur carrière sur ce genre de sortie sans en avoir été inquiétés outre mesure, mais ça n’est pas une raison : pour sévère qu’elle soit, la sanction est peu contestable, et Kebbal se charge de la convertir d’un contre-pied en lucarne (2-2, 94e).
La ruée olympienne dans le temps additionnel ne nous donne que des envies de baffes supplémentaires, devant des joueurs internationaux dont certains frisent la trentaine, et qui n’ont pas compris que l’intensité, c’est tout au long du match qu’il faut l’appliquer et pas à la 96e minute pour rattraper ses conneries.
Les joueurs
Rulli (1/5) : L’histoire ne dit pas s’il a crié « GERONIMO » au moment de se jeter n’importe comment sur l’attaquant.
Balerdi (3-/5) : Un capitaine, normalement c’est censé donner de la confiance à ses coéquipiers, pas des relances pourries.
Aguerd (3+/5) : 80 minutes magistrales, où il a rattrapé à lui tout seul les ratés de ses équipiers. Tout ça pour qu’en retour, il n’y ait absolument dégun pour le couvrir la seule fois où il lâche un marquage. Mais avec ce qu’il vit depuis le début de l’année, je crois de toute façon qu’il va arrêter les sports collectifs et se mettre au tennis.
Medina (2+/5) : Il maîtrise la faute de pute invisible, ça reste un acquis. Mais bon, ce genre d’expédients c’est à saluer contre des Madrid ou des Liverpool, contre des anodins de bas de tableau on aimerait bien des dominations plus franches.
Weah (3-/5) : Il aurait pu sortir avec le sentiment du devoir accompli mais bon, rétrospectivement, quand tu vois les avantages que les copains sont capables de saloper après ton remplacement, tu te dis que toutes ces micro-imprécisions qui ont empêché de marquer plus de buts, au total ça coûte un tantinet.
Murillo (79e) : N’a pas fait totalement de la merde, ce qui pour l’un de nos remplaçants du soir est en soi un motif de satisfaction.
Højbjerg (3/5) : Match honnêtement moyen, jusqu’à ce moment où il presse en faisant « GROAAAAR » pour provoquer notre deuxième but. Juste, ça aurait été bien de faire « GROAAAAAR » aussi quand l’OM souffrait dans les dix dernières minutes, plutôt que d’aller se planquer dans son bac à litière.
Timber (3/5) : Normalement, dès que Timber aura 90 minutes dans les jambes et plusieurs matchs de vécu avec Højbjerg, on a des chances de voir du tout bon. Normalement dans un monde normal, je parle, pas « normalement à Marseille » où on en trouvera bien encore pour se taper dessus à l’intersaison pendant que l’entraîneur démissionne et que Benatia vire la moitié de l’effectif.
Nadir (79e) : Forcément, entrer au milieu de terrain à 2-0 et finir à 2-2, même si t’es pas le principal responsable, ça n’aidera pas à gagner du galon dans l’effectif.
Paixão (3/5) : Pas toujours juste techniquement, mais au moins combatif à chaque seconde passée sur le terrain, on ne peut pas en dire autant de tous. Mais restons confiants : à se taper autant de sprints sur les contre-attaques pour ne quasiment jamais être servi dans les bonnes conditions, il va faire comme le nouveau dans Astérix en Corse : arrêter d’aller prendre des baffes pour rien et faire des rapports en trois exemplaires.
Vemeeren (79e) : D’accord, apparemment on ne lui a pas dit quoi faire en entrant. Mais bon, dans le doute, prendre un joueur au marquage et ne pas lui lâcher les roubignolles, ça aurait été un choix judicieux, par défaut.
Greenwood (honte à nous, 4-/5) : Aussi indispensable à l’OM que Morandini à CNews.
Nwaneri (3+/5) : Impliqué sur les deux buts, quoi qu’il ait paru éprouver des difficultés à se situer. C’est anormal, ça, tu as déjà 18 ans et ça fait déjà neuf jours que tu es dans l’effectif, tu devrais avoir acquis des automatismes, bordel.
Traoré (67e, 1-/5) : Lui, il a compris que le créneau « honnête joueur limité », ça ne lui suffirait pas pour rester dans les mémoires, il fait ce qu’il faut pour devenir notre chouchou.
Aubameyang (3+/5) : Souvent placé, et pour une fois gagnant. C’est pas le mauvais cheval, Jean-Bite.
Gouiri (67e, 1/5) : Tiens, lui aussi a lu Astérix en Corse :
- lui, c’est notre avant-centre, en train de cueillir le troisième but ;
- il est en train de cueillir un but, lui ?
- oui, il attend qu’il tombe.
L’invité zoologique : Jean-Philippe Crapaud
Le crapaud est un animal laid et inoffensif. Il faut juste éviter de le lécher, sous peine d’entrer dans des bad-trips psychédéliques. Voici ses observations :
- Les autres : trop mauvais pour jouer au football, pas assez pour ne pas ramasser les cadeaux qu’on leur offre.
- Le classement : Lens gagne et anéantit en une journée les espoirs de retour que l’on pouvait entretenir. Il reste donc à se concentrer sur la troisième place, menacée par Lyon et Lille qui s’affrontent ce soir.
- Coming next : Nous accueillonsRennes mardi soir en Coupe de France. Si nous n’abrégeons pas notre agonie à cette occasion, s’ensuivront le PSG, Strasbourg, Brest et Lyon.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Thibault D. remporte encore le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Bon, c’est l’intant geek #bigbangtheory toussa : Amidala n’est pas princesse, elle est reine. Reine de Naboo (ça s’invente pas)
Sinon excellente acad comme d’hab, au moins ça de positif
D’ailleurs je ne suis pas spécialisé dans le sport, mais à la base j’ai le profil que vous recherchez. J’attends de recevoir le courrier d’alerte RPS du CSE de l’OM
Et tous ceux qui pensent que ce sera pas le retour de la revanche du hall de gare project sont des bisounours…
« El cinquàzéro o la muerte » => Roberto qui parle espingouin j’adore