OM-Saint-Etienne (1-1), La Canebière académie escroque

Aioli les sapiens,

On peut s’interroger sur la santé mentale de celui qui, à 14 heures en ce beau dimanche de quasi-printemps, préfère suivre l’OM plutôt que de jardiner, randonner, faire de la voile, lutiner de la Néerlandaise égarée, voire plonger nu dans un genévrier, bref, toutes ces occupations qui quoi qu’on en pense auraient toujours été plus agréables que les deux heures passées devant cette nouvelle immondice.

L’équipe

Fletcher est préféré à Batshuayi, Thauvin à Alessandrini. Cabella revient, Dja Djédjé est toujours absent. Rien de bien nouveau pour le reste. Ah, si ! Abou Diaby prend place sur le banc.

Le match

Comme une version expurgée de « Comment regarder un match de foot » que l’on aurait insérée en supplément de T’Choupi magazine à l’attention des moins de quatre ans, les schémas de jeu s’illustrent par leur simplicité d’accès au premier mal-fini venu (encore que pour Rémy Cabella, j’ai des doutes). Actions à deux passes maximum conclues par une tentative de dribble à un contre deux, gagne-terrain à coups de fautes obtenues à tour de rôle, centres imprécis pour attaquants au placement aléatoire, bref : aucun enseignement à tirer de cette rencontre ; excepté le fait qu’immondice est un nom féminin.

L’OM a plutôt la possession, Saint-Etienne s’avère vaguement menaçant. On retiendra surtout deux occasions olympiennes : servi en retrait par Thauvin à l’issue d’un beau mouvement initié par Isla, Nkoudou échoue sur Ruffier. Et, en toute fin de mi-temps, Rolando tente un improbable ciseau sur corner, après une bonne remise de Fletcher.

Equilibré dans la médiocrité, ce match ne peut que basculer sur un coup de génie. Même si Cabella produit une belle action, et pas une de plus, c’est finalement sur Nkoulou que se pose le doigt de Dieu.

Nkoulou touché par le doigt de Dieu.

Auteur jusqu’ici d’une prestation passable, Nicolas vient réaliser un tacle bondi – c’est comme un tacle glissé mais à 30 cm du sol – qui cisaille proprement Pajot. Cet hippopotacle nouvelle génération lui vaut un rouge mérité – ce qui n’empêche certes pas d’insulter Clément Turpin par tradition : l’OM doit jouer la dernière demi-heure à 10.

Alors que Romao prend provisoirement place en défense centrale, Saint-Etienne profite de l’incident pour se montrer plus dangereux. Les Verts déclenchent plusieurs incursions dans notre surface, anéanties par une incapacité à conclure les actions jamais vue que chez… que chez nous, en fait.

Il va sans dire que notre jeu pâtit de ces circonstances, un peu comme Philippe Croizon à qui l’on aurait crevé les yeux avant d’entamer l’escalade du Dévenson : même si au point où il en est ça ne change pas grand-chose, on ne peut décemment pas considérer cela comme une aide.

Déjà agonisants depuis plusieurs semaines, nos espoirs d’Europe semblent bel et bien jetés aux vautours, incinérés, puis enterrés sous une dalle de dix tonnes quand, à 5 minutes de la fin, Saint-Etienne ouvre le score. A l’origine, un corner offensif dégagé par les Foréziens : à la tombée, Diarra est battu au duel comme le premier Lucas Silva venu, ce qui permet à Hamouma de partir du milieu de terrain jusqu’à notre surface, et centrer pour un Monnet-Paquet en avance sur Rolando (85e, 0-1).

L’OM se résigne à voir les sifflets tomber du Vélodrome comme les obus à Verdun, quand surgit Romain Alessandrini – notre maréchal Pétain à nous, quoique moins sympathique. Bénéficiant d’un coup-franc de la dernière chance obtenu par Batshuayi, Romain adresse un centre parfait pour ce même Michy. Les défenseurs verts, estimant au-dessus de leurs forces de se concentrer dix secondes de plus dans ce match, laissent le champ libre à notre attaquant pour appliquer un coup de tête au ras du poteau (1-1, 94e). Après l’égalisation de Rabillard contre Lille, nous parvenons une seconde fois à arracher un point malgré une performance infâme : indiscutablement la marque d’un mental de fer, selon les trois soutiens restants du couple Labrune-Michel regardant BeIn Sports sur la télé collective d’Edouard Toulouse.

Pas gêné de la bonne grosse chatte de son équipe – et encore, pas celle qui donne des victoires, juste celle qui évite à peine à ces tocards de se faire casser leurs voitures – Michel a beau jeu après le match de saluer le bon travail de ses joueurs et, surtout, le sien. Quel malheur que, depuis le 13 septembre, de satanées circonstances extérieures – les blessures, l’arbitrage, la pression du public, les incertitudes juridiques sur la métropole, la mort d’Edmonde Charles-Roux, les boues rouges ou la hausse du prix du kebab à cause de la gentrification de la Plaine – nous aient empêchés de récolter les victoires qui nous étaient dues.

Mais après tout, on ne va pas critiquer Michel pour sa conduite de l’équipe, apparemment les joueurs s’en chargeront très bien eux-mêmes, d’après Jean-Michel Sourcinterne que l’on recommence à voir pointer son nez dans les médias. Qu’il n’ait pas choisi les joueurs, qu’il ait pris en main à l’improviste une équipe traumatisée, soit ; que les joueurs se comportent depuis 6 mois comme s’ils s’étaient découverts le matin même, passons. Ce qui devient horripilant en revanche, c’est quand les qualités humaines de notre entraîneur se mettent au diapason de la médiocrité sportive du club, quand tout espoir d’embryon d’autocritique est noyé sous ses citations de con suffisant dont l’autosatisfaction, à un double menton près, se révèle aussi vulgaire que celle de l’autre empaffé… pardon, de l’autre « natif d’Orléans », c’est comme ça que l’on dit dans le monde.

En résumé, notre club coule doucement et les cuistres qui en sont responsables n’ont même pas l’air de s’en attrister. Quand dans deux ans on jouera des derbys contre Consolat le lundi soir sur Eurosport, ils en seront encore à se demander pourquoi on ne les applaudit pas plus que cela.

 

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Un tir cadré, un but. Soit deux fois moins bien que Stéphane Ruffier, deux tirs cadrés, un but. Le réconfort après avoir assisté à cette purge, c’est de savoir qu’il en ressortira deux types encore plus déprimés que nous.

Nkoulou (0/5) : Devant la lente agonie du football, ses souffrances et l’absence de tout espoir de rémission, Nicolas a tenté d’euthanasier le match après une heure de jeu. Un acte courageux mais moralement discutable.

Rolando (2/5) : Pas de bol pour lui, il figure aux deux moments les plus spectaculaires de la rencontre : son ciseau au-dessus à 6 mètres du but et son quasi-CSC lorsqu’il tente sans succès d’éviter le but. Déjà qu’il a du mal à passer inaperçu en temps normal.

Postulat : quand ta meilleure occasion consiste en une reprise en ciseau de Rolando, c’est qu’il existe forcément une couille quelque part.

Isla (2+/5) : Par moments, Mauricio propose des gestes de football, dont les reflets éphémères miroitent alors sur cette mer de médiocrité. Puis, Mauricio replonge pour brouter des posidonies en compagnie des autres viers marins.

Manquillo (2/5) : Dans une autre vie, il tiendra un donjon SM où il fera endurer aux olympiens consentants le supplice de l’ennui. Son nom d’artiste : le Marquis de Fade.

Romao (2/5) : Pas le pire sur le terrain, étant entendu qu’on ne lui demande pas de faire des passes. Enfin, si, on lui demande d’en faire, mais pas forcément de les réussir.

Diarra (2/5) : Surnageait à peu près correctement puis, constatant que cela suffisait à le faire briller par rapport à ses camarades, s’est fait violer par Hamouma par modestie autant que par sens du collectif.

Thauvin (1+/5) : Prépare son prochain transfert à Newcastle-les-Martigues.

Alessandrini (62e, 1+/5) : Une demi-heure à côté de laquelle la matière fécale de Pierre Ménès, c’est du Van Cleef & Arpels. Sauf que cet enfoiré, histoire de bien se faire détester, réussit la passe décisive ultime qui nous empêche de totalement l’insulter comme il se doit.

Cabella (1+/5) : Lui aussi aurait mieux employé son après-midi à faire du jardinage, avec sa gueule de râteau à feuilles mortes. Tant qu’à fouler une pelouse, autant se rendre utile un minimum.

Rekik (71e) : A eu le bon goût de ne pas ajouter sa touche personnelle à la pièce montée de merde érigée collectivement cet après-midi.

Nkoudou (1/5) : Les adversaires ont compris que George-Kévin n’a pas encore compris qu’ils ont maintenant compris son dribble. Je ne sais pas si je me fais comprendre.

Fletcher (2+/5) : Non, mais à part ce qui est de se procurer des occasions et de les convertir, c’est pas mal du tout.

Batshuayi (76e) : Au moins un point positif à retenir de cette soirée, puisse son but lui rendre enfin confiance.

 

L’invité zoologique : Fabien Lephoquemoine

Adpieux et pinnipédé comme un phoque, justement, le phoque moine est l’un de ces animaux qui squattent nos livres d’images depuis tout petits, que l’habitude nous amène à cataloguer a priori comme mignon et digne d’être protégé. Pourtant, à le regarder d’un œil neuf, il faut bien avouer que cette bestiole a tout d’un gros tas informe qui ne sert pas à grand-chose. A l’image de certains clubs historiques du championnat français. Mais non, pas nous, Saint-Etienne. Suis, un peu.

Attention, ces bonus contiennent un lien de Gwen Tagrenmer.

  • Les autres : « Pour un grand match, il faut deux grandes équipes. » Merci donc à Saint-Etienne de s’être vautré aussi complaisamment en notre compagnie dans les tréfonds de l’analité footballistique la plus crasse.
  • Le classement : T’en as d’autres, des comme ça ?
  • Vu d’en face : Roland Gromerdier communie dans l’allégresse.
  • Le bonus capillaire : Gwen a enquêté sur la coiffure de Romain Alessandrini : tout s’explique.
  • La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook (attention, nouveau compte), et sur Twitter. Probablement sorti faire du jardinage, Padls laisse le champ libre à Didier A. dans la course au concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

9 commentaires

  1. J’ai vu une partie du match, on aurait dit des sprints en slow motion.
    Par contre c’est Pajot qui se fait découper par N’Koulou, pas Lemoine.
    Sinon, acad’ au top, as usual.

  2. quelle idée de commencer la journée par l’acade? Voilà que j’ai cliqué sur le lien « Aless hair color style » et que j’ai une sacrée nausée. Bien joué!
    Pour me venger je vous raconterai comment Vincent a convaincu Marguerite de lui donner les clefs du club de danse.

  3. Le marquis de Fade me fera la journée, merci.
    Encore un très beau résumé de cette nouvelle prestation anale, très belle régularité que nos joueurs aiment à reproduire dans la médiocrité.

  4. C’est pas humain un concours zoologique avant 14h. Je peux pas boire autant aussi tôt, pensez aux vieux.

  5. C’était pire ou mieux que Jeudi ? Parce que jeudi des supporters m’avaient dit que toute cette merde, c’était parce que Cabella n’était pas là. Mais je commence à douter du coup

  6. Vu du virage (angle vicié par les fumées et remarques populaires) je dirai que Rolando a été notre meilleur attaquant et Fletcher notre meilleur défenseur en résumé « Le peuple de l’abîme » si bien décrit par Jack London

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.