OM-Strasbourg (1-1) : La Canebière Académie n’est pas dans son assiette
Ca manque de soft power, tout ça…

Aïoli les sapiens,
Le match d’hier soir illustre une nouvelle fois le sempiternel débat entre niveau de jeu et enculerie arbitrale, qui est au football ce que la poule et l’œuf sont à la philosophie. Une nouvelle fois, si l’équipe avait mieux joué, elle n’aurait pas eu besoin de souligner l’énième grotesquerie arbitrale dont elle a été victime, mais sans cette grotesquerie l’OM aurait remporté trois points bien mérités malgré son niveau de jeu, donc s’il n’est pas opportun de se réfugier derrière l’arbitrage pour masquer les défauts de l’équipe, le niveau de l’équipe n’est pas une excuse pour ne pas évoquer l’arbitrage. Bref, on n’en sort pas.
Note, il en est certains pour qui tout ceci n’est que pure chouinerie et que nous n’avons aucune raison de nous plaindre d’un arbitrage français aussi juste que cohérent, dans un rapport aux faits qui n’a rien à envier à ceux qui croient très fort à la terre plate ou à la police républicaine.
Mais bon, on n’aura de cesse de le répéter : justice ou injustice, on s’en branle, c’est pas le sujet. De savoir les raisons pour lesquelles l’OM est injustement arbitré, voire même de savoir si finalement ce ne serait pas un peu nous qui nous montons le teston sur rien : on s’en tape. Cessons de parler de justice et parlons de performance : bordel de merde, on est à l’époque où le sport de haut niveau ne raisonne plus que par gains marginaux ; on équipe les joueurs de GPS, on pèse les portions de pâtes au dixième de gramme, on fouette le jardinier s’il a laissé un millimètre d’herbe trop haute, et vous allez pas me faire croire qu’on a rien à gagner à essayer d’améliorer notre arbitrage ? Mon vier, aux derniers Jeux Olympiques, l’équipe américaine dont la gymnaste a perdu la médaille pour quelques points, tu crois qu’ils lui ont dit « c’est le jeu, t’avais qu’à mieux faire des pirouettes » ? Mes couilles oui, ils sont allés faire le siège des juges pour gratter les dixièmes de points qui lui manquaient. Et les Roumains sont allés faire pareil ensuite. Donc en foot c’est la même chose, puisqu’il est admis que les actions du genre « ça se siffle ou ça se siffle pas » sont jugées sans cohérence, eh bien il est du devoir du club de mettre tout en œuvre pour que la pièce tombe sur « ça siffle » un peu plus souvent. C’est un axe de travail parmi d’autres, finalement, qui est moins une affaire d’équité que de recherche d’amélioration de la performance dans tous les domaines. Et à voir ces derniers temps le nombre de fois où les nôtres ont fini la tête dans le gazon sans obtenir grand-chose, force est de constater qu’ici aussi, il y a comme une certaine marge de progression à acquérir. Tout comme dans le jeu, donc, puisque sur ce plan là aussi, comme dirait le philosophe, la route est droite mais la pente est forte.
Les Longorious Basterds
Rulli
Cornélius (Lirola, 46e) – Balerdi – Brassier
Luis Henrique– Højbjerg– Nadir (Rowe, 61e) – Garcia (Merlin, 61e)
Greenwood (honte à nous)– Maupay (Vaz, 46e) – Rabiot
L’OM doit faire sans Rongier, contrarié (et nous avec lui) par une blessure aux ischio-jambiers. Outre les absents de longue date, Murillo, Wahi et Kondogbia manquent à l’appel. Après une série de plusieurs matchs sans aucun changement dans le onze de départ (sauf l’absence de Rulli en coupe de France LA CON DE TOI hrm non pardon Roberto, c’est rien, on va finir par réussir à oublier, on t’aime), voici inévitablement venu le moment d’assister à un OM en mode dégradé.
Le match
Et pour être dégradé, mon dieu qu’il est dégradé, le fonctionnement de cet OM amputé de titulaires essentiels. Pour faire court, nos joueurs essaient de faire comme d’habitude, sauf que la qualité technique en a pris un sacré coup dans les mandibules. Même du côté des permanents censés garantir la stabilité de l’édifice, ça branle sérieusement sur les fondations.

Le slip de Leo passe ainsi, lui aussi, en mode « sévèrement dégradé » au quart d’heure de jeu, quand notre capitaine voit sa relance contrée filer au ras du poteau. Peu après, Balerdi et Brassier nous produisent un duo de pitres défensifs comme on n’en avait pas vu depuis longtemps : à la passe, Andrey Santos n’est pressé par dégun, alors qu’Emegha enchaîne appel et replacement sans que nos centraux ne fassent plus attention à lui. Le milieu strasbourgeois peut alors réaliser la passe en profondeur la plus facile de sa carrière, pour l’attaquant qui s’échappe et va piquer au-dessus du gardien (1-0, 23e). Il faut ici se rendre compte que notre défense est encore montée d’un cran par rapport à un début de saison où n’importe quelle combinaison basique pouvait la mettre en difficulté. Maintenant nos adversaires n’ont même plus besoin de combiner : une passe à plat droit devant et ça suffit à faire but.
Ayant saisi le haut potentiel de dégoupillage de Balerdi ce soir, les Strasbourgeois s’emploient à pourrir le jeu avec le plus grand bonheur. Le jeu est haché et la domination de l’OM quasi inoffensive, à l’exception d’un corner joué à deux où Luis Henrique met sur le cul un défenseur d’un joli dribble, mais tire à côté.
De Zerbi change de cartouches dès le retour des vestiaires, avec les entrées de Vaz et ses 17 ans, et de Lirola et ses 1 ,7 gramme. Certes pas du premier choix, toujours est-il que l’OM reprend la partie avec une attitude plus conforme à ses standards, à la fois en termes d’occasions créées mais aussi, malheureusement, d’occasions manquées. C’est ainsi qu’au terme d’une habile combinaison Rabiot-Luis Henrique-Greenwood (honte à nous), ce dernier se place en position idéale mais ne cadre pas son enroulé.
L’OM joue plus haut sur le terrain, mais les Strasbourgeois se montrent menaçants dès qu’ils parviennent à casser notre pressing. Les chamailleries et bousculades, elles, continuent aux quatre coins du terrain. Les choses s’emballent à compter de l’heure de jeu, quand Luis Henrique tente de rééditer son exploit de mardi au travers d’une série de magnifiques dribbles, conclus d’un plat du pied sur le poteau. Au rebond, Rowe puis Greenwood (honte à nous) ne se montrent pas plus en réussite.
C’est finalement du jeune et remuant Vaz que vient la délivrance : à la suite d’une belle récupération de Greenwood (honte à nous), Robinio s’infiltre sur la droite de la surface, protège son ballon, et subit un croc-en-jambe de gros benêt de la part d’Andrey Santos. L’arbitre nous accorde le pénalty pour apprendre au défenseur à se faire avoir au vice par un prépubère, et Greenwood (honte à nous) ne se fait pas prier pour égaliser d’une frappe sèche (1-1, 68e).
A peine le temps de dire à Dromadame « ne nous réjouissons pas trop vite, c’est typiquement le genre de match où on en prend un deuxième », et voici qu’une nouvelle défense abominable de notre part envoie Emegha au but : au milieu de terrain en effet les pressings de Rabiot et Brassier s’éclatent sur les Alsaciens comme des mouches sur un pare-brise, tandis que Balerdi se fait une nouvelle fois déposer. Par miracle, le petit plat du pied de l’attaquant termine sur le poteau. Ce moment inaugure quelques minutes de franc n’importe quoi défensif, que nous traversons cependant sans dommages autres que slipaux.
Dans les dix dernières minutes, l’OM tente d’accélérer pour emporter la décision, mais souffre toujours de son manque d’efficacité à convertir aussi bien les actions que les arbitres. D’un amour de transversale, Greenwood (honte à nous) trouve Merlin, dont la sublime remise en une touche trouve Vaz dans les six-mètres, pour une reprise hélas hors cadre. L’Anglais régale encore pour Rowe, lancé dans la surface où il se trouve déséquilibré par Doué. L’arbitre juge sans doute que Jonathan était déjà déséquilibré au moment du contact, sans que la VAR ne l’informe pourtant de la grosse patasse façon « M le Maudit » du défenseur dans le dos de notre joueur. Juste après, Balerdi encaisse une magnifique projection sur corner : maîtrise, force, contrôle, le geste du défenseur est parfait mais l’arbitre ne siffle ni ippon ni pénalty. Le dernier mot revient cependant à Luis Henrique, dont le tir une nouvelle fois hors cadre montre que l’OM n’a besoin de personne pour ne pas gagner ses matchs.
La rencontre s’achève dans un climat assez pénible entre Strasbourgeois mi-provocateurs mi-simulateurs et des Olympiens impuissants, réduits à accumuler des corners qu’ils ne savent définitivement pas jouer.
Pour contrariant qu’il soit, ce résultat ne doit pas remettre en cause les intentions de l’équipe sur le long terme. Il nous faut simplement reconnaître qu’en l’état actuel, les limites de l’effectif sont telles qu’il serait illusoire d’espérer voir l’OM remporter toutes ses rencontres avec la même aisance, surtout si notre impuissance persiste également pour ce qui est d’obtenir les coups de pouce nécessaires.
Les joueurs
Rulli (3/5) : Ils ne sont pas si nombreux, les avant-centres qui peuvent se vanter d’avoir fumé Géronimo en un-contre-un.
Cornelius (2/5) : Il fait du mieux qu’il peut, mais le mieux qu’il peut est assez éloigné de ce qu’il faudrait pour s’installer en haut du classement.
Lirola (46e, 2/5) : N’apparaît pas souvent, et quand il le fait, il ne frappe guère les esprits ; c’est d’ailleurs ce qui le différencie de son homonyme Pol Tergeist.
Balerdi (1/5) : Ne pas laisser dix centimètres à Emegha quand il s’agit de déclencher une embrouille hors du jeu mais lui faire un marquage à deux mètres dès que le ballon roule, il va falloir m’expliquer le concept.
Brassier (2/5) : Pas terrible mais il pourra remercier son capitaine d’avoir attiré les projecteurs sur lui en faisant encore plus de la merde. Ça, c’est un manager qui protège ses subordonnés.
Luis Henrique (3/5) : Détaillant en fulgurances vaines.
Garcia (2/5) : Après plusieurs entrées de type « c’est pas top mais c’était quand même un peu mieux que le titulaire », c’était donc à Ulisses de faire ses preuves dès le coup d’envoi. Ben c’était toujours pas top.
Merlin (61e, 3/5) : Une entrée de type « c’est pas top mais c’était quand même un peu mieux que le titulaire ».
Nadir (1/5) : Où il se confirme que Valentin Rongier fait partie de ces joueurs dont on se passe seulement si l’on ne peut pas faire autrement. Ils sont peu nombreux dans ce cas dans l’équipe, il y a lui, éventuellement Greenwood (honte à nous) ainsi que GERONIMO RULLI, N’EST-CE PAS ESPECE DE MUGEASSE QUE TIES AH hrm pardon Roberto, non mais vraiment c’est bien ce que tu fais, je t’aime.
Rowe (61e, 2/5) : Passe son temps à subir des fautes grossières sans obtenir un pénalty, alors que moi Môssieur, je connaissais un artiste à Lyon, avec un effleurage de talon et un sac de sciure il te sortait dix litres de cinq-étoiles. Sinon on peut parler du reste de son jeu aussi, mais là je sens qu’il va m’agacer. Si si, je le sens.
Højbjerg (2+/5) : Lui c’est encore pire, non seulement il a eu droit à son action litigieuse dans la surface, mais en plus dégun n’est revenu dessus. C’est le barème : après un pénalty on n’en accord plus d’autre, et après trois actions pouvant valoir un pénalty, même plus on regarde les images. Sinon, lui aussi a paru un peu orphelin de son Rongieur.
Rabiot (3-/5) : Mon Rabiot, c’est celui de la seconde mi-temps.
Greenwood (honte à nous, 3/5) : De même que Rowe, il est à la limite de devenir agaçant, sauf que lui sait se rendre indispensable.
Maupay (1/5) : Preuve que Neal n’est pas au mieux de sa forme, non seulement il n’a pas été trouvé dans le jeu, mais on ne l’a même pas vu dans les embrouilles. Dans un match pourtant émaillé de mesquineries diverses, doigts dans le cul et petites claques derrière les oreilles, c’est clairement une faute de goût de sa part.
Vaz (46, 3+/5) : C’est pas un bol d’air qu’il nous a apporté, c’est la bonbonne de Ventoline. Eût-il de surcroît marqué son occasion de 2-1 qu’on risquait de frôler le point Jean-Luc Lahaye.
L’invité zoologique : Emanuel Emegalodon
Le mégalodon est la star du film de requin moderne : là où les anciens réalisateurs de films de requins se devaient d’être imaginatifs, le film de mégalodon bénéficie de tous les avantages de la modernité avec moyens financiers à gogo et fonds verts. En résultent des bourrinades aussi navrantes qu’inexigentes mais financièrement efficaces, reflet de notre triste époque. Le mégalodon est donc au cinéma ce que la multipropriété est au football.
- Les autres : Pas maladroits et emboucaneurs au possible, on dirait le SC Bastia de la grande époque mais avec un accent pourri.
- Le classement : La bonne opération est pour Lille, qui revient à cinq points, et le PSG, qui s’échappe à neuf.Il nous reste un petit matelas : à nous de ne pas nous y endormir.
- Coming next : Nice dimanche soir, Lyon la semaine suivante. Un enchaînement à ne pas manquer sous peine de subir une atmosphère un tantinet plus crispée.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy Br. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Heureusement que j’ai eu ma ventoline.
Par contre, elle avait comme un petit effet euprhorisant. Sous la douche , je me suis mis à chantonner malgré les démangeaisons anales persistantes. Et j’ai passé le reste du week-end à m’imaginer, à rêver. Bref. Laissons du temps au minot, et en attendant, retapons et remontons le moral du mal payé au pluriel.
Oui, j’ai fait une recherche sur Delahaye et j’avoue que c’est bien dégueu, alors je me venge avec un jeu de mots aussi dégueu.
Merci pour l’Acade, mon joli chameau.