OM-Toulouse (1-1), La Canebière académie n’est pas étonnée

Si seulement le couillu des alpages n’avait pas fait ce malaise… il aurait pu constater de visu ce qu’est vraiment une équipe qui se moque du football.

Aioli les sapiens,

Une fois n’est pas coutume, j’aimerais vous parler de Bordeaux. Ville sans intérêt des bords de Gironde où s’épanouissent le merlot et l’électeur de droite, Bordeaux se caractérise par la présence des bien-nommés Girondins, amalgame incertain quoi que comique de onze homoncules désarticulés dont les tribulations balle au pied font s’esclaffer tout ce que la France du football compte d’esthètes. Les Girondins de Bordeaux, donc, que les quelques masochistes s’évertuant encore à les encourager s’accordent à qualifier d’incarnation de la médiocrité dans ce qu’elle a de plus ridicule. Les joueurs sont nuls, l’entraîneur est dépassé, le président est aux fraises. Les Girondins, dont la vocation cette saison est de procurer du réconfort à tous les autres clubs en se laissant compisser par iceux de la manière la plus originalement sale qui puisse se concevoir. Bordeaux, tout un chacun vous le dira : c’est à chier.

Mesdames et Messieurs, ces Girondins-là sont devant nous au classement.

 

L’équipe

Nkoulou suspendu, la charnière Rolando-Rekik est reconduite. Le 442 reste quant à lui de rigueur.

 

Le match

L’OM domine et rate des occasions, l’OM doute, recule et se fait fister, l’OM fait n’importe quoi mais égalise par miracle, l’OM fait match nul, la partie du Vélodrome non encore écœurée par la situation siffle, Michel déclare que ce n’est pas de sa faute, l’OM s’enfonce : à la Woody Allen, nos olympiens savent comment broder de nouveaux développements sur une trame immuable, de sorte à surprendre les amateurs sans leur faire perdre leurs repères. Quand l’un appelle Scarlett Johansson, les autres se fendent d’un carton rouge improbable. Quand l’un se déguise en spermatozoïde géant, les autres sortent leurs plus beaux costumes de viers marins cul-de-jatte.

Sans bouleverser les fondamentaux, notre nouvel opus apporte son innovation anale. La prétendue frilosité de notre entraîneur lasse le public ? Qu’à cela ne tienne, Michel va montrer qui porte le slip kangourou à la maison : et vas-y que je te sors Diarra pour Barrada ! Pas assez offensif ? Balécouilles, paf ! paf ! je fais entrer Alessandrini pour Rolando. Qu’essta, Mandanda, tu veux chouiner ? On n’a plus un récupérateur et on prend le bouillon au milieu ? Z’avez qu’à vous bouger le cul, je fais mon taf, z’avez qu’à faire le vôtre. OK, le résultat est plus proche de Max Pécas que du Woody Allen sus-nommé, mais en tout cas ce genre de prestation produit toujours son petit effet.

Avant ce grand moment comique, nous avons vécu une première période contrastée. Après 10 minutes passées à se défaire d’un pressing très serré, l’OM se met à dominer. Si les larges espaces que nous laissons au milieu permettent à Toulouse de nous menacer épisodiquement, les meilleures occasions sont bien de notre fait. Bien amenées, nos tentatives échouent immanquablement sur Lafont, le talent du jeune Toulousain se combinant avec notre incapacité chronique à conclure par un bon choix.

Ah, quand on parle de variation sur un thème immuable, on ne peut pas passer sous silence notre habituel corner de merde, embelli aujourd’hui par un charmant carton jaune sur la contre-attaque qui s’ensuit.

 

A la mi-temps, un Diarra pas au mieux de sa forme est remplacé par Barrada, Isla se plaçant en sentinelle. Le temps pour Fletcher de faire briller Lafont en chiant son contrôle sur un beau service du Marocain, et l’inévitable survient. Rolando dégage n’importe comment, et le ballon revient incontinent au milieu où nos joueurs se touchent la nouille, laissant à Didot le temps de commander un jaune et les olives avant de servir Ben Yedder dans l’espace. Rolando appréhende son duel de rapidité contre l’attaquant avec l’aisance d’un Massey-Ferguson en panne face à Usain Bolt : but (0-1, 55e).

Les milieux toulousains sont chez eux sur notre pelouse comme Florian Philippot sur BFM. En conséquence de quoi et selon la plus saine des logiques, Michel empile un attaquant supplémentaire en la personne d’Alessandrini, Isla étant contraint à prendre place en défense. Le choix de déséquilibrer l’équipe ne paraîtrait discutable que si l’on avait conservé l’espoir de voir l’OM s’en sortir par le football. Non, en réalité peu importe ce changement, puisqu’il est sans influence sur nos deux principaux atouts cette saison : d’une part la nullité de nos adversaires et, d’autre part, la chatte. Parfaitement lancé par Isla, Manquillo adresse un centre tendu à ras de terre, mal négocié par Lafont. Comme d’habitude, Fletcher se trouve à point nommé pour saloper l’occasion, mais cette fois son tir est dévié par le gardien sur Somalia : CSC (1-1, 74e).

Dopés par ce but, nos joueurs profitent de ce regain d’énergie pour faire n’importe quoi, avec l’assurance de ceux qui ont sans doute répété beaucoup de choses à l’entraînement, mais certainement pas cette situation. La défense se transforme en plage hawaïenne, avec les déferlantes mais sans les surfeuses en bikini pour rendre ça agréable. Après un premier très bel arrêt devant Bodiger, Mandanda gordonbankiser un tir de Trejo en sortant le grand jeu en même temps que moi ma bite.

Peinant à enchaîner quelques passes, nos rares mouvements étant de toute façon interrompus par une faute technique, nous voyons Ben Yedder se faire refuser un but pour un hors-jeu de justesse, puis Braithwaite rater le cadre seul à 10 mètres.

A la 89e, nous gâchons une ultime occasion de remporter trois points honteux en nous faisant haïr de tous ceux qui aiment le foot – encore que les amateurs de football ne regardent plus l’OM depuis longtemps. Pressé par Nkoudou, Lafont offre la balle à Batshuayi, qui met plus de temps à réagir qu’un service municipal à changer une ampoule dans une école des quartiers Nord. Michy tergiverse, s’excentre et est finalement contré par le gardien.

On passera sous silence les termes de la conférence de presse de Michel, moins pour épargner ce trou du cul fat et incompétent que pour ne pas déflorer le comité du jour. Pour une appréciation plus approfondie de mon état d’esprit, dites-vous bien qu’à côté de ce que j’ai envie de lui mettre, la relation épistolaire de Gwen Tagrenmer avec Clément Turpin c’est les Malheurs de Sophie.

 

Les joueurs

Mandanda (4+/5) : Performant en actes et digne en paroles. Michel doit le détester.

Sans ce geste, on aurait même pu dire que Toulouse revenait sur un concurrent au maintien.

Rolando (1/5) : En dehors de l’action du but, d’un avertissement pour hippopotacle désespéré et d’un assortiment de relances à chier, Rolando n’a pas été si mauvais.

Alessandrini (64e, 1/5) : Comme à son habitude, ne fait rien de bien et grogne après ses collègues qui ne font pas mieux. Un marronnier marronneur, en quelque sorte.

Rekik (3+/5) : On risque de ne pas le remarquer dans la morosité ambiante, mais Karim a fait un bon match. C’est aussi porteur d’espoir que l’annonce d’une baisse de 0,002% du chômage par Michel Sapin, mais autant se raccrocher à ce que l’on peut.

Manquillo (3+/5) : Sérieux, discret, il sort une quasi-passe décisive pour l’égalisation avant de vite rentrer à la maison pour avoir le temps de faire ses devoirs avant Zorro.

Mendy (3/5) : Assez présent pour ne pas être critiqué, pas assez décisif pour être acclamé. Passons.

Isla (3+/5) : « Bof », ce qui par les temps qui courent est une appréciation positive. Une belle attitude cependant, et le lancement de Manquillo pour l’égalisation.

Diarra (1/5) : Si les spectateurs du Vélodrome n’ont pas assisté à une victoire, ils ont vécu quelque chose d’encore plus rare : un mauvais match de Lassana Diarra.

Barrada (46e, 1-/5) : Totalement incongru. Barradadaïste, même.

Cabella (3/5) : Tourmente la défense toulousaine une mi-temps durant, sans succès faute parfois de lucidité. Il s’évapore en seconde période, ce qui est plutôt bienvenu tant cela m’arrache déjà la main de lui mettre la moyenne.

Thauvin (87e) : Entré dans une équipe composée de onze poulets sans tête, où il s’est parfaitement fondu.

Nkoudou (2+/5) : Une première mi-temps honorable, la réussite en moins – comme tous les autres, donc. Une seconde période dessinée au caca sur les murs d’une cellule psychiatrique – comme tous les autres, donc.

Fletcher (1+/5) : Ses occasions manquées m’ont mis l’anus en chou-fleur (of Scotland).

Batshuayi (1+/5) : Comme l’a dit le Rinus Michels des Apple Store, « Le succès au moment de marquer est impossible à travailler. C’est de l’ordre de l’individuel. » Démerde-toi avec ça.

 

L’invité zoologique : Bongo Doumbia

Discret et méconnu, le bongo n’est sorti de l’anonymat qu’au moment de se faire défoncer par la civilisation, lorsque les forêts où vit cette antilope ont commencé à être détruites. Il s’agit donc de l’invité approprié pour commenter ce match contre le TFC, dont on ne se souvient de l’existence qu’au moment où il disparaît en Ligue 2.

Les autres : C’est pas dégueulasse au milieu, c’est pas dégueulasse dans les buts, c’est pas dégueulasse devant… mais ça fait preuve de l’authentique manque de réalisme offensif et défensif, celui qui distingue les losers d’une honnête équipe du ventre mou (description qui s’applique également à nous un cran plus haut, soyons honnêtes).
Les images : vas-y, fais-toi mal.
Le classement : 13e place… si l’on perd le match en retard contre le Gazélec, on finira même la saison en regardant vers le bas.
La précision : Si l’on compte sur la Coupe de France pour obtenir une qualification en coupe d’Europe, il faudra remporter le trophée : si c’est le PSG qui gagne, la place supplémentaire en Ligue Europa sera réattribuée via le championnat…
La lettre ouverte : l’appel aux grands groupes marseillais à investir dans l’OM : si tu nas pas encore soutenu, c’est ici.
Le casse : Pendant ce temps, la liberté de la presse se porte bien à Marseille, merci pour elle.
La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Padls revient en tête du concours zoologique.

Alban Lafont sait comment s’y prendre avec les attaquants olympiens.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

12 Comments

  1. En fait, ce qui me fait le plus mal un lundi matin en lisant l’acad, c’est l’invité zoologique :

    « Il est passé de LC (préoccupation mineur) à NT (quasi menacé) à cause de la déforestation de son habitat et de leur peau très courtisée par des acheteurs du monde entier. »

    Lassitude.

  2. Alessandrini devrait jouer en CFA, entrainé par notre branquignole officiel. Serrer des paluches d’amateur, ça fait un peu pédé mais avoir leur niveau tactique, ça a l’air de moins le gêner.

  3. En effet, le 442 à plat a l’air de mieux coller. N’Koudou au repos, Romain aux oubliettes, et ça repart?
    Qu’est devenu le Roi Bouna?
    Pourquoi ai-je envie de pleurer?
    Pourquoi les groupes de supporters continuent de supporter cela? Qu’ont-ils à gagner? A perdre?
    Est-ce moi ou bien notre club est chaque jour un peu plus pourri? Dites-moi que je délire. SVP.

    Suis-je le seul à avoir une grande nostalgie de l’époque pré-RLD?
    En 20 ans, un titre. On n’a pas fait pire depuis l’époque 50-60. Et que celui qui vienne me parler de coupe de la ligue aille se faire … relooker à la Alessandrini.

    Alorss on peut parler de Michy, de Alessandrini l’abruti, de Rekik ou de Michel (que je ne peux pas voir) mais le problème est bien plus profond.
    On peut parler des supporters, de Labrune mais le problème est plus grave. Plus ancré.
    20 ans qu’on brûle les Roussier, les Bouclet, les Anigo, les Dioouf ou les Perrin. Nos groupes de supporters sont peut-être des petits voyous intéressés et profiteurs. Notre entraîneur n’a pas le niveau Ligue 1. Labrune est un pion. La campagne anti-Bielsa qu’il a dû lui-même orchestrer a dû lui permettre de s’en séparer tranquillement.
    J’ai mal au coeur. Il nous faudrait découvrir quel intérêt a MLD à nous garderen l’état? C’est pas pour son image. Pas pour les sous. Alors pourquoi?

  4. Ou comment transformer une académie en cellule de crise.
    Et pas un mot de Dupraz pour dire que Michel s’est encore une fois moqué du football hier. Peut-être parce que ces nouveaux protégés n’ont pas su profiter des largesses venues d’ailleurs offertes par Michel.
    Dire qu’il aurait simplement fallu remplacer Diarra par Romao pour conserver un équilibre dans cette équipe… Michel est un joueur de tombola.

  5. Voila une équipe qui n’a pas progressé depuis la première journée. Le même match se répète sans cesse. Michel, démission, Michel, démission.

  6. Suis fasciné par le gif de Mandanda, je ne vois pas comment il fait pour aller aussi vite. Plus tu regardes, plus tu te dis que ce n’est pas possible.

  7. Haïr des personnes, à leur en souhaiter du mal, pour du football pour moi c’était aberrant

    Mais ça c’était avant !!!

  8. Ton smartphone sait ce qu’il lui arriverait si tu les voyais!

    Sinon, désolé pour la référence mais j’ai bien aimé l’édito du phocéen: Michel entretient la nostalgie Bielsa.

    Argument final:
    Labrune vire Bielsa pour économiser de l’argent. Puis il dit qu’il ne vend pas N’Koulou pour gagner quelques places au classement: il préfère ne pas gagner 10M pour être mieux classé.

    Oui bon c’est pas ça qui va nous redorer l’image de Labrune.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.