Toulouse-OM (1-1), La Canebière académie est à plat

Du rouge, du rouge, sans, sans, sans trêve ni repos.

Aioli les sapiens,

Après la tension, l’emballement, la haine, la ferveur, la polémique de dimanche soir, quoi de mieux qu’un match à Toulouse en milieu de semaine pour faire retomber l’excitation, plus sûrement qu’un Canadair de bromure au-dessus d’une partouze.

Et si c’était ce qui nous manquait pour tourner définitivement la page Bielsa : réapprendre à se faire chier ?

 

L’équipe

Coincée dans un calendrier on ne peut plus dense, cette rencontre amène Michel à faire tourner l’effectif. Exit donc Manquillo et Mendy (on ne parle même plus de Djé Djédjé), entrent deux latéraux qui nous laissent le temps de prendre des notes. Nkoudou pallie la suspension d’Alessandrini, et Ocampos supplée Batshuayi.

 

Le match

Il va falloir s’y faire, pas question de se lancer dans des attaques désordonnées d’entrée de jeu, encore moins de prendre le risque de s’exposer au pressing adverse. Place donc à une gestion prudente nous permettant peu à peu de poser le ballon, et prendre le temps qu’il faut pour développer notre jeu – les 45 premières minutes, par exemple.

Quand l’on sait que, de leur côté, le dernier Toulousain à avoir planifié une offensive se nommait Mohammed Merah, la confrontation s’avère aussi palpitante qu’un épisode de Plus Belle La Vie commenté en audiodescription par Stephen Hawking.

[NB : la vanne précédente est gracieusement offerte à nos nouveaux lecteurs dans le cadre de notre opération « Horsjeu.net, partenaire du bon goût ». Bienvenue à vous.]

Même si Mandanda tente de pimenter la soirée avec deux fautes de pied slipocides, on sent bien que sa bonne volonté est forcée : la première mi-temps sera pépère ou ne sera pas. La possession est nôtre, mais ne se traduit par aucune occasion. Ocampos se montre inadapté et timoré au poste d’avant-centre. Barrada se lance dans une imitation de Yohahn Diniz, et encore, sans tortiller du cul, ce qui aurait au moins eu le mérite de nous faire rigoler. Entre Paulo Détchéyé qui semble habiter un corps trop grand pour lui et Mauricio Isla tentant beaucoup de choses sauf de déborder sur l’aile, nos couloirs offensifs sont sinistrés, et ce ne sont pas un Nkoudou brouillon et un Cabella cabellien qui arrangent les choses. Pas à leur meilleur niveau individuel (on le leur souhaite en tout cas), nos cadors se montrent également infoutus de jouer collectivement. Seuls Nkoulou, la main dans le slip, et Diarra, définitivement pas du même monde que les autres, éclairent un peu la rencontre.


Steve fait ce qu’il peut pour mettre de l’intensité dans la partie,et pas que là.

En fin de période, Ocampos descend davantage pour aider à la construction des actions, ce qui amène l’OM à timidement asticoter la surface adverse.

 

Si l’OM maîtrise et se montre peu en danger, nos joueurs n’ont à la pause toujours pas démontré leur capacité à accélérer pour faire la décision. La reprise n’est guère source d’espoir, au contraire : avec le déclin physique de Diarra, nous perdons encore en solidité et en fluidité. Si la première partie du match était gérée en bon père de famille, la seconde est gérée en bon maire de Marseille : en en faisant le moins possible, et encore, en le faisant n’importe comment. Michel a beau tenter de rendre un peu de dignité aux échanges en remplaçant Cabella par Batshuayi, les mauvais choix et les erreurs techniques s’accumulent.

Survient alors une faute naïve de Nkoudou à proximité de notre coin droit. Le coup-franc transforme notre surface en autoroute d’Aubagne à l’heure de pointe. A l’issue d’un cafouillage interminable, Regattin adresse un tir que Braithwaite, plus vif que Nkoulou, dévie pour prendre Mandanda à contre-pied (1-0, 67e).

Entre ce but et les actions qui s’ensuivent, le match vire au franchement dégueulasse. Mauvais choix et gestes techniques ratés s’accumulent, et ce n’est pas le choix offensif de Michel (Sarr pour Silva) qui y change quoi que ce soit.

Pour tenter de remédier à la qualité particulièrement détchéyée de nos ailes, Michel fait entrer Mendy. Coaching gagnant.

Non, mais ça avait plutôt l’air d’une bonne idée, au départ.

Après cette péripétie, la partie reprend son cours nonchalant, mollement rythmée par les passes anales de Barrada et consorts. L’une d’elle envoie d’ailleurs Braithwaite seul face à Mandanda, mais l’attaquant trouve le moyen de tirer à côté. On frémit à l’idée qu’un jour, quelqu’un dans nos rangs puisse saloper une pareille occasion de tuer le match… mais n’anticipons pas.

C’est dans les 7 dernières minutes que la partie s’anime enfin. Mandanda met en échec de superbe manière un ciseau de Regattin, avant qu’Anthony Gautier n’accrédite un peu plus la légende urbaine selon laquelle les arbitres chauves sont une confrérie secrète ayant pour but inavoué de chier sur le football. Sur une intervention peu agressive au demeurant, il adresse à Moubandje un second carton jaune pour antijeu (et un carton jaune à son collègue qui a eu le malheur de l’ouvrir).

Rebelote quand, sur un dégagement raté de Goicoechea, Yago arrive en retard pour dégager la balle et ne trouve que le pied de Nkoudou. Profitant de l’avantage, Michy semble signalé hors-jeu par l’assistant, ce qui amène l’arbitre à interrompre l’action et, histoire de ne pas être venu pour rien, à éjaculer un nouveau carton rouge au visage du fautif (et un carton jaune à son collègue, qui a eu le malheur de l’ouvrir, c’est comme dans Maman, c’est toujours meilleur quand on y retourne).

Signe d’une soirée difficile pour les partisans du « même une truie a toujours raison du moment qu’elle utilise un sifflet », notre héros parvient même à caser cinq remplacements, une interruption pour blessure et trois arrêts liés aux cartons rouges dans trois malheureuses minutes de temps additionnel.

Note, ce n’est pas ceci qui nous a empêchés de gagner, loin de là. A la 90e, justement, Abdelaziz Barrada joue en marchant. Cela n’a rien d’inhabituel par rapport à l’heure et demie qu’il vient de nous montrer, je le conçois. La différence vient cette fois-ci de l’absence de pressing de la part de Toulousains, repliés sur leur surface comme les séniles du Collectif Provence sur leurs galoubets-tambourins. Le Marocain a toute latitude pour servir Batshuayi dans la surface, lequel résiste au défenseur et adresse une lourde dans les filets mauves (1-1, 90e).

Trois minutes additionnelles, c’est peu, mais c’est suffisant pour que Doumbia fasse une dernière fois monter le slipomètre sur un coup-franc. Trois minutes, c’est peu, mais c’est déjà trop pour Uros Spajic et Bouna Sarr, déjà en pleine décompression cérébrale. Sur notre dernière contre-attaque, le premier ne parvient plus à compter ses pieds et nous offre une figure estampillée « Holiday on Ice rend hommage à Serge Gainsbourg ». Le second ne peut faire autrement que se montrer à la hauteur d’un tel présent :

C’est dommage que notre site n’ait pas proposé ce jeu, il n’était pas facile à trouver, cette fois.

Quoi qu’il en soit, après l’ennui, après la souffrance, après l’espoir, et après donc avoir consciencieusement mâchonné nous couilles après cette occasion ratée à trois contre un, nous repartons de Toulouse avec peu de certitudes, si ce n’est que notre situation au classement vire au franchement inquiétant.

 

Les joueurs

Mandanda (2/5) : A deux orteils d’encaisser le but le plus con jamais vu au Stadium, pourtant blasé dans ce domaine depuis Aly Ahamada. Inversement, quand il a privé le Stadium d’un deuxième but en ciseau retourné, il a dû se sentir fier et connard comme le chasseur qui bute une espèce rare.

Le meilleur dans la vie de gardien, c’est de contempler la tronche de l’attaquant qu’on vient de priver du but de sa vie.

Nkoulou (3-/5) : Peu emmerdé au-delà du raisonnable en première période, il a assuré le tout une main dans le slip comme à ses meilleurs moments. Au moment du but, il a malheureusement le tort de couvrir Braithwaite et de se montrer moins vif que lui, ce qui n’est pas un mince exploit.

Rekik (1/5) : Naïf au duel, un placement torché au Ricard, si ça continue on va finir par l’aimer comme on a aimé Morel. Vachement.

Isla (2/5) : Une conception du rôle d’ailier consistant moins à déborder qu’à aller s’emplâtrer dans un axe déjà surchargé : même Dja Djédjé ne nous l’avait pas faite, celle-ci. Quelques beaux sauvetages défensifs toutefois.

Détchéyé (2/5) : Balle au pied, il a la grâce d’une Pietragalla accro au Nutella. C’est tout ce qu’on peut en dire pour l’instant.

Mendy (77e) : 60 secondes sur la pelouse dont 9 secondes de jeu. Mercé pour ce moment.

Diarra (3-/5) : Je ne dis pas que sur la fin, il ne fatiguait pas un peu, mais enfin, l’ensemble mérite le respect.

Silva (2/5) : Pas assez efficace pour le porter aux nues, trop bon pour qu’on le traite comme le premier Saber Khalifa venu. Un peu comme le type qui passe ses jours à faire des powerpoints de winner dans l’Avignon-Paris de 6 heures du matin, il faudrait qu’il songe à faire quelque chose de sa vie à un moment.

Sarr (71e) : Foire-moi encore un centre comme celui-ci et je te tatoue un #TeamFCMetz sur le vier.

Barrada (2-/5) : Et à la fin du bal, marraine la bonne fée transforma Alaixys Romao en Lassana Diarra. Et comme tout a un prix en ce bas monde, cette pute n’oublia pas de changer Dimitri Payet en Abdelaziz Barrada.

Cabella (1/5) : « Le problème, ce n’est pas son positionnement, c’est son rendement », déclarait Michel. Qui a trouvé le meilleur moyen de résoudre à la fois l’un et l’autre, en le collant sur le banc.

Batshuayi (60e) : On le réclamait la semaine dernière, ce putain de but d’avant-centre qui nous change le match. Eh bien nous voici exaucés. Pour pinailler, on peut reprocher à Michy de ne pas avoir appelé la balle au premier poteau sur la dernière action, ce qui aurait peut-être évité à Sarr de centrer au pif.

Nkoudou (2/5) : Dieu que cela fait du bien de voir un ailier volontaire, bon esprit, combatif et audacieux. S’il savait jouer au football, on pourrait presque parler de bonne affaire.

Ocampos (1+/5) : Oui, Bielsa a dit que Lucas pouvait faire un avant-centre tout à fait convenable. Mais à mon avis, c’était pour tester à quel point son fan club est capable de suivre ses conneries sans réfléchir, un peu comme Jésus avec son « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. »

 

L’invité zoologique : Adrien Regathon

Poisson massif et laid, le thon est à la fois d’une banalité affligeante et pourtant en voie de disparition. S’il s’éteignait, nul ne sait quelles répercussions cela entraînerait sur l’écosystème, excepté un bénéfice esthétique assez évident. Le thon est à nos mers ce que le TFC est au football professionnel, et est à ce titre l’invité approprié pour commenter avec moi cette rencontre.

  • Les autres : Une ambition offensive digne de la marine de guerre luxembourgeoise, avec cependant l’intention d’exploiter avec intelligence et vivacité les failles adverses. Ca devrait faire du bas-ventre mou, voire flasque, sans trop de souci.
  • Le bonus : La Diarrathèque de la première période (on omettra pudiquement les pertes de balle de la seconde).
  • Le classement : Avec 2 victoires, 2 nuls et 3 défaites, on est de moins en moins bien placés pour narguer le ventre mou, d’ailleurs.
  • L’enculé du jour : Mark Zuckerberg, qui par pure chameauphobie a supprimé mon compte Facebook. Du coup, c’est notre censeur Gianluigi Bufo qui m’accueille sur son compte.
  • La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, donc, et sur Twitter.

 

Et n’oublie pas, en toutes circonstances, l’important est de rester sexy.

Bises massilianales,

Blaah.

9 thoughts on “Toulouse-OM (1-1), La Canebière académie est à plat

  1. L’école du ciseau Ocampos s’exporte à Toulouse !!

    Je rajouterais même Robinson l’aurait encaissé :
    https://www.youtube.com/watch?v=bd2o49C3NOU
    (au passage voilà la raison pour laquelle l’Angleterre a manqué la coupe du monde 2010 , c’est bô comme un lavado !!)

    En espérant que l’aïoli prenne vite !!

  2. .

    HAters are going to hate because my Nkloudou is rich.

    = Allez l’O*M =

    Le bon goût de la France, leçon n°13.
    :)
    .

  3. Dur avec Barrada, c’est vrai qu’il est un peu lent mais il perd peu de ballons, en récupère un certain nombre et délivre de bonnes passes à ses attaquants, à l’exemple de celle adressée à Cabella qui se retrouve face au gardien coté droit et qui se chie sur son plat du pied…
    Cabella n’a encore rien montré sur ce match, Ocampos pas mieux, Nkoudou montre beaucoup d’envie mais n’a que très peu de maîtrise technique, Sarr est très faiblard (la dernière action est un appel au meurtre), Isla et Détchéyé n’ont strictement rien apporter…la saison va être longue, très longue et certains réclameront bientôt le retour de Baup. Voire Anigo.
    Moi j’aimerai bien Goethals mais on me dit qu’il n’est pas dispo actuellement.
    On a perdu une belle tête à claques avec le départ de Thauvin mais on en a toujours en stock avec Cabella et Ocampos.

  4. Tout est bon dans l’acad du chameau. D’accord avec Spado et sur Barrada et sur la saison longue et sèche qui semble nous être promise.
    Une pièce sur une couverture de l’équipe magasine consacrée au look des entraîneurs de liguain lors de la rencontre OM-LOSC.
    Je suis content d’avoir résisté à la tentation de la nostalgie bielsiste jusqu’à la fin du commentaire, même si j’ai souvent pensé à équipe dirigée par Bielsa avec du Diarra 1 ère mi-temps dedans. Non? Crotte, moi aussi je me laisse aller à l’ambiance générale de nostalgie fabriquée à la con alors.

  5. « Déchet lié » réfléchit de plus en plus à l’éventualité d’apprendre un dribble ou deux. Par contre, il ne pourra rien faire concernant sa vitesse de pointe, il faudra voir avec Mendy quand il ne confondra plus « agressive » et « demontada ».

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