SRFC-OL (2-2) : la Gones Académie regrette

 

« La victoire revient à celui qui tient le dernier quart d’heure » – Carl von Clausewitz. Comme quoi, on l’a échappée belle.

Salut les canuts,

Après une bonne partie de saison pleine de déboires, d’éliminations et de tensions, l’OL version 2016 semble avoir tourné la page. Une victoire mémorable contre Paris et un score sans appel face à Guingamp la semaine suivante : Lyon est de retour et lorgne à présent la Ligue des Champions dans un combat sans pitié pour la troisième place avec la moitié du championnat. Les rageux diront que notre pauvre Ligue 1 est tombée bien bas pour qu’une équipe calamiteuse sur un bon tiers du championnat puisse avoir encore une chance non négligeable de participer à la plus prestigieuse des compétitions interclubs. Mais si Jésus a trouvé la force de pardonner à Pierre qui l’a renié trois fois, les puristes/esthètes/Pierre Ménès arriveront bien à amnistier l’Olympique Lyonnais pour avoir renié le football trois mois durant. En tout cas, Canal plus a déjà pragmatiquement retourné sa veste : 3ème match d’affilée le dimanche à 21h pour nous.

Ce soir nous affrontons le Stade Rennais d’Ousmane Dembélé, de Yoann « Médikit » Gourcuff et de Sylvain Armand, toujours vivant malgré l’ablation des deux reins réalisée par Nabil Fékir et Clinton Njie en fin de saison dernière. Voyons donc ce que le coach Bruno et sa dream-team nous ont concocté.

Bis repetita placent, on prend les mêmes et on recommence : la compo est la même que la semaine dernière à deux différences près. Mapou, suspendu, est remplacé par Koné. Néanmoins, avec le retour de Caçapa pour coacher nos défenseurs, cette nouvelle nous donne à peine quelques frissons dans le dos : seulement 2 petites vertèbres déplacées pour Paul Igarque. D’autre part, Jojo Ferri est incorporé au onze de départ, au dépens de Clément Grenier. A part ça, on ne reprochera pas au staff d’avoir misé sur la continuité : titulariser un ailier 2 étoiles car il a 7.75 de moyenne sur les 5 derniers matches à FM, on l’a tous fait.

 

Les Lyonnais bottent le coup d’envoi tandis que Pedro Mendes se montre rapidement dépassé par les évènements. En effet, le défenseur rennais est littéralement à côté de ses pompes en ce début de match. L’OL en profite donc pour accélérer rapidement et se procure le premier corner du match. Ayant été joué à la rémoise, il ne nous semble pas utile de préciser quelle en fut l’issue. Cela a au moins le mérite de nous mettre en confiance : Lacazette part en solo dans la surface, parvient à contourner Costil et trouve le poteau. Armand arrive en trombe dans la surface. Non. Encore 5 secondes… Le voilà.

La pression s’accentue sur la charnière centrale rouge et noire, Cornet semble partir seul au but quand Pedro Mendes l’envoie à terre. La faute en position de dernier défenseur est réelle, le plongeon de Cornet est lacazien mais l’arbitre ne sort qu’un carton jaune. La gestion du match échappe peu à peu à l’homme en jaune et le match devient, par manque d’autorité de Monsieur Schneider, électrique. (Si vous l’avez, votre vie est au moins aussi nulle que la nôtre). Rachid Ghezzal croit alors tirer son épingle du jeu mais n’est pas Nabil n’importe quel métèque au pied gauche un peu habile : son coup-franc trouve un Costil bien vigilant.

Ce n’est que partie remise pour Rachon qui trouve, à la 26ème minute, la tête d’Umtiti sur corner. Costil est, cette fois, battu mais Dembélé est là sur sa ligne pour repousser, « interventionniste » comme dirait Stéphane Guy. Éric Carrière ne tarde pas à lui emboîter le pas : « à la manière de Lionel Messi » emploie-t-il pour qualifier la conduite de balle dudit Dembélé. Bataille de prodige oblige, l’OL concède un coup-franc très similaire à celui de Ghezzal plus tôt. L’enroulé de Dembélé est détourné par Lopes. La pépite miraculeuse du Roazhon Park reprend possession du ballon et tente avec audace, panache et talent de glisser un sulfureux petit pont à Darder. C’est à cet instant que Sergi décide de montrer à son vis-à-vis ce qu’on appelle le football, le vrai. Une récupération, une projection rapide, une passe laser pour Cornet qui est en train de filer sur l’autoroute qui lui sert de couloir gauche et voilà Maxwel inexorablement lancé vers son destin : le but. Armand met son clignotant et se rabat gentiment sur la bande d’arrêt d’urgence pendant que Pedro Mendes fait ce qu’il peut pour rester au contact. Le gone voit Costil s’avancer, fixe Zeffane puis passe à Ghezzal seul. Le nouveau Sofiane Feghouli transforme tranquillement l’offrande de son partenaire. 1-0. Crucial sur ce but, Rachid Ghezzal est définitivement « l’homme fondamental du Lyon 2016 ». Pitié Stéphane Guy, arrêtez tout.

Si Sylvain Armand était hockeyeur.

La pause arrive comme une bénédiction pour les Rennais qui ont vu la domination lyonnaise s’accroitre au fil des minutes. Gourcuff termine donc son match à 8 passes réussies. Le rôle de meneur de jeu à Rennes, ça n’a jamais bien marché de toute façon. Ironie tragique, nous nous moquons tandis que Rolland Courbis fait entrer Jérémie Boga et Fallou Diagne.

A peine dix minutes dans la seconde période et ça recommence déjà à se mettre des petits crocs-en-jambe de pédé. Finalement, Monsieur Schneider choisit un noir dans chaque équipe et leur colle un jaune : Koné à Lyon et Dembélé à Rennes. Les fautes continuent néanmoins et Ghezzal obtient un coup-franc à 40 mètres. Sa tentative, sûrement travaillée avec Valbuena à l’entrainement trouve les tibias du mur. Jordan Ferri récupère et tente une de ces passes dont il a le secret, à l’aveugle, en demi-volée, de 25 mètres. Talent ou sérendipité, nous ne saurons pas. Cependant, la passe fait mouche : Costil est dupé et Lacazette peut marquer de la tête, à l’extérieur. 2-0. Nous nous permettrons de citer George Bernard Shaw : « Un miracle, c’est un évènement qui crée la foi ». C’est ainsi que nous nous convertissons immédiatement au Jordanferrisme.

A partir de là, Lyon gère son match. A la 68ème, Lacazette réalise un bon contrôle, se retourne, contourne Armand tel un vulgaire plot et se débarrasse de Danzé avec un contre favorable. Seul face à Costil il frappe du gauche, en force. Le ballon manque le cadre d’un souffle. La suite ne mérite pas tant d’élaboration. Un corner plein d’erreurs de marquage et un milieu qui ne ne redescend plus suffisent pour que Rennes refasse son retard. Score final 2-2. Canal plus salue le génie de Rolland Courbis, nous saluons l’amateurisme encore latent de Bruno Génésio et le sens de l’effort exquis de Clément Diva Grenier.

Paul Igarque, c’est un mec comme ça. Des fois, il a envie de parler vrai, de parler tactique. Pas de notes pour conclure donc, mais une analyse toujours avec un présent de vérité générale, la marque des grands. Vos avis sont les bienvenus en commentaire.

Il faut remarquer les progrès qui ont été faits dans le système tactique de Génésio : fini l’isolement d’Alex, place aux deux milieux relayeurs à grand volume de jeu et à un pressing important pour récupérer haut et se projeter très vite vers l’avant afin de soutenir notre pointe. Dans le cas échéant, on observe des relances de derrière, trouvant les 8 entre les lignes et notamment Darder, particulièrement redoutable de par son placement intelligent (l’école espagnole). Ensuite, la qualité technique dans l’élimination, dans la passe verticale puis dans l’accompagnement des actions permet à l’OL d’être beaucoup plus dangereux. Bien sûr, tout cela tient grâce à la condition physique de nos milieux, capables d’effectuer d’innombrables allers-retours. Cependant, cela crée des difficultés en fin de match comme face à Rennes où le replacement n’était plus aussi efficace. Capitaine Max Gonalons et Andres Iniesta Darder semblent être (re)devenus les deux éléments clés du milieu. Ensuite, ajouter le volume (de jeu, bande de mauvaises langues) d’un Ferri paraît nettement plus sécuritaire qu’un Grenier, trop petit et bien plus 10 que 8. Le coaching de Génésio est donc forcément critiquable puisque sortir deux milieux d’un coup a nettement déséquilibré ce secteur de jeu, alors que l’OL gagnait cette fameuse « bataille du milieu ».  Laissons cependant Coco revenir de blessure et peut-être nous démontrer que l’axe Gonalons – Darder – Tolisso peut prétendre à l’Europe. L’équilibre de l’équipe se trouve donc en son milieu, bien aidé, il est vrai, par deux ailiers pas avares d’efforts sur le plan défensif.

A noter, la bonne progression de Maxwel Cornet qui semble match après match de plus en plus installé dans ce couloir gauche où sa vitesse et sa facilité d’élimination ont mis à mal la défense rennaise. Son pendant à droite, Ghezzal, bien qu’en verve depuis 2016, présente tout de même un jeu trop stéréotypé. Certes, repiquer dans l’axe permet un soutien à notre 9, mais cela confine le jeu d’autant que le latéral adverse comprend la combine en 20 minutes. De plus Rafael, pas encore au top physiquement, n’a pas pu apporter ses facultés de débordement tout le match. Il serait intéressant de voir comment se comporterait l’équipe avec un « vrai » ailier de débordement de ce côté aussi ou avec un intérieur plus imprévisible (coucou Nabil). Il restera aussi à Bruno le challenge d’incorporer Valbuena à cette sauce qui semble bien prendre sans lui.

Affaire à suivre donc.

BA,

Lexie Najas & Paul Igarque.

Lexie Najas

Forme avec Paul Igarque le duo d'anal-yse le plus infernal depuis Thierry Roland-JM. Larqué. Jour 307: Le respect des autres académiciens n'est toujours pas acquis.

14 commentaires

  1. Pourquoi ne pas vous aimer ?
    votre maillot sans réelle cohérence, votre vierge Olympe, votre Jordanferrisme.

    Patience et Longueur de temps, vos 2 prochaines recrues et Mathieu Valbueneu..

  2. « La pression s’accentue sur la charnière centrale rouge et noire, Cornet semble partir seul au but quand Pedro Mendes l’envoie à terre. La faute en position de dernier défenseur est réelle, le plongeon de Cornet est lacazien mais l’arbitre ne sort qu’un carton jaune.  »
    Quewa ?

    « Le rôle de meneur de jeu à Rennes, ça n’a jamais bien marché de toute façon.  »
    Hein ?

  3. Je vous prierais de bien vouloir indiquer le nom du dernier bon meneur de jeu rennais.
    Et oui y avait dernier défenseur, même Stéphane Guy l’a dit, alors hein !

  4. Ouai mais Féret il était plutôt Trequartista et… ouais ok mais c’est l’exception qui confirme la règle !!!

    Et on a dit pas de notes rolalala ! Tu en voulais plus ? C’est déjà trop long non ?

  5. Et Yacine Brahimi qui était la doublure de Juju, c’est l’exception qui confirme l’exception qui confirme la règle ?
    Et Jéjé Leroy qui était là avant Juju, c’est l’exception qui confirme l’exception qui confirme l’exception qui confirme la règle ?

  6. On met 3-4 fois Abdoulaye en meneur et ça y est que ça parle mal des meneurs à Rennes.

    Quand je vais l’attraper Lexie de toute façon.

  7. sérendipité : Bravo pour se 11 lettres pas évident à trouver puisque c’était le seul.
    J’avais pour ma part :
    intrépides

    • C’est par rapport à la charte qualité officieuse du site instaurée par Stéphane, on se doit de produire une qualité linguistique élevée.

  8. Bonne acad et bonne analyse
    J’adore notre façon de jouer ces derniers temps mais c’est clair que c’est dépendant de la condition physique ! Les deux 8 doivent envoyer du lourd donc Gonalons doit être omniprésent à la récup (il l’est donc ça va). Les ailiers défendent et s’usent beaucoup et en dézonnant (surtout ghezzal) oblige les latéraux à donner beaucoup aussi ! heureusement on n’a plus de coupe et que quelques matchs à jouer avec le retour de Nabilou (pas du tout de pression sur le garçon…) on est bon ! Mais tu fais pas ça sur 50 matchs
    J’ai été long, oui tout arrive
    Bien à vous

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