Bordeaux-Covid (0-21): la Scapulaire Académie pèse ses maux et c’est plutôt lourd

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Tout à une fin, sauf l’agonie de Bordeaux.

Bordeaux-Covid (0-21): la Scapulaire Académie pèse ses maux et c’est plutôt lourd

Tousse ensemble, tousse ensemble ! Euh ! Euh !

La Scapulaire Académie a beaucoup souffert. Moralement et physiquement. Ses serviteurs le savent bien, tout est de leur faute. Ils s’étaient refusés à céder à la pression et ne voulaient pas entendre parler de passe-sanitaire… avant de craquer. Il faut avouer que restreindre l’accès aux sanitaires lorsque tu supportes les Girondins n’est pas l’idée du siècle. Arrive forcément un moment où ton corps te fait comprendre que tu es allé trop loin. Ou pas assez… Lorsque tout s’écroule s’écoule, que ta dignité te lâche, tu te sens comme la matière qui vient d’atterrir au fond de ton calbut: bien merdique.

Alors… Alors, nous nous sommes enfermés sur nous-mêmes pendant un certain temps. Nous avons ruminé. Arrêté de nous nourrir et perdu goût à tout. Affaiblis, nous avons chopé toutes les merdes qui traînaient.C’est au cours d’une discussion sur notre raison d’être que nous avons réagi. Le contraste entre notre léthargie et l’enchaînement des évènements au dehors était saisissant. Il a fallu se mettre un bon coup de pied au cul avant de perdre toute pulsion de vie. Notre honneur n’ayant plus rien à craindre puisque déjà réduit à néant, nous avons finalement consenti à écouter l’avis du Conseil Footballistique.

C’est ainsi que nous avons réalisé la première dose et le rappel à quelques jours d’intervalle. Ah, vous vous attendiez à autre chose ? Vous êtes sûrement en avance au niveau du calendrier. Laissez-nous reprendre notre souffle, on arrive.Fort d’une immunité retrouvée, nous avons décidé d’attaquer cette nouvelle année pied au plancher, celui-ci ayant été nettoyé depuis la dernière fois. Rien ni personne n’arrêtera la Scapulaire. Cette académie est la première du reste de notre vie.

C’est parti !

La Scapulaire Académie vous souhaite à tous une bonne année 2022, tous nos vœux de bonheur… et de santé !

Vœux pieux en ce qui concerne les Girondins. Puisque fort de son petit cluster pré-fête – pour rappel Poussin, Gregersen, Mexer, Kwateng, Lacoux, Sissokho, Oudin, Bakwa et Mara étaient positifs et absents contre Lille le 22/12/21 – le club a décidé d’attaquer sérieusement sa masse salariale via les ALD de la Sécu.

A celles déjà citées, les absences suivantes se rajoutent : Costil et Malbec. Et avec eux deux, ce sont bien nos trois gardiens de l’équipe professionnelle qui sont sur le carreau. Ainsi que Médioub, Koscielny, Mangas, Otávio, Fransérgio, Adli, Zerkane, Kalu et Niang.

A noter également que Mensah et Onana sont déjà partis dans leurs sélections nationales respectives afin de disputer la CAN 2021 de 2022. C’est donc une équipe des U19 légèrement remaniée qui se présente pour son 32e de finale de Coupe Gambardella 16e de finale de Coupe de France face au SB29.

Nous notons la présence exceptionnelle de Hwang, Briand, Elis, Dilrosun et Pembele dans le onze de départ dans le rôle d’accompagnateurs.

Quant à Brest, le club se présente face à nous fort de son protocole fantôme qui n’emmerde personne. Sauf un, bien entendu.

La composition :

Rouyard

Aggoun – Pembele – Attalah – Louisjean

Dilrosun – Pascal – Depussay – Elis

Briand (c) – Hwang

Les consignes sont données, les Drôles peuvent jouer.

Le match :

Nos Drôles ne sont pas ridicules, loin de là. Ils font honneur au maillot Marine & Blanc avec un football appliqué et une détermination assumée. On ne peut pas en dire autant de nos vétérans. Les quatre titulaires de devant déjouent. Pembélé est au charbon mais provoque deux pénaltys… Le premier transformé par Mounié (35e minute), le second par Faivre (80e minute). La douloureuse le devient encore un peu plus dans le temps additionnel quand Le Douaron vient punir les Drôles en sifflant la fin de la récré (93e minute). Logique.

Les notes :

Pembele : punisher/5.

Les Drôles : valeureux/5.

Hwang, Briand, Dilrosun, Elis : aussi sérieux qu’un médecin de club dans le Finistère/5.

Le romantisme a quitté les plaines du Haillan depuis longtemps mais pas encore nos esprits. C’est pourquoi on avait envie d’y croire. Les Drôles ont fait ce qu’ils ont pu et c’est déjà pas mal. Leurs accompagnateurs n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu, dommage. Etonnant ? Eh non en fait, c’est justement le problème…

La Coupe de France, c’est terminé. Et c’est probablement les Jumeaux de M’zouazia qui doivent se sentir le plus floués. Qu’en penses-tu FFF ?

Et si maintenant nous posions la question à la LFP ?

La FFF a opposé le fait que son règlement ne pouvait être modifié à l’arrache au gré de l’évolution de la pandémie au sein des clubs, ce qui au passage a bien fait rire le Sinistre de l’Education Natianale. Résultat ? Ne changeons rien, the show (même au rabais) must go on. La LFP quant à elle, dans la même situation, a décidé de modifier son règlement et de l’adapter au plus près de la situation (comme le Sinistre de … bref). Résultat ? The show (même au rabais) must go on.

A l’heure du prochain match de championnat, les Girondins ne présentent plus suffisamment de joueurs COVID+ pour atteindre ou dépasser le nouveau cut-off de la LFP. Ils sont encore huit à devoir être à l’isolement quand il en faut onze. Ou un truc du genre. Personne n’y pipe rien. Ce qui est certain, c’est que le fait d’avoir eu 21 infectés en l’espace de trois semaines n’est pas un argument recevable. Pourtant les neuf premiers absents (contre Lille) ne sont revenus à l’entrainement que deux jours avant ce qui constitue dans le meilleur des cas un problème de rythme et de compétitivité. Quant à ceux qui pourraient se trouver encore symptomatiques (comme un essoufflement inhabituel à l’effort), nous ne savons pas combien ils sont, le club se gardant de communiquer précisément à ce sujet. Le flou est entretenu sciemment, mais à quel dessein ?

Toujours est-il, qu’en conférence de presse ou par voie de presse, le directeur sportif Admar Lopes, le médecin du club le Dr Thierry Delmeule et même le cardiologue attaché à l’équipe professionnelle le Dr Laurent Labbé, montent au créneau arguant, qui de l’iniquité sportive (sur le manque de préparation et de compétitivité de nos troupes), qui du risque de complications après un effort post-COVID (risque de myo-péricardite pour le plus identifié d’entre eux).

A ce moment précis, nous voyons enfin où ils veulent en venir. Dans la continuité de cet argumentaire semblent s’offrir à nous deux options : déclarer forfait ou retenter la classe verte au Matmut après celle de Francis-Le Blé.

Il est vrai que nous sommes tous peu ou prou perdus dans ces différentes définitions : positif, symptomatique, à l’isolement etc. La communication du club plutôt approximative à cet égard et vis-à-vis du nombre de joueurs appartenant à l’une ou l’autre de ces différentes catégories en est certainement le résultat. Et si en fait nous cachions notre jeu ? Et si nous avions de quoi les tenir tous avec la meilleure des mains à la rivière ? Eh bien non, pas du tout. Et nous n’avions rien vu venir. C’est probablement l’intérêt de cette communication opaque nouvelle marque de fabrique de la Direction actuelle.

Mais alors pour quel résultat ! Nous ne déclarerons pas forfait ! Oo-de-Lally, oo-de-Lally ! Nous y allons. Allons-nous battre ! Allons défendre notre honneur quoiqu’il en coûte !

Ok, mais de quelle manière ? Avec Costil, positif, mais qui ne relèverait plus d’un isolement (nous l’espérons en tout cas). Avec Oudin, qui révélait la veille encore être en proie à un essoufflement et une fatigue à l’effort (nous supposons inhabituelle, même pour lui). Ainsi que tous les absents de Lille, mais aussi Médioub, Koscielny, Fransérgio, Adli et Niang. Globalement tous ceux pour qui le club criait au scandale face au risque sanitaire. Là, ce n’est plus un problème d’opacité mais de cohérence. Et c’est dur à avaler. La LFP a manqué de discernement, le club a manqué de C : de conviction, de courage, de cohérence, de couille.

Ceci dit, il faut y aller maintenant. Voilà que se présente à nous notre victime favorite.

Et voilà c’est une défaite, une nouvelle fois méritée. La neuvième de la saison, la sixième à domicile après Clermont, Lens, Paris, Brest et Lille. Une défaite un à zéro, sur une bévue certes mais qui aurait pu être plus salée, contre une équipe alors quatrième de Ligue 1.

Seulement une défaite ? Bien sûr que non. Car elle signifie la fin d’une série franchement amusante. Visez un peu : depuis 1977, cet adversaire honni repartait systématiquement sans victoire quel que soit le scénario. Une invincibilité d’une longévité que n’ont jamais eu à subir des clubs comme Angers, Clermont, Reims, Lorient… arrêtons là. Aucun autre. Seulement ce fanfaron. Amusant nous vous avions dit.

Mais c’est bien triste en fait. C’est une évidence. Car nous perdons là comme un vieux compagnon. Une invincibilité que nous avons toujours connue. Nous sommes nés ou avons grandi avec. Une présence rassurante et sympathique, une rente annuelle d’un ou trois points. Mais ce n’était pas que cela, c’était aussi la satisfaction de se dire que quoiqu’il fasse – y compris depuis quelques années chouiner lors des avant-matchs pour tenter d’invoquer un hypothétique karma – notre vieux rival repartait comme il était venu, ou presque… la gueule grande ouverte mais surtout une main devant, une main derrière. As usual bebew.

Tous les clubs nous enviaient de pouvoir narguer de cette manière la petite Nellie Oleson de la bande, en lui brandissant ce trophée immatériel devant sa face rongée par une frustration vieille de 44 ans.

Cette série était belle aussi tout simplement. Belle de par sa longévité, évidemment. Mais surtout belle car émaillée de joutes épiques et passionnées. Je pense que nous sommes tous d’accord là-dessus. Mais c’est à partir de là que les vues divergent. Nous ne réagissons pas tous de la même manière à cette fin. Rien de surprenant, nous n’avons pas tous le même vécu ni la même façon d’aimer notre club. Il n’y a pas de quoi nous diviser non plus.

Alors permettez-nous ce constat amer mais réel : la Belle perdait inexorablement de sa superbe. Difficile de nier qu’elle n’était plus le reflet d’une suprématie globale ni qu’elle ne constituait plus le point d’orgue d’ambitions sportives affichées. Elle semblait malheureusement de plus en plus se suffire à elle-même. Alors quand elle ne devient plus que le seul motif de fierté, elle se mue en fardeau, fatalement.

Repoussons l’échéance au plus tard possible ? C’est tentant, mais quel en est alors le prix ? Devenir une caricature cramponnée coûte que coûte à sa vieille relique ? Elle fait partie de nous c’est vrai mais notre histoire est riche et mérite mieux que cette réduction injuste. Devenir peu à peu le prisonnier d’un record, à la fois cause mais surtout conséquence de la lente agonie de nos ambitions et réussites sportives ? Si notre Belle rayonne seule, à quoi bon ?

La fin était proche, et ce n’était pas seulement statistique vous en conviendrez.

Oui, notre Belle va nous manquer. Mais son souvenir ne s’effacera pas : il est déjà gravé et éloquent. Vivace mais plus vivant. C’est la nuance apportée ce 7 janvier 2022.

Un autre regret ? Elle nous quitte sur une scène de fin qui manque d’éclat. La faute au spectre d’une confrontation au rabais sur le terrain comme dans les tribunes. L’histoire était belle et ne méritait pas de se terminer de cette sorte. Surtout pour nos adversaires. Maintenant c’est derrière nous. C’est terminé, c’est tout. Deuil et soulagement à la fois.

Les appréciations des 33 :

Costil :

En partie fautif : il s’est salement chié sur les mollets. S’il s’est repris ensuite, le mal était fait. Le clean-slip de la seconde période n’effacera pas la trace laissée lors de son passage au club.

Pembélé :

Habituellement, un des plus rapides de l’équipe. Toujours prompt à avaler les kilomètres. Mais ce soir, même pied au plancher, cela ne voulait pas avancer. Pourvu que la panne ne soit pas plus importante que prévu.

« C’est la dernière fois que je prends la (mono) place d’Enock »

Gregersen :

Le seul capable de rattraper un adversaire qui court à 10km/h. Le seul aussi capable de prendre l’espace pour lancer des attaques. Si nos sphincters tremblent parfois lorsqu’il arrive lancé et prêt à tacler, nous acceptons le risque de nous salir tant qu’il continuera à tout donner.

Mexer :

Il arrive à être battu par l’avant-centre adverse même lorsque d’équipe d’en face joue sans 9.

Kwateng :

A droite, c’est pourri. Au centre aussi. Et à gauche, ce n’est pas mieux. Enock ne sait vraiment pas pour qui voter en 2022. Un vote nul serait approprié.

Lacoux :

Quelques ballons récupérés et des coups donnés. Un profil qui nous manquait depuis longtemps. On ne cesse de le répéter, nous aurions besoin d’un joueur de ce type avec un peu plus d’expérience. Un milieu à l’antienne en quelque sorte.

Sissokho :

Tout simplement le meilleur Bordelais. Impressionnant à la récupération et toujours avec la volonté de jouer vers l’avant. Il doit bien s’ennuyer aux entraînements.

Elis :

Quand il s’agit de conclure l’action, Alberth est un d’elis. En revanche, c’est beaucoup plus compliqué lorsqu’il lui est demandé de participer au jeu. Sans maîtrise, la puissance n’est rien : Pire Elis.

Remis O² :

A clairement manqué de souffle.

Hwang :

Il a vendangé la SEULE occasion bordelaise. Pas un peu ratée, non. Complètement foirée. La différence ? Cinq millions au mercato.

La réserve sanitaire :

Bakwa, Adli, Fransergio et Mara. Ils ont tousse été inexistants ce qui est symptomatique d’une équipe malade.

Popkovic :

On l’a recruté parce qu’il avait sorti la France au stade des huitièmes. Trop souvent effacé jusqu’alors, il a travaillé son attitude. Et ses consignes.

Seine-Saint-Denis style, à base de hop pop pop pop !

Pour conclure :

A présent ce qui est devant nous n’est pas reluisant. Nous le savions déjà. Inutile de regarder ailleurs. Rien ne va. Enfin non, pas tout à fait. Nous sommes encore là. Nous aurions réellement pu disparaitre l’été dernier. Ce n’est pas une fable destinée à alimenter la glorification de notre Président. Nous avons conscience que l’état est inquiétant. Financièrement, le déficit est toujours présent. Sportivement, le nombre de points, le classement et l’impossibilité de garder les cages inviolees ne sont pas de nature à rassurer.

Le voilà donc, le véritable objectif de la saison : le maintien. Pour le décrocher et s’imaginer un avenir, des décisions devront être prises dans tous les domaines. Un véritable remue-ménage se prépare. Et pour espérer parvenir à ses fins (et non sa fin), le club ne devra pas se tromper.

Prochaine rencontre, déplacement à Rennes. D’ici là mettez-vous Horsjeu et n’hésitez pas à venir discuter sur Twitter (@IanWalterfoote et @savajicl). Si vous parlez à l’un, l’autre vous répondra sûrement. Et c’est sans doute mieux ainsi.

A bientôt.

Ian et Nausée

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