City – Leeds (7-0) : La hipster académie naufragée d’une mer de dollars.

2

Un texte traduit du grec ancien, où il est question du Titanic et d’un branleur de dollars.

Qui se passerait d’hexamètres pour raconter vous une épopée tragique ?

Marcelo, là, coupa des blocs, ce qu’il eut vite fait ;
Il en abattit plein, surtout City avec son pétrole,
Les contrant savamment et les désossant au couteau.
Gardiola le mauvais joueur perdit, et vira ses arrières.
Car Dallas fora ces idiots, les ajusta ensemble
Et les fit punir au moyen d’un but dans l’additionel
Aussi grand est le succès, que l’habile entraîneur
ménage dans l’intérieur de la League première
Un rang honorable, pour le dire on finit neuvième.
On dressa les tétons et puis des dildos qui bandaient,
Et l’on conta ici l’histoire de celui de Cléopâtre ;
dont le pouvoir s’affaiblissait dans le cul de Pep.

Puis les compteurs furent à zéro; il fallut y retourner
en ayant adjoint a l’équipe avec ses dribbles emmêlés
Junior Firpo, un mec osant être moins fort que Gjanni.
Le match contre Bobby Carlton fut annulé, on usa des mouchoirs,
on aspirait à pleurer. Leeds se montrait bien moins habile :
On fixait moins les défenses, pressings ou bien blocs bas,
Et, au niveau de l’attaque, c’était bien poussif, pas ouf.
Au bout de quatre journées, l’ouvrage lentement reprit forme.
Les jours d’après, on s’est extirpé des derniers rangs,
Après avoir retrouvé un petit fond de jeu passable.
Nous mêmes avions mis dans nos acad quelques fantaisies,
plus de bêtises et, pèle mèle des monstres, des hommages,
Ainsi que de vieilles chansons et planches de Gaston.
Mais nous craignions décembre si propice aux branlées.

Marcelo, optimiste, ouvrit par Chelsea le mois maudit ;
Assis près de la touche, il gouvernait habilement,
Sans que jamais l’arbitrage lui tombât sur l’estomac,
Regardant les Raphinha, les James vifs à presser
Et l’Ayling, à qui l’on donne aussi le nom de Central
Et Forshaw, tournant sur lui-même soutenant Llorente,
Dallas le seul à ne se laisser dépasser dans les dribbles.
De la première bravade avait Leeds résisté avec honneur
Mais les trois points n’avaient pu être mis à gauche.
Juste trois jours, nos héros ne reprirent ni forces ni repos ;
A vingt heures enfin, on aperçut le stade de City
Et ses pales maillots ; les joueurs semblaient tous proches,
On aurait dit une carapace sur la pelouse embrumée.

>>>>>>##### La composition #####<<<<<<

Nous, on a formé l’ancienne phalange bien valeureuse
Qui fit égal jeu avec les bleus honnis de Chelsea.
Cette farouche escouade est toutefois bien affaiblie
Certains guerriers doivent suivre des soins au long cours
On a dû prendre des gamins; pourraient-ils rentrer
Si par hasard les grognards avaient un coup de mou ?

Meslier
Dallas Centrayling Llorente Firpo Drameh
Forshaw
Raphinha Shackelton Klich Roberts Harrisson
James Gelhardt

>>>>>>##### Le match #####<<<<<<

Or le chauve génie revenait du pays des Cheikhs,
Lorsque, du haut du championnat, il nous aperçut de loin
Qui voguaient sur la mer. Sa rancœur doubla son courroux ;
Alors il secoua la tête et se dit à lui-même :
“Misère ! pendant que j’achetais des attaquants un milliard,
Voilà que les gens, pour Bielsa, n’ont que de la sympathie.
Ils sont près de retrouver leur jeu, et alors leur destin
Est d’échapper au grand risque de descente qui les enserre.
Mais je pense qu’ils vont encore avoir leur poids d’emmerdes !”

À ces mots, prenant son pull moche et rassemblant les joueurs,
Il démonta le foot. Venus de tous les horizons,
Les contres favorables en rafale, les Citizens avancèrent
Le ballon près des buts. Le but tomba dès la septième ;
Ensemble s’abattaient, à grands coups de moules de cocus,
de rebond sur Meslier, de contre ratés, de maladresse de Dallas.

Alors, sentant se dérober ses genoux et son cœur,
Marcelo dit, tout éploré, à son âme vaillante :
“Malheureux que je suis ! que va-t-il m’arriver encore ?

Je crains que le Pépito n’ait que trop bien flagorné,
En me disant que moi, devant l’éternel du football,
Je brille de mille feux. Leeds United est grand, pas moi.
De quels pièges City a recouvert son vaste pré !
Il démonte notre presse, et la défense concède des corners
Venant de tous les horizons ! Le but se prend de la tête !
Trois, quatre mecs qui plongent à nouveau dans notre dos
Dans notre surface dont nous avions d’abord dégagé la balle !

Ah ! que ne suis-je resté, que n’ai-je subi mon destin,
Le jour où à Marseile, massés autour de ce con Labrune,
J’ai posé ma dem’ leur mettant au fion des javelots de bronze !

Que nous eussions tenus plus longtemps, et chacun eût chanté ma gloire;
Mais hélas ! Les joueurs subissent une démoralisation !”
À ces mots, une grosse vague abrupte nous frappa,
Dans un élan terrible, et fit trouver Rodri libre,
D’où l’incertitude pour Forshaw; le gars de Bruyne
Lui échappa des mains ; le furieux attaqua notre dos
Soufflant en rouquin il brisa la défense par le milieu
Et dispersa en pleine vitesse le gardien et la charnière.

On demeura en nous-mêmes ensevelis un bon moment
Sans pouvoir remonter sous l’assaut des puissantes vagues
Et le poids des habits que nous avait donnés ce blason.

Nous fîmes enfin une action un peu dangeureuse
Le long de leur flanc droit Harrisson s’infiltrait.
Mais malgré sa volonté, il ne trouva comment frapper.

S’élançant à travers la mi-temps, nous devions nous reprendre
Et s’installer bien au milieu pour éviter leurs buts,
sans laisser leurs joueurs nous entraîner au gré de leurs courses.
Mais ce jour là Manchester emportât dans la plaine
Mille brindilles qu’il emmêlât en un paquet serré :
Tel Raphinha poussé à l’aventure d’un tacle ;
Tantôt c’était Junior qui quoique devant Mahrez
Déviat un tir mou qui le renvoyait au petit filet

Junior, le latéral droit aux pieds fins, s’aperçut ;
qu’il avait pris un p’tit pont, d’abord titulaire
retourna sur le banc, où il tient son rang d’humilié.

Le foot eut pitié de nous et de notre douloureuse fessée ;
Prenant l’aspect d’une attaque, on sortit une balle
Et nous trouvâmes à un cheveu, un poteau de marquer.
“Pauvre de vous ! pourquoi Guardiole, le branleur de dollars,
Vous en veut-il à ce point qu’il vous suscite tous ces maux ?
En plus, quel qu’en soit son désir, ce jour tout lui sourit.
Regardez ce pied dans la gueule; Klich l’évite plein de sagesse.
Forshaw quitte de Bruyne encore et le laisse filer dans son dos
Aux vingts mètres; l’autre lâche une de ces lourdes
directe en lulu. Aujourd’hui n’attendez point de salut.

Prenez cette lourde divine et étendez-vous sur le dos;
Comme cela vous ne craindrez plus la douleur ni la mort.

Mais lorsque vous enlèverez vos mains du visage,
Laissez-vous submerger dans des vagues vineuses,
Loin de la raison, en prenant soin d’enivrer vos têtes.
À ces mots, le football donna le ballon à City,
Puis, telle une chimère, disparut aussitôt
Dans une mer de biffetons où le flot noir le couvrit.
Alors un bête centre que personne ne défendit,
Laissa Ilan tout gémissant, qui dit à son cœur magnanime :
“Pauvre de moi ! je crains que même en faisant trois raies
Un autre rebond ne retombe dans des pieds malfaisants.

Non ! non ! je n’obéirai pas, car je ne vois encore
Que de très loin le sifflet final où est mon salut.

Voici comment vais agir ; c’est, je crois, le plus sage :
Tant qu’on résistera, unis par les coudes,
Je resterai dessus et ferai face à la douleur ;
Mais sitôt qu’un corner aura disloqué ma défense,
Alors je ferai du rien ; c’est ce que j’ai de mieux à faire.”

Tandis qu’en son âme et son cœur il roulait ces pensées,
Le chauve, le branleur du dollars, serra fort les poings
et Son horrible montagne de morgue se dessina nettement

Comme un vent violent balaie un tas de paille sèche
Et la disperse en l’emportant aux quatre coins dans l’air :
Ainsi fusèrent les buts dans nos musettes. Marcelo alors
se tint debout et se massa le menton comme s’il était pensif.
Abandonnant la force que lui avait donnés nos gars en tribune,
Qui n’avait cessés de chanter de tout le naufrage
Il perdit son regard, tête en avant, un peu sonné,
Et se mit à sangloter à l’intérieur de lui

>>>>>##### Les Notes #####<<<<<

I say it like this, as clear as possible: this is not a problem of individuals or the collective – nothing worked, we didn’t find any surprises in the game, the team that we faced was the team we expected to face and the idea of the solutions that I proposed, what I organised for the game, none of it worked, so I have to understand the responsibility corresponds to me in an absolute manner.
a répondu Marcelo Bielsa a un journaliste, qui dans un autre monde aurait quand même cette classe pour s’incriminer quand ça va mal

Meslier (Una salus victis, nullam sperare salutem /5)Que dire d’un match où tu as fait 8 raies et que tu en as pris 7. Notre seul salut, c’est d’avoir espéré un exploit sur l’un des 7 buts encaissés.

Dallas (Summum jus, summa injuria /5) Le comble de l’injustice, c’est qu’on se souvient plus de cette anecdotique frappe sur le poteau que de ses bonnes interventions défensives.

Centrayling (Victrix causa diis placuit, sed victa hipsteri /5) Si la cause des vainqueurs a plût aux Dieux; Luke nous a plus quand même. Ni conneries manifestes ni exploits avec la balle, certes, un soupçon de malchance sur le premier but et un soupçon de plomb au moral en fin de match.

Llorente (Dat veniam corvis, vexat censuras columbas /5) Diego a tenté plus de relances que ce beau corbeau qu’est Luke; mais il en a raté beaucoup plus aussi, ce qui fait qu’on le blâme d’avoir eu un tempérament de blanche colombe.

Firpo (Fluctuat nec mergitur /5) Bizarrement, Firpo n’a pas sombré. Un peu malchanceux. Un poil plus fort sur l’homme n’aurait pas fait de mal. Mais à l’origine de nos rares sorties de balles réussies.

Forshaw (Non licet omnibus adire pedibus bruyni /5)Il n’est pas donné à tout le monde de bien défendre de Bruyne. On a bien vu les conséquences à chaque fois qu’il échappait à Adam

Raphinha (Non omnia possumus omnes /5) Il ne peut pas avoir bien attaqué, comme il n’a pas eu trop de ballons.

Shackelton (Uti, non abuti /5) Jammie a du se surmener pour ne pas être au niveau pendant 30 minutes, après quoi il s’est blessé.

Roberts (Felix qui potuit rerum cognoscere causas /5) Heureux celui qui a pu comprendre pourquoi Tyler faisait souvent pas les meilleurs choix avec la balle.

Harrisson (O fortunatos nimium, sua si bona norint, aillieras /5) Comme les ailiers seraient heureux, s’ils connaissaient le bonheur de dribbler un défenseur fort un jour.

James (O tempora o mores /5) Dan a du regretter le temps, où les mœurs dissolues des défenseurs étaient effrayés par sa vitesse.

Klich (Nihil conveniens decretis ejus /5) Rien qui ne soit scandaleux comme la porte de saloon qu’il nous a bien imité, mais rien qui n’ait aidé à vraiment boucher les trous de l’entrejeu.

Gelhardt (Carpe diem /5) Quand il a le ballon, il ne pose pas trop de question. Advienne que pourra. Mais il n’a pas beaucoup vu le ballon.

Drameh (Felix premieris dies sit tibi /5) Bonne première apparition (il a vraiment eu du mal)

>>>>>##### Les Notes auxquelles vous avez échappées #####<<<<<

– Vanitas vanitatum et omnia vanitas
– Alea jacta est
– Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant
– Auri sacra fames
– Errare humanum est
– Donec eris felix, multos numerabis amicos
– Ad augusta per angusta
– Nigro notanda lapillo
– Sic transit gloria mundi
– Desinit in piscem mulier formosa superne
– Nunc est bibendum
– Ceterarum rerum prudens
– Ex malo bonum

Tous ceux qui savent d’où sortent ces notes gagnent quelques points dans notre estime.

D’ailleurs, en parlant d’estime : les hexamètres, que nous avons bien évidemment traduits du grec ancien, sont mal conservés par la traduction. Et le lecteur qui voudrait retrouver les vers en version originale, il aurait notre estime éternelle.

2 thoughts on “City – Leeds (7-0) : La hipster académie naufragée d’une mer de dollars.

  1. Tant de bon goût dans le choix des thèmes et illustrations me redonne espoir en l’humanité.
    LBA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.