Au courrier: deux lettres pour Domenech… Deux…

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Dépêche toi facteur, le courrier de la rancœur n’attend pas…

Horsjeu.net se veut participatif, comme le site de Ségolène Royal, parce que c’est à la mode. Ce que vous avez dire nous intéresse énormément, on est vraiment très très intéressé par vos pensées…Mais si, mais si.
Chaque semaine nous publierons donc la ou les meilleures lettre(s) reçue(s). Et bien entendu, les opinions exprimées n’engagent que l’auteur de la lettre (on va pas se prendre des procès pour vous les gars…)
Sans plus tarder…

We need some fresh air!

La presse a attrapé froid ces derniers jours. Mais elle couvait ce mal depuis quelque temps déjà. Peu importe le nom que l’on pose sur cette maladie, les symptômes sont les suivants : médiocrité professionnelle, retournage de veste, communication plutôt qu’information ou opinion, spectacularisation de l’événement, foutage de  gueule, incompétence. Un seul synonyme me vient à l’esprit : Domenech.  Le parallèle entre l’éternel sélectionneur de l’Equipe de France et les journalistes du quotidien du sport et de l’automobile pour ne pas le citer, est très facile à effectuer. Intéressons-nous d’abord à nos « collègues » : « Le vol Eire-France pour le mondial », « Le fond de l’Eire est chaud », et bien d’autres encore, tous les jeux de mots minables et (trop) faciles qui ont circulé ces derniers temps ne sont même pas dignes des boutades des Grosses Têtes du bondissant Philippe Bouvard. Trop longtemps nous avons subi un autre collaborateur de cette même émission accompagnant les matchs des Bleus à la TV, Thierry Rolland. Môssieur vous n’êtes pas un journaliste, si ce n’est tout au plus un commentateur érudit de l’histoire du football de par votre éternelle longévité mais en aucun cas un fin tacticien ni même un poète, ou un vibrant anthropologue (Cf. considérations sénégalaises et coréennes). Sil vous plait, comme un grand sportif sait parfois le faire, raccrochez les crampons. Cette parenthèse fermée, retournons (à nos moutons), l’hagiographe Vincent Duluc, tête pensante DU quotidien sportif français. En ne secouant que trop peu Domenech, pour continuer à bénéficier des interviews exclusives de Ray, il nous prouve à quel point il cultive son petit jardin, et reste bien trop candide (malgré lui ?) face aux incompétences flagrantes de son Saint. Peut-être a-t-il encore en lui le poids de la culpabilité du « Je ne pardonnerai jamais » de Jacquet. Incompétences, je dois les expliquer à défaut de rentrer, à mon tour, dans le sac des balanceurs d’idées et des 60 millions de sélectionneurs que compte notre pays. Une finale de Coupe du Monde, une 15ème place (sur 16 à l’Euro 2008), accompagnées d’une campagne de qualifications chaotique, voilà le bilan de notre bien-aimé sélectionneur. Si 2006, est surtout l’œuvre de revenants (Zidane, Makélélé, Thuram), cadrant une dernière fois une équipe de joueurs très talentueux inspirée par un Domenech, ego mis à part, qui s’est agenouillé humblement et intelligemment, assez rare pour le souligner,  pour les rappeler. Sans guide, le talent n’est rien, et si ce n’est le sélectionneur qui d’autre se doit de trouver ce guide ?

Domenech l’animal  politique
Adepte du demi-mot, de la phrase communicante, et du verbiage mesquin, Raymond Domenech ne déçoit pas que sur le terrain. Homme de médias avant d’être homme de sport, il a trouvé avec cette surexposition médiatique un fauteuil à sa taille pour y placer sa petite personne et son ego surdimensionné. Très agréable au quotidien, comme en témoigne les gens de son quartier de Montparnasse, il est très vite désagréable et antipathique dans sa fonction publique. Mais ce n’est pas une irritabilité talentueuse comme peuvent l’être certains grands « Je » (Delon, Kouchner, Cantona), lui ne grandit jamais, s’écoute parler, se fait mousser tel un intellectuel de librairie et s’amuse de ses pirouettes qui n’amusent plus personne.
Si vous avez assez montré vos incohérences tactiques et votre manque de réactivité pour que je m’attarde dessus, peut-être n’aurais-je pas fait mieux moi non plus, je m’amuse à mon tour du commerce des parapluies qui l’entoure. Le monde du show-biz, amis de poker de Ray, se rappelle une décennie en arrière, le lynchage médiatique accordé à Aimé Jacquet avant la gloire qu’on lui connait. La « jurisprudence Jacquet » fait effet et les grands penseurs du foot (chanteur-acteur, « professeur de piscine », etc.) montent à la tribune pour défendre le martyr. Oubliant qu’à l’époque Jacquet était compétent et avait un passé que personne ne semblait voir alors qu’aujourd’hui la tendance semble s’inverser en faveur de notre sourcilleux sélectionneur.
Mais ce que je reproche le plus à cet ego sans pareil, au palmarès vierge au plus haut niveau, est sa façon de se comporter face au peuple-supporter. Môssieur Domenech ne doit pas oublier qu’il est salarié de l’Etat et donc des français qui payent des impôts, donc  en partie son salaire. La moindre des choses est de les respecter. Que vous ne souhaitiez pas parler tactique, technique, jeu, football quoi ! c’est votre droit bien que je pense que vous n’en soyez en  réalité pas capable (il ne tient qu’à vous de me démontrer le contraire), respectez au moins les gens qui attendent et qui se déplacent en ne faisant pas votre intellectuel de bas étage, toujours en déséquilibre instable entre ironie, et foutage de gueule, je le répète. Sans oublier, les journalistes qui se doivent eux aussi d’informer les gens, jouer au moins le jeu, ce que vous ne faites pas sur le terrain. A votre arrivée nous vous trouvions original, Raymond, je me suis dit, enfin une personnalité intéressante, qui nous sortira des conférences de presse soporifiques de vos proches prédécesseurs, mais aujourd’hui votre irrespect et votre ego ont pris le dessus sur notre amusement car ils touchent bien plus que les journalistes. Dès lors, puisque personne n’est décidé à le faire, et que l’élégance ne constitue pas chez lui une vertu nécessaire, je cite le plus autoritaire des hommes politiques de la  Vème République : « Je vous demande de vous arrêtez ! ».
« Ray » est guidé tel un aveugle par une horde de chiens fidèles aux Bleus et non à leur « maitre ».

En attendant des jours meilleurs, Ceux qui te critiquent te saluent. Ave Raymond.

Yannick MERCIRIS

Les maux de Domenech

« Dur, laborieux, miraculeux » sont les premiers mots qui sont sortis de la bouche de Raymond Domenech à l’issue du match nul face à l’Irlande, synonyme de billet pour l’Afrique du Sud. Et c’est la première fois que j’entends le sélectionneur national tenir des propos aussi justes en matière de football. Il a réussi à définir en une phrase et trois adjectifs, le parcours de qualification de l’Equipe de France, et en même temps à qualifier sa prestation à la tête de celle-ci. Evidemment, je fabule, en aucun cas, Ray ne parlait de l’ensemble de la campagne qualificative mais bien du match âpre, sans âme, triste et honteux qu’a livré l’Equipe de France. Son plus mauvais depuis une éternité, peut-être même le plus mauvais sous l’ère Domenech. Et c’est paradoxalement celui-là qui le couvre de gloire.
Les Irlandais méritent cent fois leur place en Coupe du Monde, ils ont été supérieurs dans tous les domaines par rapport aux français. Heureusement ou malheureusement, je ne sais plus, Martin Hansson, l’arbitre de la rencontre a calqué sa prestation sur celle des Bleus et en laisse un vilain sur le cœur des hommes de Trapattoni. Henry a jonglé avec le sort de l’EdF et de Domenech, mais la manucure du meilleur buteur de l’histoire des Bleus prolonge la sinécure de Raymond.
La vie est parfois « dure », « laborieuse » et « miraculeuse » à l’image de ce match de barrage.

Yannick MERCIRIS

Si vous avez un coup de gueule à passer, une pensée tactique à partager, ou une bonne blague à la Bouvard ou Bigard à nous communiquer, écrivez à editeur@horsjeu.net. Il lit tout.

7 thoughts on “Au courrier: deux lettres pour Domenech… Deux…

  1. Je n’ai jamais lu un article de sport aussi intéressant !
    Moi qui déteste le foot, quand je lis des mots aussi bien liés, l’envie de me pencher sur les matchs me prend presque …
    Ave Yannick, tu es le meilleur journaliste du monde.
    Signée : une fan anonyme !!

  2. Yannick, tu peux dire à Gabrielle (ta copine ou ta mère ?) d’éviter de laisser des commentaires…

  3. partagé entre mon amitié pour l’auteur de l’auteur, et mon amour du foot, je ne peux qu’adhérer à cet article…
    Vous me pensez influencé? à peine..
    Tout est vrai dans ce que je viens de lire, meme le commentaire de « Gabrielle » l’apprentie pilote..

  4. Jerem, L’auteur de l’auteur, c’est le père de Yannick.

    Si t’s pote de Yannick, lui annoncer que tu aimes son père sur un site de foot, c’est pas très classe…

  5. Quelle plume!

    Même si je ne partage pas l’avis de l’auteur, force est de reconnaitre que son verbe est aussi élégant que la légendaire crinière de Jean-Guy Wallemme, son style aussi singulier que celui de Dagui Bakari, et son aisance littéraire aussi subtile qu’un tacle de Cyril Rool.

    Cordialement,

    Un petit mirmidon.

  6. C’est quoi ce délire tous les copains de l’auteur de cette lettre se sont donnés rendez vous ?

    Parce que c’est pas mal, mais ça fait un peu jeune écorché vuf. ça faut pas l’expérience et la roublardise de notre footballopornologue

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