J’ai testé pour vous : le London Stadium

Salut les moches,

Je pense qu’il est depuis longtemps acquis chez nous, les gentils, que le football moderne, la destruction de stade et de cultures centenaires, c’est très vilain.

Vous qui me connaissez bien, vous savez toutefois que je suis un petit être rempli de haine qui se jettera sur la première occasion de vomir mon fiel à qui voudra l’entendre. Et laissez-moi dire quelque chose mes lapins des îles : ces égéries de la pleutrerie que sont les supporters de West Ham l’ont bien mérité.

Je pense que si l’on se creuse un peu les boîtes vides qui nous servent de ciboulot, on peut trouver sans trop de soucis des fanbases atroces et récalcitrantes, qui, de par leur mauvaise foi, leur fanatisme mal placé et leurs œillères totales parviennent à nous consterner jusqu’à l’arrachage en bonne et due forme de nos extrémités capillaires. Lyon, Arsenal, les deux mastodontes espagnols, pour ne citer que quelques clubs. Ce que l’on peut leur admettre cependant, même si ça ne suffit pas pour les absoudre, c’est que leurs clubs ont des histoires, des palmarès et même parfois une culture qui justifie une partie de leurs comportements insupportables.

West Ham United, Jambons de l’Ouest Unis en français, qui sont-ils ? Et bien personne. Vivant pour la plupart dans l’Essex plutôt que dans le glorieux est de Londres, ce sont les renégats des fonds de capotes du comté le plus pathétique d’un pays déjà rempli de cons. Pour vous peindre une métaphore de ma divine prose : l’Essex est une version géante de Jersey Shore.

Alors pourquoi d’acharnement me demandez-vous, pourquoi tant de mesquinerie, de méchanceté gratuite et d’eugénisme socio-géographique ? Bah déjà parce que j’ai envie. Deuxièmement parce que j’ai rarement vu un club autant dénué de quoi que ce soit se mettre sur un piédestal de façon aussi proéminente. Les supporters d’un club comme Everton, pourtant infiniment plus titré que West Ham, font preuve de beaucoup plus d’humilité pour des résultats médiocres similaires.

Bref, les marteaux. Descendez, et jamais ne revenez.

 

DU MÉTRO AU STADE : 5/5

Une fois n’est pas coutume, je suis allé de chez moi au stade à pied. Une randonnée d’à peu près 45 minutes longeant Regent’s Canal à travers des paysages stéréotypes de l’est Londonien : de la brique rouge, des tags, un brin de verdure par ci par là. Suivit la traversée de l’immense Victoria Park à travers une longue étendue d’herbe tondue au cordeau d’un vert parfait ; j’en profitai également pour insulter quelques canards, simplement parce que je suis un être humain de piètre qualité. Une fois le parc et sa verdure immaculée terminée, on s’est installé au bord d’une écluse avec en vue une ancienne usine retapée en bar où la pinte dépasse probablement allégrement les £5. Y’avait des cannettes de bière, des clopes, du paysage urbain et des copains. Il m’en faut pas beaucoup plus.

 

Et beh

 

LA GUEULE DU TRUC : 3/5

Bien qu’à mon sens n’étant pas un stade de football à proprement parler, le London Stadium a quand même sacrément de la gueule. Il est costaud, il rappelle dans sa structure intérieure le Centenario d’Avellaneda ou De Kuip. La pelouse est impeccable, le terrain est large, et il faisait un temps parfait. Par contre, les alentours proches manquent un peu de caractère, la plupart de ce qu’il y a autour ayant été construit pour les Jeux Olympiques. Et pour un stade anglais, on est bien trop loin du terrain. L’acoustique est tout de même assez moyenne pour un stade relativement fermé ; ou alors l’ambiance est encore pire que ce que je pensais. Peut-être les deux. Qui sait.

 

Laezh Dour, philantrope, mannequin, photographe

 

L’AMBIANCE : 0/5

Je sais bien que les modes d’animation à l’anglaise sont moins organisés que sur le continent mais quand même. Au Pays-Bas, y’a en général pas de kapo ni de tambours mais ils arrivent quand même à te faire tenir le truc debout. Là on atteint les abysses de l’abîme en termes d’ambiance de merde. Il y a eu 4 chants pendant tout le match. Quatre. Q-U-A-T-R-E. Le classique « I’m forever blowing bubbles » au début et après le but. « André Ayew, he left cause you’re shit » et « How shit must you be, we’re winning at home », les deux derniers étant sur le même air. Qui plus est, pendant toute la durée du match, les jeunes hommes en bordure du parcage visiteur où je me trouvais se permettent de te lancer des regards méchants et pseudo-virils alors qu’ils portent des lunettes de soleil de poseurs et que tu peux sentir leur parfum Diesel à 40 mètres de là. Non mais, le foutage de gueule et une ambiance de merde c’est une chose, mais qu’est-ce que la cohérence vous a fait dans votre petite vie misérable pour que vous en faisiez fi de cette manière ? Pendards.

 

LE MATCH : 0/5

Ouais bon alors là je m’attendais pas à grand-chose, mais dans le genre match où ça balance dans tous les sens n’importe comment pendant que des poulets sans tête courent derrière le ballon, on aurait difficilement pu faire plus cliché. Ceci étant Swansea en est tout autant responsable. Résultat, 90 minutes d’ennui total qui se sont soldées par une victoire de West Ham sur une frappe Cheikh Diabatesque de 20 mètres de Cheikhou Kouyaté.

 

LE POINT GUIDE DU ROUTARD : 2/5

On s’est fait chier, on s’est fait toiser par des branleurs mais la vraie question est la suivante : est-ce qu’on a bien bouffé ? Bah non. Stade récent veut dire boutiques sans vie ; et si je crache pas sur de la Stella bien fraîche par un temps caniculaire, j’ai pas envie d’y passer mon PEL non plus, parce que ça ne reste que de la Stella. La bouffe est banale et trop chère, rien de particulier à dire ni à redire. Par contre les toilettes sont très confortables, si vous préférez jouer à Candy Crush le cul posé sur les chiottes en attendant que votre transit fasse le travail plutôt que de regarder un match de West Ham, je vous comprendrais tout à fait.

 

CONCLUSION

Allez au London Stadium. Essayez de faire en sorte que ce ne soit pas pour un match de West Ham, vous perdriez votre temps. Il y a les championnats du monde d’athlétisme au mois d’août. Profitez-en.

Je vous méprise, mais je vous aime quand même.

La bise,

Laezh Dour.

Laezh Dour

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