Notre Footballologue présente les Bleus

Un an de Horsjeu.net, un an entre l’initiative d’un comité à lui tout seul et la prolifération d’académiciens venus se  tailler la plume avec souplesse. Un an en un mot : merci.

Des bleus tricolores…

Du noir et blanc à la couleur, l’album de l’équipe de France de football illustre l’histoire tricolore. Tandis que fin XIXème l’industrialisation draine des masses urbaines toujours plus importantes, la multiplication des associations sportives de type « anglais » éduque ces ensembles hétérogènes à la vie en communauté et au respect de la règle. Emblème de la nation, l’équipe de France de football dispute son premier match en 1904 face à la Belgique (3-3) puis se fait étriller par les anglais (0-15.) Un conflit mondial et 17 internationaux en moins, un sélectionneur anglais, Georges Kimpton, forme les français au WM pour une « revanche » 2-1 face à ses compatriotes. Mais l’histoire des bleus ne commencent réellement qu’avec l’invention de la Coupe du Monde par Jules Rimet, président fondateur de la FFF en 1919 et président de la FIFA de 1921 à 1954.

Café nègre et Platzek…

Lucien Laurent, premier buteur de la première CdM en 1930, inaugure l’histoire des bleus sur la scène mondiale mais la France se distingue bientôt des autres équipes européennes par la présence de joueurs de couleur dans ses rangs. Raoul Diagne, « l’araignée noire », fils du premier africain élu à l’Assemblée Nationale, incorpore la sélection dès 1931, avant que Larbi Benbarek, la « perle noire », n’entame en 1938 une carrière internationale qu’il conclut en… 1954. Tandis que les coloniaux chassent le ballon d’or, Xerces Louis, premier sélectionné antillais, fait le bonheur du milieu français, et bientôt une autre composante de la nation se distingue lors de la CdM 1958. Polonais immigré en France en 1919, Raymond Kopaszewski mène l’équipe de France à la troisième place de la compétition avec la meilleure attaque (23 buts) et le meilleur buteur, Just Fontaine (13 buts, record à battre.) Immigration, colonisation, l’équipe de France résume la construction de la nation française tout au long du XXème.

Le carré bleu comme une orange

Toutefois, les années 60 correspondent à une traversée du désert qui pousse Georges Boulogne, instructeur général (DTN de l’époque), à réformer le football français. Si le réservoir africain s’émancipe, la France reste terre d’accueil, encourageant notamment l’immigration antillaise. La « garde noire » composée de Marius Trésor (guadeloupéen) et du malheureux Jean-Pierre Adams (originaire du Sénégal) illustre les forces sur lesquelles peut s’appuyer le football français. Aussi, Boulogne impose-t-il une politique de détection et de formation aux clubs professionnels en exigeant la création de centres de formation. De plus, il attire au poste de sélectionneur Stefan Kovacs, héritier du football total initié par Rinus Michel dans l’AJAX des années 70, avec pour mission de transmettre son savoir aux techniciens français tout en intégrant le maximum de jeunes joueurs en équipe de France. Si les résultats ne sont guère brillants, les bases du projet sont posées et Kovacs passe le relais à son adjoint, Michel Hidalgo, en 1976.

Tandis que la sélection anglaise accueille en son sein le premier joueur de couleur en la personne de Viv Anderson, Argentina 78 sonne comme une répétition générale pour la génération Platini qui écrit sa légende dès 1982. Quatrième suite à la « tragédie » de Séville, la France est attendue lors de l’Euro 84 disputé à domicile. Le « carré magique » Platini-Giresse-Tigana-Genghini intègre un nouveau membre, Luis Fernandez succédant au dernier nommé. Italien de Moselle, français de Gironde, malien de Marseille, espagnol des Minguettes, entre autres, remportent le tournoi pour le premier titre du football hexagonal, un an après le sacre de Noah, l’année où S.O.S Racisme dépose ses statuts. En 1985, l’équipe de France remporte le titre intercontinental et se pose en favorite de la CdM 86 au Mexique. Les « brésiliens de l’Europe » échouent en demi face à l’Allemagne mais entrent dans la légende avec un quart disputé face au Brésil, « match du siècle » selon Pelé. Troisième, la France salue le départ d’une génération de « perdants magnifiques », enterre Malik Oussekine et entame une nouvelle traversée du désert.

A nous la victoire…

Forte du chaos qui suivit la génération 1958, la FFF anticipe en inaugurant le Centre Technique National de Clairefontaine (initié dès 1976 par Fernand Sastre) en 1988 et en créant un poste de superintendant d’une équipe de France moribonde. Claude Bez, alors au football français ce que Aulas est à l’OL, entre en fonctions et nomme Michel Platini sélectionneur. Ivoirien naturalisé français, père tirailleur de la 2ème DB du général Leclerc, Basile Boli mais aussi le duo vedette Papin-Cantona échouent à l’Euro 92 puis durant les qualifications de WC 94. A peine Jules défait-il ses valises que Footix se profile à l’horizon et la FFF missionne un entraîneur du cru, Aimé Jacquet, en vue de la CdM 98 organisée en France.

Les « vainqueurs de 98 » achèvent un projet initié par Boulogne dans les années 60, prolongé par la FFF dans les années 80-90, conforté par le sacre de l’OM en 93 et renforcé par l’arrêt Bosman de 96, qui balaya l’ombre des « perdants magnifiques » et fit découvrir aux français que « la victoire est en nous. » « Nous » ou le mythe d’une nation tricolore unie, certes, mais dans la victoire…et que déconstruit 2002, les bleus ne passant pas le premier tour au contraire de Jean-Marie Le Pen. Tricolore de naissance, l’équipe de France est devenue un enjeu du débat politique, des premières critiques de Jean-Marie Le Pen en 1996 au mythe du « black blanc beurre » de 98 en passant par le récent « black black black » de Alain Finkielkraut ou Georges Frêche. Le slogan publicitaire de 98, soumettant l’existence d’un « nous » à la victoire d’une équipe de football, résume à lui seul, si ce n’est la condition, du moins la légèreté avec laquelle est traitée la question de l’intégration dans une société française en « crise » depuis qu’Yves Montand a découvert Soljenitsyne.

Marianne… Mako

« Liberté, Egalité, Jules Rimet »…telle était ce que le bus de l’équipe de France 2006 offrait à lire durant son épopée allemande. La compétition sportive comme casuistique d’une Fraternité si ce n’est soumise, du moins apparentée à la victoire, sous peine de voir le « nous » s’amputer d’« eux. » Des joueurs en Martinique, à La Réunion, peut-être bientôt en tournée en Afrique noire, VRP de leur propre histoire, condamnés à vaincre pour obtenir audience auprès du public alors même que leur starification suscite fascination et ressentiment ; Jules Rimet comme idéologue, tendance « catholicisme social » délaissant le monarchisme pour se fondre dans la République laïque. Ou bien, Jules Rimet promoteur…alors que le projet de tournoi mondial de football doit s’inscrire dans celui de Coubertin et des JO renaissants, Rimet revient sur sa décision, préférant que la FIFA organise un tournoi indépendant dès 1930. De fraternité il y aura donc spectacle…

Sources :

–       Des noirs en couleur, documentaire de Morad Ait-Habbouche et Pascal Blanchard, 2008.

–       S’accomplir, se dépasser. Essai sur le sport contemporain, Isabelle Queval, 2004.

–       http://fr.wikipedia.org/wiki/Viv_Anderson

De l’utilité de la polémique

Placé « sous surveillance » en 2008 par une FFF à la rue (voir précédent billet ici), Raymond Domenech, recordman des sélections, a endossé le costume de bouc-émissaire national. Si les victoires de Mourinho obligent les médias à ravaler leur salive, la face de Ray s’expose régulièrement au bukkake du village global. Mais derrière l’absurdité de ce traitement et l’indigence de ses auteurs – que démontre le « dîner de cons » de Guy Birenbaum sur le sujet * –  la pièce continue à se dérouler dans l’indifférence générale.

Ainsi, la polémique sur l’ « hôtel des bleus » illustre la mécanique, légitimant l’excès par le fait que « ça ne coûte rien au contribuable. » Pour mémoire, la FFF gère le football amateur, soit l’ensemble des clubs où le petit dernier fait ses gammes pendant que maman s’occupe du Pol Pot à papa. L’argent récolté par la « vitrine du football français » n’est pas supposé financer la déco mais profiter à l’ensemble des clubs amateurs et donc de la communauté.

Eirèné mise à part, cette « oubli » secrétaire d’état ministériel illustre le récent appel du clinicien de la Révolution Conservatrice** footballistique, prêt à faire au football ce qu’il a fait de l’information télévisée :

« Ce sport souffre dans sa gouvernance et au-delà du foot, c’est tout le système qui régit le sport français qui est à bout de souffle. La fédération pense qu’il faut ensemencer à la base pour obtenir le meilleur de l’élite. Résultat, c’est le foot amateur qui gère le foot professionnel. Moi je pense que c’est le haut qui doit tirer le bas. Le temps de Léo-Lagrange est révolu ! Je suis pour l’élite. Il faut créer une Ligue 1 comparable à la ligue anglaise. »

Jean-Claude Dassier, 4 juin 2010

Il s’agit donc d’établir un circuit de financement réservé à l’élite, renforçant ainsi sa position dominante en privant la base de ses modestes subsides. L’équipe de France se paie son hôtel grâce à ses sponsors attirés par ses résultats, les « grands clubs » se gardent leur argent, généré par leur équipe et leur stade en participant à leurs compétitions, nationales ou supra nationales. Sachant que le fair-play financier tient plus du vœu pieux que du réalisable dans les délais impartis, que pendant ce temps des groupes médiatiques s’adossent à des parieurs qui financent déjà les plus grandes écuries européennes, il semblerait que la bulle du spectacle sportif soit en train de larguer les amarres pour éviter l’implosion. Curieusement, Platini a œuvré pour doter les clubs français de grands stades d’ici 2016.

Sinon, quel con ce Domenech…

* : Ligne Jaune, présentée par Guy Birenbaum. Ici

** : La rhétorique « progressiste » actuelle s’est allouée le qualificatif tout en reprenant de vieilles recettes. Ainsi, critiquer Léo Lagrange revient à assimiler le sous secrétaire des sports et de l’organisation des loisirs du Front Populaire à un horrible réactionnaire en lutte contre les nécessaires réformes de la modernité.

« Si nous avons à faire un effort commun dans le domaine sportif, comme dans bien d’autres, c’est un effort de moralité. (…)  Hélas ! Lorsqu’on accepte qu’un geste humain qui, par nature doit être désintéressé, devienne la source de profits importants, la juste mesure est très difficile à déterminer.
Je crois que le jour où l’on a admis que le jeu sur le stade pouvait être l’occasion de profits importants, on a fortement atteint la moralité du sport.
Aussi, de toutes mes forces et quelles que soient les critiques, parfois sévères, dont mon action pourra être l’objet, je m’opposerai au développement du sport professionnel dans notre pays. Je détiens au Parlement la charge de servir les intérêts de toute la jeunesse française, et non de créer un nouveau spectacle de cirque ».
Léo Lagrange, Sous Secrétaire d’État aux Sports, aux Loisirs et à l’Éducation Physique -ministre des sports-, définit et précise sa politique et celle du Front Populaire, le 3 décembre 1937, à la tribune de la Chambre des Députés.


Les 23 pour la Coupe du Monde 2010

Gardiens

–       Lloris, GB : Régulier dans l’exploit mais pas plus d’une dizaine de sélections dont l’ « irréversible » expérience serbe. Un des meilleurs gardiens du monde d’avant le Jabulani

–       Mandanda, GB : Doublure de Carrasso

–       Carrasso, GB : Doublure de Mandanda

Latérailiers

–       Sagna, D D : Sinon c’est Reveillère

–       Reveillère, D D : LE  joueur « verre d’eau » dont raffole Domenech. Il bénéficie de son entente avec Govou ainsi que de l’intelligence avec laquelle il a géré sa blessure (refus d’opération contre l’avis de son club, une première)

–       Evra, D G : Lapin crétin capitaine…le retour aux choses simples. Son style nécessite une couverture défensive spécifique (que Ferguson lui octroie) et rend la présence d’un ailier gauche inutile…d’où la présence de Ribéry et de Malouda

–       Clichy, D G : Remplaçant d’Evra en EdF et d’Ashley Cole à Arsenal. Son nom circule pour remplacer Abidal à Barcelone

Stoppeurs

–       Gallas, D GC : Costaud dans les duels mais fragile, le « cancre » était vice capitaine de cette équipe. Ses montées souvent incongrues sont actuellement l’atout offensif numéro 1 des bleus. Myope

–       Abidal, D GC : Mexes naturalisé romain, ne restait plus que Escudé…donc Abidal. Forma avec Malouda un couloir gauche finaliste de la CdM. Depuis, il se prend pour Thuram. Myope

–       Planus, D C : Automatismes avec Diarra, sobre et meilleur communiquant que Rami. Titulaire en conférence de presse

–       Squillaci, D C : Sobre et sérieux. Annoncé en tête des tests physiques, un professionnel comme semble les apprécier le sélectionneur

Sentinelles

–       Toulalan, DMD C : Courir-Récupérer-Transmettre…le lyonnais « aime défendre », peut jouer stoppeur (Puel souhaiterait l’installer définitivement à ce poste ?) mais reste limité dans la relance. Un temps espéré en Lampard ou Gerrard français, il a donné son nom à un geste, la « Toulalan » (frappe forcée des 30 mètres en direction des projecteurs)

–       Diarra, MD C : « Sentinelle » dans le Lions Pasolini’s Théorème, le bordelais allie expérience (finaliste de la CdM 2006), connaissance du poste et entente avec Gourcuff. Sa taille pourrait soulager les myopes de la charnière

Servomoteurs

–       Gourcuff, M/MO DC : Khôlos Kagathos, un QI tactique de 140 cerclé de noir intense. Des qualités incompatibles avec la pratique du football qui l’obligent à être décisif sous peine d’ « agacer. »

–       Diaby, M C : De « à la Clairefontaine » à Arsenal, en passant par quelques matchs avec Auxerre, les français connaissent son existence sans l’avoir vu jouer. « Abou Diabolical » ou blessé, la facilité avec laquelle il élimine ses adversaires en se projetant vers l’avant pourrait amener ce surcroît de verticalité dont manque l’edf. Craindre la surenchère dans le « Abu Dabi » de la part des commentateurs…

–       Malouda, D/M/MO GC : Auteur d’une grande saison dans le couloir gauche de Chelsea, Malouda incarne le passage de 2 récupérateurs à 2 relayeurs (suite au forfait de Diarra ?) Son entente avec Abidal dans le couloir gauche fut finaliste de la CdM 2006. La complémentarité avec Evra et Ribéry reste à prouver. Peut faire des piges en latéral gauche si besoin

Attaquailiers

–       Ribéry, MO DGC : Révélation de 2006 aux côtés de son ami Zinédine, « Gros kiki » devait disputer la finale de la LdC et signer au Real…il résigne en Bavière, joue la CdM avec Valbuena et Zahia l’a facturé

–       Govou, MO/A D : Couloir droit de l’OL avec Reveillère. Inutile depuis 10 ans mais unanimement reconnu dans les médias car « chouette gars », « tranquille », « bon vivant » et « gratuit par plaisir » (Zahia)… Si le prénom doit jouer dans le capital sympathie dont Loko2000 bénéficie, Sydney reste le seul ailier droit français de métier. Utile pour un 433 « théorique »

–       Valbuena, MO DGC : La « belle histoire » indispensable pour vendre une sélection durant la première semaine. Utile pour faire un flipper avec les bumpers adverses. Gros soucis de placement mais bonne connaissance du rôle d’ailier droit en 433.

–       Henry, MO/A DGC : Capitaine de l’EdF pour sa 4ème et dernière CdM, telle était l’objectif de Henry. Un « coup de main », des blessures et une méforme plus tard, le pote de Ménès s’est mué en G.O. du groupe France. Comme Zidane en 2006, il serait étonnant que Henry ne soit passé par la Suisse avant de s’envoler pour les Etats-Unis. Sinon, avant-centre sous Trezeguet, dans le couloir gauche sous Gignac, remplaçant sous Anelka…entraîneur sous Domenech

Buteurs

–       Anelka, A DC : L’aphasique prend bien les projecteurs et le grand public s’extasie. Pas avant-centre, pas ailier droit, Anelka s’invente 9 ½ et écume les clubs de seconde zone. Tant de qualités et si peu de mots pour comprendre…

–       Gignac, A DGC : Homme-équipe du Tetris Toulousain, APG fait le boulot en pointe du 451. Polyvalent, Domenech peut même l’utiliser dans un couloir en 433. « Cousin » de Abardonado, le « gitan » célèbre ses buts en suçant son pouce comme son fils, « André-Pierre junior »…drame de la sédentarisation

–       Cissé, A DC : Des « espoirs » à la fracture de 2006, en passant par le désaveu de 2008, la carrière de Cissé est liée à celle de Domenech. Parti à un an de la CdM pour trouver du temps de jeu, il a gagné son pari tandis que Benzema cirait le banc. Ses contrôles carrés empêchent les attaques placées mais « monsieur patate » vaut 15 buts par saison…et comme l’edf ne place pas d’attaque

Tactique

Le 451 de Jacquet était fait pour Zidane : 2 joueurs à la récupération, 3 joueurs à sa disposition. A son arrivée, Domenech a tenté un 442 « sans génie » jusqu’au retour du prodige et de son système. Subjugué par tant de grâce, le sélectionneur français erre depuis lors à la recherche de pied à son soulier. Las ! Plus rapide, plus direct, le jeu a évolué, l’heure est au Louboutin de 14 cm tandis que Gourcuff découvre seulement le khôl et Ribéry ne connaît que les contes d’apéro. La France souffre de l’absence de milieu récupérateur-créateur, joueur hybride apparu au début du siècle pour servir un jeu de plus en plus vertical et direct dans lequel le milieu n’est qu’une zone intermédiaire, meneur de jeu devenu « relayeur. » Toulalan devait être ce joueur mais en guise de meneur de jeu, l’edf a récupéré un défenseur central ou une « sentinelle » trop souvent sollicitée dans les phases de construction.

Le passage en 433, s’il est plus en phase avec ce que les joueurs pratiquent en club, nécessite un temps d’adaptation dont ne dispose pas l’edf. De plus, le choix de deux servomoteurs (triangle « sentinelle » tête en bas) comporte le risque d’une trop grande latéralisation. La gestation de l’OM de Deschamps résume les difficultés d’une telle animation et la sortie de Cheyrou au profit de Kaboré témoigne du défaut de verticalité d’un système à deux relayeurs. Le match contre la Chine a vu Gourcuff passer 10 derrière Anelka, duo « la tête et les jambes » bien connu en Gironde, Malouda-Toulalan évoluant sur la même ligne pour un triangle « pointe en haut », soit le  retour au 451. Moins que le schéma, c’est la compatibilité des joueurs qui fait défaut. Evra occupe le couloir gauche et doublonne avec Ribéry voire Malouda. Le munichois refuse de jouer à droite où Sagna tarde à s’affirmer. Avec de tels latérailiers, les ailiers doivent être des « impact players », attaquants capables d’éliminer en duel ou de combiner pour entrer dans la surface. Hormis Ribéry et à un degré moindre Valbuena ou peut-être Gignac, le groupe ne dispose pas de ce genre de joueur. Henry remonté par un coucou ferait l’affaire mais à gauche, obligeant Ribéry à passer à droite. Si les derniers matchs ont montré du mieux, Malouda et Gourcuff la jouent plus souvent courte et latérale que longue et directe, condamnant l’avant-centre tandis que l’animation s’enlise dans les couloirs.

Encore inexpérimenté, Diaby semble capable de se projeter vers l’avant, libérerait Malouda de quelques charges défensives, mais priverait l’équipe de Gourcuff, à moins que celui-ci ne gagne le couloir droit. Latérailier, Sagna occupe le couloir à lui seul, l’edf n’a pas d’ « impact player » à droite et l’activité couplée à l’intelligence tactique du fils de l’entraîneur n’ont pas d’équivalent dans le groupe. Djorkaeff milieu offensif droit durant la CdM 98 correspondait à la nécessité d’aligner les meilleurs joueurs dans un souci d’équilibre tactique et, à ce stade, s’en remettre à l’intelligence de quelques uns pour dépasser les schémas semble de rigueur. Sinon, Anelka va se défoncer couloir droit, Henry trouver son 3ème souffle, Ribéry gagner en sérénité, Govou atteindre le haut niveau, Malouda transformer Toulalan en Essien et Gourcuff en  Lampard pendant que Cissé contrôle en « porte manteau » une ouverture de Messi Valbuena rentré sur un coaching gagnant de Domenech dont les consignes sont parfaitement relayées par Evra…ou pas.

L'ancien

15 commentaires

  1. merci, cher footballogue, pour cette présentation de nos joueurs tellement réaliste.

    A entendre certains médias tentant de nous vendre bêtement ce qu’ils ont critiqué pendant 2 ans, on croirait presque qu’on a les même stars qu’en 98, alors que non.

    Ils ne sont pas exceptionnels, mais surtout, il ne s’entendent pas entre eux, et ils sont complêtement cons. Prêt à se tirer dans les pates quite à sacrifier l’équipe.

    Pour une fois, je suis daccord avec Daniel’SAN, si cette équipe va loin (et c’est possible en football), ca sera la récompense de l’incompétence.

  2. quelle présentation ! chapeau bas … et allez les Bleus quand même !

  3. Excellente analyse. Cela dit, je pense que le problème de l’EdF n’est pas si compliqué que ça.
    Elle offre enfin du jeu, une stratégie, ce qui, faut-il le rappeler était loin d’être le cas, il n’y a pas si longtemps.

    Aujourd’hui, tout ce qui lui manque à mon sens, c’est un peu de réussite. Si elle avait convertie toutes les occasions qu’elle s’est décarcassée à s’offrir durant ses 3 matchs amicaux (il y en a eu 12, 12 por dios, face à la Chine qui n’en a que 3), on en serait certainement pas là.

  4. De la réussite ou des cerveaux ? Des mecs du genre Blanc / Deschamps en fait.

  5. Depuis quand Joeuf c’est en Moselle ? Quel scandale. Et Zidane il est né en Loire Atlantique aussi ?

  6. @Très chère Eva: On peut effectivement s’amuser a faire le calcul du ratio occasion/but de nos adversaires et du notre depuis 4ans, et je pense qu’on constaterait que nous sommes proches de 10% et eux surement pas loin de 80%. On a parfois perdu des matchs sans concéder d’occasions.

    Mais c’est en rien une excuse ni une explication. Ca montre juste qu’on ne maitrise pas notre sujet. Je ne me souviens meme plus de la derniere « grande » victoire de nos Bleus?(entendons par là plus de 3 buts d’écart meme contre une PH genre Féroé, Chine..) La maitrise limite considérablement la part de « chance » (demande à Mourinho..)même si la reussite fait toujours partie du jeu. Donc on ne maitrise rien.

    Je pense malheuresement que le problème de l’equipe de France est très complexe.

    Le problème est tactique: il ne suffit pas de dire qu’on va jouer en 4-3-3 pour que l’on joue en 4-3-3. Pour l’instant on se place en 4-3-3 (si Anelka est d’accord) et puis ben on verra bien comment ça tourne..

    La cohesion semble fragile, et plus grave, ils ont l’air tristes! L’équipe de France ressemble à une classe de Terminale qui se pointe à une épreuve du BAC sans avoir révisé..

    Quand on sait que (même) dans le sport de haut niveau, le mental a une grande importance, on ne peut que s’inquieter de les voir rentrer dans la salle de classe à reculons..(sauf les ptits nouveaux ou les lèches-bottes,..)

    Bref, moi je pense, cher(e) Elandy que nous avons de très bons joueurs, pas les meilleurs mais en tout cas suffisamment bons pour gagner une coupe du monde (les meilleurs gagnent rarement).La compétitions sera peut être le facteur X qui va remettre la maison à l’endroit sans qu’on sache pourquoi ni comment..D’accord Zidane n’est plus mais..les miracles peuvent avoir d’autres noms! L’orgeuil par exemple..

    Je pense Eva que demain je serai comme toi devant mon poste à soutenir et espérer l’étincelle qui suffira pour allumer le feu (Cf FRANCIS), mais le bois est bien mouillé..

  7. @Gilou

    C’est la réponse au post précèdent ??? J’ai raté quelque chose… Les Gros membres du comité seraient ils des imposteurs à l’image de Zidane ? Holy Shit !

  8. Je n’arrive pas à obtenir de mots coloriés en verts , ceux qui me font double cliquez sur la phrase pour y voir plus clair … keskispasse … : tourisme, automobile, France, WC, Zahia, Tunisie, voiture, vacances, biloute, Arghhh !

  9. En tous cas le footballologue joue/a joué à L’Entraineur/Football Manager.

    Super présentation sinon.

  10. @zubarcadabra

    En fait c’est moi qui ai changé d’attitude vis-à-vis de l’EdF. Je suis mue en spectactrice qui prend (ou pas) ce qu’on lui donne. Me prendre la tête, je le fais déjà assez avec l’OL.

    Si tu savais comme j’ai pleuré cette année pour l’EdF. J’avais fait du 4231 de Raymond mon bouc émissaire, à un point que t’imagine même pas. J’ai prié, j’ai hurlé devant ma télé pour que ça s’arrête. Et c’est arrivé. Bien sûr que ce « 433 » n’a rien à voir avec les soirées barbecue du Barça et ses fulgurances axiales joussives messi(a)nesques, mais, au point où on est depuis novembre, moi je trouve ça chouette.

    Si t’avais vu le 440 que l’équipe de Suisse a montré samedi dernier, tu comprendrais pourquoi je « me contente » très largement de ce que fait le 23 de Raymond.

    Tout ce que je demande encore ce sont des buts comme face au Costa Rica, et que le trio du fond Gallas/Abidal/Lloris soit d’attaque dès la première minute, pas après 1/4 d’heure. Pour le reste, je m’en fous.

  11. Rhinit is falling in love de notre footballologue, mais qu’est ce qu’il est bon ce barbu!

    Vais pas tarder à lui proposer un shooting à celui-là…

  12. Peu de personnes impressionnent Moké.

    Il en compte cependant au moins deux :
    Lucy Thai et le footballologue.

  13. je pense aussi que le nombre d’occas/buts n’est pas significatif.

    Vu qu’il n’y a aucun mouvements ni complémentarité dans notre équipe, on arrive très rarement à passer la défense adverse, que ca soit en vitesse et en technique, ou en une-deux. Le seul capable, c ribéry qui fonce tout droit comme un crétin et finit en bout de course par un tir de merde ou un centre pourri.

    Donc, nos seules occases se résument à :

    – un centre, très souvent raté, qui finit par une tête ou un tir pourri parce qu’on a quelqu’un au marquage
    – un tir de loin pourri.

    Le problème, c’est qu’on est pas vraiment bon en tir de loin et en tête non plus.
    Du coup, on a plein d’occas en effet.

    Par contre, les occas en face, c’est souvent bien plus violent (y a qu’à voir les 2 occas de la tunisie en début de partie, on a de la chance de n’en prendre qu’1 sur 2).
    Vu que les gars arrivent à passer notre défense, le ratio est forcément beaucoup plus élevé.

  14. sinon, concernant les chances de mon équipe, dès aujourd’hui, je suis supporter à fond, mais il a l’air d’y avoir un tel problème d’amour entre l’équipe et les supp, que j’ai très sincèrement l’impression que les cadres n’en ont strictement rien à carrer et qu’ils n’ont même plus envie de jouer pour nous.

    Tout le monde les a tellement détruits que s’ils marquaient ce soir et qu’on les applaudissait, je me sentirai géné.

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